Maths, SES, physique-chimie : le trio de tête du bac général ne bouge pas. La DEPP vient de publier ses chiffres pour la rentrée 2025, et le classement des spécialités les plus choisies par les lycéens de terminale ressemble trait pour trait à celui de l’an dernier. Derrière cette stabilité, les écarts entre filles et garçons restent frappants, en particulier en mathématiques et en informatique.
Par Thibaud Arnoult
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Depuis la réforme du baccalauréat entrée en vigueur en 2021, les lycéens du bac général ne choisissent plus une filière, S, ES ou L, mais composent eux-mêmes leur parcours à partir d’un catalogue de quatorze spécialités. En classe de première, chaque élève en retient trois. À l’entrée en terminale, il en abandonne une et conserve les deux qui seront évaluées lors des épreuves finales, avec un coefficient de 16 chacune.
Ces choix ont une portée qui dépasse le cadre scolaire : ils sont examinés attentivement par les formations de l’enseignement supérieur via Parcoursup. Certaines spécialités sont explicitement attendues, voire exigées, pour candidater à des filières sélectives. Le choix d’une spécialité engage donc l’élève bien au-delà de ses goûts du moment.
Part des élèves ayant choisi chaque spécialité, proportion de filles et évolution par rapport à 2024.
Part des élèves
Proportion de filles
| Spécialité | Élèves 2025 | Élèves 2024 | Évolution | Filles 2025 |
| Mathématiques | 44,8 % | 44,8 % | stable | 41,8 % |
| Sciences économiques et sociales | 34,9 % | 34,6 % | +0,3 pt | 59,3 % |
| Physique-chimie | 32,9 % | 31,7 % | +1,2 pt | 47,5 % |
| Sciences de la vie et de la Terre | 24,7 % | 23,6 % | +1,1 pt | 64,8 % |
| HGGSP | 23,9 % | 24,4 % | −0,5 pt | 63,8 % |
| LLCER | 17,1 % | 17,7 % | −0,6 pt | 70,0 % |
| Humanités, littérature et philosophie | 9,4 % | 10,0 % | −0,6 pt | 82,2 % |
| Numérique et sciences informatiques | 4,0 % | 4,5 % | −0,5 pt | 15,5 % |
| Sciences de l’ingénieur | 1,4 % | 1,5 % | −0,1 pt | 14,2 % |
À la rentrée 2025, les mathématiques s’imposent comme la spécialité la plus choisie en première générale, avec 66,0 % des élèves. Loin devant la physique-chimie (45,6 %) et les sciences économiques et sociales (45,2 %), à égalité quasi parfaite. Les SVT suivent à 40,1 %, puis l’HGGSP à 33,3 % et les LLCER à 30,0 %.
Plus loin dans le classement, les humanités, littérature et philosophie concernent 17,1 % des élèves de première, le numérique et sciences informatiques 9,2 %, les sciences de l’ingénieur 4,2 %, et les arts plastiques 3,3 %.
Du côté des combinaisons, la triplette mathématiques, physique-chimie, SVT reste de loin la plus répandue avec 23,7 % des élèves, consolidant son statut d’héritière de l’ancien bac S. Viennent ensuite HGGSP, LLCER, SES (8,0 %), mathématiques, HGGSP, SES (6,6 %) et mathématiques, physique-chimie, SES (5,6 %).
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Le passage en terminale s’accompagne de l’abandon d’une spécialité, souvent le moment d’un arbitrage stratégique entre coup de cœur et projet d’orientation. Une fois ce tri effectué, le classement des spécialités les plus suivies reste remarquablement stable d’une année sur l’autre.
À la rentrée 2025, les mathématiques restent en tête avec 44,8 % des élèves de terminale, un chiffre identique à celui de 2024. Les SES arrivent en deuxième position à 34,9 %, la physique-chimie à 32,9 %. Plus bas, les SVT (24,7 %) devancent légèrement l’HGGSP (23,9 %), renversant momentanément l’ordre de l’an dernier, comme cela avait déjà été le cas en 2020. Les LLCER sont choisies par 17,1 % des élèves.
Certaines spécialités reculent plus nettement : humanités, littérature et philosophie passe de 10,0 % à 9,4 %, et le numérique et sciences informatiques de 4,5 % à 4,0 %.
Toutes les spécialités ne résistent pas au tri de fin de première. Les sciences de l’ingénieur et le numérique et sciences informatiques sont les grandes victimes de ce passage : 68 % des élèves ayant choisi SI en première l’abandonnent en terminale, un chiffre qui atteint près de 60 % pour la NSI. Ces disciplines, souvent choisies par curiosité ou par mimétisme, ne survivent que rarement à la sélection de fin de première.
Le taux d’abandon par spécialité dresse un tableau révélateur des arbitrages des lycéens. Sciences de l’ingénieur : 68 % d’abandon, NSI : 58 %, langues et cultures de l’Antiquité latin : 53 %, langues et cultures de l’Antiquité grec : 52 %, HLP : 48 %, LLCER : 43 %, SVT : 38 %, mathématiques : 32 %, HGGSP : 29 %, physique-chimie : 28 %.
À l’inverse, la physique-chimie et les mathématiques comptent parmi les spécialités les mieux conservées, ce qui traduit à la fois leur utilité perçue pour l’orientation et la pression exercée par les formations supérieures scientifiques et d’ingénieurs.
Les comportements diffèrent également selon le genre. Les filles ont tendance à délaisser plus fréquemment les spécialités scientifiques entre la première et la terminale, avec 41 % d’entre elles qui abandonnent les mathématiques, contre 24 % des garçons. À l’inverse, 50 % des garçons abandonnent les LLCER, contre 40 % des filles.
Si vous souhaitez vous orienter dans le domaine médical (médecine, pharmacie, dentaire, sage-femme ou kinésithérapie), officiellement, aucune spécialité au bac n’est obligatoire. Néanmoins, nous vous conseillons au moins une spécialité scientifique (SVT, Physique Chimie ou Mathématiques). Les fédérations étudiantes insistent sur l’intérêt de choisir les spécialités qui vous permettront d’avoir le meilleur dossier en terminale. Par exemple, elles recommandent de ne pas prendre Physique Chimie si vous avez des notes moyennes et de prendre à la place des langues si vous êtes meilleur. La sélection est parfois une réalité en première année de santé, ce pourquoi il faut privilégier les domaines où vous êtes le plus à l’aise.
Pour rappel, depuis la réforme de la PACES, deux voies d’accès permettent d’intégrer médecine :
1) Le PASS (Parcours d’Accès Spécifique Santé) : majorité de cours de santé + une option dans un autre domaine (Économie, Biologie, etc.). Pour le PASS on vous conseille de garder un maximum de spécialité scientifique où vous êtes à l’aise. Selon la doyenne de la faculté de médecine de l’Université de Paris, la spécialité Physique Chimie est importante pour maximiser ses chances en PASS.
2) La L.AS (Licence à Accès Santé) : majorité de cours d’une discipline (Economie, Biologie, etc.) + une option en santé. Pour la LAS, n’hésitez pas à compléter vos choix avec une spécialité d’ouverture (SES, HGGSP, LLCA, etc.) qui sera utile pour la majeure en LAS.
Exemple 1 : Je suis en seconde au lycée et je rêve de faire médecine. Je suis à l’aise en SVT et j’ai une appétence pour les mathématiques et l’économie. Je peux donc choisir les spécialités SVT, Mathématiques et SES. En terminale, j’enlève la spécialité où j’ai les moins bonnes notes. Cela me permettra plus facilement de réussir en PASS option Économie Gestion.
Exemple 2 : Je suis en seconde au lycée et je rêve de faire médecine. Mais j’ai 7 de moyenne en mathématiques. Je ne choisis donc pas la spécialité mathématiques en première et terminale car je risquerais d’être pénalisé lors de l’étude de mon dossier sur Parcoursup si je ne m’améliore pas de manière significative en première et terminale.
Part des élèves suivant chaque option et proportion de filles parmi eux.
| Option | Part des élèves | Proportion de filles | Conditions d’accès |
| Aucun enseignement optionnel | 62,5 % | 57,0 % | — |
| Mathématiques expertes | 15,8 % | 33,3 % | Avoir conservé maths |
| Mathématiques complémentaires | 13,9 % | 64,1 % | Avoir abandonné maths |
| Droit et grands enjeux du monde contemporain | 7,8 % | 74,4 % | Ouverte à tous |
Source : DEPP, système d’information Scolarité. France, enseignement public et privé sous contrat, rentrée 2025.
En terminale, 62,5 % des élèves ne choisissent aucun enseignement optionnel, une proportion quasi stable par rapport à 2024. Parmi les 37,5 % qui en suivent un, les mathématiques expertes arrivent en tête avec 15,8 % des élèves de terminale, ce qui représente 35,3 % des élèves ayant conservé la spécialité mathématiques. Les mathématiques complémentaires, destinées à ceux qui ont abandonné la spécialité, concernent 13,9 % des élèves. L’option droit et grands enjeux du monde contemporain, ouverte à tous, est suivie par 7,8 % des élèves.
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Les filles représentent 55,6 % des élèves de terminale générale, mais leur présence varie considérablement selon les disciplines. Elles sont 33,7 % à choisir les mathématiques en terminale, contre 58,8 % des garçons. L’écart est encore plus net en NSI, où elles ne représentent que 15,5 % des élèves, et en sciences de l’ingénieur, où leur part tombe à 14,2 %.
À l’inverse, elles sont très majoritaires en humanités, littérature et philosophie (82,2 % des élèves de cette spécialité sont des filles), en histoire des arts (81,1 %), en LLCER (70,0 %) et en SVT (64,8 %). Les sciences économiques et sociales, spécialité la plus choisie par les lycéennes, comptent 59,3 % de filles.
Ce déséquilibre se prolonge sur les enseignements optionnels. En mathématiques expertes, les filles ne représentent qu’un tiers des effectifs, soit 33,3 %, en cohérence directe avec leur moindre présence en spécialité mathématiques. À l’opposé, elles constituent 74,4 % des élèves ayant opté pour droit et grands enjeux du monde contemporain, et 64,1 % de ceux ayant choisi mathématiques complémentaires.
Ces données, issues du système d’information Scolarité de la DEPP, portent sur l’ensemble des établissements publics et privés sous contrat relevant du ministère de l’Éducation nationale, en France métropolitaine et dans les DOM.
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