Dans un quartier en pleine mutation, le Centre La Chapelle de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne a accueilli ses premiers étudiants en janvier 2026. Durabilité, équipements modernes, vie de campus repensée pour une expérience étudiante augmentée : visite d’un projet initié il y a une quinzaine d’années, en présence de la présidente Christine Neau-Leduc et du président du Campus Condorcet, Pierre-Paul Zalio.
Par Valentine Dunyach
Dès 2012, la Ville de Paris s’implique activement en acquérant les terrains de l’ancienne gare Dubois pour les mettre à disposition du projet de campus. Mais c’est entre 2015 et 2016 que l’urgence s’impose, car les personnels et étudiants de l’université se trouvent à l’étroit. Difficile d’engager de gros travaux de rénovation dans les murs de l’hypercentre parisien, sans possibilité d’extension sur aucun de ses sites. L’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne peine ainsi à absorber une population étudiante en constante croissance. La pression bâtimentaire, notamment sur le site de Tolbiac, devient critique.
Ce projet était porté conjointement avec la création du Campus Condorcet à Aubervilliers, un campus international dédié aux sciences humaines et sociales initié en 2009. Initialement prévu pour une livraison en 2020, son chantier a pris du retard avant de voir le jour.
Entre la récente Adidas Arena et les vastes chantiers de réhabilitation menés par la municipalité, la Porte de la Chapelle connaît depuis plusieurs années une transformation profonde. C’est dans ce paysage urbain renouvelé que l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne s’est implantée, en ouvrant son tout nouveau centre académique le 26 janvier 2026, deux ans et demi après la pose de la première pierre le 16 juin 2023. Il sera officiellement inauguré au moins de juin 2026.
Christine Neau-Leduc, présidente de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, s’est félicitée lors de la conférence de presse de la création du nouveau site : « Cette ouverture est un moment important, historique même, pour une université parisienne. », a-t-elle déclaré.
« La question des espaces de vie étudiante est une question récurrente pour nous ; ce centre est une bouffée d’air frais », explique Christine Neau-Leduc. Les chiffres donnent la mesure de ce soulagement : 20 000 m², dont un jardin de 2 000 m², et une augmentation de 16 % des espaces de l’université. Le centre peut accueillir près de 3 500 étudiants, répartis dans 3 000 places assises, dont quatre amphithéâtres de 500, 300 et deux fois 200 places. À cela s’ajoutent 45 salles de travaux dirigés, des salles d’enseignement, six salles informatiques de 28 postes chacune, et deux salles « lab » dédiées à l’innovation pédagogique.
La présidente souligne ce que représente concrètement ce gain pour l’accueil des étudiants : « Ce sont désormais 720 lecteurs qui peuvent être accueillis simultanément dans la bibliothèque universitaire Hélène Ahrweiler. ».
Septième bibliothèque intégrée du Service commun de la Documentation de Paris 1, la bibliothèque Hélène Ahrweiler, espace majeur du nouveau campus, porte le nom d’une ancienne présidente de l’université, disparue en février 2026. Un hommage fort, rendu au moment même où l’établissement franchit une nouvelle étape de son développement.
Transférée depuis le centre Pierre-Mendès-France, elle regroupe désormais 60 000 ouvrages dont 41 000 en libre accès, 104 abonnements à des revues, 23 000 cartes et plus de 5 300 thèses et habilitations à diriger des recherches. Des enrichissements sont déjà prévus, notamment en démographie et en urbanisme pour les étudiants de master, ainsi que des fonds d’appui en sciences juridiques et économiques.
À lire aussi, sur Thotis, en lien avec l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne : Bien s’orienter en Master :
Orientation Master : Trouve un Master en 2026 avec Thotis !
Loin d’uniquement accumuler des mètres carrés supplémentaires, le centre a fait de la qualité des équipements pédagogiques une priorité : « Ces magnifiques amphithéâtres, la cafétéria du Crous de 350 places, sont des éléments dont nous ne disposons pas sur nos autres sites. Nous avons l’impression d’être projetés dans le 22e siècle », s’enthousiasme Christine Neau-Leduc.
Les amphithéâtres sont dotés de matériels de diffusion du son et de l’image d’excellente qualité. Ils intègrent par exemple le dispositif « Amphis virtuels », principe par lequel une caméra filme automatiquement le tableau, permettant la captation et la diffusion des cours dans les espaces pédagogiques interactifs. L’un des amphithéâtres est quant à lui équipé d’une régie technique mutualisée, capable d’accueillir des événements scientifiques ou culturels ouverts bien au-delà de la communauté universitaire.
Pour Pierre-Paul Zalio, président du Campus Condorcet, la dimension architecturale dépasse toutefois la seule question technique : « L’architecture du campus de La Chapelle est la traduction de la vision d’une expérience étudiante et d’une manière d’enseigner singulière. »
Au cœur de ce nouveau campus, la vie étudiante y est centrale. La cafétéria gérée par le Crous, forte de 350 places assises, est calibrée pour servir jusqu’à 1 000 repas par jour. Passée l’heure du déjeuner, l’espace se mue en zone de coworking, pouvant même s’ouvrir sur le jardin extérieur où plusieurs grandes tables ont été installées.
Les terrasses, accessibles au personnel, offrent une vue à 360° sur le quartier, notamment sur l’Adidas Arena. Trois agents rattachés au pôle Vie étudiante assurent un accueil physique pour accompagner les étudiants dans leurs démarches, leur vie associative et leurs projets. Les amphithéâtres sont équipés de boucles magnétiques ; l’amphi 300 dispose en plus d’un système nouvelle génération fonctionnant via smartphone pour les étudiants malentendants.
Un bâtiment éco-conçu
La durabilité est inscrite dans la structure même du bâtiment. Conçu selon les principes de l’Institut négaWatt, le Centre La Chapelle vise une consommation totale en énergie primaire inférieure de 30 % au niveau réglementaire de la RT2012. Raccordé au réseau de chaleur urbain, il est alimenté à plus de 50 % par des énergies renouvelables et de récupération. L’approche bioclimatique a guidé les choix dès la conception. Les finitions ; briques de terre cuite, bois certifiés FSC ou PEFC, linoléum composé à 97 % de matières premières naturelles, traduisent une cohérence jusqu’aux détails.
Ce projet est signé par les architectes Jean Guervilly et Françoise Mauffret, associés depuis 1998, récompensés par l’Équerre d’Argent en 2008 pour l’UFR de Biologie Paris-Rive Gauche. Depuis plus de trente ans, ils cultivent une esthétique sobre fondée sur la qualité d’exécution et le confort des usagers, une philosophie parfaitement lisible dans ce bâtiment.
Un chantier de cette ampleur nécessite plusieurs sources de financement. Le Centre La Chapelle représente un investissement total de 97 millions d’euros hors taxes, réparti entre l’État, la Région Île-de-France, la Ville de Paris et le Crous de Paris : « On se félicite de l’aide des financeurs : un soutien financier supplémentaire a été apporté après réévaluation du budget des travaux », a tenu à souligner Christine Neau-Leduc, non sans rappeler que l’établissement reste « une université sous-dotée, que ce soit en termes de dotation propre, de recrutement ou de moyens ». Le coût de fonctionnement annuel du centre est estimé à 4 millions d’euros.
La présence d’un centre universitaire de cette envergure dans le 18e n’est pas neutre. Pour Pierre-Paul Zalio, président du Campus Condorcet, la portée du projet dépasse largement les murs du campus : « L’université représente un nouvel acteur dans la ville ; les étudiants, par le simple fait de leur présence, transforment la ville. » Et d’ajouter : « Ce site va devenir un nouveau Quartier latin. ».
Situé à une station de métro du Campus Condorcet d’Aubervilliers, où se concentrent les laboratoires de recherche en SHS (Sciences Humaines et Sociales), le centre crée enfin une continuité géographique entre enseignement et recherche. « Le rapprochement du lieu de la recherche et celui de la transmission est cohérent », analyse le directeur du campus Condorcet. Les étudiants de masters de géographie, urbanisme et démographie bénéficieront bientôt d’une cohérence inédite avec leurs équipes de recherche.
Christine Neau-Leduc voit aussi en cette implantation nouvelle une ouverture sur le territoire : « Nous souhaitons avoir un impact sur ce quartier… et je pense qu’il se voit déjà. » L’amphithéâtre 300, accessible depuis le parvis et ouvert aux événements culturels hors temps scolaire, est précisément pensé comme un outil de lien avec la ville ; une université qui ne se referme pas sur elle-même. La présidente cite en exemple le partenariat déjà noué avec le Paris Basket Club : « Nos étudiants n’y avaient pas accès auparavant. »
Avec l’achèvement progressif du Campus Condorcet, une nouvelle géographie universitaire se dessine au nord de Paris. « Nous avons repensé l’activité universitaire dans le Nord de Paris », résume Pierre-Paul Zalio. La grande université de sciences humaines est en train de prendre une nouvelle forme.
Des questions sur ta poursuite d’études ? Viens discuter avec Thotis.IA, le conseiller d’orientation 2.0 généré par une intelligence artificielle
Poursuite d’études : découvre quel Master est fait pour toi !
Fais notre Test de l’Orientation en Master et trouve le master fait pour toi !
Crédit : Pascal Levy / Panthéon-Sorbonne
