Le Conseil des ministres du 31 août 2026 a désigné Bruno Bellier, ingénieur général de 1re classe de l’armement, pour prendre la direction générale de l’École polytechnique. Cet ancien élève de l’X, dont la carrière s’est déroulée pour l’essentiel à la Direction générale de l’armement (DGA), remplace Laura Chaubard à compter du 1er septembre. Il arrive à un moment charnière pour l’établissement, dont la gouvernance est en pleine refonte depuis la promulgation, mi-août, de la loi actualisant la programmation militaire 2024-2030.
Par La Rédaction
C’est Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens Combattants, qui a porté le nom de Bruno Bellier, retenu par le Conseil des ministres du 31 août 2026 pour prendre les commandes de l’X. « Je suis très heureux de rejoindre l’École polytechnique et d’en prendre la direction générale. Je connais l’école, ses valeurs et la place singulière qu’elle occupe dans les domaines scientifique, technologique et de défense », a réagi l’intéressé dans un communiqué diffusé par l’établissement.
Le nouveau directeur général prend ses fonctions le 1er septembre 2026. Il succède à Laura Chaubard (X99), qui pilotait l’école depuis le 5 octobre 2022. Le départ de cette dernière ne faisait plus mystère depuis la mi-juillet : l’entreprise de services du numérique Sopra Steria avait fait savoir, le 13 juillet, qu’elle la recrutait pour piloter ses activités défense, sécurité et spatial.
Autre particularité de cette prise de fonction : tant que le futur décret d’organisation de l’établissement ne sera pas paru, Bruno Bellier exercera aussi, à titre provisoire, la présidence de l’école.
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Sorti de l’X en 1992, Bruno Bellier retrouve une maison qu’il connaît de l’intérieur. Son profil académique révèle un itinéraire à la croisée des disciplines : après son passage sur le plateau de Saclay, il a décroché un doctorat en sciences pharmaceutiques (Université Paris V) ainsi qu’un master de droit public (Université Paris Panthéon-Sorbonne). Une double culture, scientifique et juridique, qui a nourri une carrière construite au contact des enjeux de défense et de l’action publique. C’est au sein de la DGA que l’essentiel de son itinéraire professionnel s’est déroulé, entre expertise technique, responsabilités stratégiques et missions consacrées à l’innovation de défense.
Le parcours de Bruno Bellier à la Direction générale de l’armement débute dans le champ de l’expertise chimique et biologique. De 2003 à 2006, il dirige la division Analyse et évaluation chimique du centre d’études du Bouchet, rattaché à la direction technique de la DGA. Il prend ensuite les rênes, de 2006 à 2011, du programme Detecbio, consacré à la détection et à l’identification des agents biologiques.
Jusqu’en 2015, il est adjoint au directeur des opérations, tout en supervisant, comme chef de mission, l’Occar (organisation conjointe de coopération en matière d’armement). Suivent des fonctions d’adjoint à la sous-directrice de la politique des ressources humaines de la DGA, puis, entre 2017 et 2018, un passage à l’inspection de l’armement comme inspecteur délégué, chargé de la sécurité du domaine biologie et chimique. En 2018, il rejoint l’Agence de l’innovation de défense, dont il a accompagné la naissance et qui a pour vocation de faire dialoguer la recherche avec les attentes des armées. Il y pilote la division stratégie et technologies de défense.
Un décret présidentiel le place ensuite, en mai 2021, à la tête de DGA Maîtrise NRBC, l’entité du ministère des Armées spécialisée dans les questions nucléaires, radiologiques, biologiques et chimiques. Le ministère présente cette entité comme le « centre de référence pour le ministère de la défense dans le domaine de la défense NRBC au profit des forces armées et de la sécurité de la Nation ». Depuis le 1er juillet 2025, il exerçait comme adjoint au directeur de l’ingénierie et de l’expertise de la DGA, où il était plus particulièrement chargé des enjeux de transformation.
En parallèle de ces fonctions, Bruno Bellier a intégré le conseil d’administration de l’Onera en 2019, puis celui de l’IHEST (Institut des hautes études pour la science et la technologie) en 2020. Côté distinctions, il a été fait chevalier de la Légion d’honneur en 2016, puis officier de l’ordre national du Mérite en 2022. Il détient par ailleurs, depuis 2021, le brevet d’aguerrissement NRBC échelon or, une qualification sanctionnant une maîtrise poussée de la prévention et de la gestion de ces risques.
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Parmi ses premiers dossiers figure la refonte de la gouvernance de l’X, ainsi que la question de l’articulation entre l’école et l’Institut polytechnique de Paris.
La loi actualisant la programmation militaire pour les années 2024 à 2030, promulguée le 18 août 2026, prévoit en effet une nouvelle organisation au sommet de l’école, placée sous tutelle du ministère des Armées. Le texte distingue désormais deux fonctions : d’un côté, un directeur général concentrant l’ensemble des pouvoirs exécutifs ; de l’autre, un président du conseil d’administration, sans rôle exécutif et venu de l’entreprise. Reste à un décret en Conseil d’État à fixer les modalités d’application de cette réforme. Le processus est déjà engagé : réunis le 25 juin 2026, les administrateurs de l’école se sont prononcés favorablement sur le projet de décret d’organisation. D’ici à sa parution, Bruno Bellier assurera donc, outre la direction générale, la présidence de l’établissement à titre intérimaire.
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Au-delà de la répartition des pouvoirs, la loi redessine plus largement le cadre juridique de l’établissement : statut, autonomie, composition du conseil d’administration et ressources de l’école sont redéfinis par la réécriture de l’article L. 755-1 du code de l’éducation. Dans l’attente du décret qui en fixera les modalités, Bruno Bellier cumulera donc direction générale et présidence par intérim de l’X.
