Master Études du développement : programme, admission, débouchés

Le Master Études du développement est un diplôme national de bac+5 (120 ECTS au-delà de la licence), enregistré au RNCP sous le numéro 39171. Considéré comme un champ spécifique des sciences sociales, par nature interdisciplinaire, il n’existe en France qu’au niveau Master et n’est proposé que par un très petit nombre d’universités publiques, dont l’Institut d’Études du Développement de la Sorbonne (IEDES, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne).

La formation prépare aux métiers du développement, de la coopération internationale et de la recherche sur les dynamiques économiques, sociales et politiques des pays du Sud. Elle se construit sur 2 ans (M1 et M2), avec un premier semestre pluridisciplinaire commun, avant une spécialisation progressive dans l’un des parcours proposés selon l’université (crises et genre, développement agroéconomique, développement local, ou expertise économique du développement).

L’admission se fait exclusivement via la plateforme Mon Master, sur dossier. La formation accueille une proportion importante d’étudiants internationaux (jusqu’à 25 à 30 % des promotions dans certains établissements) et inclut un stage obligatoire de 3 à 6 mois, en France ou à l’étranger.

📌 FAQ : Tout savoir sur le Master Études du développement

C’est quoi exactement le Master Études du développement ?

Le Master Études du développement (RNCP 39171) est un diplôme national de bac+5 centré sur l’analyse interdisciplinaire des dynamiques économiques, sociales et politiques des pays en développement. Il combine sociologie, économie, géographie, anthropologie et sciences politiques du développement. Seules quelques universités françaises le proposent, dont l’IEDES de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, seule composante en France à offrir un cycle pluridisciplinaire de 2 ans sans orientation géographique imposée.

Quels profils sont recherchés ?

Les universités attendent une licence en sciences sociales (sociologie, géographie, anthropologie, histoire, sciences politiques), en droit, en économie ou en AES. Un projet professionnel cohérent avec le parcours visé, une bonne maîtrise du français à l’écrit et un intérêt réel pour les questions de développement international et les pays du Sud (engagement associatif, séjours à l’étranger) sont des atouts déterminants.

Comment candidater au Master Études du développement ?

La candidature en M1 se fait exclusivement via Mon Master, sur dossier (relevés de notes, lettre de motivation, projet professionnel). L’entrée directe en M2 est possible pour les titulaires d’un M1 ou équivalent, via une procédure spécifique à chaque université. Il n’y a généralement pas d’entretien oral : la lettre de motivation joue un rôle central dans la décision du jury.

Quelle est la sélectivité de cette formation ?

La sélectivité est élevée et variable selon les universités et les parcours. À titre d’exemple, certains parcours affichent un taux d’accès autour de 4 à 13 % selon les établissements et les années. À l’IEDES, l’entrée en M1 est plus ouverte (environ 1 candidat sur 10 admis) que l’entrée directe en M2 (environ 1 sur 20), la quasi-totalité des étudiants de M1 poursuivant ensuite en M2 dans leur parcours.

Est-ce une formation payante ?

Non. Le Master Études du développement est proposé par des universités publiques : les frais correspondent aux droits d’inscription nationaux (environ 250 € par an), exonérés pour les étudiants boursiers. La CVEC s’y ajoute. Les étudiants internationaux hors Union européenne peuvent être soumis à des droits différenciés selon les accords bilatéraux de leur établissement.

Quel est le programme du Master Études du développement ?

4 semestres sur 2 ans. Le M1S1 est pluridisciplinaire et commun à tous les parcours : fondamentaux du développement, acteurs et institutions de l’aide, économie et sociologie du développement. À partir du M1S2, la formation se décline en parcours spécialisés (crises et genre, développement agroéconomique, développement local, ou expertise économique du développement selon l’université). Le M2 approfondit le parcours et se conclut par un stage et un mémoire.

Y a-t-il un stage obligatoire ?

Oui. Une expérience professionnelle de 3 à 6 mois est intégrée au 2e semestre de M2, pour un total de 30 crédits ECTS. Selon la dominante choisie (Recherche ou Projet), elle se déroule dans un centre de recherche (UMR, IRD, CNRS) ou sur le terrain (ONG, administrations, institutions internationales), en France ou à l’étranger.

Quels métiers après ce Master ?

Chargé de mission ou consultant en coopération internationale, chef de projet développement, chargé de plaidoyer, expert en politiques publiques de développement, chercheur ou enseignant-chercheur. Les diplômés travaillent au sein d’institutions internationales (Union européenne, Banque mondiale, agences des Nations Unies), d’ONG, d’administrations nationales ou de collectivités territoriales menant des projets de développement.

Quelles poursuites d’études sont possibles ?

La poursuite en doctorat (sociologie, anthropologie, économie, géographie, démographie) est courante pour les profils orientés recherche, en lien avec des laboratoires comme l’UMR Développement & Sociétés. Des diplômes universitaires de spécialisation complémentaire (action humanitaire, gestion de crise) existent aussi pour affiner un projet professionnel.

Comment estimer ses chances d’admission ?

Thotis propose un Prédicteur Mon Master qui estime tes probabilités d’admission à partir de ton dossier, de ta licence et du profil des candidats admis les années précédentes dans chaque université.

Master Études du développement VS Master Économie du développement VS Master Sciences politiques

Les critères clés pour t'aider à choisir ta voie dans la coopération internationale

Cette formation Master Études du développement Coopération internationale Master Économie du développement Approche économique Master Sciences politiques Relations internationales
Durée / rythme
2 ans (bac +5)Université · temps plein
2 ans (bac +5)Université · temps plein
2 ans (bac +5)Université/IEP · temps plein
Alternance
Non proposée à l'IEDESStage obligatoire de 3 à 6 mois
RareSelon les universités
Peu répandueSelon les IEP
Admission
Mon MasterLicence sciences sociales, éco, droitSélection sur dossier (1 sur 10 en M1)
Mon MasterLicence économie / AES
Mon MasterLicence sciences politiques / droit
Matières clés
  • Coopération et solidarité internationales
  • Économie et sociologie du développement
  • Gestion de projet de développement
  • Macroéconomie du développement
  • Économétrie appliquée
  • Géopolitique
  • Relations internationales
Cette formation Master Études du développement Coopération internationale
Durée / rythme
2 ans (bac +5)Université · temps plein
Alternance
Non proposée à l'IEDESStage obligatoire 3-6 mois
Admission
Mon MasterLicence sciences sociales, éco, droit
Matières clés
  • Coopération internationale
  • Économie du développement
Master Économie du développement Approche économique
Durée / rythme
2 ans (bac +5)
Alternance
RareSelon les universités
Admission
Mon MasterLicence économie
Matières clés
  • Macroéconomie du développement
Master Sciences politiques Relations internationales
Durée / rythme
2 ans (bac +5)
Alternance
Peu répandue
Admission
Mon MasterLicence sciences politiques
Matières clés
  • Géopolitique

Comment intégrer le Master Études du développement ? 🎯

La candidature se fait via Mon Master. Le Master Études du développement est une formation exclusivement publique, proposée par un nombre très restreint d’universités (dont Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Bordeaux Montaigne et Montpellier Paul-Valéry) : il n’existe pas de version privée sous ce label.

La formation est accessible à tout titulaire d’un diplôme de niveau L3 (ou équivalent) pour une entrée en M1, ou d’un diplôme de niveau M1 pour une entrée directe en M2. Les licences les plus recherchées sont les sciences sociales (sociologie, géographie, anthropologie, histoire, sciences politiques), le droit, l’économie et l’AES.

Un point important à connaître : la sélection en M1 (environ 1 candidat sur 10 admis à l’IEDES) est structurellement plus ouverte que l’entrée directe en M2 (environ 1 sur 20), car la quasi-totalité des étudiants ayant validé leur M1 poursuivent ensuite dans le même parcours.

Les universités mentionnent systématiquement : un niveau d’excellence académique, un projet professionnel et de formation cohérent avec le parcours visé, et un intérêt particulier pour les questions liées au développement international et aux pays du Sud (choix de matières, expérience associative, séjours significatifs dans un pays du Sud). La qualité et la personnalisation de la lettre de motivation sont déterminantes : à l’IEDES, plus de 1 000 dossiers sont examinés chaque année.

Type de licence Part des candidats Part des admis Taux d'accès indicatif
Licence sciences humaines et sociales (sociologie, géographie, anthropologie, histoire, sciences politiques)
~55 %
~50 %
~7 %
Licence économie, AES, gestion
~30 %
~35 %
~10 %
Autres licences (droit, LEA, géographie-aménagement, autres)
~15 %
~15 %
~7 %
Le Master Études du développement n'étant pas ouvert via Parcoursup mais via Mon Master, ces chiffres sont des estimations nationales construites à partir du profil de candidats décrit par les universités (licence en sciences sociales, économie, droit ou AES) et des volumes de places/candidatures publiés en 2025 (entre 15 et 21 places par parcours pour 133 à 539 candidatures selon les universités). La sélection se fait uniquement sur dossier, sans entretien dans la majorité des cas. Aucune répartition officielle par filière de licence d'origine n'est publiée au niveau national : traite ces taux comme des ordres de grandeur, pas comme des statistiques officielles.

🔄 Intégrer le Master en cours de cursus
Une entrée directe en M2 est possible sur dossier pour les titulaires d’un M1 (ou équivalent) dans un domaine cohérent (sciences sociales, économie, droit). Cette voie est nettement plus sélective que l’entrée en M1, la majorité des places en M2 étant occupées par les étudiants ayant suivi le M1 dans le même établissement.

Comment se déroule la sélection ?

Il n’y a généralement pas d’entretien oral : la sélection se fait uniquement sur dossier (relevés de notes, lettre de motivation, projet professionnel).

Les critères de sélection s’organisent autour de trois axes.

Sur le plan académique, les universités examinent la cohérence entre la licence suivie et le parcours de master visé, ainsi que le niveau général du dossier. Une formation en sciences sociales, en économie ou en droit constitue le socle attendu, mais les profils atypiques avec un projet solide ne sont pas exclus.

Sur le plan du projet professionnel, le jury évalue la cohérence entre le parcours choisi (crises et genre, développement agroéconomique, développement local, ou expertise économique) et les intentions du candidat. Une expérience de terrain, un engagement associatif ou un séjour dans un pays du Sud renforcent nettement le dossier.

Sur le plan de la lettre de motivation, l’originalité et la spécificité du propos priment. Une lettre générique, non personnalisée par rapport au parcours visé, est immédiatement identifiée par les jurys qui examinent plusieurs centaines de dossiers chaque année.

Quel est le programme du Master Études du développement ?

Les grandes compétences de la formation (communes aux parcours)

Le premier semestre de M1 (M1S1) est commun à tous les étudiants : il pose un socle pluridisciplinaire large mêlant sociologie, économie, histoire, anthropologie et géographie du développement. À partir du M1S2, la formation se décline en parcours spécialisés selon l’université (crises, développement soutenable et genre ; développement agroéconomique ; développement local et transformations socio-écologiques ; expertise économique du développement).
La formation combine cours théoriques, ateliers méthodologiques, séminaires centraux et enseignements de langue. Une dominante Recherche ou Projet est choisie en M2, avant un stage obligatoire de 3 à 6 mois et la rédaction d’un mémoire de recherche ou d’un rapport d’expérience professionnelle représentant 30 crédits ECTS.

Compétence Matières enseignées Progression
Comprendre les enjeux du développement
  • Sociologie et anthropologie du développement
  • Économie et histoire du développement
  • Acteurs et institutions de l'aide
  • Géopolitique du développement
M1 · S1-S2 Tronc commun pluridisciplinaire, socle théorique et conceptuel M2 · S3-S4 Approfondissement dans le parcours choisi
Analyser et diagnostiquer les territoires
  • Analyse quantitative : inférence, causalité
  • Géographie et mesure du développement
  • Population et environnement
M1 · S1-S2 Acquisition des outils de mise en perspective M2 · S3-S4 Diagnostics appliqués selon le parcours (crises, agroéconomie, territoires, politiques publiques)
Conduire et gérer des projets de développement
  • Gestion de projet, analyse financière et RH
  • Évaluation, capitalisation et plaidoyer
  • Recherche de financements (fundraising)
M2 · S3-S4 Outils professionnels de gestion de projet, préparation à la mise en situation professionnelle
Se spécialiser et se professionnaliser
  • Séminaires du parcours choisi
  • Méthodologie de la recherche qualitative et quantitative
  • Stage de 3 à 6 mois (France ou étranger)
  • Mémoire de recherche ou rapport d'expérience professionnelle
M2 · S4 Mise en situation professionnelle : stage + mémoire, dominante Recherche ou Projet

L'alternance est-elle possible en Master Études du développement ?

L’alternance n’est pas la norme pour ce Master : la majorité des parcours, notamment à l’IEDES, fonctionnent en formation initiale classique. La formation privilégie un stage obligatoire de 3 à 6 mois en M2 plutôt qu’un rythme d’alternance sur les deux années.

La disponibilité éventuelle de l’alternance dépend entièrement des conventions passées par chaque université avec des entreprises, ONG ou institutions partenaires : elle n’est jamais garantie de façon uniforme sur l’ensemble de la mention et reste à vérifier directement auprès de l’établissement visé.

Pour les étudiants en recherche d’expérience professionnelle rémunérée pendant leurs études, les stages longs (3 à 6 mois, parfois davantage à l’étranger) et les missions de volontariat international restent les voies les plus courantes dans ce secteur.

Quelles poursuites d'études après le Master Études du développement ?

Le Master Études du développement ouvre deux stratégies distinctes : l’insertion professionnelle directe dans les métiers du développement et de la coopération internationale, ou la poursuite en doctorat pour les profils orientés recherche. La dominante choisie en M2 (Recherche ou Projet) oriente fortement la suite du parcours.

La poursuite en doctorat (sociologie, anthropologie, économie, géographie, démographie) est encouragée pour les étudiants ayant suivi la dominante Recherche, souvent en lien avec un laboratoire comme l’UMR Développement & Sociétés (DEVSOC). Elle forme des enseignants-chercheurs et des chercheurs amenés à travailler en France comme à l’étranger, ainsi que des experts appelés à des postes de responsabilité dans les institutions de coopération internationale.

Des diplômes universitaires (DU) de spécialisation (action humanitaire, gestion de crise, santé publique internationale) peuvent également compléter le master pour affiner un projet professionnel précis, notamment dans le secteur humanitaire.

Formation Durée Admission Sélectivité
Doctorat
3 à 6 ans (bac +8) Sociologie, anthropologie, économie, géographie, démographie
Dossier + direction de recherche Financement de thèse à trouver (contrat doctoral, CIFRE...)
Élevée
Diplômes ou certifications spécialisés
Quelques mois à 1 an DU action humanitaire, gestion de crise, santé publique internationale
Dossier Complément de spécialisation post-master
Modérée

Quels sont les débouchés après un Master Études du développement ?

Le Master Études du développement ouvre sur un éventail de métiers liés à la coopération internationale, à l’expertise et au conseil ou à la recherche sur le développement. Selon la dominante et le parcours choisis, les diplômés s’orientent vers des institutions internationales, des ONG, des administrations publiques ou des centres de recherche, en France comme à l’étranger.

Les secteurs d’activité accessibles couvrent notamment les relations internationales et la coopération, l’environnement et le développement durable, ainsi que la gouvernance et les politiques publiques, des domaines dans lesquels le profil interdisciplinaire du Master Études du développement est particulièrement recherché.

Parmi les métiers concrets exercés par les diplômés, on retrouve notamment : chargé de mission développement international, chargé de projets à l’international, consultant en coopération internationale, chef de mission ou responsable de mission humanitaire, chargé de plaidoyer, expert en politiques publiques de développement, chargé d’évaluation de projets, ou encore chercheur / enseignant-chercheur pour les profils orientés recherche. Cette diversité reflète les quatre grandes orientations proposées par la mention, entre approche sociale, économique, territoriale et politique du développement.

Quels salaires peut-on espérer après un Master Études du développement ?

Les salaires en début de carrière varient fortement selon le type d’employeur (ONG, institution internationale, administration, secteur privé), la zone géographique d’affectation et les missions confiées. Le secteur associatif et humanitaire applique généralement des grilles inférieures à celles du secteur privé, compensées par la nature des missions confiées ainsi que par des avantages en nature à l’étranger (logement, assurance santé internationale). Aucun taux d’insertion national vérifié n’est disponible spécifiquement pour cette mention à faible effectif : les chiffres ci-dessous proviennent de fiches métiers sectorielles et non d’une enquête propre au diplôme.

Métier Début de carrière Avec expérience (3-5 ans)
Chargé de mission développement international
1 900 - 2 200 € brut/mois 2 500 - 3 500 € brut/mois
Chargé de projets internationaux / ONG
2 000 - 2 500 € brut/mois 3 000 - 4 500 € brut/mois

Quels établissements proposent un Master Études du développement ?

Seules quelques universités publiques proposent cette mention en France, chacune autonome sur ses parcours, ses partenariats et ses modalités de stage. Retrouve les pages détaillées : sélectivité, parcours disponibles, débouchés propres à chaque établissement.

Quelles sont les alternatives au Master Études du développement ?

Le Master Études du développement n’est pas la seule voie : compare toutes les formations du secteur Sciences Politiques !

Les écoles spécialisées :