L’Histoire, Géographie et Géopolitique du Monde Contemporain (HGGMC) constitue l’une des épreuves majeures des concours d’entrée aux grandes écoles de commerce pour les étudiants de classe préparatoire ECG. Avec un programme dense s’étendant de 1913 à nos jours et des évolutions récentes dans les modalités d’évaluation, cette matière exige une préparation rigoureuse et méthodique. Entre maîtrise des connaissances, compétences rédactionnelles et capacité d’analyse, les clés de la réussite sont multiples. Professeure de géopolitique en classe préparatoire au sein de WeiD Prépa, agrégée d’histoire, diplômée d’HEC et avocate au barreau de Paris, Bénédicte Ourbak prépare un manuel de méthode de la dissertation de géopolitique à paraître aux Presses Universitaires de France (PUF) en 2026. Elle partage ses conseils pour transformer cet exercice exigeant en opportunité de se démarquer.

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Foire aux Questions (FAQ) sur : HGGMC en Prépa ECG : comprendre le programme et les attentes des concours

Qu’est-ce que l’HGGMC en prépa ECG ?

L’HGGMC (Histoire, Géographie et Géopolitique du Monde Contemporain) est l’une des épreuves majeures des concours d’entrée aux grandes écoles de commerce pour les étudiants de prépa ECG. Elle mobilise des connaissances historiques, géographiques et géopolitiques sur une période allant de 1913 à nos jours, et exige une forte capacité d’analyse et de rédaction.

Quelles compétences l’épreuve d’HGGMC évalue-t-elle prioritairement ?

La dissertation d’HGGMC évalue trois compétences fondamentales : la compréhension précise du sujet, la capacité à structurer une réflexion claire et nuancée, et la hiérarchisation pertinente des connaissances à travers les exemples mobilisés

Pourquoi l’analyse des termes du sujet est-elle centrale ?

Parce que les difficultés d’un sujet ne résident pas uniquement dans les concepts géopolitiques. Les jurys attendent une analyse fine de l’ensemble du vocabulaire, y compris des mots du langage courant, qui fondent la problématique et orientent toute la réflexion.

Comment est structuré le programme d’HGGMC en première année ?

Le programme de première année repose sur deux grands modules :

  • les grandes mutations du monde de 1913 à nos jours, incluant la guerre froide, la décolonisation et les recompositions géopolitiques depuis les années 1990 ;

  • la mondialisation contemporaine, ses acteurs, ses dynamiques, ses limites et ses enjeux, notamment économiques et environnementaux.

Quelle place occupe l’économie mondiale dans le programme d'HGGMC ?

L’économie mondiale constitue un thème majeur, abordé sur la longue durée. Elle permet de comprendre les logiques de croissance, de développement et de rapports de force, depuis 1913 jusqu’aux recompositions économiques des années 1990 et à la mondialisation

Pourquoi le thème de la France est-il particulièrement important en HGGMC ?

La France est étudiée comme une puissance en mutation depuis les années 1990, confrontée aux effets de la mondialisation. Ce thème peut faire l’objet d’un sujet direct aux concours et nécessite une maîtrise approfondie de ses dimensions économiques, européennes, mondiales et maritimes.

Comment le programme de seconde année aborde-t-il la géopolitique ?

La seconde année adopte une lecture territoriale du monde, en étudiant de grands espaces géopolitiques à travers leur histoire longue, leurs structures internes et leur insertion dans les rapports de puissance mondiaux.

Pourquoi la maîtrise du lexique est-elle centrale en HGGMC ?

Parce qu’un vocabulaire imprécis produit une pensée imprécise. Des distinctions comme domination/hégémonie, partenariat/rivalité ou leviers/freins sont indispensables pour produire une analyse fine et nuancée.

En quoi l’épreuve d’HGGMC évolue-t-elle à partir du concours BCE 2026 ?

À partir de 2026, l’épreuve voit disparaître la réalisation d’une carte sur fond muet. Elle repose désormais sur une dissertation de quatre heures, accompagnée d’un dossier documentaire restreint, marquant une rupture importante dans les modalités d’évaluation.

Quelles sont les attentes renforcées des jurys avec ce nouveau format ?

Les jurys attendent une maîtrise accrue des raisonnements géopolitiques, une connaissance solide des auteurs et du programme, une mise en perspective historique rigoureuse et une capacité à croiser les échelles spatiales et temporelles

L'HGGMC en Prépa ECG : présentation de la matière

L’HGGMC s’inscrit dans la tradition des humanités, mais les adapte aux enjeux contemporains : retour des rivalités entre puissances, interdépendance économique, gestion et appropriation des ressources dans un monde fini. 

Cette discipline exige des étudiants trois compétences clés, comme le souligne Bénédicte Ourbak : « Une bonne dissertation en géopolitique révèle trois compétences chez l’étudiant, fondamentales pour intégrer une Grande Ecole : comprendre la question posée et montrer qu’on l’a comprise (dans l’introduction), communiquer ses idées de façon structurée, efficace et nuancée (dans l’organisation du plan) et hiérarchiser les connaissances (dans le choix des exemples). »

La dissertation de géopolitique repose sur la capacité à analyser les termes du sujet, qui ne se limite pas à l’apprentissage des termes classiques de la matière. Selon la professeure : « Les étudiants font souvent l’erreur de se concentrer uniquement sur les termes ‘géopolitiques’ d’un sujet (comme par exemple le terme ‘puissance’), alors que le plus souvent, le terme difficile à analyser, et qui permet de gagner des points, est un mot du langage courant. » Il s’agit d’analyser finement le vocabulaire employé dans la formulation du sujet, qui est le fondement de toute réflexion approfondie sur les enjeux de celui-ci.

L'HGGMC en Prépa ECG : un programme dense

Le programme de première année

Le programme de première année se divise en deux modules principaux couvrant plus d’un siècle d’histoire mondiale.

Module I : Les grandes mutations du monde de 1913 à nos jours

Ce premier module établit les fondations historiques indispensables à toute réflexion. Il débute par un panorama géopolitique du monde de 1913 à la fin de la guerre froide, incluant une introduction à la géopolitique et aux relations internationales, les tableaux géopolitiques du monde en 1913, 1939 et 1945, ainsi que la géopolitique de la guerre froide, de la décolonisation et des conflits jusqu’aux années 1990.

Le module se poursuit avec l’étude du monde depuis les années 1990, marqué par des ruptures et recompositions géopolitiques. Les étudiants examinent le tableau géopolitique de la fin de la guerre froide, le monde actuel entre ordre et désordre, ainsi que la gouvernance mondiale face aux crises et les recompositions des grands thèmes des relations internationales : nouvelles formes de guerre, maîtrise des espaces communs, nouvelles formes de puissance.

Un volet économique complète ce module avec un grand thème portant sur l’économie mondiale d’un siècle à l’autre, couvrant la croissance et le développement, l’économie dans les pays occidentaux de 1913 à 1945, et les modèles de croissance de 1945 à nos jours – dans les blocs occidental et communiste ainsi que dans les pays dits du Tiers-Monde, et jusqu’à l’alignement progressif de ces modèles autour du consensus de Washington dans les années 1990.

Module II : La mondialisation contemporaine

Le second module se concentre sur la mondialisation contemporaine, ses acteurs, dynamiques et espaces. Il aborde les stratégies des différents acteurs (États, entreprises, société civile…) ainsi que les nouvelles frontières et limites de la mondialisation.

Les défis du développement durable occupent une place centrale, incluant les enjeux géopolitiques et géoéconomiques de la transition énergétique, les ressources comme enjeu stratégique renouvelé, et les défis liés au changement climatique, notamment en matière de résilience.

Le module se conclut par l’étude de la France en tant que puissance en mutation depuis les années 1990, examinant le modèle français face à la mondialisation, sa position de puissance européenne et mondiale, ainsi que sa dimension maritime.

Le programme de seconde année

 

La seconde année envisage la géopolitique dans sa lecture territoriale. Chaque espace est étudié avec son histoire longue, ses structures internes, ses lignes de fracture et ses modes d’insertion dans les rapports de puissance mondiaux.

Module III : Géodynamique de l’Union européenne, de l’Afrique, du Proche et du Moyen-Orient

Ce module explore l’Union européenne, ses territoires, son voisinage proche (Russie et espace méditerranéen) et sa place dans le monde. Il examine également le continent africain, le Proche et le Moyen-Orient à travers leurs États, territoires, cultures, sociétés, politiques de développement et enjeux géopolitiques.

Comme l’explique Bénédicte Ourbak, « L’Union européenne est analysée comme une entité unique, entre puissance économique et vulnérabilités liée à sa construction politique inachevée. Les étudiants doivent comprendre ses logiques territoriales (centre/périphéries, Europe du Nord, de l’Est, du Sud), ses dépendances stratégiques (énergie, défense, technologies, matières premières) et ses instruments de puissance : marché intérieur, normes et capacités de résilience. L’enjeu est notamment de mesurer sa capacité réelle d’autonomie dans un monde de rivalités sino-américaines et de retour des puissances militaires. »

L’Afrique est abordée comme un espace central des recompositions du XXIᵉ siècle. Le continent cumule fragilités structurelles et potentiel stratégique majeur : croissance démographique, ressources minières et énergétiques, position clé dans les routes commerciales mondiales. La professeure rappelle qu’il « s’analyse à la fois comme terrain de compétition entre puissances externes (Chine, Russie, États-Unis, UE, Turquie, pays du Golfe) et comme espace d’émergence de logiques régionales, proprement africaines, de puissance. »

Le Proche et le Moyen-Orient constitue un laboratoire de la géopolitique : conflits armés, rivalités de puissances régionales, rôle structurant des ressources énergétiques, poids des enjeux religieux et identitaires, interventions des grandes puissances. Bénédicte Ourbak explique que « les étudiants doivent percevoir, sous le feu de l’insécurité régionale, les systèmes de rivalités sous-jacents (Iran/Arabie saoudite, Israël/monde arabe, Turquie/monde arabe), les jeux d’alliances ainsi que les transformations liées à l’après-pétrole et aux stratégies de diversification économique.

Module IV : Géodynamique continentale des Amériques et de l’Asie

Le dernier module couvre la géopolitique des Amériques, avec un focus particulier sur les États-Unis et l’Amérique latine. Il se termine par l’étude de l’Asie, région multipolaire, incluant les espaces asiatiques dans la mondialisation et deux géants : la Chine comme puissance mondiale et l’Inde comme puissance émergente.

La professeure explique que l’actualité invite à étudier « les Amériques comme étant structurées par la centralité des États-Unis, étudiés comme puissance dominante depuis 1945 mais aujourd’hui confrontée à une concurrence stratégique accrue et à des fragilités internes ». L’Amérique latine s’analyse comme un espace de dépendance relative, aux trajectoires de développement incomplètes, et comme un terrain de rivalités d’influence entre puissances extérieures et puissances régionales.

Bénédicte Ourbak rappelle que l’Asie constitue l’espace décisif du XXIᵉ siècle, concentrant croissance, population et nouvelles formes de rivalités. La Chine est étudiée comme une puissance globale en construction quand l’Inde apparaît comme une puissance émergente dont la trajectoire pèsera durablement sur l’équilibre asiatique. Le reste de l’Asie permet de comprendre la multipolarité régionale : Japon, Corée, Asie du Sud-Est, rivalités maritimes, contrôle des détroits et des routes commerciales.

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L'HGGMC aux concours des Prépas ECG : épreuves et modalités

Évolution pour le concours BCE 2026

L’épreuve d’HGGMC conçue par ESCP Business School voit disparaître l’élaboration d’une carte sur un fond de carte muet, rupture majeure avec l’ancienne épreuve, à partir de 2026.

Nouveau format de l’épreuve

L’épreuve d’HGGMC lors des concours des Prépas ECG consiste en une dissertation de 4 heures accompagnée d’un dossier documentaire resserré, composé d’un maximum de trois documents : une carte géopolitique riche d’informations tirée de publications ou sites de référence, n’englobant pas toute la thématique du sujet pour éviter une dérive vers le commentaire, et un ou deux documents statistiques, incluant potentiellement des séries statistiques sur la longue durée pour inciter à la mise en perspective historique. L’utilisation des documents reste une source d’idées et d’arguments pour construire la dissertation, mais ne doit pas devenir un commentaire de documents.

Exigences rehaussées

En contrepartie de la suppression de la carte, le niveau d’exigence de la dissertation est rehaussé. Le jury attend des candidats une plus grande maîtrise des principaux raisonnements et méthodes en géopolitique, la connaissance des auteurs incontournables de la discipline et du programme, ainsi que la capacité à croiser les échelles d’analyse.

La mise en perspective historique fait l’objet d’une attention particulière. Il n’est en effet pas possible de comprendre et analyser les phénomènes géopolitiques contemporains sans combiner les échelles de temps (temps court, temps moyen, temps long), sachant que le programme débute en 1913.

Des attendus renforcés concernent également la réflexion multiscalaire. Les candidats doivent démontrer leur maîtrise du vocabulaire de la géographie et être beaucoup plus précis sur les localisations. Ils sont autorisés, et même encouragés, à intégrer à leur copie un nombre limité de petits schémas ou modèles explicatifs (deux à trois maximum), qui doivent être pertinents, soit en lien direct avec l’analyse développée.

La forme de la copie (syntaxe, orthographe), déjà centrale dans l’évaluation, sera encore plus nettement prise en compte, l’évolution de l’épreuve devant permettre aux candidats de consacrer un temps plus important à la relecture.

L’HGGMC est une épreuve centrale des concours des prépas ECG, par l’ampleur de son programme et les exigences méthodologiques qu’elle implique. L’évolution du format à partir de 2026, avec la suppression de la carte à réaliser et un accent renforcé sur la dissertation, accroît l’importance de l’analyse, de la structuration du raisonnement et de la qualité rédactionnelle. La réussite repose sur la capacité des candidats à comprendre les sujets, à hiérarchiser leurs connaissances et à les mobiliser à différentes échelles, faisant de l’HGGMC une épreuve particulièrement discriminante aux concours.