À Reims, NEOMA Business School prévoit d’inaugurer en janvier 2027 un campus d’envergure. Thotis a eu l’opportunité de visiter le chantier de ce futur site, pensé pour conjuguer responsabilité environnementale, expérience étudiante enrichie, innovation pédagogique et ancrage territorial.

Par Valentine Dunyach

Au cœur du quartier Port Colbert, ancienne friche industrielle de Reims en pleine transformation, se dessine un projet architectural structurant pour le paysage de l’enseignement supérieur français. Le futur campus de NEOMA Business School, dont l’ouverture est prévue en janvier 2027, traduit une conception renouvelée de l’école de management : un lieu pensé pour conjuguer exigence académique, qualité de l’expérience étudiante et conditions d’apprentissage, tout en s’inscrivant dans son territoire et en intégrant les enjeux environnementaux.

Un projet architectural d'envergure régionale

Avec ses 35 000 m², le nouveau campus s’impose comme l’un des plus grands bâtiments de la région. Conçu par le cabinet d’architecture danois Henning Larsen, sélectionné parmi cinquante candidatures, le projet représente un investissement de 136 millions d’euros pour le campus principal, auxquels s’ajoutent 9 millions d’euros pour le gymnase. Un montant conséquent pour l’école, qui devient ainsi propriétaire de ses locaux, après avoir été locataire de ses deux précédents sites rémois.

La structure, portée par le promoteur Kaufman & Broad, a été pensée pour accueillir jusqu’à 4 700 étudiants. Elle comprend notamment un auditorium de 750 places dédié à l’événementiel, deux amphithéâtres de 120 places chacun et pas moins de 85 salles de cours conçues selon des standards innovants. À ces espaces pédagogiques s’ajoutent un gymnase équipé de panneaux photovoltaïques en autoconsommation, un espace événementiel de 400 m² et un atrium culminant à 21 mètres de hauteur.

« Cela fait quatre ans que nous travaillons sur ce projet », confie Delphine Manceau, directrice générale de NEOMA Business School. Le chantier mobilise aujourd’hui 300 compagnons et intègre également des entreprises locales. Comme le souligne Sébastien Baillet, directeur du projet de campus : « Lier projet international d’envergure et connexion avec le tissu local pour les constructeurs » constituait une priorité.

Situé à seulement dix minutes à pied de la gare de Reims et à un quart d’heure du centre-ville, le campus bénéficie d’une accessibilité optimale, en phase avec les modes de déplacement durables privilégiés par les étudiants.

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“La Ruche”, poumon du campus

Au centre de ce dispositif architectural trône « La Ruche », structure centrale en bois donnant son identité au projet. Cette construction modulaire, assemblée « comme une construction de lego », indique Sébastien Baillet, constitue le véritable cœur battant du campus.

« La Ruche est le poumon du campus, un vrai lieu de vie », résume Delphine Manceau. Haute de 15 mètres de large, cette structure inédite a été conçue pour favoriser les connexions entre étudiants, professeurs et personnel administratif. Elle propose une diversité d’espaces dans des semi-étages : des cellules chaleureuses pour se réunir en petits groupes, des plateaux dédiés au repos, des espaces calmes pour étudier ou encore des zones de coworking flexibles, réparties sur plusieurs niveaux communicants.

Le rez-de-chaussée accueille principalement les aménagements destinés au confort des étudiants -notamment la cafétéria-, tandis que la mezzanine est plutôt dédiée aux collaborateurs. Partout, des îlots acoustiques et des prises électriques renforcées permettront à tous de s’approprier l’espace selon ses besoins. « Les personnes qui vont y vivre vont s’approprier leurs propres espaces », anticipe l’équipe du projet, consciente que le bâtiment évoluera avec les usages.

L’ensemble du campus a ainsi été pensé dans une logique d’interconnexion et de transparence visuelle. Les plafonds absorbants acoustiques, la lumière naturelle présente partout grâce aux immenses baies vitrées, et sans soleil direct, les tables sur roulettes permettant de configurer facilement les espaces ; autant d’éléments destinés à offrir un environnement propice à la concentration et à la collaboration.

Responsabilité environnementale et ouverture à la cité

Au-delà d’un simple établissement d’enseignement supérieur, le campus de NEOMA se veut un acteur à part entière du territoire rémois. « Ce campus est très orienté RSE », explique Delphine Manceau, qui insiste sur la dimension environnementale du projet : matériaux bio-sourcés, certifications LEED et WELL, traitement de l’eau de pluie avec zones d’infiltration dans le parc, consommation énergétique optimisée.

« C’est un engagement fort en matière de RSE que de construire un bâtiment en bois », souligne Sébastien Baillet, évoquant un projet unique en son genre. « Il n’existe pas de projet de ce type -notamment en termes de volumétrie et de quantité de bois-. Ce campus sera une réalisation dont on sera fiers. »

Le campus est conçu comme « un trait d’union entre vie étudiante et vie professionnelle », ouvert sur le quartier Port Colbert en pleine reconversion. NEOMA fait figure de fer de lance dans cette transformation urbaine : l’ÉSAD, École Supérieure d’Art et de Design de Reims, déménagera également dans le quartier et intégrera le nouveau campus cet été.

L’auditorium de 750 places et l’espace événementiel sont explicitement conçus pour accueillir les acteurs rémois -entreprises, institutions, associations. « Connecter le campus à Reims et créer un campus dans la cité », précise Delphine Manceau. Le gymnase, bien que destiné prioritairement à NEOMA et à sa vie associative sportive, pourra par ailleurs être prêté aux autres établissements scolaires du quartier.

Cette philosophie d’ouverture s’inscrit dans une volonté de mutualisation des ressources et de coopération étroite avec le tissu économique local, dans un quartier qui verra se développer commerces, écoles et autres lieux de vie.

Crédit : visuels du cabinet d’architecture danois Henning Larsen

Un bilan encourageant, à mi-parcours du plan stratégique

Au-delà de la présentation du projet immobilier, Delphine Manceau a profité de la présence des journalistes pour dresser un premier bilan du plan stratégique 2023-2027 de NEOMA, baptisé « Engage for the future ». Articulé autour de trois ambitions -figurer dans le top 6-7 français et le top 30 international, atteindre une taille critique de 10 000 étudiants avec un modèle économique robuste, devenir une référence internationale en matière d’innovation-, ce plan affiche des résultats tangibles.

Sur le plan académique, l’école revendique une 7e place au classement SIGEM pour son Programme Grande École, l’obtention du grade de Master pour cinq ans pour son programme TEMA post-bac ou encore le label DD&RS (Développement Durable et Responsabilité Sociétale) pour une durée de quatre ans. La rentrée de septembre dernier a enregistré une hausse de 7,5 % des effectifs, dans un contexte de concurrence accrue. Le nouveau GBBA a quant à lui connu une croissance de 24 % de ses effectifs, tandis que l’Executive Education affiche une progression majeure de 78 % de son chiffre d’affaires en deux ans.

Côté recherche, NEOMA a triplé le nombre d’articles publiés selon les critères de la FNEGE, devenant l’école de management publiant le plus d’articles de recherche. L’établissement a recruté 25 nouveaux professeurs en 2023-2024 et 23 en 2024-2025, avec l’objectif d’en recruter désormais une vingtaine chaque année. Sur les 250 professeurs permanents de NEOMA, 86 % ont une nationalité étrangère ou en plus de la nationalité française.

L’intelligence artificielle constitue un axe majeur du positionnement de NEOMA. « Parmi les premiers avec Mistral AI », se félicite la direction, qui a formé plus de 10 000 personnes depuis 2023, y compris des professeurs de classes préparatoires. « Une transformation autour de l’IA dans le même temps que la transformation de nos locaux », résume Delphine Manceau.

Sur le volet étudiant, l’école a adapté son portefeuille de partenaires internationaux aux nouvelles aspirations : « L’Europe est redevenue très attractive.” Delphine Manceau mentionne une “remontée des destinations asiatiques, notamment la Corée, Vietnam, le Japon. » Un nouveau module de deux mois, le « Venture Studio », permet aux étudiants entrepreneurs de bénéficier d’un programme intensif pouvant déboucher sur une incubation. À noter : le partenariat avec Berkeley a été intensifié, notamment autour de l’entrepreneuriat.

Le bien-être étudiant fait également l’objet d’une attention renforcée, avec l’élargissement du « Wellness Center » à tous les profils d’étudiants et collaborateurs : ateliers de nutrition, santé mentale, prévention des violences sexistes et sexuelles, conduites addictives. « À l’heure des cours en ligne et où les enjeux de santé mentale sont importants, vivre ensemble est crucial. Avec ce campus qui est un atout différenciant, NEOMA renforce l’expérience étudiante », souligne la directrice générale de NEOMA.

Enfin, la dimension sociétale et environnementale se traduit notamment par l’intégration systématique de volets environnementaux et sociaux dans l’ensemble des cours et la création d’une chaire de bioéconomie et recherche soutenable, il y a sept ans, ou encore le doublement du budget bourses, permettant à 30 % des étudiants du PGE d’être boursiers, avec une prise en charge à 100 % pour les échelons 6 et 7.

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Dans un contexte international perturbé -guerre en Ukraine, tensions géopolitiques, remise en question des politiques de diversité aux États-Unis et national -stabilisation démographique, concurrence accrue, baisse des financements de l’apprentissage, durcissement du marché du travail-, NEOMA affiche ses ambitions pour 2027.

L’école repense l’accompagnement académique et professionnel à l’ère de l’intelligence artificielle, capitaliser sur son réseau de 400 partenaires, maintenir sa position de référence en matière d’innovation et renforcer l’hybridation des formations en intégrant davantage de contenus hybrides – notamment technologiques et géopolitiques- aux cursus. « Former des profils dont les entreprises ont besoin est néecessaire : des profils de managers spécifiques en fonction du domaine professionnel dans lequel ils évoluent », explique Delphine Manceau.

Avec ce campus pensé comme un laboratoire de l’école de commerce de demain -durable, connectée, ouverte sur son territoire-, NEOMA parie sur une vision où l’architecture devient un levier stratégique au service de la pédagogie et du bien-être collectif.

NEOMA, Delphine Manceau - DG sur Écoute