Née le 1er janvier 2025 de la transformation de l’Université de Franche-Comté et de la COMUE Université Bourgogne Franche-Comté, l’Université Marie et Louis Pasteur (UMLP) publie le bilan de sa première année de fonctionnement en tant qu’établissement public expérimental. Cinq groupes de travail transversaux, des réalisations concrètes et une restitution collective organisée le 6 juillet 2026 : le nouveau statut commence à produire ses premiers effets mesurables.

Par Valentine Dunyach

Un nouveau statut pour un nouveau modèle

Pour comprendre les évolutions engagées, il faut d’abord revenir sur le statut d’établissement public expérimental (EPE), encore relativement méconnu dans le paysage de l’enseignement supérieur français.

Créé par l’ordonnance du 12 décembre 2018, ce statut a été conçu pour permettre à des établissements de se regrouper dans une structure commune, tout en conservant leur identité propre. L’objectif affiché est triple : renforcer les coopérations académiques et scientifiques, simplifier les interactions entre partenaires, et offrir davantage de souplesse dans la gestion des formations et des projets de recherche.

Pour l’UMLP, ce changement de statut répond à trois raisons clairement identifiées. La première est de renforcer l’attractivité des formations proposées par l’ensemble des établissements regroupés. La deuxième est d’accroître la visibilité internationale de l’université, dans un contexte où la compétition entre établissements s’exerce de plus en plus à l’échelle mondiale. La troisième est de favoriser une organisation suffisamment souple pour mener des projets collaboratifs ambitieux, sans les lourdeurs administratives que peut générer une structure plus rigide.

Le statut n’est pas définitif, puisque l’ordonnance prévoit une période d’expérimentation de dix ans. À l’issue de cette période, le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Hcéres) procédera à une évaluation. Selon ses conclusions, l’UMLP pourrait à terme accéder au statut de « grand établissement ».

L'UMLP en chiffres : une communauté de plus de 30 000 personnes

L’Université Marie et Louis Pasteur rassemble plus de 30 000 étudiants et personnels, dont près de 2 000 enseignants-chercheurs. Elle s’est structurée autour de quatre instituts et d’un collège de premier cycle, dans une logique interdisciplinaire.

Outre l’ex-Université de Franche-Comté, deux établissements composantes ont rejoint l’EPE : l’UTBM (Université de Technologie de Belfort-Montbéliard) et SUPMICROTECH. Six établissements associés complètent l’ensemble : le campus Arts et Métiers de Cluny (ENSAM), le CHU de Besançon Franche-Comté, le CROUS Bourgogne-Franche-Comté, l’Établissement français du sang Bourgogne-Franche-Comté (EFS BFC), l’École supérieure des technologies et des affaires (ESTA) de Belfort et l’Institut supérieur des Beaux-Arts de Besançon (ISBA).

Cette architecture répond à trois objectifs précis : coordonner les établissements partenaires pour former un ensemble cohérent, renforcer la visibilité de l’offre de formation et de recherche à toutes les échelles, et développer les coopérations à l’échelle régionale, nationale et internationale. L’établissement est présidé par Hugues Daussy, élu à la majorité absolue des membres du conseil d’administration pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois.

Cinq groupes de travail pour construire l'EPE de l'intérieur

Pour donner corps à cette ambition, cinq groupes de travail transversaux ont été mis en place dès la première année. Ce qui distingue ces groupes d’une organisation descendante classique, c’est précisément leur mode de construction. Les thématiques et les réalisations n’ont pas été imposées depuis la direction de l’EPE, mais co-construites par les acteurs de terrain eux-mêmes : services administratifs, personnels des établissements composantes et associés, partenaires opérationnels. C’est cette logique ascendante qui constitue la colonne vertébrale du modèle UMLP : faire émerger les synergies depuis le terrain plutôt que de les décréter depuis le sommet.

Les thématiques couvertes par ces groupes reflètent les enjeux concrets d’un tel regroupement : la gouvernance et les processus décisionnels, la communication et le développement d’une identité commune, les ressources humaines et la qualité de vie au travail, la vie étudiante, et les systèmes d’information et le numérique.

Des réalisations concrètes dès la première année

Après une année universitaire de travaux, les résultats ont été présentés lors d’une restitution inter-GT organisée le lundi 6 juillet 2026, en présence de l’ensemble des établissements composantes et associés de l’EPE.

Parmi les avancées les plus tangibles figure l’harmonisation des systèmes d’information dans les champs financier et RH entre SUPMICROTECH, l’UTBM et l’UMLP, un chantier technique structurant pour la cohérence de l’ensemble. Sur le volet communication, une stratégie commune a été élaborée, accompagnée d’une vidéo institutionnelle destinée à incarner l’identité partagée de l’établissement.

L’UMLP a également engagé une démarche de mobilité interne à l’échelle de l’EPE, visant à favoriser les parcours professionnels et le partage de compétences entre les différentes structures. Autre réalisation notable, l’intégration de SUPMICROTECH au dispositif SOS, le système de signalement et d’accompagnement des victimes de violences, discriminations et harcèlement ; une mutualisation qui renforce la protection des personnels et des étudiants.

Enfin, un grand événement inter-établissements est en préparation pour 2027, articulé autour des valeurs sportives, culturelles et académiques, et destiné à incarner concrètement la communauté que l’EPE entend construire.

Une dynamique appelée à se renforcer

Fort du bilan de cette première année, l’EPE UMLP annonce la poursuite de ses travaux collaboratifs lors de la prochaine année universitaire. De nouveaux groupes de travail pourraient voir le jour, notamment autour des enjeux de recherche et de développement durable et responsabilité sociétale ; deux axes appelés à prendre une place croissante dans les stratégies des établissements d’enseignement supérieur.