Face à une copie notée 8 ou 10 en HGGMC, la démotivation peut rapidement s’installer chez les étudiants de Prépa ECG. Pourtant, la stagnation des résultats n’est pas une fatalité. Cette matière exigeante, qui couvre plus d’un siècle d’histoire mondiale et nécessite des compétences multiples, offre de nombreux leviers de progression à condition d’adopter la bonne méthode. Professeure de géopolitique en classe préparatoire et au sein de WeiD Prépa, agrégée d’histoire, diplômée d’HEC et avocate au barreau de Paris, Bénédicte Ourbak prépare un manuel de méthode de la dissertation de géopolitique à paraître aux Presses Universitaires de France (PUF) en 2026. Elle partage ses conseils éprouvés pour débloquer les situations les plus difficiles et transformer une progression laborieuse en véritable bond en avant.
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Pourquoi les notes peuvent-elles stagner en HGGMC malgré le travail fourni ?
La stagnation des notes en HGGMC ne résulte pas nécessairement d’un manque de connaissances, mais souvent d’un blocage méthodologique ou d’une mauvaise compréhension des attentes de l’épreuve, qui mobilise simultanément plusieurs compétences.
Quelles compétences sont évaluées dans la dissertation d’HGGMC ?
La dissertation d’HGGMC évalue trois compétences indissociables : la compréhension précise de la question, la capacité à structurer et communiquer une réflexion argumentée, et la hiérarchisation des connaissances mobilisées dans la copie.
Pourquoi le recours aux plans « qui marchent partout » freine-t-il la progression ?
Parce que chercher à plaquer un plan appris empêche l’étudiant de penser réellement le problème posé par le sujet. Forcer un paradoxe ou un schéma standard conduit à mal lire la question et à produire une copie artificielle.
Quel doit être le rôle du plan en HGGMC ?
Le plan n’est pas un moule mais la mise en forme d’un raisonnement. Il doit découler de la compréhension du sujet, de ce qu’il décrit, de ce qu’il interroge et des tensions qu’il met en évidence. Chercher le plan avant d’avoir pensé le problème inverse la logique de la dissertation.
Pourquoi adopter le point de vue du correcteur permet-il de progresser ?
Le correcteur cherche avant tout une lisibilité intellectuelle rapide. Une copie bien formalisée, avec une analyse claire des termes, des chapeaux explicites et des transitions nettes, permet de montrer rapidement que l’étudiant a compris le sujet et sait y répondre.
Quelle importance accorder à la syntaxe et à la langue ?
Sans syntaxe correcte ni maîtrise minimale de l’orthographe, la pensée devient illisible pour le correcteur. Une idée juste mal formulée « n’existe pas dans la copie ». La progression passe souvent par une écriture plus simple, mais plus claire.
Pourquoi le travail du lexique est-il un levier central de progression ?
Sans vocabulaire précis, il est impossible de raisonner finement. Constituer et enrichir un lexique fondé sur des distinctions sémantiques permet de passer d’une copie moyenne à une copie solide, en évitant les approximations.
Pourquoi la maîtrise du lexique est-elle centrale en HGGMC ?
Parce qu’un vocabulaire imprécis produit une pensée imprécise. Des distinctions comme domination/hégémonie, partenariat/rivalité ou leviers/freins sont indispensables pour produire une analyse fine et nuancée.
Quelle erreur fréquente concerne l’identification du mot-clé du sujet ?
Les étudiants se concentrent souvent sur les termes « géopolitiques » visibles, alors que le mot décisif est fréquemment un terme du langage courant. C’est l’analyse de ce mot qui permet d’entrer réellement dans la logique du sujet.
Quels sont les grands types de sujets rencontrés en HGGMC ?
La plupart des sujets relèvent de trois logiques :
-
l’évolution d’un phénomène dans le temps (plan chronologique analytique),
-
l’analyse d’un problème sous plusieurs angles (plan thématique),
-
l’étude d’un mécanisme selon la structure « Comment ? Pourquoi ? Jusqu’où ? ».
L’Histoire, Géographie et Géopolitique du Monde Contemporain (HGGMC) se distingue par son exigence tripartite, comme l’explique Bénédicte Ourbak : « Une bonne dissertation en géopolitique révèle trois compétences chez l’étudiant, fondamentales pour intégrer une Grande École et qui sont celles que l’on évalue dans l’exercice de toute dissertation : comprendre la question et montrer qu’on l’a comprise, communiquer ses idées de façon structurée, efficace et nuancée, et hiérarchiser les connaissances. »
Ces trois piliers sont indissociables. La première compétence se manifeste dans l’introduction, où l’étudiant doit démontrer qu’il a saisi les enjeux du sujet. La deuxième concerne le plan et la façon d’écrire de manière argumentative, la structure permettant au correcteur de suivre le raisonnement. La troisième, souvent la plus difficile à maîtriser, implique de ressortir les points majeurs de façon hiérarchisée, après avoir absorbé une masse importante de connaissances en deux années d’HGGMC.
Sortir du réflexe du plan qui « fonctionne partout »
La stagnation des notes vient très souvent d’un mauvais rapport au plan. Beaucoup d’étudiants cherchent à reconnaître le sujet pour y plaquer un schéma appris : paradoxe obligatoire, plan dialectique automatique, ou reprise d’un corrigé sur un sujet proche mais non identique.
Déjà, selon Bénédicte Ourbak « Il n’y a pas de paradoxe sur tous les sujets. C’est un vaste mensonge ». Elle continue : « Certains sujets n’ont rien de paradoxal, ils sont simplement complexes et entremêlés : forcer un paradoxe inexistant, c’est déjà mal lire la question. »
La raison de ce rejet est claire : « Le plan préfabriqué empêche l’étudiant de s’exprimer par lui-même. Si un étudiant essaie de faire passer sa réflexion dans des méandres qui ne sont pas les siens, c’est comme dévier le cours d’une rivière – c’est généralement pire. »
Un plan n’est pas un moule mais « la mise en forme d’un raisonnement ». Il doit, rappelle la professeure, naître de la compréhension du sujet : ce qu’il décrit, ce qu’il interroge, ce qu’il met en tension. « Tant que l’étudiant cherche le plan avant d’avoir pensé le problème, il inverse la logique de la dissertation. »
Adopter le point de vue du correcteur
Une meilleure compréhension des attentes du correcteur permet souvent de débloquer une progression stagnante. La professeure de Prépa ECG rappelle que « le correcteur a une pile gigantesque de copies à corriger » : il ne cherche ni l’originalité à tout prix ni les effets de style, mais la lisibilité intellectuelle. Il veut comprendre vite où l’étudiant va, comment il raisonne et s’il a réellement compris la question. D’où l’importance d’un formalisme impeccable : analyse précise des termes avec un cadrage géographique et historique réfléchi, des chapeaux clairs après l’annonce du plan, et des transitions explicites entre les parties.
« Une super copie, c’est une copie qu’on pourrait lire en trois minutes sans avoir l’impression d’avoir bâclé la correction. En trois minutes, on sait déjà que l’étudiant a compris la question et qu’il sait y répondre en hiérarchisant les informations importantes. » résume-t-elle.
C’est pour cela que l’approche consiste à toujours revenir au pourquoi du sujet. « Mon approche, surtout en seconde année, consiste à expliquer le ‘pourquoi’ de chaque élément. Pourquoi le sujet est formulé ainsi et pas autrement ? Pourquoi cette borne chronologique ? Pourquoi ce cadre géographique précis ? »
Un sujet de géopolitique est toujours un objet qui a été construit, pensé par un concepteur : « Le concepteur du sujet s’est probablement arraché les cheveux pendant au moins une demi-heure pour choisir entre ‘maîtrise‘ ou ‘contrôle‘. Chaque mot a son importance et vous devez montrer que vous le comprenez mieux que la copie d’à côté. »
Travailler sa syntaxe
Sans syntaxe correcte et sans maîtrise minimale de l’orthographe, ce n’est même plus vraiment du français. Dans ce cas, la progression devient mécaniquement impossible : le correcteur ne peut pas comprendre ce que l’étudiant veut dire. Une pensée, même juste, qui ne passe pas par une langue claire, « n’existe pas dans la copie ».
« Lisez, lisez, lisez », insiste la professeure. « Pas forcément de la géopolitique. L’objectif : amplifier votre vocabulaire et vous réhabituer à une syntaxe simple, mais juste ». Bénédicte Ourbak rappelle qu’une copie progresse souvent davantage en simplifiant son écriture qu’en cherchant à la rendre plus ‘brillante’.
La professeure suggère en cas de besoin de demander au professeur des exemples de paragraphes de géopolitique entièrement rédigés, afin d’observer leur syntaxe, leur rythme et leur construction.
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Face à une stagnation des résultats, Bénédicte Ourbak préconise trois axes de travail.
1. Travailler son lexique
Si vous n’avez pas de lexique personnel, il faut vous y mettre immédiatement. C’est l’un des leviers les plus rapides et les plus efficaces pour faire progresser une copie. Sans vocabulaire précis, il est impossible de raisonner finement : on reste vague, approximatif, et donc mal noté.
« Je distribue aux étudiants un lexique fondé sur des distinctions sémantiques (NDLR : sémantique, qui renvoie au sens précis des mots), que je leur conseille de travailler et d’étoffer », explique Bénédicte Ourbak. Elle illustre : « Domination et hégémonie ne sont pas des synonymes. L’hégémon, au sens grec du terme (hêgemôn), est celui qui “conduit” et dont l’autorité est, au moins partiellement, acceptée. Dès que cette adhésion disparaît, on sort de l’hégémonie pour entrer dans une logique de contrainte, voire de domination. »
Ces nuances sont « rarement maîtrisées en première année, et parfois même en fin de seconde année », alors qu’elles sont centrales pour analyser correctement un sujet. Travailler son lexique, c’est se donner les moyens de passer d’une copie très moyenne (environ 10) à une copie d’un bon niveau (au-dessus de 14).
Astuce : ne pas se tromper de mot-clé
La professeure met en garde contre une erreur courante : « Les étudiants font souvent l’erreur de se concentrer sur les termes “géopolitiques” du sujet (comme “puissance”), alors que le terme difficile à analyser est souvent un mot du langage courant. »
Pour illustrer ce point, Bénédicte Ourbak prend l’exemple du sujet ESSEC 2021 : « La maîtrise des espaces communs, enjeu de puissance pour les États depuis 1945 » : « Le terme clé n’est pas ‘puissance’ ou ‘espaces communs’, mais ‘maîtrise‘. L’étudiant qui se concentre trop sur le terme ‘puissance’ aura du mal à dépasser 10, celui qui analyse bien ‘espace commun’ peut avoir 13-14, celui qui se pose vraiment la question des modalités de la ‘maîtrise‘ des espaces communs aura 18. Et pour cela, il faut simplement ouvrir un dictionnaire – il ne s’agit donc pas de géopolitique pure. »
2. S’entraîner à faire beaucoup de plans
Si les notes stagnent, c’est souvent parce que l’étudiant ne sait pas encore penser tout sujet assez vite : « il faut gagner en efficacité sur l’analyse afin de pouvoir se dégager du temps pour la rédaction », explique la professeure. Faire beaucoup de plans est l’exercice le plus efficace pour progresser, en ne rédigeant que les introductions.
L’objectif est simple : apprendre à reconnaître la nature du problème posé par un sujet avant de chercher une forme adaptée pour y répondre.
Astuce : identifier le type de sujet
La plupart des sujets entrent dans trois grandes logiques.
Le premier type porte sur l’évolution d’un phénomène dans le temps, et appelle un plan chronologique, qui doit rester analytique : on montre des phases, des ruptures, des dynamiques.
Le deuxième type pose un problème sous plusieurs angles. Il appelle un plan thématique, que l’on peut comparer à une « photo de face, une photo de profil, une photo de dos » explique Bénédicte Ourbak : chaque partie éclaire une dimension différente du même objet.
Le troisième type, le plus fréquent, suit la structure « Comment ? Pourquoi ? Jusqu’où ? ».
- Comment fonctionne le phénomène ?
- Pourquoi fonctionne-t-il ainsi ?
- Quelles sont les limites ou nuances du raisonnement qui vient d’être exposé ?
3. Travailler stratégiquement les exemples
Un piège classique quand les notes sont basses consiste à vouloir « tout savoir ». Cette logique épuise et n’est pas la plus efficace. La progression passe par l’inverse : sélectionner un petit nombre d’exemples, bien maîtrisés et mobilisables dans plusieurs sujets.
Un exemple bien choisi peut s’utiliser dans de multiples sujets, rappelle Bénédicte Ourbak : « par exemple, la ‘guerre du papier’ en Amérique latine permet de traiter des enjeux de contrôle des ressources, de dépendance économique, de tensions qui restent sous le seuil de la violence, de conflictualité environnementale. Elle sert dans un sujet sur l’Amérique latine, mais aussi dans des sujets transversaux sur la mondialisation, les ressources, la puissance économique ».
NDLR : la « guerre du papier » renvoie au conflit qui a opposé l’Argentine et l’Uruguay dans les années 2000 autour de la construction d’usines de pâte à papier sur le fleuve Uruguay, financées par des groupes étrangers. L’Argentine dénonçait des risques de pollution et un contrôle extérieur sur une ressource stratégique, tandis que l’Uruguay défendait un levier de développement industriel et d’attractivité économique.
Astuce : s’adosser aux chapitres transversaux de première année
Des exemples bien choisis deviennent vraiment décisifs quand ils s’appuient sur des cadres historiques solides.
« Les chapitres allant de 1913 à la fin de la guerre froide donnent des clés de lecture indispensables (…) et sont ceux sur lesquels l’étudiant devra s’appuyer pour donner de la perspective historique à sa copie. »
Travailler ces grands repères (guerre froide, décolonisation, modèles de croissance, émergences, gouvernance mondiale) permet de donner immédiatement de la profondeur à un exemple et de le transformer en argument.
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Prépa ECG : les erreurs les plus courantes à éviter en HGGMC
La progression en HGGMC repose aussi sur une question de posture mentale.
Faire confiance à plusieurs niveaux
« Faire confiance » revient souvent dans les propos de la professeure, et cette confiance se joue à plusieurs niveaux.
La première est la confiance en soi. « Les étudiants sont plus intelligents qu’ils ne l’imaginent. » Beaucoup stagnent non par manque de capacité, mais parce qu’ils doutent de leur raisonnement et cherchent sans cesse une solution extérieure, un plan miracle ou une méthode toute faite. Selon Bénédicte Ourbak, « la progression commence quand l’étudiant accepte l’idée que sa réflexion est légitime et qu’elle peut produire un raisonnement solide ».
La deuxième est la confiance dans le professeur. « Quand on a des raisons de penser qu’il est bon, il faut lui faire confiance. Essayer de s’en sortir seul est très rarement la bonne solution. » En cas de découragement après une ou deux mauvaises notes, la démarche la plus efficace consiste à demander un rendez-vous. « Je ne connais aucun professeur de Prépa qui rejette un étudiant sur ce type de demande. »
Sa conclusion est sans appel : « On ne s’en sort pas seul dans la jungle de la géopolitique. »
L’importance de l’accompagnement personnalisé
Cette confiance suppose aussi un accompagnement personnalisé. « Je ne donne pas toujours de corrigé unique, mais je profite des TD pour corriger le plan de chaque personne individuellement. »
Face au corrigé donné par le professeur, il ne faut pas essayer uniquement de le mémoriser pour le reproduire mais comprendre ce que vous avez pensé de la même façon ou différemment, et comment améliorer votre réflexion personnelle pour les prochaines épreuves.
Cultiver l’humilité
L’humilité représente une valeur fondamentale pour progresser. Bénédicte Ourbak insiste : « Je n’ai jamais entendu parler d’un étudiant qui considère savoir mieux que son professeur et pour qui cela se soit bien passé. Rester humble ; c’est une valeur extrêmement importante dans tous les métiers, et quelle que soit la position. »
La stagnation des notes en HGGMC n’est pas une fatalité, mais le signe qu’il faut déplacer ses efforts vers les bons leviers. Progresser ne passe ni par le fait de vouloir tout savoir, ni par l’application mécanique de recettes toutes faites, mais par un travail ciblé : construire un lexique précis, gagner en rapidité d’analyse grâce aux plans, sélectionner des exemples solides et réutilisables, soigner la syntaxe et comprendre les attentes réelles du correcteur. Comme le rappelle Bénédicte Ourbak, « la géopolitique n’est pas une science exacte. Il n’y a pas de plan parfait, pas de façon unique de répondre à un sujet. » Cette liberté, loin d’être une difficulté, constitue une opportunité d’obtenir une excellente note pour les étudiants qui acceptent de faire confiance à leur intelligence tout en restant humbles et à l’écoute des conseils méthodologiques éprouvés.
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