Dévoilée samedi 15 août, l’édition 2026 du classement de Shanghai place pour la première fois la France dans le Top 10 mondial des nations universitaires. Avec 27 établissements classés, un nombre stable par rapport à l’an dernier, le pays gagne un rang et occupe désormais la 10e position sur les 1 000 universités recensées. L’Université Paris-Saclay conserve sa place de première université française, deux nouveaux établissements font leur entrée. Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace (MESRE) y voit la confirmation d’une dynamique engagée depuis 2017.
Par La Rédaction
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Le classement de Shanghai, référence mondiale fondée sur des critères liés à la recherche, distingue chaque année les meilleures universités de la planète. Dans son édition 2026, la France conforte sa position parmi les grandes nations d’enseignement supérieur : elle compte 27 établissements classés (un chiffre inchangé par rapport à 2025), gagne un rang et se hisse au 10e rang mondial. L’Université Paris-Saclay reste la première université française, avec une 13e place mondiale identique à celle de l’an dernier, tandis que deux établissements, l’Université de Bretagne Occidentale et l’Université d’Angers, intègrent le palmarès. Pour le ministère, cette progression illustre à la fois la qualité des travaux scientifiques français et l’efficacité d’une politique de structuration universitaire engagée depuis près de dix ans.
« Ces résultats récompensent l’excellence de notre communauté scientifique » : la France signe sa meilleure performance à Shanghai
À nombre d’établissements constant, la France progresse d’un rang dans le classement de Shanghai 2026 et se positionne au 10e rang mondial sur les 1 000 universités classées. Cette avancée intervient, selon le ministère, « dans un contexte de concurrence scientifique mondiale toujours plus intense » et témoigne de la solidité des travaux de recherche français ainsi que de la reconnaissance internationale des chercheurs du pays.
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L’Université Paris-Saclay conserve son rang de première université française, avec une 13e place mondiale identique à celle de l’an dernier. Elle demeure également la 3e université européenne et la première d’Europe continentale. Au-delà de Paris-Saclay, la France compte toujours quatre établissements parmi les 100 premières universités mondiales : Paris-Saclay, l’Université PSL (33e place), Sorbonne Université (55e place) et l’Université Paris Cité (57e place). Le pays se classe ainsi au 4e rang mondial pour son nombre d’établissements présents dans le Top 50, à égalité avec la Suisse, le Japon et l’Allemagne, et au 6e rang mondial pour sa présence dans le Top 100.
Deux universités françaises font leur entrée dans l’édition 2026 : l’Université de Bretagne Occidentale, classée pour la toute première fois, ainsi que l’Université d’Angers, qui retrouve le palmarès après une absence remontant à 2021.
Le ministère relie ces résultats à la politique de regroupement universitaire conduite depuis 2017, destinée à faire émerger des établissements plus visibles à l’échelle internationale. L’ordonnance de décembre 2018, qui a créé le statut d’établissement public expérimental, a permis de rendre plus lisible à l’international une puissance scientifique française historiquement fragmentée entre universités, grandes écoles et organismes de recherche. Avec l’entrée de l’Université de Bretagne Occidentale, 15 des 23 établissements issus de cette politique figurent désormais dans le classement de Shanghai, soit deux tiers des établissements publics expérimentaux ou ayant bénéficié de ce statut.
Le chemin parcouru en dix ans est notable : en 2016, la première université française n’occupait que la 36e place mondiale, et le pays ne comptait que trois établissements dans le Top 100. Cette dynamique a été soutenue dans la durée par plusieurs leviers : les financements d’excellence des programmes d’investissements d’avenir et de France 2030, la loi de programmation de la recherche, ainsi que les dispositifs d’attractivité des talents internationaux, à l’image du programme Choose France for Science.
Le ministère rappelle toutefois que, comme tout palmarès international, le classement de Shanghai reste un indicateur partiel, qui ne saurait à lui seul résumer la qualité d’un système d’enseignement supérieur et de recherche. Fondé sur des critères essentiellement liés à la recherche (grandes distinctions scientifiques, chercheurs les plus cités, publications de haut niveau), il renseigne peu sur la qualité des formations, la réussite étudiante ou le rôle social et territorial des universités.
Le classement rend également compte de manière imparfaite des sciences humaines et sociales, ainsi que de la diversité linguistique de la production scientifique : les publications en français, comme dans les autres langues que l’anglais, y demeurent structurellement sous-représentées, au détriment de la francophonie scientifique et de la circulation des savoirs qu’elle porte. Il ne mesure pas non plus les libertés académiques, considérées pourtant comme la condition première d’une science de qualité. Pour le ministère, le classement de Shanghai doit donc être suivi avec attention, sans constituer l’unique boussole de la politique française d’enseignement supérieur et de recherche.
Sur X, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, a salué ces résultats : « La France entre dans le Top 10 mondial du classement de Shanghai. Avec 27 établissements classés cette année, notre pays gagne une place et se hisse au 10e rang mondial. (…) Ces résultats récompensent avant tout l’excellence et l’engagement de toute notre communauté scientifique. Ils témoignent aussi des effets d’une politique universitaire menée dans la durée. Un classement ne dit évidemment pas tout de la qualité de notre enseignement supérieur et de notre recherche. Mais dans une compétition scientifique internationale toujours plus forte, cette reconnaissance compte. Félicitations aux 27 établissements français classés cette année et à toute notre communauté scientifique ! »
Dans le communiqué officiel du ministère, Philippe Baptiste avait par ailleurs tenu à nuancer la portée de ce type de palmarès : « Je tiens également à rappeler que les classements ont leurs limites et ne sauraient constituer une fin en soi : notre objectif n’est pas de briller dans tel ou tel palmarès, mais de former et de chercher au meilleur niveau, au service des étudiants, de la connaissance et du pays. »
Le projet de loi doit encore être inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale, puis voté. Interrogé sur ses chances d’aboutir et sur un calendrier raisonnable de mise en œuvre, Thierry Coulhon se garde de tout pronostic, mais insiste sur la profondeur du besoin auquel le texte répond, qu’il tient pour largement transpartisan. Le sujet n’est « ni politique ni idéologique », affirme-t-il : chaque année, des familles payaient très cher « des produits douteux », et les établissements de qualité risquaient d’être confondus avec les autres, une situation qu’il qualifie de « profondément toxique ».
Il rapporte enfin un effet qu’il juge vertueux, observé dès que la perspective d’une évaluation par la qualité s’est dessinée.
« Le simple fait de mettre en place un mécanisme de ce type a un effet extrêmement positif : beaucoup d’institutions venaient nous voir en disant qu’elles voulaient être évaluées. C’est comme si le fait de poser cette règle avait orienté le système vers la qualité. Certains établissements se retrouveront de l’autre côté, mais beaucoup se diront : la règle du jeu change, il faut que je m’occupe de la qualité », rapporte-t-il.
Il relève, avec une pointe d’ironie affectueuse pour le milieu, la tonalité des prises de position entendues durant les débats, un milieu qui, sourit-il, « commence chaque phrase par : nous sommes très inquiets ». Les parties prenantes ont été à la table des discussions et ont fait valoir leurs arguments ; que les équilibres soient parfaits ou non, c’est là, pour lui, « la vie démocratique ». Sur le calendrier proprement dit, il se dit dans une phase d’optimisme prudent, rappelant que l’actualité politique conserve sa part d’imprévu, et veut croire qu’une niche pourra être trouvée à l’Assemblée. Le débat, tranche-t-il, est « mûr pour aboutir ».
Le classement de Shanghai 2026 confirme la trajectoire ascendante des universités françaises depuis dix ans : d’une 36e place mondiale pour la première université française en 2016 à une entrée dans le Top 10 des nations en 2026, la France a progressivement consolidé sa visibilité internationale, portée par des réformes structurelles et des investissements soutenus. Les prochaines éditions du classement diront si cette dynamique se poursuit, dans un contexte de compétition scientifique mondiale toujours plus vive.
Paris-Saclay conserve sa place de première université française, deux nouveaux établissements font leur entrée.
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