Le Brexit a radicalement changé les conditions d’accès aux universités britanniques pour les étudiants français. Visa obligatoire, frais de scolarité multipliés par trois ou quatre, fin d’Erasmus+ : ce qui était l’une des mobilités les plus courantes d’Europe est devenu l’une des plus coûteuses. Mais en décembre 2025, un accord a acté le retour du Royaume-Uni dans Erasmus+ pour 2027. L’heure est au bilan d’une rupture de cinq ans et aux perspectives qui s’ouvrent.

Par Félix Guillaume

FAQ : Étudier au Royaume-Uni après le Brexit

Les étudiants français ont-ils besoin d'un visa pour étudier au Royaume-Uni ?

Oui, depuis le 1er janvier 2021. Tout séjour d’études de plus de six mois au Royaume-Uni nécessite un Student visa, y compris pour les ressortissants français. La demande se fait après obtention d’une Confirmation of Acceptance for Studies (CAS) délivrée par l’établissement d’accueil.

Combien coûte le visa étudiant britannique ?

Les frais de demande s’élèvent à 490 livres sterling, auxquels s’ajoute l’Immigration Health Surcharge de 776 livres sterling par an. Pour un master d’un an, le coût total est d’environ 1 525 livres sterling. Pour une licence de trois ans, il est d’environ 3 077 livres sterling.

Combien coûtent les études au Royaume-Uni pour un étudiant français ?

Depuis le Brexit, les étudiants français paient les mêmes frais que les étudiants internationaux : entre 10 000 et 38 000 livres sterling par an pour une licence, selon l’université et la filière. Avant 2021, ils bénéficiaient du tarif britannique plafonné à environ 9 000 livres sterling par an.

Peut-on encore partir en Erasmus+ au Royaume-Uni ?

Les échanges Erasmus+ classiques ne sont plus possibles vers le Royaume-Uni depuis 2021. Des mobilités restent possibles via le mécanisme Erasmus+ « pays tiers » (bourse jusqu’à 700 euros par mois) ou des partenariats bilatéraux entre établissements. Le Royaume-Uni réintégrera le programme Erasmus+ à compter du 1er janvier 2027.

Quand le Royaume-Uni réintègre-t-il Erasmus+ ?

L’accord signé le 16 avril 2026 prévoit la réintégration du Royaume-Uni dans Erasmus+ à compter du 1er janvier 2027. Les modalités précises seront définies dans les accords d’association entre le Royaume-Uni et chacun des 27 États membres.

Peut-on rester travailler au Royaume-Uni après son diplôme ?

Oui, grâce au Graduate Route visa. Les diplômés d’une université britannique accréditée peuvent rester travailler au Royaume-Uni pendant deux ans après leur diplôme, sans restriction de secteur. Les doctorants bénéficient de trois ans.

Peut-on travailler pendant ses études au Royaume-Uni ?

Oui. Le Student visa autorise à travailler jusqu’à 20 heures par semaine pendant les périodes de cours, et sans limite pendant les vacances. Cette possibilité est inscrite dans les conditions du visa, sous réserve des règles propres à chaque université.

Quelle est la condition financière pour obtenir le visa étudiant britannique ?

Il faut justifier de 1 334 livres sterling par mois pour les étudiants résidant à Londres, et de 1 023 livres sterling par mois pour les autres villes, sur la durée couverte par le visa. Ces fonds doivent être disponibles sur le compte bancaire depuis au moins 28 jours avant la demande.

Existe-t-il des bourses pour étudier au Royaume-Uni depuis le Brexit ?

Oui. La plupart des universités britanniques proposent des bourses spécifiques aux étudiants internationaux. Des partenariats bilatéraux entre établissements permettent parfois des réductions de frais. Des bourses régionales françaises et la bourse CROUS (sous conditions) peuvent également être mobilisées.

Combien d'étudiants français étudient encore au Royaume-Uni ?

En 2022-2023, 10 305 étudiants français étaient inscrits dans des universités britanniques, soit une baisse de 26 % par rapport à 2018-2019 (environ 14 000). Les Français restent néanmoins le premier contingent d’étudiants européens au Royaume-Uni devant l’Irlande, l’Italie et l’Espagne.

Ce qu'a changé le Brexit pour les étudiants français

Avant le 1er janvier 2021, le Royaume-Uni était la deuxième destination de mobilité Erasmus+ pour les étudiants français, et l’une des plus accessibles financièrement d’Europe. La sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne a mis fin à cet équilibre, avec des effets immédiats sur trois plans essentiels.

La fin du tarif étudiant européen

Avant le Brexit, les étudiants de l’UE, dont les Français, bénéficiaient du même statut que les étudiants britanniques pour les frais de scolarité, appelé « home student status ». Ce statut leur permettait de payer les droits plafonnés par le gouvernement britannique, soit environ 9 000 à 9 500 livres sterling par an pour les formations de premier cycle en Angleterre.

Depuis le 1er janvier 2021, les étudiants français sont traités comme des étudiants internationaux ordinaires. Ils paient désormais les mêmes frais que les ressortissants de pays tiers : entre 10 000 et 38 000 livres sterling par an pour une licence selon l’établissement et la filière, et entre 9 000 et 30 000 livres sterling pour un master. La London School of Economics (LSE) facture, à titre d’exemple, 23 330 livres sterling par an aux étudiants étrangers. Les formations scientifiques, médicales ou d’ingénierie atteignent les montants les plus élevés, tandis que les sciences humaines se situent dans la tranche basse. Les frais de scolarité des étudiants britanniques ont, eux, été relevés à 9 535 livres sterling par an à partir de 2025-2026.

La fin d'Erasmus+ et l'obligation de visa

Le Royaume-Uni a quitté le programme Erasmus+ le 1er janvier 2021. Depuis cette date, les étudiants français ne peuvent plus bénéficier des échanges couverts par ce programme pour partir étudier outre-Manche, ce qui supprimait l’exonération de frais d’inscription et la bourse mensuelle associées.

Simultanément, le visa est devenu obligatoire pour tout séjour d’études au Royaume-Uni de plus de six mois, y compris pour les ressortissants de l’UE. Avant le Brexit, les citoyens européens bénéficiaient de la libre circulation et pouvaient s’installer sans démarche particulière.

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La chute de la mobilité étudiante franco-britannique

Les statistiques illustrent l’ampleur de l’impact. Avant le Brexit, le Royaume-Uni était la destination numéro un des apprenants français dans le cadre d’Erasmus+. En 2019, plus de 10 000 étudiants français avaient choisi le Royaume-Uni comme destination dans ce programme, représentant plus de 10 % de l’ensemble des Français partis en mobilité.

En 2023-2024, ils n’étaient plus que 1 660 à partir vers le Royaume-Uni via Erasmus+, soit à peine 1,26 % des Français partis en mobilité, selon les données publiées par l’agence Erasmus+ France et citées dans une question au Sénat d’octobre 2024.

Sur les effectifs totaux inscrits dans des universités britanniques, les étudiants français étaient environ 14 000 en 2018-2019. En 2022-2023, ils n’étaient plus que 10 305, soit une baisse de 26 % par rapport à 2018-2019. Cette baisse est toutefois plus limitée que celle de nombreux autres pays européens : l’Italie a vu ses effectifs au Royaume-Uni baisser de 37 % et l’Allemagne de 40 % sur la même période. Les étudiants français restaient en 2022-2023 le premier contingent d’étudiants européens au Royaume-Uni, devant l’Irlande, l’Italie et l’Espagne.

Plus globalement, le nombre d’étudiants européens inscrits dans une université britannique était de 64 120 en 2020-2021, contre 31 400 en 2021-2022, soit une baisse de 53 % en un an, liée directement à la mise en application du Brexit. En 2022-2023, ils étaient 95 505, soit encore 37 % de moins qu’en 2020-2021.

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Le visa étudiant britannique aujourd'hui : ce que doivent faire les Français

Depuis le 1er janvier 2021, tout ressortissant français souhaitant étudier au Royaume-Uni pour plus de six mois doit obtenir un Student visa, délivré par le gouvernement britannique via la Student Route.

Les conditions d'obtention

Pour obtenir le Student visa, l’étudiant doit d’abord avoir été accepté dans un établissement accrédité par le gouvernement britannique et avoir reçu une Confirmation of Acceptance for Studies (CAS). Il doit démontrer un niveau d’anglais minimum de B1 à B2 selon le niveau de formation (B2 requis pour les formations de niveau licence et plus), et justifier de ressources financières suffisantes : 1 334 livres sterling par mois pour les étudiants résidant à Londres, et 1 023 livres sterling par mois pour les autres villes, sur la période couverte par le visa.

Le visa donne le droit de travailler jusqu’à 20 heures par semaine pendant les périodes de cours, et sans limite pendant les vacances. Depuis 2025, les Biometric Residence Permits (BRP) physiques ont été remplacés par des eVisas numériques : le statut d’immigration est désormais lié électroniquement au passeport.

Les frais du visa

Les frais de demande de visa s’élèvent à 490 livres sterling. À cela s’ajoute l’Immigration Health Surcharge (IHS), une surtaxe donnant accès au National Health Service britannique, facturée 776 livres sterling par an. Pour un master d’un an, le coût total du visa (frais + IHS) s’élève à environ 1 525 livres sterling. Pour une licence de trois ans, le coût total du visa atteint environ 3 077 livres sterling. Les étudiants européens peuvent demander un remboursement partiel de l’IHS s’ils disposent d’une carte européenne d’assurance maladie, sous certaines conditions précisées sur le site gov.uk.

Le délai de traitement standard est d’environ trois semaines pour une demande déposée depuis l’extérieur du Royaume-Uni. Il est possible de déposer la demande jusqu’à six mois avant le début des cours.

Le Graduate visa : rester travailler après le diplôme

Un des avantages maintenus pour les étudiants internationaux au Royaume-Uni est le Graduate Route visa, introduit en 2021. Ce visa permet aux diplômés d’une université britannique accréditée de rester travailler au Royaume-Uni pendant deux ans après l’obtention de leur diplôme (trois ans pour les doctorants), sans restriction de secteur ou d’employeur. Ce dispositif a été maintenu à la suite d’un examen du Migration Advisory Committee en 2024.

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Comment les mobilités ont-elles continué depuis 2021 ?

Malgré la fin d’Erasmus+, des mobilités vers le Royaume-Uni restent possibles pour les étudiants français, par deux voies principales.

Le mécanisme Erasmus+ pays tiers

Depuis 2015, le programme Erasmus+ permet des mobilités vers des destinations hors de l’Union européenne. Les établissements français peuvent dédier jusqu’à 20 % de leur enveloppe Erasmus+ à ces mobilités dites « pays tiers ». La bourse allouée dans ce cadre peut atteindre 700 euros par mois. C’est via ce mécanisme que 1 660 étudiants et personnels français ont pu partir au Royaume-Uni en 2023-2024.

Les partenariats bilatéraux entre établissements

Les accords bilatéraux entre universités françaises et britanniques permettent, au cas par cas, des exemptions ou réductions de frais de scolarité. Certaines universités britanniques proposent également leurs propres bourses aux étudiants internationaux : l’université de Warwick offre un financement de 8 000 euros par an aux meilleurs candidats, l’université de Cambridge propose des bourses pour les étudiants de licence et de master. Le British Council compile une liste de ces dispositifs sur sa plateforme Study UK.

Ces solutions restent hétérogènes et sans guichet unique. Elles nécessitent une recherche active, établissement par établissement, bien en amont du projet.

Le retour du Royaume-Uni dans Erasmus+ : l'accord de 2026

Le 17 décembre 2025, le gouvernement britannique et l’Union européenne ont annoncé la conclusion d’un accord actant le retour du Royaume-Uni dans le programme Erasmus+, à compter du 1er janvier 2027. Le texte officialisant cet accord a été signé le 16 avril 2026.

Cet accord s’inscrit dans le cadre de la relance des relations entre Londres et Bruxelles initiée par le Premier ministre britannique Keir Starmer depuis son arrivée au pouvoir en juillet 2024. L’annonce avait été préfigurée lors du sommet Royaume-Uni-UE de mai 2025. Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déclaré lors de l’annonce que cette réintégration ouvre aux jeunes la porte à de nouvelles expériences partagées. Philippe Baptiste, alors ministre français de l’Enseignement supérieur, a salué la perspective de davantage de mobilités pour les étudiants, apprentis et personnels français.

Le gouvernement britannique estime que plus de 100 000 personnes au Royaume-Uni pourraient bénéficier du programme dès la première année. Les modalités exactes de participation (types d’actions accessibles, conditions financières, calendrier précis) seront précisées dans les accords d’association à venir avec les 27 États membres, selon Service-Public.fr.

Ce que ce retour implique concrètement pour les étudiants français

Pour les étudiants français, le retour du Royaume-Uni dans Erasmus+ à partir de 2027 signifie que les échanges dans le cadre du programme redeviennent possibles selon les modalités habituelles : exonération des frais d’inscription supplémentaires et bourse mensuelle associée. Le Royaume-Uni était la deuxième destination favorite des étudiants français en Erasmus+ avant le Brexit, avec 14 000 étudiants accueillis en 2021 selon l’Agence Erasmus+ France.

Il convient cependant de noter que ce retour dans Erasmus+ ne modifie pas les frais de scolarité pour les inscriptions directes hors programme, qui resteront au tarif international tant qu’aucune décision spécifique ne sera prise sur ce point.

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Les bourses disponibles pour étudier au Royaume-Uni aujourd'hui

En attendant le retour dans Erasmus+ en 2027, plusieurs dispositifs permettent de financer des études au Royaume-Uni.

Les bourses universitaires britanniques

La plupart des grandes universités britanniques proposent des bourses spécifiques aux étudiants internationaux, allant d’une réduction partielle des frais à une prise en charge plus importante. Cambridge et Oxford proposent des bourses pour les étudiants de licence et de master sur critères d’excellence académique. L’université de Warwick offre un financement de 8 000 euros par an aux meilleurs candidats étrangers. Le British Council compile l’ensemble de ces dispositifs sur sa plateforme Study UK, avec un moteur de recherche dédié.

Les aides françaises mobilisables

La bourse CROUS peut être maintenue pour les étudiants partant en échange dans le cadre d’une convention bilatérale entre leur établissement et une université britannique. Pour une inscription directe, elle n’est généralement pas transférable.

Les bourses régionales françaises (Île-de-France, Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes) peuvent couvrir partiellement des frais de mobilité vers le Royaume-Uni, selon les critères sociaux et académiques de chaque région.

Le programme gallois Taith, financé par le gouvernement du Pays de Galles, aide les étudiants internationaux à financer des projets d’études dans les universités galloises, à des conditions parfois plus favorables que les universités anglaises.

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Ce qu'il faut retenir

Le Brexit a rendu l’accès aux universités britanniques nettement plus coûteux et plus complexe pour les étudiants français. La perte du tarif européen, l’obligation de visa, la fin d’Erasmus+ et la hausse des frais de scolarité ont combiné leurs effets pour provoquer une baisse de 26 % du nombre d’étudiants français au Royaume-Uni entre 2018-2019 et 2022-2023.

L’accord signé en avril 2026 prévoyant le retour du Royaume-Uni dans Erasmus+ à partir de 2027 représente un changement significatif. Il ne résoudra pas la question des frais de scolarité élevés pour les inscriptions directes hors programme, mais il rouvrira la voie aux échanges institutionnels dans les meilleures conditions financières pour les étudiants.

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Crédit : Unsplash