Du 15 au 30 juin 2026, des étudiants venus de toute la France se sont succédé sur les campus de Reims et Rouen pour passer les oraux du concours ECRICOME à NEOMA Business School. Pour ces candidats issus de prépa, l’enjeu est double : convertir l’écrit et décrocher l’admission, mais aussi se projeter dans l’école et vérifier qu’ils s’y sentiront bien. Nous avons suivi cette semaine de l’intérieur, en alternant le temps des candidats, celui de la vie de campus, et le regard d’Alexandre Pourchet, Directeur Général Adjoint de NEOMA, sur ce que ces journées disent du projet académique de l’école.
Par La Rédaction
À NEOMA, les oraux d’admission regroupent trois épreuves sur une même journée, pour un coefficient total de 25, soit exactement le poids des écrits. L’entretien de personnalité en concentre la part la plus importante, avec un coefficient de 12. Il dure une vingtaine de minutes, sans préparation, devant un jury de deux personnes, et s’appuie sur un questionnaire de personnalité que le candidat remplit en ligne dès la publication des résultats d’admissibilité.
C’est le seul élément réellement maîtrisable en amont, et les jurys reconnaissent vite un questionnaire travaillé, ancré dans des expériences concrètes. Viennent ensuite les deux épreuves de langues vivantes, avec un coefficient de 7 pour la première et de 6 pour la seconde. Le format est identique dans les deux cas : vingt minutes de préparation à partir d’un support d’actualité, texte ou vidéo, puis vingt minutes d’échange avec un examinateur. Cumulés, les deux entretiens de langues atteignent un coefficient de 13 sur 25.
C’est ce qui fait de NEOMA l’école où les langues pèsent le plus parmi toutes celles du concours ECRICOME, un paramètre que les candidats issus de prépa ont intérêt à intégrer très tôt dans leur préparation.
Le format vidéo de l’oral de langues, celui où le candidat analyse un document audiovisuel avant d’en discuter, n’est pas systématiquement travaillé dans tous les lycées. Plusieurs admissibles rencontrés sur place le confirment : l’exercice est proposé, rarement imposé. Si votre établissement ne vous y a pas contraint, mieux vaut vous y entraîner avant le jour J. Les résultats d’admission seront publiés le 8 juillet 2026 sur SIGEM.
Pendant que les candidats patientent entre deux épreuves, une autre équipe s’active. Les admisseurs, ces étudiants chargés d’accueillir les admissibles, orchestrent une semaine pensée pour répondre à un double objectif : faire baisser la pression avant les passages, et donner à voir concrètement ce que recouvre la vie sur un campus de NEOMA. La présentation académique est suivie d’un amphi-spectacle monté pour l’occasion, où se succèdentl’association de danse, les cheerleaders et le club musical de l’école. La visite du campus passe ensuite par le musée des associations, une petite salle où chaque club a déposé un objet qui raconte son histoire.
L’intention est assumée, et elle dépasse la simple opération de séduction. Une partie des candidats arrive en sachant nommer l’école par son classement, plus rarement par son projet. Or les étudiants admisseurs eux-mêmes le rappellent volontiers : l’accueil est forcément réussi, c’est précisément ce pour quoi il est conçu. Comme le formulait l’un des candidats rencontrés sur place, on est dans une école de commerce, où la plupart des gens sont formés à vendre un projet. Se laisser porter par l’ambiance d’une journée sans avoir travaillé le fond reviendrait à choisir une école pour de mauvaises raisons.
Ces journées font pourtant parfois bouger les lignes. Certains admisseurs racontent avoir, l’an passé, décalé leur retour pour rester un jour de plus, gagnés par le sentiment d’appartenir déjà à l’endroit. Ce que produit une bonne semaine des admissibles n’est donc pas tant un coup de foudre qu’une confirmation : lorsque le projet académique correspond à ce que cherche le candidat, la rencontre avec le campus peut transformer une option en premier vœu. À condition d’être venu avec les bonnes questions.
Ce que cherchent vraiment les jurys
Du côté de la table d’examen, l’observation rejoint celle des étudiants. Les candidats présentent généralement de beaux profils, des parcours construits, des engagements sincères, et certains se révèlent passionnés dès les premières minutes. La différence ne se fait donc presque jamais sur des réponses attendues. Elle se fait sur ceux qui connaissent l’école au-delà de son rang : ceux qui savent citer une spécialisation, un parcours d’impact associatif, ou un partenariat international précis. Autrement dit, ceux qui ont réfléchi au pourquoi de cette école, et pas seulement au pourquoi d’une grande école.
Le manque, quand il se manifeste, est toujours le même. Des candidats capables de parler de leurs expériences avec conviction butent dès qu’il s’agit d’évoquer un programme, une opportunité d’échange ou un accord académique. Vouloir intégrer une école sans vraiment savoir ce qu’elle propose se perçoit, et pèse dans l’échange. Le conseil le plus utile reste pourtant le plus simple : être naturel. Les jurys ne cherchent pas une parole calibrée, mais quelqu’un qui sait qui il est, ce qu’il veut, et pourquoi cette école en particulier.
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Cette connaissance attendue de l’école renvoie directement à ce que NEOMA entend offrir une fois le concours franchi, et notamment à un réseau international que la direction présente comme l’un de ses piliers. L’école compte aujourd’hui près de 400 universités partenaires réparties sur les cinq continents, l’un des plus larges parmi les écoles de commerce françaises. La taille, pour autant, n’est pas érigée en argument.
« La qualité de nos partenariats est essentielle. NEOMA s’associe aux institutions les plus prestigieuses, reconnues sur le plan international comme local. C’est ce qui nous permet de garantir à chaque étudiant une expérience d’apprentissage de très haute qualité durant son échange, indépendamment de la destination qu’il choisit », résume Delphine Manceau, Directrice générale de l’école. Dans ce réseau figurent des institutions de tout premier plan, deUC Berkeley à l’Università Bocconi de Milan, en passant par Yonsei University en Corée du Sud, Maastricht University aux Pays-Bas ou Universidade Nova de Lisboa au Portugal.
Pour Alexandre Pourchet, Directeur Général Adjoint, ce maillage répond d’abord à une demande réelle des étudiants, et non à une logique d’affichage. « Quand une zone géographique monte en puissance dans leurs aspirations, nous y répondons en y nouant de nouveaux accords plutôt qu’en redirigeant artificiellement les flux », explique-t-il. La signature récente avec McGill, à Montréal, qui ouvrira aux étudiants du Programme Grande Ecole un semestre d’échange dès la rentrée 2026, illustre cette mécanique : une demande étudiante forte, et une opportunité institutionnelle saisie. Le Québec, en particulier, occupe pour lui une place singulière. « C’est un territoire qui combine plusieurs atouts difficiles à trouver ailleurs, une stabilité politique et sociale précieuse dans le contexte actuel, un environnement multiculturel et bilingue, et une proximité linguistique qui facilite l’intégration de nos étudiants tout en les confrontant à un univers anglophone exigeant. »
Le pari de l’immersion plutôt que des campus délocalisés
Cette philosophie a une traduction concrète, que Alexandre Pourchet revendique. NEOMA ne crée pas de campus à l’étranger et ne constitue pas de cohortes françaises délocalisées. Elle envoie peu d’étudiants chez chaque partenaire, en faisant le pari de l’immersion réelle. « Un étudiant qui part seul ou à trois ou quatre dans une université étrangère ne vit pas le même séjour qu’un étudiant intégré à un groupe de quarante camarades français. Il est obligé de s’ouvrir, de tisser des liens, de se confronter à une langue et à des codes nouveaux. C’est cette confrontation qui forme », défend le Directeur Général Adjoint.
Le propos rejoint la philosophie pédagogique de l’école sur la liberté de cours laissée aux étudiants en échange. « Durant leur programme d’échange, nous souhaitons que nos étudiants accèdent à des cours complémentaires, dans des domaines qui ne sont pas nécessairement ceux d’une école de commerce », rappelle Delphine Manceau. Pour les profils issus de prépa, l’argument fait mouche : pouvoir combiner un cours de stratégie ou de marketing avec un enseignement de pensée politique ou de littérature anglophone prolonge des centres d’intérêt développés en classe préparatoire, tout en validant le cursus en école de commerce.
Au fond, la semaine des admissibles donne à voir un enjeu qui dépasse le seul concours : celui du continuum, c’est-à-dire de la continuité entre la formation reçue en prépa et le parcours qui
s’ouvre en grande école. Pour des étudiants qui ont investi deux ou trois années dans la maîtrise de l’écrit, la culture générale et le travail des langues, l’entretien de personnalité comme les oraux de langues fonctionnent comme un premier point de jonction. L’école valorise ces acquis plutôt que de les remettre à zéro, et le poids inhabituel donné aux langues dans le barème en est l’un des signaux les plus lisibles.
Cette continuité a aussi une dimension humaine, que la mise en scène de la semaine des admissibles ne masque pas entièrement. Faire baisser la pression avant les épreuves, montrer
la vie associative, laisser les candidats se projeter dans un quotidien et pas seulement dans un classement : tout cela participe d’une attention au bien-être des futurs étudiants, à un momentoù la fatigue de deux années de prépa se conjugue à l’incertitude des résultats. Les candidats rencontrés sur place arrivaient d’ailleurs reposés, tranquilles sans être nonchalants, forts de simulations d’entretien rendues volontairement plus difficiles par leurs professeurs.
L’enjeu, pour l’école, est de transformer une semaine d’évaluation en une expérience qui fasse sens des deux côtés. Du côté des candidats, en leur permettant de vérifier que le projet
académique correspond à leurs attentes avant de hiérarchiser leurs vœux. Du côté de l’institution, en repérant des profils capables de tirer parti d’un réseau international exigeant et d’une pédagogie qui mise sur l’autonomie. C’est précisément ce que pointe Alexandre Pourchet lorsqu’il décrit les étudiants que ces partenariats visent : des profils d’un niveau académique solide, dotés d’une vraie curiosité intellectuelle et capables de travailler des matières exigeantes au-delà du seul registre du management.
À l’issue de ces journées, le constat tient en peu de mots. Les oraux de NEOMA ne récompensent ni la performance de façade ni la connaissance d’un rang dans un palmarès. Ils valorisent des candidats qui savent pourquoi ils sont là, ce que l’école propose, et ce qu’ils comptent en faire. La semaine des admissibles, dans son alternance de pression et de respiration, n’est finalement qu’une manière de poser cette question à voix haute, et d’écouter ceux qui ont pris le temps d’y réfléchir.
Article communiqué en partenariat avec NEOMA Business School
