L’intelligence artificielle reconfigure les métiers, redistribue les cartes de l’employabilité et questionne avec elle la valeur même des diplômes. Le 25 mars 2026, PSTB réunissait la presse pour répondre à une question centrale : dans ce nouveau paysage, comment une école se distingue-t-elle vraiment ?
Par Valentine Dunyach
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Le décor dans lequel évoluent les écoles supérieures se redessine et les défis s’accumulent : contraction démographique en Europe, réglementation en mouvement, financement fragilisé de l’alternance, insertion professionnelle sous pression, et tensions géopolitiques qui reconfigurent les flux étudiants internationaux. Le nombre de bacheliers est amené à diminuer significativement en Europe dans les années à venir. Dans ce contexte sous tension, comment une école parvient-elle à exister, et mieux encore, à se démarquer ?
PSTB, membre du groupe Galileo Global Education, compte aujourd’hui 405 étudiants répartis dans 5 programmes et représentant 33 nationalités. Elle affiche 50 % de contrats en alternance sur la totalité de ses étudiants, 33 % d’étudiantes et un taux d’insertion professionnelle de 92 % à six mois. L’un de ses objectifs d’ici 2030 est d’atteindre 800 étudiants, soit de doubler les effectifs en quatre ans.
Dans un contexte de repli démographique en Europe, PSTB a, dès sa création, fait le pari de l’international. Aujourd’hui, 43 % de ses étudiants sont internationaux et l’école compte dans son réseau de partenaires internationaux 9 établissements, répartis sur quatre continents, en seulement quatre ans d’existence. La méthode de l’école ; sourcer des étudiants directement sur place, que ce soit en Inde, en Afrique, ou encore en Asie, ainsi que sur les plateformes internationales de recrutement, dans un contexte où la croissance des effectifs étudiants mondiaux annoncée dépasse les 40 %, portée par ces mêmes zones géographiques.
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Parmi les défis structurels identifiés lors de la conférence par Armand Derhy, son directeur général, la réglementation occupe une place centrale. PSTB a ainsi formulé en mars 2026 une demande officielle pour obtenir le « grade Master » sur certains de ses programmes. Une étape indispensable pour renforcer la lisibilité de ses formations sur le marché, tant auprès des entreprises que des candidats internationaux.
En attendant, l’école s’appuie sur des partenariats avec des établissements français qui possèdent déjà ce grade, permettant de délivrer des doubles diplômes. Parmi eux : Excelia Business School, l’école d’ingénieurs 3iL Ingénieurs, l’École d’Économie de la Sorbonne ou encore l’UPEC.
Le financement de l’alternance constitue un autre point de vigilance. La transformation de certains contrats d’apprentissage vers des formats “stage” représente un enjeu croissant pour les écoles qui ont fait de l’alternance un pilier de leur modèle. L’internationalisation des effectifs représente une réponse partielle à ce frein pour PSTB, en diversifiant les profils et les sources de financement.
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Inaugurée en 2022, PSTB est l’une des rares écoles à pouvoir affirmer qu’elle n’a jamais connu un monde sans intelligence artificielle générative dans son périmètre d’action. Ce positionnement originel lui confère “une liberté que n’ont pas les établissements plus anciens”, comme le souligne son directeur général ; l’école hybride Tech & Business n’a en effet pas eu à se réinventer face à l’IA, puisqu’elle s’est construite avec elle.
L’école avait d’ailleurs donné le ton dès 2023 en organisant un événement médiatique : un « match » entre le philosophe Raphaël Enthoven et une intelligence artificielle, autour de la dissertation philosophique du baccalauréat. Une initiative volontairement spectaculaire, dont le message était clair : l’IA n’est pas une menace à esquiver, mais une réalité à saisir.
Le cœur du modèle de PSTB repose sur la conviction suivante : les métiers de demain seront hybrides. L’école forme ainsi des profils à la croisée de la Tech et du Business, et des Humanités, dans des proportions variant selon la spécialisation choisie par l’étudiant.
Cinq programmes structurent l’offre : des bachelors et masters orientés autour de la data, de l’IA, de la cybersécurité et du management digital. PSTB s’adresse à une diversité de profils ; à la fois intéressés par la technique et par les enjeux business, et donne accès à des dispositifs de remise à niveau pour les étudiants qui n’ayant pas suivi de parcours mathématiques ou en informatique. L’école accueille également environ 10 % de ses effectifs en BTS, soit une quarantaine d’élèves issus de baccalauréats technologiques ou professionnels. Aller chercher ces profils constitue aussi, pour l’école, un moyen de se démarquer.
Les chiffres plaident pour le secteur. Jonathan Amar, dirigeant de DELETEC (une entreprise réunissant environ 500 collaborateurs), l’affirme : « En France, nous manquons à la fois de compétences et de talents. Il faut former plus de jeunes au numérique et casser les codes. » Il pointe notamment la spécialité NSI au lycée, insuffisamment mise en valeur selon lui, et plaide pour que ces compétences soient travaillées dès le plus jeune âge.
Mais le secteur de la Tech est aussi celui qui concentre les interrogations les plus vives sur l’impact de l’IA. Lors de la conférence de presse, PSTB a présenté une synthèse de neuf études sur le sujet, portant notamment sur des travaux d’instituts comme l’OCDE, du FMI, de Coface ou encore d’Anthropic. Le constat final est nuancé : dans la majorité des cas, les entreprises qui licencient en invoquant l’IA souhaitaient le faire pour d’autres raisons.
Une donnée que le Prix Nobel d’économie 2025, Philippe Aghion, avait mis en avant à l’occasion d’une conférence de presse de l’INSEAD, où Thotis s’était rendu ; les emplois ne disparaissent pas à cause de l’IA ; dans la majorité des cas, les employeurs souhaitent licencier ces personnes indépendamment de la révolution technologique.
Jonathan Amar a par ailleurs souligné que le potentiel total de l’IA n’était d’ailleurs pas encore mobilisé dans la grande majorité des organisations. L’effet le plus tangible aujourd’hui de l’IA dans de nombreux secteurs porte sur les profils juniors. L’automatisation des tâches répétitives -rédaction, analyse de données, développement- touche en priorité les postes d’entrée de gamme, mieux rémunérés que la moyenne. Une perte d’accès au marché pour les jeunes diplômés qui n’auraient pas su adapter leurs compétences.
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C’est dans ce contexte mouvant que PSTB développe un outil inédit : IA SUP, actuellement en phase de test. Son objectif : analyser l’impact de l’IA sur les métiers par secteur et par formation, pour s’assurer de l’adéquation entre ce qu’une formation prépare et ce que le marché va réellement demander.
Linda Belkessa, enseignante-chercheuse à l’Université de Sydney, y a associé le score CELIA (Compétences – Employabilité – IA), évaluant deux dimensions distinctes : le risque de déclassement technique d’une compétence face à l’automatisation, et le risque sur l’employabilité du diplômé. Plus de 1 500 métiers, 29 000 formations Parcoursup et 7 600 établissements ont ainsi été analysés. Sans grande surprise, les métiers présentant le risque technique le plus élevé sont ceux dont les tâches sont les plus automatisables : développeur, rédacteur, analyste de données. En finance, si l’automatisation des données avance rapidement, la dimension stratégique et humaine du métier reste un rempart.
Armand Derhy souligne la distinction essentielle à opérer : l’impact de l’IA se joue sur deux registres différents : les compétences (ce que l’on sait faire) et l’employabilité (la valeur de ce que l’on sait faire sur le marché).
Une conclusion s’impose : 70 % des compétences utilisées dans les métiers auront changé d’ici 2030. Ce que le marché recherche désormais, ce sont des professionnels capables de faire travailler l’IA pour accomplir leurs tâches, et non des exécutants que l’IA remplace.
Trois profils d’étudiants donnent corps à ce que le modèle PSTB produit concrètement :
Ariel Elbaz, étudiant en Bachelor Cybersécurité, s’est d’abord intéressé à une école de commerce avant d’opter pour le cursus Tech for Business. Également entrepreneur, il a fondé “OFLAW”, un projet à la croisée de l’économie et de la géopolitique ; une illustration directe de ce que peut produire une formation hybride qui ne cloisonne pas les disciplines.
Léa Poilleux, étudiante en Bachelor Data & IA, a ensuite rejoint un Master Digital & Management à l’EFREI, en conservant les mathématiques et l’informatique en options. Un parcours qui trace une ligne directe entre la maîtrise technique et les enjeux de management ; exactement le type de profil que les entreprises peinent à recruter.
Maria-Lina Naja est arrivée à PSTB depuis un parcours en pharmacie, avant de rejoindre le Bachelor Data & IA. Elle est aujourd’hui en alternance chez Sofrecom, filiale du groupe Orange. Son profil illustre à la fois la diversité des origines académiques que l’école accueille, et la porosité réelle entre sciences de la vie et compétences numériques.
Ces trois trajectoires répondent à une demande que Jonathan Amar formule clairement : « Nous recherchons des business developers qui sachent parler à des informaticiens et comprennent leurs enjeux. »
Jonathan Amar évoque l’avenir de la différenciation par le diplôme : « On ne se différencie plus par ses diplômes. Les entreprises recherchent avant tout des étudiants immédiatement employables. Nous faisons pourtant face à un ‘skills gap’ entre les besoins des entreprises et le niveau des diplômés. »
La réponse de PSTB à ce constat est structurelle. Quand l’ensemble des acteurs maîtrisera les usages de base de l’IA, ce sont les compétences humaines -la capacité à raisonner, à collaborer, à comprendre les enjeux d’un secteur, à incarner une relation de confiance et l’esprit critique- qui feront la différence. C’est l’hypothèse sur laquelle l’école construit son modèle depuis 2022 : une école différenciante, promettant de rendre tous ses étudiants employables.
En trois ans d’existence, PSTB a posé des fondations solides : un positionnement lisible, des partenariats internationaux, des outils pédagogiques innovants et des taux d’insertion qui valident le modèle. La demande de grade Master déposée en mars 2026 marque quant à elle une nouvelle étape de reconnaissance institutionnelle.
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