Le Master Humanités Numériques : matières, débouchés et admissions

Le Master Humanités Numériques est un diplôme national de niveau bac+5 (120 ECTS), délivré par les universités publiques françaises. Il forme des profils pluridisciplinaires capables de croiser les méthodes des sciences humaines et sociales avec les outils numériques : traitement de données, édition numérique, médiation culturelle, programmation appliquée aux corpus textuels.

Enregistré au RNCP sous le numéro 34853, le master est proposé par une quinzaine d’universités en France (Paris 1, Paris 8, Lyon 2, Lyon 3, Rouen, Tours, Bordeaux Montaigne, CY Cergy Paris, Gustave Eiffel…). Les contenus et les spécialisations varient selon les universités. Chaque établissement développe son propre projet pédagogique autour des Humanités numériques, avec des approches pouvant être orientées vers l’édition numérique, la médiation, les données, les patrimoines numériques ou encore la recherche.

Le cursus repose sur un tronc commun en M1 couvrant les fondamentaux (humanités numériques, bases de données, programmation, droit du numérique, langues) et une spécialisation en M2 selon le parcours choisi, avec un stage long obligatoire (minimum 308 heures) ou une alternance en M2 selon les établissements.

« Dans le master Humanités Numériques à Lyon, nous associons les Humanités Numériques à toutes les disciplines d’Arts, Lettres, Langues, Sciences Humaines ou Sociales. En plus des cours techniques, chaque semestre il y a un cours plus réflexif pour aborder les enjeux sociétaux, éthiques et juridiques du numériques et de l’intelligence artificielle ainsi que les usages de l’intelligence artificielle dans les Arts, Lettres, Langues, Sciences Humaines ou Sociales. »

Sabine Loudcher – Enseignante-Chercheure, professeure des universités – Université de Lyon

Questions fréquentes sur le Master Humanités Numériques

Le Master Humanités Numériques est-il fait pour les profils littéraires ou pour les profils techniques ?

Les deux. Ce master est conçu pour des étudiants issus des lettres et des sciences humaines qui souhaitent acquérir des compétences numériques. Il n’est pas nécessaire d’être développeur : les cours de programmation partent de zéro. Les profils très techniques sans ancrage en SHS auront du mal à s’intégrer dans la culture de la formation.

Quelle licence choisir pour accéder au Master Humanités Numériques ?

Les licences les plus adaptées sont celles en Lettres, Sciences du Langage, Histoire, Info-Com, Sociologie ou Philosophie. Certaines universités acceptent des profils en Informatique si le projet est bien orienté vers les humanités. L’essentiel est de montrer une curiosité pour le croisement entre sciences humaines et outils numériques.

Y a-t-il de l'alternance en Master Humanités Numériques ?

L’alternance existe dans certains établissements, principalement en M2. Paris 8 (parcours NET) et Paris 1 Sorbonne (parcours MIMO) proposent des M2 en apprentissage. Le M1 est généralement en formation initiale. L’alternance s’adresse aux étudiants souhaitant s’insérer rapidement dans des secteurs comme la communication numérique, l’édition ou la médiation culturelle.

Peut-on faire le Master Humanités Numériques à distance ?

Quelques universités proposent des parcours en enseignement à distance : l’Université de Montpellier Paul-Valéry propose un M1 en EAD. Paris 8 propose également un parcours NET accessible en distanciel. Ces formules permettent de concilier reprise d’études, vie professionnelle et formation.

Quelle est la sélectivité du Master Humanités Numériques ?

La sélectivité dépend fortement de chaque université et de son organisation pédagogique. Certaines formations utilisent exclusivement Mon Master, tandis que d’autres disposent de procédures de candidature spécifiques.

Quels sont les débouchés concrets du Master Humanités Numériques ?

Les diplômés s’insèrent dans des secteurs variés : institutions culturelles (musées, bibliothèques, archives), maisons d’édition, agences digitales, start-ups, organismes de recherche, collectivités. Les postes les plus fréquents sont : chef de projet numérique, chargé de communication numérique, éditeur numérique, médiateur culturel, ingénieur d’études en SHS.

Le Master Humanités Numériques permet-il de faire un doctorat ?

Oui, le doctorat est une poursuite naturelle pour les étudiants qui choisissent un parcours orienté recherche. Les masters sont adossés à des laboratoires universitaires. Il est recommandé de solliciter un directeur de thèse dès le M1 et d’orienter son mémoire vers un projet de recherche cohérent.

Faut-il savoir coder pour intégrer le Master Humanités Numériques ?

Non, aucun prérequis en programmation n’est exigé à l’entrée. Les formations partent généralement de zéro sur l’algorithmique, le Python ou le XML/TEI. En revanche, une curiosité réelle pour le numérique et une capacité à apprendre rapidement de nouveaux outils sont indispensables.

Quels sont les parcours proposés selon les universités ?

Les parcours diffèrent selon les établissements. Certains masters mettent davantage l’accent sur l’édition numérique, d’autres sur la médiation culturelle, la recherche, les données patrimoniales ou encore l’intelligence artificielle appliquée aux sciences humaines et sociales.

Quels établissements proposent le Master Humanités Numériques ?

Une quinzaine d’universités sont accréditées : Paris 1 Sorbonne, Paris 8, CY Cergy Paris, Gustave Eiffel, Bordeaux Montaigne, Université de Rouen, Université de Tours, PSL (École des Chartes). À Lyon, le Master Humanités numériques est co-accrédité par l’Université Lyon 2, l’Université Lyon 3, l’ENS de Lyon et l’Enssib. Les étudiants suivent un parcours unique commun aux quatre établissements. Chaque établissement a ses propres parcours, spécialisations et modalités d’accès.

Master Humanités Numériques vs. formations proches

Cette formation Master Humanités Numériques Bac+5 · université publique Master Information-Communication Bac+5 · université publique Master Métiers du livre et de l'édition Bac+5 · université publique
Durée / rythme
2 ans (bac+5)M1 + M2 · université
2 ans (bac+5)M1 + M2 · université
2 ans (bac+5)M1 + M2 · université
Alternance
Oui, en M2Selon les établissements
Oui, fréquenteSurtout en M2
Oui, possibleEn M2 selon parcours
Admission
Mon Master · dossierLicence SHS, Lettres, Info-ComEntretien fréquent
Mon Master · dossierLicence Info-Com, SHS
Mon Master · dossierLicence Lettres, Info-Com
Matières clés
  • Humanités numériques
  • Programmation et bases de données
  • Édition et médiation numérique
  • Droit du numérique
  • Communication des organisations
  • Stratégie digitale
  • Relations publiques
  • Chaîne éditoriale
  • Droit de l'édition
  • Médiation culturelle
Cette formation Master Humanités Numériques Bac+5 · université publique
Durée / rythme
2 ans (bac+5)M1 + M2 · université
Alternance
Oui, en M2Selon les établissements
Admission
Mon Master · dossierLicence SHS, Lettres, Info-Com
Matières clés
  • Humanités numériques
  • Programmation et bases de données
  • Édition et médiation numérique
Master Information-Communication Bac+5 · université publique
Durée / rythme
2 ans (bac+5)
Alternance
Oui, fréquenteSurtout en M2
Admission
Mon Master · dossierLicence Info-Com, SHS
Matières clés
  • Communication des organisations
  • Stratégie digitale
Master Métiers du livre et de l'édition Bac+5 · université publique
Durée / rythme
2 ans (bac+5)
Alternance
Oui, possibleEn M2 selon parcours
Admission
Mon Master · dossierLicence Lettres, Info-Com
Matières clés
  • Chaîne éditoriale
  • Médiation culturelle

Comment intégrer le Master Humanités Numériques ?

Les modalités d’admission varient selon les établissements. Dans la plupart des universités, la candidature s’effectue via Mon Master. Certaines formations, comme le Master Humanités numériques de Lyon, disposent toutefois de modalités spécifiques liées à leur organisation en double diplôme. Le profil attendu est celui d’un étudiant titulaire d’une licence en Lettres, Sciences Humaines et Sociales, Information-Communication, Histoire ou Sciences du Langage. Certaines universités acceptent également des licences en Informatique ou en Droit, si le projet professionnel est clairement orienté vers le croisement humanités-numérique.

Les jurys évaluent principalement la cohérence du projet professionnel, la qualité de la lettre de motivation, les résultats académiques en licence et, selon les parcours, un portfolio ou des expériences de terrain (stages, projets, associations). Un niveau en anglais satisfaisant est apprécié.

En M2, les étudiants extérieurs (titulaires d’un M1 validé dans une autre mention) peuvent candidater en admission directe, sous réserve de la cohérence du parcours. La sélection est généralement plus serrée.

Licence d'origine Part des candidats Part des admis Taux d'accès indicatif
Lettres, SHS, Info-Com
~65 %
~70 %
~20 %
Informatique, Sciences
~20 %
~18 %
~15 %
Autres licences
~15 %
~12 %
~13 %
Ces estimations sont calculées à partir des profils de candidats observés sur Mon Master pour la mention Humanités Numériques. Le master s'adresse en priorité aux licences en Lettres, Sciences Humaines et Sociales ou Information-Communication. Les candidats issus d'autres licences (informatique, droit, gestion) sont acceptés mais restent minoritaires. Ces chiffres sont indicatifs : la sélectivité varie significativement selon l'université et le parcours.

Passerelles et équivalences

Les titulaires d’un BTS ou d’un DUT/BUT peuvent intégrer le master en M1 via une validation des études (VAPP), sous réserve d’un dossier solide et de l’accord de l’équipe pédagogique. La VAE (Validation des Acquis de l’Expérience) est également ouverte pour les professionnels en activité. Les étudiants étrangers peuvent candidater dans les mêmes conditions, avec une traduction des diplômes.

Quelles matières enseigne-t-on en Master Humanités Numériques ?

Le programme du Master Humanités Numériques repose sur cinq grandes compétences, construites progressivement sur les deux années. En M1, un tronc commun couvre les cultures numériques (introduction aux humanités numériques, littératures numériques, enjeux technologiques), les outils et méthodes (bases de données, encodage, introduction à la programmation), un enseignement en droit du numérique (RGPD, propriété intellectuelle, logiciel libre), une langue vivante et des enseignements d’orientation selon le parcours. En M2, les étudiants approfondissent leur spécialisation : traitement automatique de la langue, data visualisation, machine learning pour les textes et images (parcours Éditions Numériques), ou blogging scientifique, création multimédia et développement de projets numériques (parcours Médiation). Le M2 se conclut par un mémoire de recherche ou professionnel et un stage long obligatoire d’au moins 308 heures.

Compétence Matières enseignées Progression
Cultures et technologies numériques
  • Introduction aux humanités numériques
  • Histoire matérielle de l'écriture et de la lecture
  • Littératures numériques
  • Enjeux technologiques et société
  • Espaces et scènes virtuels
M1 · S1-S2 Acquisition des fondamentaux des humanités numériques et des cultures numériques contemporaines M2 · S3-S4 Approfondissement des enjeux sociétaux, valorisation patrimoniale et littératures numériques avancées
Méthodes et outils numériques
  • Bases de données et requêtes
  • Encodage et traitement de données
  • Introduction aux langages de programmation
  • Publication assistée par ordinateur
  • Traitement automatique de la langue (TAL)
M1 · S1-S2 Maîtrise des outils de base : SQL, encodage XML/TEI, programmation introductive, PAO M2 · S3-S4 Outils avancés : TAL, data visualisation, machine learning appliqué aux textes et images
Édition et médiation numérique
  • Histoire et pratiques de l'édition
  • Traitement numérique des supports de lecture
  • Rédaction pour le web
  • Médiation scientifique et culturelle
  • Valorisation des fonds patrimoniaux
M1 · S1-S2 Découverte des métiers de l'édition et de la médiation, construction de corpus éditoriaux M2 · S3-S4 Conduite de projets éditoriaux ou de médiation complets, avec stage long (minimum 308h)
Droit du numérique et éthique
  • Droit des données personnelles (RGPD)
  • Droit pénal du numérique
  • Droit de la propriété intellectuelle
  • Droit du logiciel libre
M1 · S1-S2 Acquisition du cadre juridique applicable aux données, aux contenus numériques et aux logiciels M2 · S3-S4 Approfondissement éthique et épistémologique : enjeux politiques et sociétaux du numérique
Projet professionnel et recherche
  • Méthodologie de la recherche et du mémoire
  • Préparation aux entretiens professionnels
  • Veille scientifique et technique
  • Mémoire de recherche ou professionnel
M1 · S1-S2 Construction du projet professionnel et scientifique, initiation à la recherche M2 · S3-S4 Soutenance du mémoire et stage long : validation par une expérience professionnelle significative

Quelles poursuites d'études après un Master Humanités Numériques ?

La poursuite d’études la plus naturelle après un Master Humanités Numériques est le doctorat, pour les étudiants qui ont privilégié un parcours recherche. Les masters sont adossés à des laboratoires universitaires : une thèse en humanités numériques, en sciences de l’information, en littérature numérique ou en histoire peut être envisagée, à condition d’avoir identifié un directeur de thèse et un projet de recherche viable dès le M1.

Pour les profils plus professionnels, certains diplômés choisissent de compléter leur formation par un mastère spécialisé ou une certification courte dans des domaines connexes (gestion de projet, UX/UI, data analytics) pour renforcer leur employabilité dans des secteurs plus techniques.

Formation Durée Admission Sélectivité
Doctorat en humanités numériques ou SHS
3 ans (bac+8) Thèse en laboratoire
Accord directeur de thèse Dossier + projet de recherche
Élevée
Mastère spécialisé ou MS (grandes écoles)
1 an (bac+6) Spécialisation professionnelle
Dossier + entretien Master ou expérience pro requise
Modérée à élevée
Certification professionnelle complémentaire
Quelques mois Data, UX, gestion de projet
Dossier ou test Accessible après le master
Faible à modérée

Quels métiers après un Master Humanités Numériques ?

Le Master Humanités Numériques forme des profils hybrides, à la croisée des sciences humaines et du numérique, qui s’insèrent dans des secteurs très variés. Les débouchés varient selon la spécialisation suivie dans chaque université. Les diplômés peuvent exercer comme éditeur numérique, chef de projet numérique, ingénieur d’études, médiateur culturel, data curator, chargé de communication numérique, etc.

Le parcours Éditions Numériques prépare aux métiers de l’édition et du patrimoine : éditeur numérique, chargé de fabrication numérique, assistant éditorial, ingénieur documentaire, spécialiste de l’encodage XML/TEI, archiviste numérique, data curator pour les institutions culturelles et de recherche.

Le parcours Humanités et Médiation Numérique débouche sur des postes en communication et médiation : community manager, responsable de communication numérique, webmestre éditorial, chargé de médiation scientifique ou culturelle, chef de projet numérique, social media manager, ingénieur d’études ou de recherches.

Les débouchés s’étendent aux musées, bibliothèques, institutions culturelles, maisons d’édition, agences digitales, collectivités territoriales, start-ups culturelles et organismes de recherche publique.

Quels salaires peut-on espérer après un Master Humanités Numériques ?

Les salaires à l’issue d’un Master Humanités Numériques varient selon le secteur d’insertion, la taille de la structure et le parcours suivi. Les profils orientés données et ingénierie documentaire sont généralement mieux rémunérés à l’entrée que les profils médiation ou édition. La région joue également un rôle important : Paris et les grandes métropoles affichent des grilles salariales supérieures à la moyenne nationale.

Les postes dans les institutions publiques (universités, musées, bibliothèques) sont souvent régis par des grilles de la fonction publique ou par des contrats d’ingénieur d’études (catégorie A), avec des rémunérations en début de carrière légèrement inférieures au secteur privé, mais une stabilité accrue.

Métier Début de carrière Avec expérience (3-5 ans)
Chef de projet numérique
2 000 - 2 500 € brut/mois 2 800 - 3 800 € brut/mois
Responsable de communication numérique
2 000 - 2 400 € brut/mois 2 800 - 3 500 € brut/mois
Éditeur numérique / chargé d'édition
1 900 - 2 300 € brut/mois 2 500 - 3 200 € brut/mois
Ingénieur d'études en SHS numériques
2 100 - 2 600 € brut/mois 2 800 - 3 500 € brut/mois

Quels établissements proposent le Master Humanités Numériques ?

Chaque université est autonome dans son offre de parcours, ses modalités d’admission et ses spécialisations. Retrouve les pages détaillées avec les données Mon Master locales, les contacts pédagogiques et les parcours disponibles.

Quelles sont les alternatives au Master Humanités Numériques ?

Le Master Humanités Numériques n’est pas la seule voie : compare toutes les formations du secteur Édition !