Malgré des heures de travail et une bonne connaissance du programme, certains étudiants de prépa ECG peinent à obtenir des notes satisfaisantes en HGGMC. Cette situation frustrante trouve souvent son origine dans des erreurs méthodologiques récurrentes, plutôt que dans un manque de connaissances. Professeure de géopolitique en classe préparatoire au sein de WeiD Prépa, agrégée d’histoire, diplômée d’HEC et avocate au barreau de Paris, Bénédicte Ourbak prépare un manuel de méthode de la dissertation de géopolitique à paraître aux Presses Universitaires de France (PUF) en 2026. Elle identifie dans un entretien approfondi les pièges les plus fréquents qui empêchent les étudiants de progresser. Son diagnostic révèle que ces erreurs sont souvent contre-intuitives et touchent autant la méthode que la posture intellectuelle face à l’exercice.

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Foire aux Questions (FAQ) sur : Prépa ECG : les erreurs les plus courantes à éviter en HGGMC

Pourquoi certains étudiants peinent-ils à progresser en HGGMC malgré un travail régulier ?

Selon le document, les difficultés en HGGMC proviennent le plus souvent d’erreurs méthodologiques récurrentes et de postures intellectuelles inadaptées, plutôt que d’un manque de connaissances sur le programme

Quelle est l’erreur la plus fréquente dans l’analyse des sujets ?

L’erreur la plus courante consiste à se concentrer uniquement sur les termes géopolitiques évidents du sujet, alors que le mot déterminant à analyser est souvent un terme du langage courant, qui conditionne toute la réflexion.

Pourquoi cette focalisation sur les termes « visibles » est-elle problématique ?

Parce que les notions géopolitiques issues du cours rassurent, tandis que les mots du langage courant obligent à réfléchir sans filet. Or, ce sont ces mots qui renvoient aux mécanismes concrets de puissance attendus par le jury.

En quoi les plans préfabriqués constituent-ils une erreur majeure ?

Les plans « universels » empêchent l’étudiant de développer sa propre réflexion et de répondre réellement à la logique du sujet. Plaquer un plan préconçu conduit souvent à forcer l’argumentation et à perdre en pertinence.

Pourquoi le travail du lexique est-il indispensable en HGGMC ?

Le manque de travail sur le vocabulaire empêche une analyse précise. Le document insiste sur la nécessité de constituer un lexique fondé sur des distinctions sémantiques, car des mots proches n’ont pas le même sens ni les mêmes implications analytiques.

Quelle erreur les étudiants commettent-ils souvent avec l’accroche ?

Beaucoup conçoivent l’accroche comme un « fun fact » ou une citation brillante, alors que son rôle est de montrer immédiatement que l’étudiant a compris l’intérêt du sujet et l’intention de son concepteur

Pourquoi le manque de perspective historique pénalise-t-il fortement les copies ?

L’absence de mise en perspective historique empêche de comprendre les phénomènes contemporains dans la longue durée, exigence renforcée depuis la disparition de la carte à l’ESCP. Les jurys attendent une articulation entre héritages, structures et dynamiques actuelles.

Pourquoi faut-il éviter les prises de position politiques dans la dissertation ?

La dissertation d’HGGMC n’est ni une tribune ni un éditorial. Les jugements de valeur, le conditionnel hasardeux ou les prescriptions politiques font sortir la copie du champ de l’analyse géopolitique et nuisent à sa crédibilité.

En quoi vouloir « s’en sortir seul » constitue-t-il une erreur ?

Chercher à progresser seul conduit souvent à répéter les mêmes erreurs sans les identifier. Le document souligne l’importance de faire confiance au professeur et de demander de l’aide en cas de blocage.

Quels chapitres sont le plus souvent négligés à tort ?

Les chapitres de première année, notamment ceux allant de 1913 à la fin de la guerre froide, l’économie mondiale et le thème de la France, sont régulièrement sous-travaillés alors qu’ils constituent des leviers transversaux essentiels pour de nombreux sujets.

Les erreurs les plus courantes en HGGMC

Erreur n°1 : se focaliser sur les termes « géopolitiques » évidents

L’une des erreurs les plus répandues consiste « se concentrer sur les termes ‘géopolitiques’ du sujet (comme ‘puissance’), alors que le terme difficile à analyser est souvent un mot du langage courant » explique Bénédicte Ourbak. 

Pour illustrer ce point, Bénédicte Ourbak prend l’exemple du sujet ESSEC 2021 : « La maîtrise des espaces communs, enjeu de puissance pour les États depuis 1945 » : « Le terme clé n’est pas ‘puissance’ ou ‘espaces communs’, mais ‘maîtrise’. L’étudiant qui se concentre trop sur le terme ‘puissance’ aura du mal à dépasser 10, celui qui analyse bien ‘espace commun’ peut avoir 13-14, celui qui se pose vraiment la question des modalités de la ‘maîtrise’ des espaces communs aura 18. Et pour cela, il faut simplement ouvrir un dictionnaire – il ne s’agit donc pas de géopolitique pure. »

Cette erreur traduit une mauvaise hiérarchisation du travail intellectuel attendu en HGGMC. Pour beaucoup d’étudiants, « les notions géopolitiques visibles rassurent, parce qu’elles appartiennent au cours. Les mots du langage courant, eux, inquiètent davantage, parce qu’ils obligent à réfléchir sans filet ». Or, ce sont sur ces mots apparemment simples que repose l’exigence réelle du sujet, car ils imposent d’entrer dans la logique concrète des mécanismes de puissance.

Erreur n°2 : appliquer des plans préfabriqués

La tentation d’utiliser des plans « universels » constitue une erreur des plus dommageables : « Le plan préfabriqué empêche l’étudiant de s’exprimer par lui-même. Si un étudiant essaie de faire passer sa réflexion dans des méandres qui ne sont pas les siens, c’est comme dévier le cours d’une rivière – c’est généralement pire. »

Au lieu de rechercher un plan miracle, il convient de « comprendre pourquoi l’on structure sa réflexion de telle façon. Les étudiants sont beaucoup plus intelligents qu’ils ne l’imaginent et s’en sortent beaucoup mieux quand ils font confiance à leur propre réflexion. »

Erreur n°3 : négliger son lexique

Le manque de travail en amont sur le vocabulaire est une autre erreur courante. « Je conseille aux étudiants de préparer un lexique dès le début d’année, basé sur les distinctions sémantiques », explique Bénédicte Ourbak. « Les distinctions entre deux mots de sens proche mais non équivalent sont cruciales pour comprendre et analyser correctement un sujet. »

 

Erreur n°4 : concevoir l’accroche comme un « Fun Fact »

L’accroche est souvent mal comprise et réduite à une recherche de citation ou d’exemple original. « La question à se poser n’est pas : ‘Quelle citation brillante vais-je placer ?’ mais ‘Pourquoi ce sujet est-il tombé cette année ?’, et surtout ‘Comment montrer immédiatement au correcteur que j’ai compris l’intérêt de ce sujet ?’», explique la professeure.

Cette approche superficielle passe à côté de l’enjeu véritable de l’accroche : comprendre les motivations du concepteur du sujet. « Si le sujet est tombé cette année, c’est qu’un élément a poussé le concepteur à se dire : ‘Tout le monde se rappellera de mon sujet.’ »

Erreur n°5 : négliger certains chapitres stratégiques

Tous les chapitres n’ont pas la même valeur stratégique, et les traiter de manière uniforme est une erreur coûteuse. Les chapitres de première année, en particulier ceux qui vont de 1913 à la fin de la guerre froide, structurent l’ossature intellectuelle de toute la matière : ils permettent d’historiciser n’importe quel sujet, ce qui est devenu central depuis la disparition de la carte à l’ESCP. Comme le rappelle Bénédicte Ourbak, ils donnent « des clés de lecture indispensables pour donner de la perspective historique à la copie ».

Certains thèmes sont pourtant régulièrement sous-travaillés. L’économie mondiale est « souvent mal maîtrisée, alors qu’elle est essentielle pour comprendre les logiques de l’émergence et les recompositions actuelles des puissances ». La France est également négligée, alors que « c’est l’un des rares thèmes qui peut tomber tel quel en fin de deuxième année ». Négliger ces chapitres, c’est se priver de leviers transversaux qui irriguent une grande partie des sujets. 

Erreur n°6 : manquer de perspective historique

L’insuffisance de mise en perspective historique est souvent pointée par les rapports du jury. « Cette exigence de perspective historique, déjà au cœur de l’exercice de la dissertation d’HGG mais renforcée à l’ESCP à la suite de la disparition de l’exercice de la carte, renvoie aux travaux de Fernand Braudel et l’école des Annales. »

Il s’agit de replacer les phénomènes contemporains dans « la longue durée » : « Une bonne copie montre ainsi – s’appuyant sur le programme de première année – comment l’actualité et les rapports de force contemporains vus en seconde année s’enracinent dans des structures/héritages/cycles économiques ou politiques plus longs. »

Erreur n°7 : prendre des positions politiques

Beaucoup d’étudiants prennent position politiquement, parfois sans s’en rendre compte : « Il faut éviter le conditionnel hasardeux (tel pays qui ‘devrait’ faire telle chose) ou les jugements de valeur (expliquer ce qui serait juste ou souhaitable) » rappelle Bénédicte Ourbak. En effet, la dissertation de géopolitique n’est ni une tribune, ni un éditorial, mais vise à comprendre, à expliquer et à hiérarchiser des mécanismes de puissance. Un devoir qui bascule dans l’opinion sort du champ de l’analyse et perd une part de sa crédibilité.

Être neutre n’empêche pas d’être original : des exemples bien choisis, parfois pris dans des espaces moins attendus, et un équilibre entre deux registres : « le savoir commun (qui permet au correcteur de voir que vous parlez son langage) et le savoir qui distingue (qui intéresse le correcteur) ».

Erreur n°8 : vouloir s’en sortir seul

Quand la progression bloque en HGGMC, qui consiste à s’isoler est fréquent, mais rarement efficace. « On ne s’en sort pas seul dans la jungle de la géopolitique », plaisante Bénédicte Ourbak. La matière est complexe et la méthode exigeante : chercher à tout régler seul conduit souvent à répéter les mêmes erreurs sans s’en rendre compte.

Selon la professeure, il faut « Faire confiance au professeur. Quand on a des raisons de penser qu’il est bon, il faut lui faire confiance. Essayer de s’en sortir seul est très rarement la bonne solution. » En cas de blocage, la démarche la plus utile consiste à demander un rendez-vous : « Je ne connais aucun prof de prépa qui ait rejeté un étudiant sur ce type de demande. »

Erreur n°9 : manquer d’humilité

Le manque d’humilité empêche la progression et constitue un obstacle majeur à l’apprentissage. « Je n’ai jamais entendu parler d’un étudiant qui considère savoir mieux que son prof et pour qui cela se soit bien passé », constate Bénédicte Ourbak.

Le message est d’ailleurs universel : « Rester humble. C’est une valeur extrêmement importante dans tous les métiers et quelle que soit la position. »

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Les erreurs les plus courantes en HGGMC révèlent souvent une incompréhension de l’exercice plutôt qu’un manque de connaissances. Se focaliser sur les termes géopolitiques trop évidents, appliquer des plans préfabriqués, négliger le lexique, concevoir l’accroche comme un ornement, manquer de perspective historique, prendre des positions politiques, vouloir s’en sortir seul et manquer d’humilité constituent autant d’obstacles à la réussite. Comme le résume Bénédicte Ourbak, « la géopolitique n’est pas une science exacte. Il n’y a pas de plans parfait, pas de façon unique de répondre à un sujet. » Cette liberté, loin d’être une difficulté, devient un atout pour les étudiants qui savent comment éviter ces pièges méthodologiques récurrents.