50 ans, plus de 500 invités, et une filière plus dynamique que jamais. La classe préparatoire aux grandes écoles de commerce et de management ECT (Économique et Commerciale, voie Technologique) célèbre ce vendredi 13 mars un demi-siècle d’existence, dans l’un des lieux symboliques du savoir français : le Grand Amphithéâtre de la Sorbonne. Un anniversaire coorganisé par les deux associations représentatives de la filière : l’APHEC  (Association des professeurs des classes préparatoires économiques et commerciales) vice -présidée par Christine Pires et l’ADEPPT (Association de Promotion des classes Préparatoires option Technologique) dirigée par Quentin Leroux, en présence de représentants des ministères de tutelle, d’inspecteurs généraux, de directeurs de grandes écoles, de professeurs et d’étudiants, actuels comme anciens. Lors de cet événement, Thotis sera également partenaire. 

Par Félix Guillaume 

Une filière née en 1974, plus dynamique que jamais

Créée en 1974 à l’initiative de Lionel Stoleru, la prépa ECT a été pensée dès l’origine comme un outil de démocratisation de l’enseignement supérieur d’excellence. Son ambition : offrir aux bacheliers de la voie technologique,  en l’occurrence les titulaires du baccalauréat STMG, un accès exigeant et reconnu aux grandes écoles de management, au même titre que leurs homologues issus des filières générales.

Cinquante ans plus tard, le pari est tenu. À la rentrée 2025, les effectifs de la filière ont progressé de 6 %, confirmant un regain d’attractivité notable. La France compte aujourd’hui 47 classes de CPGE ECT, accueillant chaque année près de 1 300 étudiants issus de terminale STMG dans des lycées publics et privés sous contrat répartis sur l’ensemble du territoire. Sur les vingt dernières années, le nombre d’étudiants en classe préparatoire ECG-ECT a progressé de plus de 25 % , une croissance certes irrégulière, mais réelle et profonde.

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Une formation pluridisciplinaire et intensive

Deux années. C’est le temps qu’il faut pour transformer un bachelier technologique en candidat armé pour intégrer les meilleures écoles de commerce françaises. La prépa ECT repose sur un programme dense et équilibré, articulé autour de matières de spécialité :  économie-droit, management et sciences de gestion, mathématiques appliquées et d’enseignements généraux : culture générale, langues vivantes (LV1 et LV2), histoire contemporaine et informatique.

Le volume horaire est soutenu : entre 30 et 33 heures de cours par semaine selon les établissements, auxquelles s’ajoutent les khôlles, ces interrogations orales hebdomadaires qui constituent l’une des spécificités des classes préparatoires ainsi que des devoirs surveillés réguliers reproduisant les conditions des épreuves de concours. Un rythme exigeant, mais pensé pour forger progressivement méthode, rigueur et rapidité d’exécution. Alain Joyeux, président de l’APHEC, tient d’ailleurs à déconstruire l’image sacrificielle que certains associent encore à la filière : « Loin d’être un tunnel opaque ou un pari incertain, la classe préparatoire constitue aujourd’hui la première étape d’un véritable cursus intégré vers l’excellence. »

Un tremplin vers les grandes écoles de management

À l’issue de ces deux années, les étudiants se présentent aux concours des grandes écoles de commerce regroupés au sein de deux banques d’épreuves : la BCE (Banque Commune d’Épreuves) et ECRICOME. Cette dernière, qui proposait 1 970 places en 2025 soit 29 % des places disponibles au SIGEM, donne accès à cinq établissements prestigieux : EM Strasbourg, KEDGE Business School, MBS School of Business, NEOMA Business School et Rennes School of Business.

Concernant les épreuves ECT du concours ECRICOME 2026, elles se dérouleront du 14 au 16 avril prochain, avec au programme des écrits en mathématiques, culture générale, économie-droit, management et gestion, ainsi que deux langues vivantes. Les admissibles se présenteront ensuite aux oraux prévus du 15 juin au 1er juillet.

Au-delà d’ECRICOME, les étudiants en prépa ECT peuvent viser des écoles de tout premier rang : HEC, ESSEC, ESCP, EM Lyon, EDHEC, Audencia, NEOMA, KEDGE, TBS ou encore Rennes SB. Des débouchés à la hauteur de l’investissement consenti. Et le bilan global est éloquent : sur 100 étudiants entrant en première année de prépa EC, 85 % décrochent un Master 2 dans les cinq années suivantes.

Un ascenseur social aux résultats concrets

Si la prépa ECT mérite d’être mieux connue, c’est aussi parce qu’elle constitue l’un des rares dispositifs permettant à des élèves issus de la voie technologique de rejoindre les meilleures formations managériales françaises. En contribuant activement à la diversification des profils au sein des grandes écoles, elle joue un rôle de levier de démocratisation rarement égalé dans l’enseignement supérieur sélectif. « La fracture, contrairement à ce qu’on entend souvent, est moins sociale que territoriale » observe Alain Joyeux, soulignant que l’autocensure, plus que l’origine, constitue aujourd’hui le principal frein à l’accès à la filière.

Christine Pires, vice-présidente de l’APHEC, insiste par ailleurs sur une dimension trop souvent oubliée : “la prépa ECT ne forme pas seulement des techniciens du management, elle forge des esprits libres et ouverts”. Grâce à ses enseignements généralistes : langues vivantes, humanités, culture générale, elle permet aux étudiants issus de la voie STMG de se départir des clichés qui collent parfois à leur baccalauréat et de s’émanciper intellectuellement. « C’est un formidable levier d’ascenseur social », résume-t-elle, en soulignant que cette ouverture culturelle et linguistique participe pleinement à la construction d’une identité étudiante solide.

Cette transformation passe aussi par la qualité humaine exceptionnelle qui caractérise la vie en ECT. Les relations entre enseignants et étudiants y sont souvent bien plus proches qu’ailleurs, portées par un encadrement individualisé et une attention constante aux parcours de chacun. Les liens tissés entre promotions, anciens et nouveaux étudiants se retrouvant régulièrement, participent d’une culture de la transmission et de la solidarité propre à cette filière. “Travailler en ECT, c’est faire partie d’une équipe soudée, entièrement au service de la réussite des étudiants” conclut Christine Pires.

Cette cohésion se retrouve aussi au niveau institutionnel. L’APHEC et l’ADEPPT, les deux associations représentatives de la filière, œuvrent de concert pour en assurer la promotion et la pérennité : une synergie retrouvée qui renforce la capacité collective à défendre une grande filière, soutenue par les écoles de management et riche des trajectoires professionnelles qu’elle rend possibles. Des carrières que ces étudiants n’auraient, pour beaucoup, pas pu envisager sans cette prépa.

Les diplômés des écoles de commerce accessibles via la filière ECT s’insèrent dans des secteurs variés : finance, audit, marketing, ressources humaines, conseil en stratégie, logistique ou encore entrepreneuriat avec un taux d’insertion professionnelle supérieur à 90 %.

Enfin, comme le souligne Quentin Leroux, président de l’ADEPPT, les effectifs des classes prépas ECT comptent dans certaines classes jusqu’à plus de 80% de boursiers du supérieur.

Là où la prépa forge, l'école de commerce déploie

La continuité entre classe préparatoire et grande école n’est pas qu’une logique de cursus : c’est une véritable alchimie pédagogique. Alexandre Pourchet, Directeur Général Adjoint Programmes & International à NEOMA Business School, résumait cette complémentarité avec clarté dans un précédent article pour Thotis : “la prépa forge la rigueur intellectuelle, la capacité de travail et l’esprit critique ; la grande école les transforme en compétences managériales concrètes, ancrées dans les réalités du monde contemporain”.

Pour Alain Joyeux, ce continuum ne doit pas être réduit à un simple « 2+3 ». « L’enjeu, c’est de considérer que les deux années de classe préparatoire ne sont pas une fin en soi, mais bien le début d’un cursus cohérent de cinq ans, débouchant sur un diplôme de niveau Master 2 en management. » Un parcours balisé, structuré, et pour une large majorité couronné de succès : 85 % des étudiants entrant en prépa EC obtiennent leur Master 2 dans les cinq années suivantes.

Les grandes écoles, de leur côté, ont pris la mesure de cet enjeu. En lien avec l’APHEC, plusieurs établissements ont introduit des cours spécialement conçus pour assurer la transition entre les deux univers : géopolitique, humanités, analyse du monde contemporain. L’objectif : que l’étudiant ne ressente pas de rupture, mais bien une continuité dans l’exigence. Les compétences acquises en prépa : rigueur analytique, capacité de synthèse, esprit critique, ne sont pas seulement utiles à l’entrée en école ; elles constituent un bagage précieux tout au long du cursus, et bien au-delà, dans la vie professionnelle.

Dans un contexte où l’intelligence artificielle, la data et la mondialisation redessinent les contours du management, la formation humaniste et analytique dispensée en prépa ECT n’a jamais semblé aussi pertinente. « Un manager ne peut se réduire à être un simple technicien », rappelle Alain Joyeux. « Il doit être conscient des réalités culturelles, économiques, géopolitiques qui l’entourent. » C’est précisément ce que la prépa ECT s’attache à construire, année après année. À l’image d’Oxford ou de Cambridge, où la Business School intervient après un premier cycle académique d’excellence, le modèle français du continuum prépa grande école n’a rien à envier aux plus grands standards internationaux.

“Ne pas s’autocensurer” : un anniversaire avec un message fort

La journée du 13 mars, de 13h à 19h au Grand Amphithéâtre de la Sorbonne, sera ponctuée de témoignages d’anciens étudiants, de tables rondes, d’un concours et d’une remise de prix, ainsi que d’un vote du public pour les meilleures vidéos de promotion de la filière. Un programme festif et mobilisateur, qui vise aussi à envoyer un signal fort aux lycéens de la voie technologique : il ne faut pas s’autocensurer. Comme l’explique Quentin Leroux, l’autocensure est le principal ennemi de tous les enseignants en ECT, qui oeuvrent au quotidien, appuyés par leurs collègues qui enseignent en première et terminale, pour convaincre les lycéens en STMG qu’ils en sont capables et que la prépa ce n’est pas que pour les autres. 

Finalement, la prépa ECT est accessible à tout élève sérieux et motivé, même sans mention au baccalauréat, et elle ouvre des portes que beaucoup n’osent pas encore imaginer franchir. « Habiter à 100 kilomètres d’une métropole régionale ou vivre en milieu rural ne doit pas être un frein à l’accès aux classes préparatoires », insiste Alain Joyeux.

En s’associant à cet anniversaire, Thotis, dont les outils d’orientation, de lettres de motivation et de conseils Parcoursup accompagnent chaque année des milliers de lycéens, réaffirme son engagement en faveur de l’information et de l’égalité des chances dans l’accès aux grandes écoles.