Le 2 juin 2026, des centaines de milliers de lycéens ouvriront leur dossier Parcoursup pour découvrir les premières réponses des formations qu’ils ont sollicitées. Un moment chargé d’attentes, parfois d’appréhension, et souvent entouré de fausses idées. Pour démêler le vrai du faux et accompagner au mieux candidats et familles, Thotis a interviewé Jérôme Teillard, Chef de projet Parcoursup, qui a répondu point par point à toutes les questions que l’on se pose avant ce rendez-vous clé. Décryptage.

Par Valentine Dunyach

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Une phase qui commence bien avant le 2 juin

L’orientation post-bac ne se joue pas que le jour J. Jérôme Teillard le souligne avec un message clair adressé aux familles : « Il faut réfléchir un peu avant, s’entraîner à choisir, en quelque sorte. Il faut se rappeler des vœux que l’on a faits et se mettre en position de faire des choix, puisque le sens de la phase d’admission est de faire un choix pour entrer dans l’enseignement supérieur. »

Pour préparer ce moment, Parcoursup met à disposition un site d’entraînement accessible directement depuis parcoursup.gouv.fr. Il comprend des quiz, des vidéos explicatives et surtout une simulation complète de la phase d’admission, avec des établissements et des candidats fictifs. « Le meilleur enseignement qu’on peut en tirer, c’est qu’il n’y a pas de piège, que le délai pour répondre est clairement indiqué. Plus vous prendrez du temps pour regarder comment ça va se passer, plus vous pourrez vous concentrer sur l’essentiel : laquelle de vos propositions vous préférez choisir. », explique le Chef de projet Parcoursup.

Le 2 juin au soir : quelles réponses, pour quoi faire ?

À partir du 2 juin 2026, les candidats pourront consulter dans leur dossier Parcoursup les réponses données par les formations pour chaque vœu et sous-vœu formulé. Les réponses seront affichées en fin de journée ; une précaution souhaitée par l’équipe Parcoursup pour ne pas perturber les cours encore en cours à cette période. Puis, à partir du 3 juin, les propositions d’admission arrivent au fur et à mesure et en continu. Quatre types de réponses sont ainsi possibles. Jérôme Teillard les détaille pour Thotis :

Le “oui” : la formation vous fait une proposition d’admission. Parcoursup vous demande alors si vous l’acceptez en gardant des vœux en attente, la refusez, ou l’acceptez définitivement. « Vous pouvez l’accepter tout en gardant des vœux en attente, notamment votre vœu préféré, jusqu’à ce que vous receviez la proposition sur ce vœu. Parcoursup ne vous oblige donc pas à faire un choix définitif tout de suite. »

Le “oui, si” : une réponse positive proposée par l’Université assortie d’une condition. Si vous l’acceptez, vous vous engagez à suivre un dispositif d’accompagnement pour renforcer certaines compétences et vous aider à réussir votre première année. Ce dispositif représente une chance supplémentaire, l’engagement d’un accompagnement personnalisé pour réussir votre Licence. Jérôme Teillard insiste : « C’est une réponse positive ; l’université a identifié une fragilité, méthodologique ou disciplinaire et souhaite vous accompagner vers la réussite. »

“En attente” : ni oui, ni non. Un tableau de bord indique le rang de classement, la place occupée dans la liste d’attente, son évolution chaque jour, et le rang du dernier admis l’année précédente. « Imaginons Paula, classée deux centièmes par la formation et en liste d’attente le premier jour. Parcoursup lui indique que le rang du dernier admis l’an passé était le trois cent soixante-dix-huitième. Elle peut donc raisonnablement s’attendre à recevoir une proposition rapidement. »

Le “non” : une réponse négative ne peut être formulée que par une formation sélective. Une notification est alors faite dans le dossier, permettant au candidat de solliciter du responsable de la formation des explications sur les critères utilisés et les motifs de la décision. « Je crois que c’est important, même si ce n’est pas une bonne nouvelle en soi, de comprendre pourquoi on n’a pas été retenu dans une formation. C’est utile pour comprendre et pour se projeter pour la suite. »

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Délais de réponse : une mécanique de solidarité

Beaucoup de candidats redoutent de rater un délai. La règle est simple : les propositions reçues le 2 juin doivent obtenir une réponse avant le 4 juin à 23h59. Pour toute proposition reçue à partir du 3 juin, le délai est de deux jours. Le tout est affiché directement dans le dossier, en face de chaque proposition. « Cela fonctionne comme une horloge, vous ne pouvez pas vous tromper. De plus, des alertes SMS sont envoyées quand il reste seulement vingt-quatre heures, y compris aux parents qui ont renseigné leurs coordonnées dans le dossier Parcoursup de leur fils/fille. »

Autre point rassurant : les propositions n’arrivent que le matin. Inutile donc de consulter son téléphone de manière frénétique tout au long de la journée. Et si plusieurs propositions arrivent simultanément, une seule règle s’applique : on ne peut en accepter qu’une à la fois. Jérôme Teillard l’illustre avec humour : « Parcoursup, c’est fait pour choisir, ce ne sont pas des réserves qu’on fait pour l’hiver. »

Surtout, il met en garde contre une stratégie risquée : refuser toutes les propositions dans l’attente du vœu idéal : « Je pense qu’il vaut mieux accepter la proposition qui vous est faite et garder en attente votre vœu préféré. Au moins, vous sécurisez une inscription dans une formation qui vous intéresse. », souligne-t-il.

Le classement des vœux en attente (5-8 juin) : une étape clé

Entre le 5 et le 8 juin 2026, les candidats ayant des vœux en attente seront invités à classer par ordre de préférence les vœux en attente qu’ils souhaitent conserver. Une étape qui peut déconcerter mais dont la logique est limpide selon Jérôme Teillard : « Il n’y a pas de stratégie compliquée. Un seul critère : classez vos formations en fonction de ce que vous préférez. Vous avez la possibilité de refaire votre classement autant de fois que vous le souhaitez entre le 5 et le 8 juin. Ce qui compte, c’est la situation au moment où le drapeau à damier s’abaissera le 8 juin à 23h59. »

À partir du 9 juin, une fois le classement pris en compte, si vous avez classé 6 vœux par exemple de 1 à 6 et que vous recevez une proposition pour votre vœu classé en 2ème position, vos vœux en positions 3, 4, 5 et 6 sont supprimés automatiquement. Votre vœu numéro un, lui, reste conservé et vous devez accepter ou refuser la proposition d’admission reçue sur le vœu numéro 2.

Les délais de réponse sont par ailleurs suspendus du 12 au 18 juin 2026 pendant les épreuves écrites du baccalauréat, pour permettre aux lycéens concernés (lycéens généraux et technologiques) de se concentrer sur leurs examens. Les propositions continuent d’arriver bien sûr, mais nul besoin de répondre dans l’urgence pendant cette semaine importante d’examen.

En cas d’absence de proposition, des filets de sécurité existent

Que se passe-t-il si le 2 juin ne ressemble pas à ce qu’espérait le candidat ? Jérôme Teillard rappelle des chiffres concrets : lors de la session 2025, 67 % des lycéens avaient reçu une proposition dès le premier jour. Au bout d’une semaine, ce taux dépassait déjà 80 %. « La procédure va très vite. Le choix que font les uns apporte des propositions aux autres. C’est une mécanique de solidarité. »

Pour ceux qui n’auraient encore rien reçu à la mi-juin, une phase complémentaire est ouverte du 11 juin au 8 septembre 2026, permettant de formuler de nouveaux vœux pour des formations disposant de places vacantes. « Il ne s’agit pas de places au rabais ou de deuxième choix. Ce sont simplement des places disponibles dans des formations qui les remettent à disposition. L’an dernier, quatre-vingt-trois mille candidats ont reçu une proposition en phase complémentaire. »

Et pour les cas les plus difficiles, la CAES (Commission d’accès à l’enseignement supérieur) entre en jeu. À partir du 1er juillet 2026, les candidats n’ayant reçu aucune proposition seront directement contactés par les équipes Parcoursup, qui les orienteront vers leur rectorat. « Nous passons des coups de fil à chacun des candidats concernés. Ce ne sont pas des algorithmes qui répondent, mais bien des directeurs d’IUT, des responsables d’université, des professionnels de l’orientation des rectorats qui examinent chaque dossier pour proposer un accompagnement au plus près du projet du candidat. » L’an dernier, à l’issue de ce processus, seuls 38 candidats sur plus de 650 000 lycéens n’avaient pas reçu de réponse. Un chiffre qui dit l’ampleur du dispositif humain déployé en coulisses.

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Un mot pour les publics spécifiques et les apprentis

Pour les candidats en situation de handicap, les sportifs de haut niveau, les chargés de famille et, nouveauté 2026, les jeunes élus disposant d’un mandat électif local, des voies de réexamen spécifiques existent, permettant de solliciter le recteur dès le 3 juin, pour une prise en compte de leurs contraintes particulières.

Côté apprentissage, la logique diffère : les réponses peuvent arriver au fil de l’eau, sans être liées au calendrier du 2 juin. Le conseil de Jérôme Teillard est le suivant : « Si vous recevez une proposition en formation sous statut étudiant, acceptez-la et sécurisez votre rentrée. Vous aurez ainsi du temps pour chercher un employeur d’apprentis. Le jour où vous en avez un, il renseigne le contrat dans Parcoursup et vous recevez une proposition d’admission en apprentissage. Vous pourrez l’accepter et vous libérez ainsi la place sous statut étudiant. »

Rendez-vous dès le 2 juin

La phase principale d’admission se clôt le 11 juillet 2026. À cette date, les vœux encore en attente sont archivés automatiquement selon l’ordre de préférence établi et peuvent, à titre exceptionnel, générer des propositions pendant l’été si des places se libèrent suite à des désistements. La procédure complète s’achève, elle, le 10 septembre 2026.

Le message final de Jérôme Teillard est celui d’une invitation à la sérénité et à la confiance dans le processus : « Préparez-vous à ce choix. Utilisez les outils mis à votre disposition. Et rappelez-vous : c’est le premier choix d’accès à l’enseignement supérieur, pas un choix définitif pour toute votre vie. Vous pouvez changer, vous réorienter, trouver des passerelles. » Le 2 juin approche. Le meilleur préparatif reste de s’y rendre informé, serein et prêt à choisir.