Réussir sa première année à l'université : les conseils d'une experte de l'orientation

Nouveau rythme de travail, installation dans une nouvelle ville, autonomie, vie étudiante, découverte des services universitaires, méthodologie de travail ou encore usage de l’intelligence artificielle… Réussir son entrée à l’université ne dépend pas seulement de son niveau académique ni de ses résultats au baccalauréat.

Pour répondre aux principales questions que se posent les futurs étudiants à l’approche de la rentrée universitaire 2026, nous avons échangé avec Sabine Chaupain-Guillot, directrice du Service universitaire d’orientation et d’insertion professionnelle de l’Université de Lorraine et présidente de la Courroie (Conférence universitaire en réseau des responsables de l’orientation et de l’insertion professionnelle des étudiants).

Par Valentine Dunyach

L'arrivée à l'université, un véritable changement d'univers

L’entrée à l’université est souvent perçue comme une simple formalité après l’obtention du baccalauréat. Pour Sabine Chaupain-Guillot, cette vision est loin de refléter la réalité : « C’est un changement d’univers considérable, d’autant plus pour ceux qui quittent leur ville d’origine et leur famille, et doivent tout gérer en même temps : logement, organisation, vie quotidienne. »

Au-delà d’un éventuel déménagement, les étudiants découvrent un nouveau rythme de travail, une relation différente avec les enseignants et une plus grande autonomie dans l’organisation de leur quotidien. Dans ce contexte, la préparation ne se limite pas aux aspects académiques. Savoir à quoi s’attendre, connaître les ressources disponibles et ne pas attendre d’être en difficulté pour les mobiliser sont les premiers réflexes à cultiver pour aborder sereinement le jour de la rentrée.

Avant même le début des enseignements, plusieurs démarches administratives méritent une attention particulière. Activer son espace numérique de travail (ENT) et sa messagerie universitaire, récupérer sa carte étudiante, s’inscrire aux groupes de travaux dirigés (TD), consulter régulièrement son emploi du temps et repérer les dates limites de modification d’inscription font partie des formalités incontournables. La messagerie universitaire, en particulier, constitue le principal canal de communication des établissements : informations pédagogiques, convocations, changements d’emploi du temps ou événements de rentrée y sont régulièrement diffusés.

Le premier conseil : ne pas rester seul

C’est la recommandation que Sabine Chaupain-Guillot place en tête, avant toute considération méthodologique. « Le premier conseil, et peut-être le plus important : ne pas rester seul. » Et d’ajouter : « Dans une université, personne ne vient frapper à votre porte si vous décrochez. » L’experte de l’orientation rappelle que le suivi individualisé, automatique au lycée, n’existe plus de la même façon à l’université. C’est désormais à l’étudiant d’aller chercher l’aide dont il a besoin.

La vie associative est, selon elle, l’un des leviers les plus efficaces pour éviter l’isolement. « Presque toutes les formations ont des associations étudiantes qui proposent du parrainage, du tutorat, et des activités diverses. Ce tissu social est fondamental pour réussir son année. », avance-t-elle. Ces associations jouent un double rôle, puisqu’elles facilitent l’intégration sociale et offrent un accompagnement concret dans les premières semaines, souvent les plus déstabilisantes.

Elle explique également qu’une réunion de rentrée ou de pré-rentrée est organisée dans toutes les formations. C’est lors de cette séquence que les services et associations disponibles sont présentés. Y assister est donc essentiel ; c’est le premier investissement qu’un nouvel étudiant peut faire dans sa réussite.

Liste complète des licences accessibles sur Parcoursup en 2026

Les premiers jours à l’université sont souvent déterminants pour prendre ses marques et adopter une organisation efficace. Participer à la réunion de rentrée, activer son espace numérique de travail (ENT), repérer les principaux services du campus, rejoindre une association ou un groupe d’étudiants, noter les dates importantes du semestre, prendre contact avec son enseignant de travaux dirigés (TD), tester son trajet quotidien ou encore se construire un planning de travail constituent autant de réflexes qui facilitent l’intégration. À l’inverse, certains écueils reviennent fréquemment chez les nouveaux étudiants : penser que les absences sont sans conséquence, repousser le travail jusqu’à l’approche des partiels ou attendre d’être en grande difficulté avant de solliciter de l’aide. Autant de comportements qui peuvent rapidement fragiliser le début du parcours universitaire.

Adopter les bons réflexes dès le départ

Les candidatures en première année de licence s’effectuent via Parcoursup entre janvier et mars 2026. Les lycéens peuvent formuler jusqu’à 10 vœux (20 sous-vœux maximum).

Christine Neau-Leduc rassure les futurs bacheliers sur la plateforme : « Parcoursup a permis d’ouvrir l’information et l’accessibilité de l’information sur nos formations à tous les lycéens ; toutes les formations françaises y sont référencées. Vous avez beaucoup de données accessibles. Une communication importante a été faite concernant tous les critères utilisés et la façon dont la plateforme fonctionne. Il y a une transparence qui est vraiment importante. »

La présidente encourage également les lycéens à ne pas avoir peur de la réorientation : « N’ayez pas peur, si vous êtes pris dans une formation, il est possible de se réorienter. Ce n’est pas parce que l’on n’a pas eu exactement la formation que l’on souhaitait qu’on ne l’aura pas plus tard. Nous ne sommes pas dans des silos. »

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Les services universitaires : des ressources parfois trop peu sollicitées par les étudiants

Au-delà des associations, l’université met à disposition un ensemble de services que les étudiants utilisent encore insuffisamment. Sabine Chaupain-Guillot conseille vivement : « Il ne faut pas hésiter à solliciter les services universitaires : services d’orientation et d’insertion professionnelle, scolarité, bibliothèques. Nous sommes là pour vous accompagner, c’est notre mission. »

Le service qu’elle dirige à l’Université de Lorraine, et dont la COURROIE fédère les équivalents à l’échelle nationale, est précisément conçu pour répondre aux questions d’orientation, de réorientation et d’insertion. Un étudiant qui doute de son choix de filière dès les premières semaines n’a pas à attendre la fin du semestre : ces services peuvent intervenir tôt, orienter vers d’autres parcours, et éviter une année perdue.

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Méthodes de travail à l'université : les vraies différences avec le lycée

Sur le plan académique, plusieurs ruptures méritent d’être anticipées entre le lycée et l’université. « La prise de notes sera plus rapide, le rythme différent », résume d’abord Sabine Chaupain-Guillot. « En cours magistral, l’enseignant n’attend pas. Il n’est pas rare que des étudiants, habitués à la progression plus lente du lycée, se retrouvent dépassés dès les premières semaines faute d’avoir adapté leur façon de travailler. », poursuit-elle.

Bonne nouvelle toutefois, la plupart des enseignants mettent aujourd’hui leurs cours ou diaporamas en ligne. Ces supports permettent de revenir sur les notions mal comprises, de compléter ses notes et de préparer les travaux dirigés plus en profondeur. Ils ne dispensent pas d’une attention soutenue en cours, mais constituent une ressource précieuse pour le travail personnel.

La relation aux enseignants évolue également. En cours magistral, l’interpellation spontanée est plus rare. Mais Sabine Chaupain-Guillot insiste : « Les enseignants sont accessibles. Pour ceux qui n’osent pas aborder l’enseignant d’un cours magistral, les chargés de TD sont en général plus jeunes et très disponibles. » Ne pas poser ses questions est, dans la majorité des cas, un choix par défaut, pas une contrainte imposée.

Intelligence artificielle : un outil, à condition de savoir s'en servir

La question de l’IA s’invite désormais dans toutes les discussions sur la pédagogie universitaire. Sur ce sujet, Sabine Chaupain-Guillot adopte une position pragmatique, sans angélisme ni catastrophisme : « On ne peut pas ignorer que les étudiants s’en servent. C’est un outil, et comme tout outil, il faut savoir l’utiliser à bon escient. »

L’IA peut être utile pour revenir sur un point de cours mal compris, reformuler une notion, ou explorer un sujet sous un autre angle. Mais cette utilité a une condition : ne pas prendre la réponse fournie pour acquise. « Il faut vérifier les informations obtenues avec d’autres sources », rappelle-t-elle. Les modèles génératifs produisent des contenus plausibles, pas nécessairement exacts.

Ce qui pose réellement problème, selon elle, c’est un glissement progressif vers la délégation totale. « Ce qui est problématique, c’est de laisser l’IA faire à sa place, sans chercher à comprendre. Le jour de l’examen, elle ne sera pas là. » La formule résume l’enjeu : l’IA peut accompagner l’apprentissage, accélérer la compréhension, structurer une réflexion. Elle ne peut pas remplacer le travail de fond qui permet de restituer ses connaissances de manière autonome. « L’IA doit être un complément à l’apprentissage, pas un substitut. Bien utilisée, dans cette logique d’assistance et de vérification, elle ne pose pas de difficulté. »

Réussir sa rentrée universitaire : adopter la bonne posture

Au fil de cet échange, une conviction traverse les propos de Sabine Chaupain-Guillot : la réussite à l’université repose moins sur les seules capacités académiques que sur la capacité à s’intégrer, à mobiliser les ressources disponibles et à adopter une posture active face aux difficultés. Les outils existent, les services sont accessibles et les associations permettent d’accueillir les nouveaux étudiants. À chacun désormais de faire le premier pas.

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