Erasmus domine les recherches sur la mobilité étudiante, et pour cause : c’est le programme de référence dans l’esprit de la plupart des étudiants français. Pourtant, Erasmus n’est pas la seule porte d’entrée vers une expérience internationale. Il existe d’autres programmes institutionnels souvent méconnus qui permettent d’étudier à l’étranger, parfois hors Europe, avec des avantages financiers équivalents : le programme ISEP, les conventions bilatérales, les doubles diplômes, et Erasmus Mundus. Voici tout ce qu’il faut savoir.

Par Félix Guillaume

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FAQ : Étudier hors Erasmus, les alternatives méconnues

Peut-on partir étudier aux États-Unis dans un programme institutionnel comme Erasmus ?

Oui. Le programme ISEP permet d’effectuer un séjour dans une des 145 universités américaines membres du réseau en restant inscrit dans son université française. En cas d’échange ISEP Exchange, les frais d’inscription restent ceux de l’université française. La mobilité est ouverte à partir de la L2 et un niveau d’anglais validé par TOEFL est généralement requis.

Le programme BCI avec le Québec existe-t-il encore ?

Non. Le Programme québécois d’échanges étudiants (PQÉÉ) géré par le BCI a pris fin le 31 mai 2025, selon le site officiel bci-qc.ca. Les mobilités en cours se poursuivent jusqu’en mai 2026. Pour de futurs départs au Québec, il faut se renseigner auprès du service des relations internationales de son université sur les conventions bilatérales directes disponibles.

Qu'est-ce qu'un double diplôme et comment y accéder ?

Un double diplôme permet d’obtenir à la fois le diplôme de son université française et celui de l’université partenaire étrangère. La formation se déroule en partie en France, en partie à l’étranger. La sélection se fait auprès de sa faculté, avec des exigences académiques et linguistiques élevées. Se renseigner auprès du service des relations internationales.

Peut-on utiliser la bourse Erasmus+ pour partir hors Europe ?

Oui, sous conditions. Chaque établissement peut utiliser jusqu’à 20 % de son financement Erasmus+ pour des mobilités hors Europe (action KA171), selon l’Agence Erasmus+ France. Les places et destinations disponibles dépendent des accords signés par chaque établissement. Se renseigner auprès du service des relations internationales.

Qu'est-ce qu'Erasmus Mundus et en quoi est-ce différent d'Erasmus ?

Erasmus Mundus est un programme distinct qui finance des masters conjoints de haut niveau délivrés par au moins trois établissements de trois pays différents. Il est ouvert aux étudiants du monde entier. Des bourses existent mais ne sont pas systématiques. La liste des masters labellisés est disponible sur le site de l’EACEA (eacea.ec.europa.eu).

Peut-on cumuler plusieurs aides pour financer une mobilité hors Erasmus ?

Oui, si la mobilité s’inscrit dans un programme institutionnel. Les étudiants boursiers peuvent cumuler la bourse CROUS, l’Aide à la Mobilité Internationale (AMI, 400 €/mois) et, si applicable, une bourse Erasmus+. Des aides régionales peuvent s’y ajouter.

Qu'est-ce qu'une mobilité institutionnelle et pourquoi est-ce avantageux ?

Une mobilité institutionnelle repose sur un accord signé entre établissements. Elle permet de rester inscrit dans son université française, de payer les frais de scolarité en France (et non dans l’établissement étranger), et de faire reconnaître les crédits ECTS obtenus à l’étranger pour son diplôme. Les démarches administratives sont considérablement allégées par rapport au départ en free mover.

Le programme ISEP est-il payant ?

ISEP propose deux modalités. L’ISEP Exchange est financièrement avantageux : l’étudiant paie les frais de son université française, pas ceux de l’université d’accueil étrangère. ISEP Direct est payant mais donne accès à un plus large choix de destinations, indépendamment du flux d’étudiants entrants.

Comment trouver les conventions bilatérales disponibles dans mon établissement ?

La première étape est de contacter le service des relations internationales (SRI) ou le bureau des relations internationales de son université, école ou IUT. C’est là que se trouvent les informations sur les conventions actives, les places disponibles par destination et les calendriers de candidature.

Y a-t-il des alternatives à Erasmus pour partir en stage à l'étranger ?

Oui. Le programme Erasmus+ couvre aussi les stages hors Europe (KA171). L’AMI (400 €/mois) peut financer un stage international dans un programme institutionnel pour les boursiers sur critères sociaux. Des conventions bilatérales peuvent également inclure des modalités de stage. Se renseigner auprès du SRI de son établissement.

Qu'est-ce qu'une mobilité institutionnelle et pourquoi ça change tout ?

Partir étudier à l’étranger par ses propres moyens, être free mover, exige de multiplier les démarches : inscription directe dans un établissement étranger, recherche de logement, assurance santé internationale, questions de reconnaissance du diplôme. Les délais sont longs et les coûts parfois prohibitifs. Les mobilités institutionnelles offrent un cadre radicalement différent. Elles reposent sur des accords signés entre établissements d’enseignement supérieur et permettent à l’étudiant de partir dans un établissement partenaire tout en restant inscrit dans son établissement d’origine. Dans la plupart des cas, les frais de scolarité restent payés en France, et non dans l’établissement d’accueil. Les crédits ECTS obtenus à l’étranger sont reconnus pour l’obtention du diplôme. C’est ce que proposent Erasmus pour l’Europe mais aussi ISEP, les conventions bilatérales et les doubles diplômes pour le reste du monde.

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Le programme ISEP : étudier aux États-Unis et dans 45 pays

Le programme ISEP (International Student Exchange Programs) est un réseau de près de 300 universités dans plus de 45 pays, dont 145 aux États-Unis. Il permet aux étudiants d’une université française membre du réseau d’effectuer un semestre ou une année dans une université partenaire en restant inscrits dans leur établissement d’origine. Il fonctionne selon deux modalités :

  • ISEP Exchange : l’étudiant échange sa place avec un étudiant d’une autre université membre. Le principal avantage financier est que l’étudiant français paie les frais d’inscription de son université française, et non ceux de l’université d’accueil étrangère. Le nombre de places disponibles est conditionné par le flux d’étudiants entrants.
  • ISEP Direct : accès à un choix plus large de destinations, indépendamment du flux d’entrants. Ce programme est payant mais augmente les chances de placement.

L’étudiant peut postuler à jusqu’à 10 universités simultanément. La mobilité n’est ouverte qu’à partir de la L2 (pour un départ en L3 minimum). Le niveau d’anglais est validé par le TOEFL sauf pour les programmes non-anglophones. L’Université de Lille précise que son réseau comprend ISEP pour les destinations en Australie, aux États-Unis et au Brésil.

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Le programme BCI : étudier au Québec en français et son évolution en 2025

Le Bureau de Coopération Interuniversitaire (BCI) est un organisme québécois qui avait signé des conventions avec plus de 130 établissements français pour favoriser les échanges d’étudiants. Le programme permettait de poursuivre ses études dans une université québécoise pendant un semestre ou une année, en payant les frais de scolarité français, en conservant son inscription en France, et en faisant reconnaître les crédits obtenus au Québec. Les cours étaient dispensés en français. La bourse CROUS sur critères sociaux était maintenue sous conditions.

Point d’actualité important : le Conseil d’administration du BCI a décidé, le 28 février 2025, de mettre fin au Programme québécois d’échanges étudiants (PQÉÉ). Selon la page officielle du BCI (bci-qc.ca), les ententes dans ce cadre ne sont plus en vigueur depuis le 31 mai 2025. Les mobilités en cours se poursuivront jusqu’en mai 2026. Au-delà, les échanges avec les universités québécoises devront passer par des ententes bilatérales directes entre établissements. Les étudiants intéressés par une mobilité au Québec doivent se renseigner auprès du service des relations internationales de leur université pour connaître les accords bilatéraux actifs.

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Les conventions bilatérales : un maillage mondial souvent sous-estimé

En dehors d’Erasmus pour l’Europe et des programmes globaux comme ISEP, la grande majorité des universités françaises disposent de conventions bilatérales signées directement avec des établissements partenaires dans le monde entier : Amérique du Nord, Amérique latine, Asie, Afrique, Océanie, Proche et Moyen-Orient. Ces accords fonctionnent selon les mêmes principes : rester inscrit dans son université française, payer les frais d’inscription en France, et faire reconnaître les crédits ECTS obtenus à l’étranger. Les mobilités durent en général un semestre ou une année et sont non-diplômantes. L’Université de Lille indique, par exemple, être signataire de plus de 400 conventions bilatérales dans plus de 40 pays. Nantes Université et l’Université d’Avignon proposent également des mobilités dans ce cadre hors Europe.

Conditions générales courantes : avoir validé au minimum les deux premières années d’enseignement supérieur pour les séjours hors Europe, obtenir l’autorisation du responsable pédagogique, et justifier d’un niveau de langue suffisant (B1 ou B2 selon les établissements). Un contrat d’études signé en amont garantit la reconnaissance des crédits au retour.

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Le double diplôme : deux diplômes pour une seule formation

Le double diplôme est une formule distincte de la simple mobilité d’échange. Il permet à l’étudiant d’obtenir à la fois un diplôme de son université française et un diplôme de l’université partenaire étrangère, en effectuant une partie de sa formation dans chaque établissement. La formation se déroule généralement sur un ou deux ans, à la fois en France et à l’étranger. L’étudiant suit deux cursus dans deux systèmes éducatifs différents et en ressort titulaire de deux diplômes nationaux reconnus dans leur pays respectif. Ce dispositif est particulièrement développé au niveau Master. L’Université Jean Moulin Lyon 3 propose par exemple 19 doubles diplômes dans des disciplines aussi variées que le droit, le management et le commerce international, avec des partenaires en Europe, en Asie et en Amérique latine. L’Université de Poitiers propose des doubles diplômes en droit avec des partenaires en Italie (Roma Tre), en Colombie ou au Liban. La sélection se fait directement auprès de la faculté d’origine, avec des exigences académiques et linguistiques élevées.

En lien avec cet article : découvre notre page dédiée à Erasmus+ pour financer ta mobilité internationale !

Erasmus+ – Étudier à l’étranger

Erasmus Mundus : un programme d'excellence ouvert au monde entier

Erasmus Mundus est un programme distinct d’Erasmus classique. Il propose des masters conjoints délivrés par au moins trois établissements d’enseignement supérieur issus d’au moins trois pays différents, dont au moins deux membres des 33 pays du programme Erasmus+, selon l’Agence Erasmus+ France. Ces masters sont labellisés pour leur excellence académique. Erasmus Mundus est ouvert aux étudiants du monde entier, y compris non-européens. L’étudiant suit sa formation dans plusieurs établissements dans différents pays et obtient un diplôme conjoint ou multiple. Des bourses existent, financées par la Commission européenne, mais leur attribution n’est pas systématique. La liste des masters labellisés est disponible sur le site de l’EACEA (eacea.ec.europa.eu).

Erasmus+ hors Europe : une mobilité possible même dans le programme classique

Il est utile de le rappeler : dans le cadre du programme Erasmus+ standard, chaque établissement peut utiliser jusqu’à 20 % de son financement Erasmus+ pour des mobilités hors Europe, selon l’Agence Erasmus+ France. Cette mobilité internationale de crédits (ICM, action-clé KA171) permet aux étudiants d’universités françaises de partir dans des universités partenaires situées hors Europe tout en bénéficiant d’une bourse Erasmus+. Les destinations et places disponibles dépendent des accords signés par chaque établissement. Les étudiants boursiers peuvent cumuler la bourse Erasmus+ avec l’Aide à la Mobilité Internationale (AMI) de 400 euros par mois et leur bourse sur critères sociaux CROUS, sous conditions (séjour entre 1 et 10 mois dans le cadre d’un programme institutionnel).

Ce qu'il faut retenir

Erasmus n’est pas le seul programme de mobilité institutionnelle. Le programme ISEP donne accès à 300 universités dans 45 pays dont 145 aux États-Unis, avec maintien des frais français en cas d’échange. Le programme BCI d’échanges avec le Québec a pris fin en mai 2025 : les futurs départs passent désormais par des conventions bilatérales directes. Ces conventions couvrent la quasi-totalité des régions du monde. Le double diplôme permet d’obtenir deux diplômes nationaux au terme d’un cursus partagé entre deux pays. Erasmus Mundus propose des masters d’excellence multi-établissements ouverts au monde entier. Enfin, jusqu’à 20 % du budget Erasmus+ d’un établissement peut financer des mobilités hors Europe (KA171). Le service des relations internationales de chaque établissement est le point de départ indispensable pour tout projet de mobilité.

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