Pourquoi tant de copies d’ESH stagnent-elles en Prépa ECG malgré un travail sérieux ? Quelles erreurs méthodologiques font chuter une note, même lorsque les connaissances sont solides ? Problématisation floue, manque de précision, déséquilibre de la copie ou présentation négligée… Ces défauts récurrents pèsent lourdement sur les résultats aux concours des grandes écoles de management.
Dans cet article, Christophe Viscogliosi, administrateur à l’APHEC et professeur d’ESH en Prépa ECG au lycée Olympe de Gouges, décrypte les erreurs les plus fréquentes et propose des conseils concrets pour progresser durablement et répondre aux attentes des jurys
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Pourquoi les notes en ESH stagnent-elles malgré un travail sérieux ?
La stagnation des notes s’explique souvent moins par un manque de connaissances que par des faiblesses méthodologiques : problématisation insuffisante, manque de précision conceptuelle, déséquilibre de la copie ou encore défauts de présentation.
En quoi la densité du programme d’ESH peut-elle constituer un frein à la progression ?
Le programme d’ESH compte environ une quarantaine de chapitres sur deux ans et représente un volume de travail très important. Sans un investissement régulier dès la première année, les lacunes s’accumulent et deviennent difficiles à combler à l’approche des concours.
Pourquoi la régularité est-elle le premier levier de progression en ESH ?
La régularité permet d’assimiler progressivement les concepts et la méthode. En prépa ECG, il est impossible de fonctionner par accélérations ponctuelles comme au lycée : l’ESH exige un travail constant et structuré sur la durée.
Comment les fiches de synthèse peuvent-elles aider à dépasser un palier de notes ?
Les fiches doivent être progressivement épurées. Il est recommandé de réaliser des « synthèses de synthèses » afin d’aboutir à un corpus resserré, maniable et réellement utile pour nourrir une réflexion le jour du concours.
Quel volume de fiches viser avant les concours, en ESH ?
L’objectif est de condenser l’ensemble du programme de première et de deuxième année en environ 150 à 160 pages. Ce volume permet de réviser efficacement tout en conservant une vision globale des enjeux.
Pourquoi l’entraînement est-il indispensable quand les notes stagnent ?
L’entraînement permet de stabiliser une méthode personnelle. Savoir dégager rapidement une problématique et un plan cohérent en une vingtaine de minutes est un prérequis pour progresser durablement à l’écrit comme à l’oral.
Quelle est l’erreur la plus fréquente héritée du lycée en ESH ?
Beaucoup d’élèves continuent à privilégier l’apprentissage par cœur. Or, en ESH, les jurys attendent avant tout de la compréhension, de la prise de recul et la capacité à établir des liens entre concepts, théories, histoire et actualité.
Quelle place accorder à l’actualité pour progresser en ESH ?
En deuxième année, l’actualité devient centrale. Elle doit être mobilisée de manière pertinente et critique, à partir de sources reconnues, afin d’éclairer les raisonnements théoriques et historiques.
En quoi le dialogue avec son professeur est-il un levier clé de progression ?
Identifier précisément ses points de blocage nécessite un diagnostic personnalisé. L’analyse fine des copies corrigées avec l’enseignant permet de cibler les défauts prioritaires à corriger, plutôt que de chercher à tout améliorer simultanément.
Quels ajustements peuvent permettre de gagner les derniers points ?
À niveau élevé, la différence se fait aussi sur la forme : qualité de l’introduction, transitions, clarté de l’expression, absence de fautes d’orthographe et capacité à nuancer les analyses en mobilisant plusieurs approches théoriques.
Un enseignement pluridisciplinaire ambitieux
L’enseignement d’ESH en classe préparatoire économique et commerciale se distingue par son approche résolument pluridisciplinaire. Cette matière combine trois dimensions complémentaires : l’Économie, la Sociologie et l’Histoire du monde contemporain. L’objectif pédagogique consiste à former les étudiants à une compréhension globale des enjeux contemporains en croisant les grilles d’analyse de ces trois disciplines.
Le programme d’ESH vise à développer une capacité d’analyse rigoureuse des phénomènes économiques et sociaux. La maîtrise des concepts fondamentaux de chaque discipline, la mobilisation de références théoriques pertinentes et la construction d’une réflexion structurée sur les grandes questions contemporaines constituent les piliers de cet enseignement, en Prépa ECG.
Un volume de travail considérable
La densité du programme représente un défi majeur pour les étudiants. Christophe Viscogliosi le souligne : « On compte environ une quarantaine de chapitres sur les deux années de Prépa ECG. Mon cours doit faire quasiment 2 000 pages. Impossible donc de décider au début du mois de janvier 2026 de rattraper le temps perdu pour préparer les concours début avril.”
Compte tenu de la volumétrie, l’ESH nécessite donc un investissement régulier dès la première année de Prépa. Au-delà de l’acquisition de connaissances, une maîtrise méthodologique spécifique est requise dans cette matière : problématiser un sujet, construire un plan cohérent, mobiliser des références académiques pertinentes et articuler une argumentation rigoureuse. Ces compétences, qui s’acquièrent progressivement, constituent souvent un obstacle pour les élèves dont les notes peinent à progresser.
Travailler avec régularité et méthode
Face à un programme aussi volumineux, la régularité constitue le premier levier de progression. « Une régularité doit vraiment être instaurée dès la première année », insiste Christophe Viscogliosi. L’enseignant met en garde contre une tentation fréquente chez certains élèves : fonctionner comme au lycée : « On ne peut procéder comme au lycée, en ayant des accélérations de dernière minute pour rattraper le temps perdu. »
Créer des fiches de synthèse efficaces
L’élaboration de fiches de synthèse constitue la base de la méthodologie de révision. Toutefois, l’écueil à éviter est de produire des synthèses trop volumineuses. Une approche progressive est recommandée par Christophe Viscogliosi : « Il ne faut pas hésiter à faire des synthèses de synthèses, jusqu’à obtenir des formes finalement assez épurées et faciles à manier en révisions. »
L’objectif est d’arriver à une charge de travail maîtrisable : « En fait, je pense que lorsqu’on arrive dans la dernière ligne droite, avec les cours de première et deuxième année, on peut compter au total une quarantaine de chapitres. L’idée est d’arriver à constituer entre 150 et 160 pages au total qui puissent alimenter une réflexion.”
S’entraîner intensivement aux exercices
Le deuxième pilier de la progression repose sur l’entraînement régulier. « Il faut s’entraîner en permanence ; et encore davantage en deuxième année. », martèle l’enseignant. Christophe Viscogliosi recommande de faire des exercices sur les sujets des annales HEC et ESCP, en travaillant la rapidité d’exécution : « Il faut parvenir, en 20 minutes, à dessiner un plan et une problématique. L’idée est vraiment d’avoir une méthodologie personnelle stabilisée. »
Privilégier la compréhension sur l’apprentissage par cœur
La reproduction des méthodes du lycée représente l’une des erreurs les plus fréquentes en première année. Cette différence fondamentale est soulignée par Christophe Viscogliosi : « Encore une fois, Il existe une différence importante entre le lycée et la Prépa en matière de méthodologie de travail et d’enjeu. En Prépa, ce que l’on demande, c’est de comprendre, davantage que d’apprendre par cœur. »
Un travail de connexion entre les idées est nécessité par cette compréhension en profondeur : « Il faut essayer de prendre de la hauteur sur les contenus. Comprendre passe par toute une série d’entraînements, permettant de faire un maximum de connexions entre les idées. »
Suivre l’actualité avec discernement
Pour le programme de deuxième année, le suivi de l’actualité devient absolument central. « Si le programme de première année s’articule autour d’un programme d’introduction, le programme de deuxième année est beaucoup plus orienté vers l’actualité », note l’enseignant.
La vigilance quant aux sources d’information s’impose toutefois. Des mises en garde contre certaines dérives sont formulées par Christophe Viscogliosi : « Il vaut mieux s’appuyer sur la presse nationale, éventuellement régionale, en tout cas sur des médias qui ont une certaine légitimité, et non des sources peu fiables ou insuffisamment légitimées”.
La prudence reste de mise concernant l’intelligence artificielle : « Il y a encore beaucoup d’erreurs sur les IA ouvertes, des hallucinations concernant les sources car ce n’est pas le principe de l’intelligence artificielle générative que de donner des informations qui sont vérifiées. »
Établir un diagnostic personnalisé avec son professeur
Pour Christophe Viscogliosi, une identification précise des points de blocage doit constituer le premier réflexe lorsque les notes stagnent : « Je crois qu’il faut d’abord que chaque étudiant fasse le point précisément avec son enseignant et n’hésite pas à rechercher ce qui ne fonctionne pas. », conseille Christophe Viscogliosi.
L’analyse des copies corrigées devient alors essentielle : « Il faut la prendre et la scruter de près et voir précisément là où ça bloque. » Une approche progressive par objectifs est recommandée plutôt que de chercher à corriger tous les défauts simultanément : « Si par exemple j’ai repéré que les théories étaient évoquées sur deux ou trois lignes et que ce n’est pas suffisant, la prochaine fois, j’essaie de me forcer à faire sept-huit lignes quand je déploie une idée ou un concept. »
Gérer la dernière ligne droite
Une gestion particulière de l’effort est nécessaire à l’approche des concours. Une métaphore parlante est utilisée par Christophe Viscogliosi : « C’est un peu comme lorsque l’on prépare un semi-marathon. Il y a une phase ascendante, où l’on monte en puissance, puis une phase descendante, quelques jours avant les concours, où il s’agit de relâcher l’effort.”
L’enseignant conseille : « Il vaut mieux avoir une tête reposée et moins de connaissances que d’avoir une tête pleine et être épuisé le jour du concours. » Une phase de relâchement est préconisée au moins une semaine avant les épreuves : « Il ne faut vraiment pas accélérer à la fin. Il faut déjà avoir amorcé la phase descendante pour pouvoir bien dormir et bien s’alimenter. »
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Plusieurs éléments font la différence pour se distinguer dans les meilleures écoles. L’originalité est identifiée en premier lieu par Christophe Viscogliosi, tout en mettant en garde les candidats : « La difficulté de l’originalité, c’est de ne pas basculer dans le hors-sujet. Lorsqu’on peut apporter une réflexion personnelle et que l’on a eu suffisamment de hauteur ou de recul sur un sujet, cela peut vraiment être un point différenciant. »
Un autre critère déterminant est constitué par la profondeur de l’analyse : « Ce que je dis aux étudiants, c’est que, lorsque l’on aborde une théorie et un concept, on doit être capable de restituer sa complexité. » Le contraste est souligné par l’enseignant : « Il existe quand même une différence notable entre des élèves qui vont survoler leur copie et ne pas être capables de rentrer en profondeur dans un concept et ceux qui vont creuser cette théorie sur plusieurs lignes. »
Les éléments de forme comptent également : « Arrivé à un certain niveau, les éléments de forme peuvent aussi faire la différence. C’est comme cela que vous parviendrez à aller chercher des points supplémentaires et vous hisser dans le haut des copies. » Une bonne introduction, des accroches pertinentes, une problématisation solide, des transitions fluides, une copie aérée de 8 pages, et une expression claire sont également inclus dans ces critères.
Un catalogue des erreurs fréquentes à éviter absolument est dressé par Christophe Viscogliosi. Trois écueils majeurs se détachent sur le fond :
- L’effet catalogue : « Il faut rester précis et approfondir chaque notion abordée. Lorsque l’on survole un sujet, il est difficile d’être précis sur une matière volumineuse. »
- Le manque de cohérence : « Il est vraiment important d’avoir un fil directeur lisible. C’est quelque chose de relativement complexe, et pourtant, décisif. Si vous regardez un film dans le désordre, cela casse un peu la démonstration donc il s’agit de rester vigilant pour tenir une démonstration de A jusqu’à Z. »
- L’absence de problématisation : L’erreur courante est de ne pas suffisamment problématiser le sujet. Les élèves les plus en difficulté trouvent souvent des synonymes pour problématiser ; ce qu’il ne faut absolument pas faire. »
Un autre critère de différenciation s’active sur la forme par les fautes d’orthographe : « Ne pas faire de faute devient aujourd’hui un point de différenciation. » Une relecture après chaque sous-partie plutôt qu’à la fin de l’écriture de la copie est recommandée par l’enseignant : « Il ne faut pas attendre d’avoir terminé pour se relire. En plus, en relisant partie par partie, vous gardez le fil directeur. »
La nuance et l’ouverture d’esprit restent enfin primordiales pour se démarquer : « En ESH, il faut toujours rester nuancé. En économie, on peut mobiliser trois ou quatre approches différentes : une approche libérale, une approche keynésienne, une approche institutionnaliste ou une approche marxiste, tout en évaluant les intérêts, les inconvénients de chaque approche et ne pas s’aligner dans une seule et même direction. »
Plusieurs axes majeurs sont identifiés par Christophe Viscogliosi, interrogé sur les sujets qui pourraient émerger lors de la session 2026.
L’Europe au centre des enjeux : « Je crois qu’il s’agit d’un point absolument majeur. Aujourd’hui, l’Europe traverse une période de turbulences particulièrement fortes. La dimension géopolitique est très forte autour de l’Europe, d’un côté, mais aussi de la Chine ou des États-Unis. »
Les questions démographiques : « Les enjeux aujourd’hui sont importants sur la démographie ; de nombreuses publications existent en la matière. Il y a des connexions possibles vers les questions sociales, sur la question de l’emploi ou encore des modèles sociaux. »
La productivité et l’intelligence artificielle : « Je conseille de lire toute l’actualité autour du retard de productivité de l’Europe, liée au rapport Draghi, mais aussi de se concentrer sur la question des IA avec une nouvelle révolution industrielle. Les questions qui sont posées en termes d’écarts de productivité entre l’Europe et les États-Unis et la Chine, ses effets sur l’emploi ou encore sur l’environnement. »
Les enjeux environnementaux : “On assiste actuellement à un ‘backlash’ écologique, un recul de ces questions-là, des assouplissements réglementaires partout dans le monde et notamment en Europe. Le choix d’un sujet là-dessus paraît très possible. »
En classe préparatoire économique et commerciale, l’ESH représente un enseignement particulièrement exigeant, combinant rigueur académique et densité du programme. Il est en effet demandé aux étudiants d’être capables de faire le lien entre l’analyse économique, l’analyse historique et l’actualité, tout en prenant de la hauteur sur des enjeux complexes et en maîtrisant un programme particulièrement vaste. À seulement 20 ans, l’épreuve apparaît ainsi comme l’une des plus exigeantes du parcours en Prépa.
Face aux difficultés rencontrées en Prépa, en ESH, certains leviers de progression existent : une approche méthodologique solide, un travail régulier et une bonne connaissance des modalités des épreuves. La réussite repose alors sur la capacité à problématiser, à structurer sa pensée et à mobiliser des références pertinentes avec profondeur. Lorsque les notes stagnent, Christophe Viscogliosi indique que l’essentiel est d’abord d’identifier précisément ses lacunes méthodologiques, en mettant en place une stratégie de travail adaptée, construite en concertation avec l’enseignant.
