Le numérique occupe une place croissante dans l’économie, le marché du travail et le quotidien des citoyens. Pourtant, la France forme encore trop peu de professionnels dans ce secteur. C’est le constat que Talents du Numérique à expliqué et analysé le 25 mars 2026 au Cnam de Paris. À l’occasion de ses vingt ans et de l’élection de son nouveau président, Jonathan Amar, l’association fondée en 2006, dresse un bilan mitigé.
Par Félix Guillaume
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Des avancées ont été obtenues avec notamment la création de la spécialité NSI au lycée, du CAPES et de l’agrégation d’informatique, mais les chiffres montrent que le chemin reste long. Moins de 5 % des lycéens conservent la spécialité informatique en terminale, un étudiant sur deux en fin de licence ne maîtrise pas les compétences numériques attendues par les employeurs. Et la France offre deux fois moins d’heures d’enseignement informatique que le Royaume-Uni. Des données alarmantes sur la situation du numérique en France.
Talents du Numérique occupe aujourd’hui une position singulière dans le paysage éducatif et professionnel français. Elle est en effet la seule association à fédérer à la fois le monde de l’entreprise via Numeum, qui représente près de 2 500 entreprises adhérentes, et le Cigref, réseau de grandes entreprises et administrations utilisatrices du numérique et plus de soixante établissements d’enseignement supérieur : universités, écoles d’ingénieurs, écoles spécialisées. Au total, 2 850 entreprises et 60 établissements de formation gravitent dans son écosystème, auxquels s’ajoutent des partenaires institutionnels comme l’Onisep et le CIDJ, des partenaires académiques tels que la Société Informatique de France, l’Inria ou le CNRS, et l’OPCO Atlas en tant qu’opérateur de compétences de la branche.
L’association fonctionne sur la base de cinq commissions thématiques permanentes : Éducation, Post-bac, Compétences, Communication et un Observatoire qui alimentent régulièrement le débat public de notes, d’études et de recommandations. Elle est également membre fondateur de Femmes@Numérique et de l’association Class’code, et participe à des collectifs comme l’Équipe de France du numérique et le Collectif Orientation.
Ses travaux ont déjà contribué à plusieurs avancées concrètes : la création de l’enseignement Sciences numériques et technologie (SNT) en seconde, la spécialité Numérique et sciences informatiques (NSI) au lycée, le CAPES d’informatique en 2019 et l’agrégation d’informatique en 2022. Des jalons importants, mais ces avancées ne constituent qu’une première étape pour le nouveau président qui estime qu’au regard de l’accélération technologique en cours, la question des compétences numériques et de la formation devient un enjeu stratégique pour la souveraineté, l’économie et la compétitivité du pays.
C’est donc dans ce contexte que Talents du Numérique a élu, lors de son assemblée générale du 25 mars 2026, Jonathan Amar à sa présidence, en succession d’Emmanuel Peter. Fondateur et dirigeant de DELETEC, entreprise de services numériques de plus de 300 collaborateurs, Jonathan Amar est également administrateur de Numeum depuis plus de treize ans, où il est vice-président de la commission formation. Son profil : entrepreneur du numérique, acteur engagé dans les politiques de compétences incarne précisément la jonction que Talents du Numérique entend opérer entre le monde de l’entreprise et celui de l’école.
Sa conviction centrale est simple, mais ses implications sont profondes : les talents du numérique se forment avant tout en amont, dans le système scolaire, bien avant l’entrée dans l’enseignement supérieur. « Il est nécessaire d’agir en amont, avec l’Éducation nationale, pour mieux former les citoyens de demain et élargir le vivier de talents », affirme-t-il. Et d’insister sur l’enjeu d’orientation : « il est primordial de parler de la discipline informatique dès le plus jeune âge, donc dès le collège. »
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Pour comprendre l’urgence que l’association veut signifier, il faut comprendre ce que représente désormais le numérique au-delà du seul secteur tech. L’intelligence artificielle générative transforme en profondeur les métiers y compris les moins techniques. La cybersécurité est devenue une priorité stratégique d’État. Et la capacité à comprendre un algorithme, évaluer une donnée ou détecter une manipulation en ligne est en train de devenir une compétence citoyenne fondamentale, au même titre que savoir lire ou compter.
Or la France part avec un handicap. Selon une étude réalisée par Olecio pour Talents du Numérique, les élèves français ne bénéficient en moyenne que de 216 heures d’enseignement informatique au cours de leur scolarité obligatoire, contre 468 heures au Royaume-Uni et 418 heures en Pologne. « On forme deux fois moins en informatique qu’en Angleterre par exemple. Là-dessus, on est en retard », résume Jonathan Amar. Ce retard se retrouve à l’autre bout du cursus : selon l’observatoire PIX, un étudiant sur deux en fin de licence n’a toujours pas les compétences numériques attendues par le monde professionnel.
Face à ce constat, Talents du Numérique formule des propositions précises. L’association plaide pour la création d’un parcours d’enseignement de l’informatique dès le collège, indépendant des mathématiques et de la technologie, afin de consacrer l’informatique comme discipline scientifique à part entière. Pour alimenter ce chantier en enseignants qualifiés, elle réclame une hausse de +25 % des places aux concours CAPES et agrégation d’informatique dès 2027. À l’heure actuelle, entre 80 et 85 postes sont ouverts au CAPES, et une vingtaine à l’agrégation. À ce rythme, prévient l’association, la constitution d’un véritable corps professoral prendra encore dix à vingt ans.
Au lycée, le bilan n’est guère plus encourageant. Seule la moitié des établissements proposent la spécialité NSI, avec de fortes disparités territoriales, et le taux d’abandon entre la première et la terminale atteint près de 50 % en grande partie parce que les élèves reconstituent l’ancienne filière S en choisissant la combinaison Maths/Physique. L’objectif affiché par Talents du Numérique : 100 % des lycées proposant NSI, et la possibilité pour les lycéens de conserver leurs trois spécialités en terminale afin de ne pas avoir à sacrifier l’informatique.
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Le numérique comme levier d’égalité des chances, c’est l’autre dimension forte de la feuille de route présentée par Jonathan Amar. Avec seulement 19,4 % de femmes dans les établissements membres de l’association, la sous-représentation féminine reste criante. Le nouveau président ne s’en satisfait pas : « Pour les femmes, il faut que ça aille plus vite. On n’est pas très impactant. On doit être dans la parité. Il faut casser les codes », explique-il, dénonçant des « schémas de pensée hyper anciens » qu’il faudra « dépasser » avec une approche plus offensive.
En mars 2026, un partenariat a été lancé avec My Job Glasses, première plateforme européenne de rencontres professionnelles, pour déployer des ambassadeurs étudiants auprès des collégiens et lycéens en ciblant prioritairement les jeunes filles, les zones rurales et les quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Sur l’alternance, autre pilier de la mobilité sociale dans le secteur, Jonathan Amar exprime une incompréhension franche face aux récentes coupes budgétaires : « C’est une décision qu’on a vraiment du mal à comprendre. C’est un levier réel pour l’embauche ensuite. » L’association entend se positionner comme porte-parole de l’alternance dans le numérique, en lien avec l’OPCO Atlas.
Parmi les rendez-vous concrets de l’année, les Trophées NSI confirment leur montée en puissance : plus de 700 dossiers déjà déposés pour l’édition 2026, contre 400 l’année précédente, autour du thème « Nature et informatique ». La plateforme Destination Numérique, outil d’aide à l’orientation vers les métiers du numérique, poursuit son déploiement avec l’envoi de documentation dans 9 000 établissements scolaires et l’organisation d’une quinzaine de webinaires gratuits par an.
Sur le plan de la recherche, une étude sur l’impact du genre dans les trajectoires scolaires depuis 2013, menée avec la Société Mathématique de France, sera publiée en fin d’année. Et sur le plan politique, l’association entend peser dans les débats à venir avec le projet de loi sur l’enseignement supérieur privé, mais aussi l’élection présidentielle via l’Équipe de France du numérique.
Vingt ans après sa fondation, Talents du Numérique ne se contente plus d’observer et de recommander. L’objectif, sous l’impulsion de son nouveau président Jonathan Amar, est de devenir un acteur incontournable des politiques publiques nationales dédiées aux compétences numériques. Parce que dans un pays où le numérique irrigue désormais l’économie, la démocratie et le quotidien de chaque citoyen, former au numérique n’est plus seulement une question d’orientation, mais une question d’intérêt national.
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