Alternant, apprenti, étudiant en contrat de professionnalisation : ces termes cohabitent dans les couloirs des CFA, des universités et des écoles, souvent utilisés de manière interchangeable. Ils recouvrent pourtant des réalités juridiques bien distinctes, avec des conséquences concrètes sur la rémunération, la protection sociale, les aides financières ou encore la fiscalité. Thotis fait le point sur les différences de statut entre l’étudiant alternant et l’étudiant apprenti pour 2026.

Par Félix Guillaume

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FAQ : Etudiant alternant et étudiant apprenti

Quelle est la différence entre un alternant et un apprenti ?

L’alternant est un terme générique désignant tout étudiant en formation alternée. L’apprenti est le titulaire d’un contrat d’apprentissage spécifiquement. Un alternant peut être soit apprenti, soit en contrat de professionnalisation. Les deux sont des salariés, mais leurs contrats obéissent à des règles distinctes.

Un apprenti est-il considéré comme un étudiant ?

Sur le plan pédagogique, l’apprenti est inscrit dans un établissement de formation et prépare un diplôme. Sur le plan juridique et social, il a le statut de salarié : il cotise au régime général de la Sécurité sociale, perçoit un salaire et bénéficie des protections du code du travail.

Un apprenti peut-il bénéficier de la bourse du Crous ?

Non. La bourse sur critères sociaux n’est pas cumulable avec un contrat d’apprentissage ou de professionnalisation. L’alternant peut en revanche bénéficier d’autres aides : APL, aide Mobili-Jeune, prime d’activité sous conditions, et aides régionales.

Quelle est la rémunération minimale d'un apprenti en 2026 ?

La rémunération d’un apprenti varie entre 27 % et 100 % du Smic selon l’âge et l’année d’exécution du contrat. Pour les contrats de professionnalisation, elle varie entre 55 % et 100 % du Smic. Dans les deux cas, la convention collective applicable peut prévoir un montant plus favorable.

Un apprenti paie-t-il des impôts sur son salaire ?

Les salaires d’apprentissage sont exonérés d’impôt sur le revenu dans la limite de 21 622 euros pour les revenus perçus en 2025. En revanche, le salaire d’un alternant en contrat de professionnalisation est intégralement imposable, sans exonération spécifique.

Un alternant peut-il bénéficier des APL ?

Oui. Les aides personnelles au logement sont accessibles aussi bien aux apprentis qu’aux alternants en contrat de professionnalisation, sous conditions de ressources, via la CAF. Les apprentis du secteur privé non agricole de moins de 30 ans peuvent également bénéficier de l’aide Mobili-Jeune en complément.

Quelle est la durée maximale d'un contrat d'apprentissage ?

En contrat à durée limitée, la durée va de 6 mois à 3 ans selon la formation préparée, et peut atteindre 4 ans pour les travailleurs handicapés ou sportifs de haut niveau. Le contrat peut également être conclu en CDI, la période d’apprentissage se situant au début du contrat.

Un apprenti bénéficie-t-il de la prime d'activité ?

Oui, si ses revenus mensuels nets dépassent 1 117,26 euros et qu’il est âgé de plus de 18 ans. La prime d’activité est également accessible aux alternants en contrat de professionnalisation dans les mêmes conditions.

L'apprenti doit-il payer la CVEC ?

Oui, si l’apprenti est inscrit dans un établissement d’enseignement supérieur, il est assujetti à la CVEC (105 euros pour 2025-2026) au même titre qu’un étudiant classique, car l’apprentissage relève de la formation initiale.

Un alternant peut-il être rattaché au foyer fiscal de ses parents ?

Oui, sous les mêmes conditions qu’un étudiant classique : être âgé de moins de 25 ans au 1er janvier de l’année d’imposition. Pour un apprenti, l’exonération de 21 622 euros s’applique alors sur les salaires intégrés dans la déclaration des parents.

Alternant, apprenti : de quoi parle-t-on exactement ?

Le mot « alternant » est un terme générique qui désigne tout étudiant dont la formation alterne des périodes en établissement d’enseignement et des périodes en entreprise. Il englobe deux dispositifs distincts sur le plan juridique : le contrat d’apprentissage et le contrat de professionnalisation. Ces deux contrats sont tous deux des contrats de travail, ce qui distingue fondamentalement l’alternant du stagiaire.

L' »apprenti » au sens strict est le titulaire d’un contrat d’apprentissage. Il bénéficie d’un statut spécifique défini par le code du travail et le code de l’éducation, avec une logique de formation initiale : l’objectif est l’obtention d’un diplôme ou d’un titre professionnel.

L' »étudiant en contrat de professionnalisation » est quant à lui engagé dans une logique de formation continue ou de qualification professionnelle. Son contrat s’adresse à un public plus large et répond à des règles de rémunération, d’âge et de durée différentes.

Le contrat d'apprentissage : un contrat de travail orienté formation initiale

Le contrat d’apprentissage est un contrat de travail qui permet d’alterner des périodes de formation en entreprise et en centre de formation d’apprentis (CFA). Il vise l’obtention d’un diplôme ou d’un titre professionnel, du CAP au niveau master (niveau 7).

Conditions d’âge

L’apprenti doit avoir au minimum 16 ans (15 ans s’il a terminé son année de troisième) et au maximum 29 ans révolus au moment de la signature du contrat. La limite d’âge peut être portée à 35 ans maximum dans certains cas : signature d’un nouveau contrat pour accéder à un niveau de diplôme supérieur, rupture du précédent contrat pour des raisons indépendantes de sa volonté ou pour inaptitude physique. Il n’y a pas de limite d’âge pour les travailleurs handicapés, les sportifs de haut niveau ou les personnes souhaitant créer ou reprendre une entreprise nécessitant l’obtention d’un diplôme.

Durée et volume de formation

Lorsqu’il est conclu à durée limitée, le contrat d’apprentissage dure entre 6 mois et 3 ans selon la formation préparée, et peut être porté à 4 ans pour les apprentis reconnus travailleurs handicapés ou sportifs de haut niveau. Il peut également être conclu en CDI, la période d’apprentissage se situant alors en début de contrat. La formation en CFA doit représenter au minimum 25 % de la durée totale du contrat.

Rémunération

La rémunération de l’apprenti est calculée en pourcentage du Smic ou du salaire minimum conventionnel si ce dernier est plus favorable. Elle varie entre 27 % et 100 % du Smic selon l’âge et l’année d’exécution du contrat.

Le contrat de professionnalisation : une logique de qualification professionnelle

Le contrat de professionnalisation est également un contrat de travail en alternance, mais il s’inscrit dans une logique de formation continue et de qualification professionnelle plutôt que de formation initiale.

Conditions d’âge

Il s’adresse aux jeunes de 16 à 25 ans révolus souhaitant compléter leur formation initiale, aux demandeurs d’emploi de 26 ans et plus, et sans condition d’âge aux bénéficiaires du RSA, de l’ASS ou de l’AAH, ainsi qu’aux personnes sortant d’un contrat unique d’insertion.

Durée et volume de formation

En CDD, la durée minimale est de 6 à 12 mois et peut être allongée jusqu’à 36 mois dans certaines situations. En CDI, la période de professionnalisation se situe en début de contrat avec la même durée minimale. La formation doit représenter entre 15 % et 25 % de la durée totale du contrat, avec un minimum de 150 heures.

Rémunération

Elle varie entre 55 % et 100 % du Smic selon l’âge et le niveau d’études, ou 85 % de la rémunération minimale prévue par la convention collective ou l’accord de branche si plus favorable.

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Statut social : apprenti et alternant sont des salariés, pas des étudiants

C’est le point fondamental que beaucoup ignorent : l’apprenti et l’alternant en contrat de professionnalisation ont le statut de salarié, pas de simple étudiant. Ce statut emporte des conséquences directes sur leur protection sociale.

En matière d’assurance maladie, l’apprenti comme l’alternant en professionnalisation sont affiliés au régime général de la Sécurité sociale en tant que salariés, et non plus rattachés au régime étudiant. Ils cotisent et bénéficient des remboursements de soins dans les mêmes conditions qu’un salarié. Leur rattachement à l’assurance maladie de leurs parents cesse dès le début du contrat, y compris si celui-ci a débuté très tôt dans l’année.

En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle survenu au cours de la formation ou en entreprise, l’apprenti est couvert par le régime des accidents du travail, comme tout salarié.

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La bourse du Crous : incompatible avec l'alternance

La bourse sur critères sociaux du Crous n’est pas cumulable avec un contrat d’apprentissage ou un contrat de professionnalisation. Un étudiant qui s’engage en alternance perd donc le bénéfice de la bourse pour la durée de son contrat. Cette règle est clairement établie par les textes : la bourse complète l’aide de la famille et ne se cumule pas avec l’exercice d’une activité en contrat d’apprentissage ou de professionnalisation.

En revanche, l’apprenti peut bénéficier d’autres aides spécifiques : aides personnalisées au logement (APL) sous conditions de ressources, aide Mobili-Jeune pour les apprentis du secteur privé non agricole de moins de 30 ans, avance Loca-Pass pour le dépôt de garantie, et aides spécifiques versées par certains conseils régionaux.

 

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Fiscalité : des règles distinctes selon le type de contrat

Pour l’apprenti

Les salaires perçus dans le cadre d’un contrat d’apprentissage sont exonérés d’impôt sur le revenu dans la limite du montant annuel du Smic, soit 21 622 euros pour les revenus perçus en 2025. Seule la fraction excédant ce plafond est imposable. Cette exonération s’applique que l’apprenti soit rattaché au foyer fiscal de ses parents ou qu’il déclare ses revenus de manière autonome.

Pour l’alternant en contrat de professionnalisation

Le contrat de professionnalisation ne bénéficie d’aucune exonération fiscale spécifique. La totalité de la rémunération perçue est imposable et doit être déclarée dans les conditions de droit commun. C’est une différence importante entre les deux contrats d’alternance.

Rattachement au foyer fiscal des parents

Un enfant en contrat d’apprentissage peut rester rattaché au foyer fiscal de ses parents s’il a moins de 25 ans au 1er janvier de l’année d’imposition, exactement comme un étudiant classique. Les parents intègrent alors ses revenus à leur déclaration, avec l’exonération applicable dans la limite de 21 622 euros.

La prime d'activité et les APL : accessibles aux deux statuts

La prime d’activité, versée par la CAF, est accessible aux apprentis et aux alternants en contrat de professionnalisation âgés de plus de 18 ans, sous conditions de revenus. Le revenu mensuel net doit dépasser 1 117,26 euros pour en bénéficier. Il est important de noter que la gratification de stage, contrairement à la rémunération de l’apprentissage, n’est pas considérée comme un revenu d’activité pour le calcul de la prime d’activité.

Les aides personnelles au logement (APL, ALS, ALF) sont quant à elles accessibles aussi bien aux étudiants classiques qu’aux apprentis et alternants en contrat de professionnalisation, sous conditions de ressources, via la CAF. Pour les apprentis du secteur privé non agricole de moins de 30 ans, l’aide Mobili-Jeune constitue un dispositif complémentaire spécifique à leur statut, permettant la prise en charge partielle du loyer pendant la durée de la formation.

Carte étudiante, CVEC et accès aux services universitaires

L’apprenti est inscrit dans un CFA et, dans de nombreux cas, dans un établissement d’enseignement supérieur. Il peut à ce titre bénéficier d’une carte étudiant délivrée par son établissement d’inscription, et accéder aux services associés : bibliothèques, restaurants universitaires, etc. L’accès à ces services dépend toutefois de chaque établissement et de la nature de l’inscription.

La CVEC (Contribution de vie étudiante et de campus), fixée à 105 euros pour 2025-2026, est due par les apprentis inscrits dans l’enseignement supérieur au même titre que les étudiants classiques, car l’apprentissage relève de la formation initiale.

Tableau récapitulatif des principales différences de statut
Etudiant classique Apprenti (contrat d’apprentissage) Alternant (contrat de professionnalisation)
Statut Etudiant Salarié Salarié
Rémunération Aucune (hors job étudiant) 27 % à 100 % du Smic 55 % à 100 % du Smic
Protection sociale Régime étudiant ou parents Régime salarié Régime salarié
Bourse Crous Possible sous conditions Non cumulable Non cumulable
APL Oui sous conditions Oui sous conditions Oui sous conditions
Prime d’activité Non (sauf salarié) Oui si revenus > 1 117 €/mois Oui si revenus > 1 117 €/mois
Exonération fiscale 5 405 € (job étudiant) 21 622 € (salaire apprentissage) Aucune exonération spécifique
CVEC Oui Oui (si inscrit dans le supérieur) Oui (si inscrit dans le supérieur)

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