Pour former les professionnels capables de relever le défi de la transition écologique, l’École nationale des ponts et chaussées et la Cité de l’architecture et du patrimoine unissent leurs expertises et lancent pour la rentrée de septembre 2026 le Mastère Spécialisé® « Réhabilitation Énergétique du Bâti Ancien » (REBA) ; une formation d’excellence inédite, à la croisée de l’ingénierie environnementale, de l’architecture patrimoniale et de la transition écologique. Le Mastère Spécialisé® REBA accueillera sa première promotion en septembre 2026, en présentiel, au sein de la Cité de l’architecture et du patrimoine, place du Trocadéro à Paris, face à la Tour Eiffel. Thotis s’est rendu à la présentation de ce nouveau mastère pour en découvrir les enjeux.
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Par Félix Guillaume
Le parc bâti français construit avant 1948 concentre une part disproportionnée de l’empreinte carbone du secteur immobilier. Pourtant, ce patrimoine ne peut pas être traité comme n’importe quel bâtiment : il exige des savoir-faire rares, une culture technique ancrée dans l’histoire des matériaux, et une capacité à naviguer dans des environnements réglementaires, économiques et assurantiels complexes.
Jusqu’ici, aucune formation de niveau Bac+6 ne répondait spécifiquement à ce besoin. Le MS REBA vient combler ce vide avec une approche pluridisciplinaire : technique, patrimoniale et opérationnelle à la fois. C’est précisément sur ce constat partagé que l’École nationale des Ponts et l’École de Chaillot, institutions de référence, ont décidé d’unir leurs expertises.
Ce mastère spécialisé Réhabilitation Énergétique du Bâti Ancien (REBA) est né d’une conviction partagée entre l’École nationale des ponts et chaussées grande école d’ingénieurs fondée en 1747, membre de l’Institut Polytechnique de Paris et l’École de Chaillot, département formation de la Cité de l’architecture et du patrimoine, qui forme depuis 1887 les architectes spécialistes du patrimoine. Leur objectif commun consiste à former une nouvelle génération de professionnels capables d’aborder la réhabilitation du patrimoine tout en intégrant pleinement les impératifs de durabilité, de décarbonation, de sobriété et de résilience. Comme le résume Dominique Naert, directeur du MS REBA : « Réhabiliter aujourd’hui le patrimoine bâti ancien, c’est conjuguer mémoire et anticipation, continuité et innovation, transmission et adaptation. »
Pour Julien Bargeton, président de la Cité de l’architecture et du patrimoine, l’enjeu dépasse la seule question technique : « Le patrimoine bâti ancien ne peut plus être pensé hors des enjeux climatiques et énergétiques contemporains » souligne t-il.
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Cette inauguration s’est inscrite dans une dynamique plus large portée par l’École nationale des ponts et chaussées. Au-delà du génie civil qui a historiquement forgé sa réputation, l’ENPC développe depuis plusieurs années des formations et des travaux de recherche tournés vers les grands défis de la transition écologique : ville et transports durables, énergie, mécanique et science des matériaux, économie et finance verte. Ses 13 chaires d’enseignement et de recherche sont entièrement consacrées à ces enjeux, associant rigueur scientifique et acceptabilité sociétale. Le MS REBA prolonge ainsi cette trajectoire, en y ajoutant notamment une dimension patrimoniale jusqu’ici absente de son offre de formation. Les diplômés intègreront par ailleurs le réseau Ponts Alumni, réseau professionnel national et international ainsi que le groupement X Ponts Pierre, dédié à l’immobilier et au bâtiment.
Le bâtiment est aujourd’hui responsable de près de 25 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Or, le parc bâti ancien construit avant 1948 concentre une part disproportionnée de cette empreinte carbone, en raison de matériaux et de techniques de construction qui n’intègrent aucune logique d’isolation ou de performance énergétique. Dans un contexte d’accélération du changement climatique, de raréfaction des ressources et de durcissement des obligations réglementaires, la réhabilitation de ce patrimoine est devenue un impératif national. Mais décarboner un bâtiment ancien sans en altérer l’intégrité architecturale exige des compétences qui, aujourd’hui, manquent sur le marché. Le Mastère spécialisé REBA répond précisément à ce manque, en formant des professionnels capables d’intervenir avec autant d’exigence sur le plan technique qu’architectural.
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Le MS REBA est conçu pour des professionnels déjà en activité souhaitant développer une expertise pointue dans la réhabilitation du bâti ancien. Il s’adresse aux architectes, aux ingénieurs de bureaux d’études techniques, aux chefs d’entreprises du bâtiment, aux maîtres d’ouvrage publics et privés, ainsi qu’aux assets managers confrontés à des enjeux de valorisation et de mise aux normes de leur parc immobilier patrimonial.
La formation est organisée sur un an, en temps partiel, et s’articule autour de 11 modules mensuels représentant 407 heures de formation en présentiel. Elle repose sur une ingénierie pédagogique participative : ateliers, diagnostics réels sur sites, visites de laboratoires et de centres scientifiques, pédagogie inversée et retours d’expérience concrets. À l’issue de l’année, les participants soutiennent une thèse professionnelle devant jury pour obtenir leur diplôme.
Trois objectifs structurent le programme. Le premier est de comprendre les spécificités du bâti ancien dans toutes ses dimensions ; techniques, matériaux, performances thermiques et pathologies propres aux constructions anciennes. Le deuxième est de concevoir et mettre en œuvre des solutions de réhabilitation énergétique compatibles avec la préservation de bâtiments classés, inscrits ou présentant un intérêt patrimonial. Le troisième est d’intégrer les enjeux réglementaires, économiques, sociaux et environnementaux de la transition énergétique appliquée au bâti patrimonial.
Les enjeux couverts par cette formation sont à la hauteur des défis contemporains : réduction de l’empreinte carbone, gestion responsable de l’eau et de la biodiversité, sobriété en ressources, circularité et réemploi des matériaux, conception de solutions réversibles et résilientes face aux aléas climatiques.
Ainsi, la première promotion, attendue en septembre 2026, marquera la concrétisation d’un projet pédagogique inédit, né du croisement de deux écoles aux visions communes. Face à un parc bâti ancien qui concentre à la fois une part significative des émissions carbone françaises et une richesse patrimoniale irremplaçable, le Mastère spécialisé REBA propose une réponse structurée là où les formations existantes ne couvraient qu’une partie du problème.
