« Plus de 83 000 » en 2025. C’est le nombre de candidats qui « ont reçu une proposition d’admission en participant à la phase complémentaire », selon les chiffres de Parcoursup. En 2024, ils étaient 80 000. 79 000 en 2023. 74 000 en 2022. Certes, en valeur, il s’agit d’une goutte d’eau face aux plus de 900 000 candidats recensés l’an dernier. Cependant, ces dizaines de milliers de jeunes sont évidemment scrutés par les formations qui n’ont pas (encore) fait le plein. En surfant sur Parcoursup, la plateforme nous indique qu’elles sont plus de 16 000 consultables, durant cette dernière étape.
Parcoursup : analyse ton rang en liste d’attente grâce à notre outil dédié !
Télécharge notre guide Parcoursup et reçois 300 exemples de lettres de motivation
« La phase complémentaire est en effet stratégique, c’est une façon de compléter nos promotions, mais aussi d’être visibles plus longtemps pour les candidats et leurs familles », acquiesce Germain Dutilleul, directeur attractivité de l’Eigsi. Il nous explique néanmoins que les flux ainsi recrutés par l’école d’ingénieurs rochelaise sont très minoritaires : seulement « entre 5 et 10 étudiants ».
Les proportions sont similaires à l’ECE. Sur 760 étudiants recrutés, une trentaine le sera cette année via la phase complémentaire. « Elle est utile, car elle apporte une souplesse, une fluidification du processus. Un jeune peut changer d’avis, se réorienter, ou ne pas obtenir le vœu qu’il espérait de prime abord. Nous voyons par exemple de très bons étudiants ayant initialement demandé des classes préparatoires de prestige, qui ne les ont pas eues, ou qui finalement ont décidé de ne pas vouloir aller en CPGE… Nous recherchons une diversité de profils, donc cela nous intéresse », explique François Stephan, directeur de l’école, qui voit d’un très bon œil ce recrutement annexe.
« Une deuxième chance »
Côté écoles de commerce, Marion Fabre, directrice du campus Sud-Est et du pôle « undergraduate » d’Omnes Education, est du même avis : « La phase complémentaire de Parcoursup est très utile, elle laisse une deuxième chance. Pour les candidats, rien n’est joué, ils peuvent retenter. Pour nous aussi, elle est importante, car cela nous permet de compléter nos effectifs, qui plus est avec des étudiants ayant pris le temps de réfléchir et de mûrir leur projet ». La période estivale est en effet importante pour les différents programmes de l’Inseec : « 20 à 30 % » des promotions sont intégrées soit via la phase complémentaire de Parcoursup, soit dans le cadre de recrutements en dehors de la plateforme.
Dans la plupart des business schools, ces arrivants supplémentaires sont bienvenus, car nombreuses sont celles qui peinent à faire le plein cette année. En particulier les PGE en cinq ans, qui accusent en moyenne une chute de plus de 10 % du nombre de vœux entre 2025 et 2026. De leur côté, environ deux tiers des écoles d’ingénieurs ont « recueilli moins de vœux qu’en 2025 », avec une baisse d’environ 5 % en moyenne, selon l’AEF. Le tout dans un contexte de recul démographique annoncé. Alors, attirer quelques élèves de plus, même s’ils sont peu nombreux, est toujours à prendre.
Une communication différente
Du fait de ces petites cohortes, contrairement à la phase principale, les établissements peuvent se permettre de communiquer différemment, de façon rapprochée, avec leurs candidats. « Ce dont on se rend compte, c’est qu’autant sur la phase principale, les journées portes ouvertes marchent très bien, autant, sur la complémentaire, les étudiants ont besoin de discussions, d’échanges plus personnels. Ce sont eux qui nous contactent, à la recherche de rendez-vous individuels, pour poser leurs questions, quant à leurs projets de réorientation, parfois particuliers », remarque Samuel Vinet, directeur du développement de l’Essca. Un temps que prennent les personnels, afin de diriger au mieux ces candidats estivaux.
« On ne s’adresse pas à eux de la même façon », confirme Germain Dutilleul, de l’Eigsi. « Face à certains dossiers, nous proposons un échange téléphonique, afin de nous assurer de la cohérence du projet et de leur réussite s’ils intègrent le programme. La communication devient beaucoup plus personnalisée, sachant que le gros du recrutement est déjà fait pour nos promotions. Nous entrons dans de l’affinage. »
Quel est l’état d’esprit de ces candidats de phase complémentaire ? Là où 84 % des lycéens jugent la procédure « stressante », d’après les chiffres 2025 du ministère de l’Enseignement supérieur, ces futurs élèves semblent globalement moins anxieux. « Ils sont plus posés, se projettent davantage. Finalement, cette phase est rassurante pour eux », observe Marion Fabre. Moins d’espoirs déçus, plus de choix pragmatiques, en somme.
Avec les années, la phase complémentaire commence à être bien identifiée des jeunes et des familles. « Nous voyons un changement d’habitude des étudiants. De plus en plus d’entre eux utilisent la phase complémentaire pour se réorienter et trouver un autre projet académique », remarque Samuel Vinet, de l’Essca. Pour autant, au sein de son école, ce recrutement est « très minoritaire ». « Cette phase est là pour remplir les quelques places encore disponibles en fin de processus, dans certains de nos campus. » La phase principale continue de bien porter son nom.
Pour les candidats, mieux vaut ne pas trop tabler sur cette dernière étape de Parcoursup, conseille Germain Dutilleul, de l’Eigsi : « Tout miser sur la phase complémentaire ne me semble pas une bonne stratégie. Elle permet de garder des portes ouvertes. Mais attention, le fait qu’une formation y figure une année ne signifie pas que cela sera encore le cas l’année suivante. L’élève aura de fait moins d’opportunités, elle doit donc rester un filet de sécurité. »
Enfin, pour l’ensemble du système, il ne serait pas souhaitable qu’elle prenne trop d’importance, conclut François Stephan, de l’ECE : « Elle doit rester une soupape, mais pas plus. Sinon, on renierait le principe même de Parcoursup, dont l’objectif est d’affecter une grande majorité des jeunes à la fin de la phase principale. Sinon, cela n’a plus de sens… »
Des questions sur ta poursuite d’études ? Viens discuter avec Thotis.IA, le conseiller d’orientation 2.0 généré par une intelligence artificielle
