Thotis a rencontré Jean-Baptiste de Froment, directeur de l’École nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais – PSL, à l’occasion du tournage d’un épisode de DG sur Écoute. Le philosophe de formation devenu haut fonctionnaire, passé notamment par le Conseil d’État et le ministère de la Culture, dresse le portrait d’une discipline en pleine mutation. Face à l’urgence climatique, la valorisation de l’existant s’impose comme la grande tendance de fond, portée par une nouvelle génération d’étudiants déterminée à repenser notre manière de construire le monde.

Au fil de l’échange, il revient également sur l’identité singulière de l’École nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais – PSL, l’une des plus prestigieuses de France, qui mise sur une pédagogie fondée sur la liberté, l’expérimentation et une pluridisciplinarité renforcée par son appartenance à l’Université PSL.

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Une nouvelle génération marquée par l'urgence climatique

Les jeunes qui s’intéressent aux études d’architecture arrivent avec des convictions, et pas seulement avec des carnets à dessin. Les bacheliers qui franchissent chaque année les portes de Paris-Malaquais – PSL, installée sur les quais de la Seine face au Louvre, sur un site classé monument historique qu’elle partage avec l’Ecole des beaux-arts de Paris, ne sont plus les mêmes qu’il y a vingt ans. L’une de leurs boussoles : le climat.

« Les étudiants qui entrent dans notre école ont, pour la plupart, pour première préoccupation, les enjeux liés au changement climatique et à l’urgence écologique. Ils nous rejoignent pour être acteurs de la transition écologique », observe Jean-Baptiste de Froment, directeur de Paris-Malaquais – PSL depuis 4 ans. 

Ce constat générationnel n’est pas anodin. Il traduit une transformation profonde de la discipline, dépassant la seule question des matériaux biosourcés ou des normes énergétiques. Aujourd’hui, la vision des métiers de l’architecture se redessine.

Réhabiliter plutôt que construire : la formation des architectes repensée à l’ère de la transition écologique

Pendant des décennies, l’architecture était avant tout synonyme de construction neuve. Concevoir un bâtiment à partir d’un terrain vierge, projeter, ériger ; tel était le geste fondateur. Ce paradigme est en train de basculer : « Le changement le plus spectaculaire est que nous faisons beaucoup moins dans la construction neuve et beaucoup plus dans la rénovation, la réhabilitation, la transformation et l’extension de bâtiments existants », explique Jean-Baptiste de Froment. 

Une évolution qui s’accompagne d’un principe radical : « On dit aujourd’hui que le meilleur bâtiment sur le plan écologique, c’est celui qu’on ne construit pas. »

Éviter d’ajouter des matériaux là où un bâtiment existe déjà, valoriser l’enveloppe existante, repenser les usages plutôt qu’effacer pour recommencer… Cette révolution pédagogique se traduit très concrètement dans les projets des étudiants : « Beaucoup de projets portent désormais sur l’existant, comment transformer un bâtiment qui existe déjà, le réhabiliter, le faire changer d’usage, ou encore améliorer ses performances. »

Cette orientation rejoint un mouvement législatif plus large. En mars 2025, le Sénat a adopté à l’unanimité, en première lecture, l’inscription de la réhabilitation dans l’article 1er de la loi de 1977 sur l’architecture, la reconnaissant comme un acte architectural d’intérêt public ; une reconnaissance attendue de longue date par la profession. (Source : Batiactu, mars 2025).
Et, concernant le mouvement législatif, Paris-Malaquais – PSL porte également la réflexion lancée sur le sujet à l’échelle européenne. L’école présente en effet dans sa galerie d’architecture jusqu’à fin avril 2026, l’exposition « Bâtir des lois » du Centre Canadien d’Architecture (CCA) dans laquelle le collectif berlinois bplus.xyz explore comment lois, politiques du bâti et rénovation peuvent transformer durablement nos territoires, notamment avec son laboratoire politique House Europe et l’initiative citoyenne européenne Power to Renovation!

Dans les cours des grandes écoles nationales d’architecture, cette évolution se lit aussi dans les contenus : bilan carbone, impact environnemental des matériaux, performances thermiques, économie de moyens. « On s’intéresse maintenant au bilan carbone, à l’impact environnemental d’un bâtiment ; ce que l’on ne faisait pas avant », souligne le directeur.

Les métiers de l'architecture : un spectre qui s'élargit

Parler « du » métier d’architecte serait réducteur ; la réalité des métiers de l’architecture est vaste, et la transition écologique accentue encore cette diversification.

Parmi ces professions phares figurent la maîtrise d’œuvre ; concevoir et suivre un chantier, de la commande à la livraison, mais également la maîtrise d’ouvrage, l’urbanisme, la scénographie, le secteur de la promotion immobilière, les services de l’État, ou encore le BTP. Des débouchés qui reflètent la nature profondément généraliste de la formation : « L’architecte est quelqu’un d’assez complet, très curieux, un grand généraliste qui a les pieds sur terre et un rapport essentiel à l’espace, à la façon dont les corps peuvent se sentir bien dans un endroit », résume Jean-Baptiste de Froment.

À ces débouchés traditionnels s’en ajoutent de nouveaux, nés de la complexité des enjeux contemporains. Penser la réhabilitation d’une cité des années 1970, reprogrammer une friche industrielle, concevoir des logements adaptés à des étés à 50 degrés ; comme le travaillent certains enseignements de Paris-Malaquais – PSL en réponse aux conditions climatiques de la péninsule arabique, une question qui « va aussi se poser dans nos régions tempérées »  : ces missions exigent des compétences hybrides, à la croisée de l’architecture, de l’ingénierie et des sciences sociales.

Les outils évoluent eux aussi. Le numérique, les logiciels de modélisation, la conception assistée par ordinateur ont transformé les pratiques, sans pour autant supplanter le dessin à la main, que l’école réaffirme comme un fondement : « On maîtrise d’autant mieux ces logiciels qu’on sait aussi les faire dialoguer avec la main », insiste le directeur. Le dessin manuel et le numérique se complètent ; l’un nourrit la pensée, l’autre décuple la complexité accessible.

En lien avec cet article : découvre notre article sur comment devenir architecte ! 

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Le projet, colonne vertébrale d'une formation exigeante en cinq ou six ans

La durée du cursus menant au diplôme d’État en architecture, grade master, dans les vingt et une écoles nationales supérieures d’architecture de France est de cinq ans. Une année supplémentaire optionnelle, l’HMONP (habilitation à la maîtrise d’œuvre en nom propre), est nécessaire par la suite pour ceux qui souhaitent ouvrir leur propre agence et déposer des permis de construire en leur nom.

Au cœur de ces cinq années : le projet. « À chaque semestre, les étudiants doivent concevoir un projet architectural », explique Jean-Baptiste de Froment. Une journée par semaine y est entièrement consacrée, en autonomie ou en petit groupe. Le sujet change à chaque semestre ; logement, grande échelle, questions environnementales, et la complexité croît au fil du cursus.

Les trois premières années posent les fondamentaux : histoire de l’architecture, géométrie, physique, mécanique des structures, mais aussi sciences sociales. Tout converge vers le projet, qui constitue le fil rouge et le lieu de synthèse de tous ces savoirs. Le master permet ensuite de personnaliser son parcours, de choisir des studios de projets spécifiques et de développer une approche plus personnelle du métier.

La formation intègre aussi trois stages obligatoires : un stage ouvrier de quinze jours en début de cursus pour appréhender la réalité d’un chantier, un stage en agence d’un mois en licence, et un stage de deux mois en master. Des portes d’entrée dans le monde professionnel qui peuvent être complétées par des stages supplémentaires ou une année de césure.

Quant au rythme, le directeur de l’École reconnaît qu’il s’avère soutenu, représentant une trentaine d’heures de cours par semaine en licence, doublées d’un volume équivalent de travail personnel. Paris-Malaquais concentre ses cours sur quatre jours, laissant un jour hebdomadaire au travail autonome et au ressourcement.

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Paris-Malaquais – PSL : la force de l’écosystème PSL

L’École nationale supérieure d’architecture Paris-Malaquais – PSL se distingue par le caractère généraliste de ses formations et par son appartenance à l’Université PSL, regroupant l’École normale supérieure (ENS) – PSL, l’Université Paris Dauphine – PSL, l’Institut Curie, les Mines Paris – PSL, les Arts Décoratifs– PSL, l’Observatoire de Paris et d’autres grandes institutions, qui lui confère une dimension pluridisciplinaire rare dans le paysage des écoles d’architecture françaises.

« L’architecture est par essence une discipline pluridisciplinaire, et le fait de pouvoir enrichir son profil en allant puiser dans d’autres établissements de PSL est une donnée majeure », souligne Jean-Baptiste Froment. Cette appartenance se traduit par des doubles diplômes : architecte-ingénieur avec l’École Mines Paris – PSL– (double master en 4 ans), architecte et architecte d’intérieur avec les Arts Décoratifs – PSL en sept ans, ou encore un diplôme binational franco-italien avec l’université de Naples. Des passerelles qui répondent précisément aux exigences d’une profession de plus en plus technique et interdisciplinaire.

L’appartenance à PSL offre aussi des services mutualisés à la vie étudiante : médecins, psychologues, accueil des étudiants internationaux, offre sportive et l’accès à un réseau de bibliothèques exceptionnel, dont la bibliothèque d’art contemporain des Beaux-Arts de Paris, voisine immédiate de l’école.

L’identité de Paris Malaquais – PSL se définit aussi par ce qu’elle refuse : le dogme et le formatage : « Nous nous refusons de mettre les étudiants dans un moule. L’enseignement n’est pas formaté, c’est à l’étudiant de construire sa propre approche », affirme Jean-Baptiste de Froment. Une liberté pédagogique qui se veut au service d’une ambition claire : « Former des personnalités capables de défendre des convictions au service de l’architecture. Une architecture qui améliore le monde, permet de mieux vivre ensemble et contribue à l’urgence écologique. »

DG sur écoute Paris Malaquais - PSL

Des architectes pour un monde à réinventer

Le métier d’architecte, prévient Jean-Baptiste de Froment sans détour, « n’est pas évident tous les jours : les contraintes sont nombreuses, les pressions pour déroger à ses convictions, réelles ». Mais pour lui, une chose a changé : la génération qui entre aujourd’hui dans les écoles d’architecture sait pourquoi elle est là.

Réparer plutôt que démolir. Transformer plutôt que construire. Penser l’usage avant la forme. Ces impératifs, non plus seulement des tendances, dessinent les contours d’un métier réinventé, au carrefour de la technique, de l’écologie et du sens. Pour cette génération, l’architecture représente un outil pour habiter le monde autrement.

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