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Le 29 mai 2026, le théâtre Sébastopol de Lille accueillait la finale nationale de la 13e édition de « Ma thèse en 180 secondes ». Organisé par le CNRS et France Universités, ce concours de vulgarisation scientifique réunit chaque année des doctorantes et doctorants venus de toute la France, avec un seul défi : rendre leur sujet de recherche accessible, captivant et mémorable en trois minutes. Cinq prix ont été décernés à l’issue de la soirée.

Par Valentine Dunyach

Trois minutes pour convaincre

Ils étaient 21 finalistes, issus de toutes les régions de France, à monter sur scène ce soir-là. Leur mission : présenter leur sujet de thèse en seulement trois minutes chrono, devant un jury de sept personnalités issues du monde scientifique, journalistique et éducatif, et un public de plus de 600 spectateurs. Le format, simple en apparence, exige en réalité un travail considérable de synthèse, de pédagogie et de mise en scène ; autant de compétences que le concours entend précisément valoriser.

L’événement a largement dépassé les murs du théâtre. Plus de 160 000 vues cumulées ont été enregistrées sur YouTube et sur la chaîne Twitch du streamer Fibre Tigre, confirmant l’appétit du grand public pour la recherche scientifique racontée autrement.

Yaëlle Wormser, premier prix du jury : la microbiologie à l'honneur

Le premier prix du jury a été attribué à Yaëlle Wormser, doctorante en microbiologie de l’Université Paris Cité, rattachée à l’Unité mécanismes du cycle cellulaire bactérien (Institut Pasteur/Université Paris Cité/CNRS). Sa thèse, intitulée « Corynebacterium glutamicum comme système modèle pour l’étude de l’ADN gyrase de Mycobacterium tuberculosis », a convaincu l’ensemble du jury. Le prix lui a été remis par Marie-Cécile Naves, déléguée générale de France Universités, et Mehdi Gmar, directeur général délégué à l’innovation du CNRS.

Sa réaction après la victoire dit autant sur sa personnalité que sur sa trajectoire : « Cette récompense me conforte dans mon choix de mener un doctorat. Au lycée, j’avais un profil littéraire et je n’étais pas très douée en maths. On m’a plutôt incitée à poursuivre dans les filières de lettres, mais j’ai suivi mon chemin, j’ai persévéré et j’en suis fière. La recherche a besoin de tous les profils, notamment des femmes et de toutes les personnes qui ne correspondent pas aux normes établies. Cette diversité fait nécessairement progresser la science. »

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Jean Pauly et Ignace Yapi complètent le podium

Le deuxième prix du jury a été décerné à Jean Pauly, doctorant en neuropsychologie de l’Université de Lorraine au Laboratoire Lorrain de psychologie et neurosciences de la dynamique des comportements. Sa thèse explore un terrain aussi original qu’exigeant : « Mesure et suivi des états affectifs en conditions analogues à une mission spatiale de longue durée ». 

Le prix lui a été remis par Régis Bordet, président de l’Université de Lille, et Vanessa Tocut, déléguée régionale du CNRS Hauts-de-France. Pour Jean Pauly, l’expérience dépasse largement la compétition : « Merci au concours pour cette opportunité de communiquer sur la recherche autrement, et de la faire rayonner. Cette aventure m’a permis de me professionnaliser et de rencontrer des personnes passionnées et passionnantes. J’adore la médiation scientifique et je suis heureux de pouvoir partager mes travaux avec le public. »

 

Le troisième prix du jury est revenu à Ignace Yapi, doctorant en sciences de l’ingénieur de l’Université Sorbonne Paris Nord au Laboratoire des sciences des procédés et des matériaux. Sa thèse, « Modélisation thermo-hydrodynamique des propriétés de transport en vue de l’optimisation d’un réacteur », lui a valu d’être distingué par Fred Courant, journaliste scientifique, co-fondateur et rédacteur en chef de l’Esprit Sorcier. Ignace Yapi confie avoir rejoint l’aventure avant tout pour la formation : « Présenter ma thèse devant ce public m’a fait immensément plaisir. Les chercheurs et leurs sujets sont encore mal connus du grand public, et ce concours est le moment idéal pour partager ce sur quoi on travaille tous les jours. Je me suis embarqué dans l’aventure au départ pour la formation à la vulgarisation scientifique, et voilà que je décroche ce prix aujourd’hui ! »

Jeanne Maucourt et Wendy Arondal plébiscitées par le public et les lycéens

Au-delà du podium du jury, deux autres prix ont récompensé des prestations remarquées. Le prix du public a été décerné à Jeanne Maucourt, doctorante en archéométrie, chimie et géosciences à l’Université de Poitiers, rattachée à l’Institut de chimie des milieux et matériaux de Poitiers et au Centre de recherche et de restauration des musées de France. Sa thèse, « Conservation des collections patrimoniales en terre crue, validation des traitements TEOS sur les tablettes mésopotamiennes », a visiblement touché la salle. Le prix lui a été remis par Ondine Simonot-Bérenger, docteure en sciences cognitives et lauréate de la finale nationale 2025. 

« Je suis très heureuse de remporter ce prix qui compte énormément pour moi. Ce concours nous rappelle que la recherche n’a de sens que si elle est partagée. Si j’ai réussi à transmettre ma passion et à donner envie de s’intéresser à mes recherches, c’est une belle victoire pour moi ! », a déclaré la lauréate.

Le prix des lycées, décerné par des lycéennes et lycéens de la région Hauts-de-France, est revenu à Wendy Arondal, doctorante en cancérologie de l’Université de Lille, rattachée à l’École graduée Biologie-Santé Lille et au Centre de recherche en cancérologie de Lille. Sa thèse, « Modulation des ARN non codants dans les pathologies prolifératives : application au cancer du poumon et à la fibrose rénale », a séduit ce jury particulier. Son trophée lui a été remis par Tamila Hamid, lycéenne en terminale au Lycée Charles Baudelaire de Roubaix, qui siégeait également au jury de la finale. 

« Nous voulons inspirer les lycéennes et lycéens qui sont vraiment une cible importante pour nous, et leur montrer que la science c’est génial et que devenir chercheur, c’est possible pour toutes celles et ceux qui le souhaitent. Je suis vraiment très touchée de les avoir séduits », a-t-elle confié.

Un jury pluridisciplinaire

Le jury de cette finale nationale 2026 réunissait sept personnalités aux profils complémentaires : Claire Berthelemy, cheffe de rubrique au Parisien Étudiant ; Fred Courant, journaliste scientifique et co-fondateur de l’Esprit Sorcier ; Tamila Hamid, lycéenne en terminale au Lycée Charles Baudelaire de Roubaix ; Danielle McCaffrey, directrice des rédactions Science & Vie ; Étienne Peyrat, directeur de Sciences Po Lille ; Ondine Simonot-Bérenger, docteure en sciences cognitives et lauréate 2025 ; et Corentin Spriet, ingénieur de recherche au CNRS au sein des Plateformes lilloises en biologie et santé.

La présence d’une lycéenne au sein du jury n’est pas anodine : elle incarne précisément l’une des ambitions du concours, celle de tisser des liens entre la recherche et les générations qui n’y ont pas encore accès, de rendre la science désirable bien avant l’entrée à l’université.

MT180, un format qui rassemble au-delà de l'amphithéâtre

Organisée en partenariat avec l’Université de Lille, cette finale nationale 2026 bénéficiait également du soutien de Science & Vie, Science & Vie Junior, Le Parisien Étudiant et ICI Hauts-de-France. La diffusion en direct sur YouTube et sur la chaîne Twitch de Fibre Tigre a permis à un public bien plus large que les 600 spectateurs présents au théâtre Sébastopol de suivre l’événement : plus de 160 000 vues cumulées en attestent. Le concours est ainsi devenu un événement culturel à part entière, capable de mobiliser un public diversifié, y compris sur des plateformes habituellement associées au divertissement. 

Le concours « Ma thèse en 180 secondes » est organisé en France par France Universités et le CNRS, en partenariat avec Casden, MGEN, MAIF et GMF. Toutes les prestations de la finale nationale 2026 sont disponibles en replay sur la chaîne YouTube du concours et sur le site officiel mt180.fr

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De gauche à droite : Ignace Yapi, Jean Pauly, Wendy Arondal, Yaëlle Wormser et Jeanne Maucourt. © MT180 France Universités-CNRS, Alexandre
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