L’an dernier, les choix des étudiants de classe préparatoire étaient restés globalement stables, malgré quelques « matchs » très serrés. Si les résultats de la procédure Sigem en 2026 ne seront connus qu’à la mi-juillet, la plupart des écoles interrogées par nos soins s’attendent à une continuité cette année.
Par Laura Makary
Le calendrier 2026 est disponible sur le site de la Banque commune d’épreuves : la saisie des vœux aura lieu du 13 au 15 juillet. Puis, les résultats d’affectation seront connus le 17 juillet dans l’après-midi. Une date finale attendue de pied ferme par les quelque 9 506 candidats inscrits au concours BCE 2026.
Or, tous les ans, le Système d’intégration aux grandes écoles de management, aussi appelé Sigem, procédure qui permet d’attribuer les places aux candidats, publie ses résultats. À partir de ces chiffres très détaillés, un « classement » peut être réalisé, valorisant les établissements les plus choisis par les élèves de prépa, en particulier lorsqu’ils ont été admis dans une autre business school (les fameux « matchs »). « Le Sigem existe depuis environ 25 ans, les grandes écoles de management se sont rendu compte à l’époque qu’il était souhaitable d’avoir un système permettant aux candidats de choisir leur affectation, dans un calendrier commun. L’objectif n’était pas, et n’est toujours pas, d’en faire un classement », explique Anne Rivière, directrice de la formation initiale chez TBS Education et présidente du Sigem depuis 2024.
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De fait, s’ils n’ont pas été pensés comme tels, les chiffres du Sigem sont scrutés chaque année par les médias. Et surtout par les candidats, très attentifs aux résultats de l’année passée. « C’est vraiment le classement prépondérant pour nos élèves. Nous leur expliquons bien qu’il s’agit uniquement des préférences de la génération précédente, ils savent qu’il existe d’autres classements, nationaux et internationaux, portant sur l’employabilité, la rémunération, l’aspect académique, mais le Sigem reste malgré tout la référence pour eux », observe Alain Joyeux, président de l’APHEC, l’Association des professeurs de classes préparatoires économiques et commerciales. Et les prépas, elles aussi, ont tout intérêt à voir leurs élèves intégrer les meilleures écoles, puisque leurs propres classements en dépendent.
Naturellement, le classement qui découle du Sigem est décortiqué par les business schools. Et il est de fait stratégique. « C’est l’indicateur de préférence réelle des préparationnaires, ce qui en fait un indicateur particulièrement important. Le Sigem est une photographie du marché et un signal utile pour nous. Quand une école progresse ou recule, cela nous invite à analyser les attentes des étudiants, et surtout l’évolution des aspirations de ces nouvelles générations, la perception qu’ils ont du programme, de l’école. En revanche, chacun doit garder en tête que le Sigem mesure une attractivité à un instant donné. Il ne résume en rien la qualité d’une école, la réussite de ses diplômes ou la richesse de son parcours pédagogique », précise Céline Hay, directrice du PGE de Kedge.
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Alors, la question se pose : à quoi peut-on attendre pour 2026 ? En 2025, la stabilité était de mise dans le top 10. Seul un changement était notable : une place gagnée par Neoma, devenue 7e, désormais ex aequo avec Audencia. Dans le top 15, IMT Business School avait pris la 13e place (+1), tandis que Montpellier Business School passait 14e (-1). Le tout avec des matchs parfois très serrés. L’exercice du pronostic, voire de la boule de cristal n’est pas évident, à quelques semaines des résultats.
Le top 3 est composé de longue date de HEC, Essec et ESCP. A priori, sauf grande surprise, il ne devrait pas bouger. « Je ne m’attends pas à des changements énormes en tête de classement », répond Yannick Meiller, doyen associé du PGE de ESCP, « Pour nous, l’enjeu le plus important, au-delà du Sigem, c’est l’adéquation entre l’étudiant et le programme : attirer des candidats excellents, qui correspondent le mieux à notre formation ».
Au-delà du top 5, les établissements suivants sont dans un mouchoir de poche. Kedge, actuellement 10e, vise ouvertement la 9e place. « C’est une ambition affichée, qui fait partie de notre plan stratégique ‘Kedge30’. Nous voulons poursuivre notre progression. Mon pronostic pour cette année, c’est un resserrement sur le top 10, à l’image de ce que l’on a pu observer l’an dernier. Au-delà de la question des rangs, les écarts sont intéressants à étudier. Les marches sont hautes dans le top 5, mais elles le sont beaucoup moins dans le reste du top 10, où une place peut se jouer à quelques dizaines de candidats », décrypte Céline Hay, qui invite les étudiants à faire leur choix aussi selon leurs propres critères.
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Comment choisissent-ils, justement, ces élèves de prépa ? « À côté du Sigem, il y a aussi le ressenti lors des oraux, un moment de plus en plus déterminant pour eux. Les spécialisations des écoles peuvent aussi jouer, ainsi que leur réputation dans le secteur, si le jeune a déjà un projet professionnel. Il peut aussi y avoir une question géographique, même si cela est plus minoritaire », analyse Alain Joyeux, de l’APHEC.
L’oral, en effet, prend une importance croissante et peut faire pencher la balance en cas d’hésitation entre deux établissements d’une même grappe. « Le ressenti des candidats durant les oraux, le contact avec les étudiants, avec les membres du jury, le campus, les discussions avec la direction du programme… Tout cela peut avoir un impact sur leur décision. Ils se souviennent de ce qu’ils ont vécu, durant cette journée », confirme Cindy Zawadzki, directrice du PGE d’Audencia. Le choix se fait alors au coup de cœur. Même si l’école finale est un rang au-dessous, par exemple.
Pour séduire les préparationnaires, les business schools font des efforts toute l’année. Elles misent sur la rencontre, l’échange. Objectif : montrer ses spécificités et donner envie aux candidats. « Cela commence par des visites dans les prépas. C’est un moment que j’apprécie, car je projette les étudiants face à moi dans ma future salle de classe à Audencia. C’est aussi l’occasion de répondre à leurs questions, notamment pour ceux qui hésitent entre plusieurs établissements », souligne Cindy Zawadzki.
Réseaux sociaux, forums… Tous les moyens sont bons pour se présenter, acquiesce Yannick Meiller, de ESCP. « Nous participons à des salons généralistes, mais aussi des événements plus spécifiques, dédiés aux prépas, autant que possible. La directrice des études et moi nous rendons aussi dans les classes en CPGE. Les candidats travaillent dur pendant deux à trois ans pour être libres de choisir le programme qui leur correspond le mieux. Notre but est qu’ils aient toutes les informations en main, afin de faire le bon choix… »
Choix des élèves, pronostics, enjeux, stratégies : à quoi s’attendre pour le Sigem 2026 ?
