ESCP Business School a publié le 28 mai 2026 les résultats de la première édition de son étude annuelle « Live, Learn & Love in Europe ». Réalisée par ViaVoice auprès de plus de 900 étudiants et jeunes diplômés issus de ses six campus européens, cette initiative inédite explore la manière dont une génération construit sa vie, sa carrière, ses relations et son avenir sur le continent. Portrait d’une jeunesse attachée à l’Europe, mais lucide et exigeante.
Par Valentine Dunyach
C’est une photographie à la fois encourageante et nuancée que livre ESCP Business School avec cette première édition. Menée entre janvier et mars 2026, l’étude a recueilli les réponses de plus de 900 étudiants et jeunes diplômés de l’école, âgés de 18 à 35 ans, issus des six campus européens (Berlin, Londres, Madrid, Paris, Turin et Varsovie) et de plusieurs programmes académiques. Avec plus de 30 nationalités représentées, dont la France, l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne, le Royaume-Uni et l’Inde, l’enquête reflète la diversité internationale de la communauté ESCP.
L’Europe, un horizon désirable
L’un des principaux enseignements de cette étude apparaît distinctement : l’Europe reste un horizon désirable. 91 % des répondants se déclarent satisfaits de la qualité de vie en Europe, et 90 % envisagent d’y travailler après leurs études. Près de 89 % déclarent se reconnaître dans le mode de vie européen, décrivant le continent comme un espace de liberté, de coopération et de multiculturalisme. Et 68 % se disent optimistes quant à l’avenir de l’Europe.
Mais cette génération est aussi lucide ; 94 % des répondants considèrent que le coût de la vie en Europe est élevé et 63 % déclarent rencontrer des difficultés pour se loger. La confiance dans les institutions reste mesurée : seuls 52 % jugent les institutions européennes transparentes et dignes de confiance. La démocratie et la stabilité politique, la sécurité internationale, ainsi que les enjeux liés aux migrations et à l’intégration apparaissent comme les principaux défis du continent pour la prochaine décennie.
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Si 90 % des répondants envisagent de construire leur carrière sur le continent, les motivations qu’ils invoquent en disent long sur leurs priorités. L’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle arrive en tête des raisons pour lesquelles ils souhaitent rester en Europe, cité par 46 % des répondants, devant les opportunités professionnelles et les valeurs communes. Un signal fort adressé aux employeurs : pour cette génération, l’Europe n’est pas seulement un marché du travail, c’est un cadre de vie.
L’esprit entrepreneurial est également bien présent. Plus de la moitié des répondants (52 %) envisagent de créer une entreprise en Europe, un chiffre qui atteint 87 % chez les étudiants du Bachelor. Une dynamique qui tranche avec les discours sur une jeunesse en quête de stabilité avant tout.
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L’étude sonde également la dimension relationnelle et sociale de la vie en Europe ; un angle inhabituel pour une business school, et pourtant révélateur. Si 82 % des répondants estiment qu’il est facile de rencontrer de nouvelles personnes en Europe, et 75 % qu’il est facile de se faire des amis, les chiffres se resserrent dès lors que l’on parle de liens plus profonds : 61 % seulement considèrent qu’il est simple de construire des relations profondes, et 49 % de maintenir une relation amoureuse stable.
L’Europe apparaît ainsi comme un espace ouvert, propice aux rencontres et aux échanges, mais où la profondeur des liens humains reste un défi. Une tension entre mobilité et ancrage qui traverse toute la génération interrogée et qui dépasse largement la sphère professionnelle.
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Cette initiative s’inscrit pleinement dans le cadre du plan stratégique Bold & United porté par ESCP Business School, que l’école de management avait dévoilé lors d’une conférence de presse en juin 2025. À cette occasion, Léon Laulusa, alors directeur général d’ESCP -qui a depuis annoncé quitter ses fonctions pour l’été 2026-, avait réaffirmé avec force la vocation européenne de l’école.
« Nous croyons aux forces collectives, aux valeurs européennes et à leur union, incarnées par le projet européen », déclarait-il, résumant en une phrase l’ambition d’un établissement qui entend faire de son ancrage multisite un avantage distinctif.
L’objectif affiché à l’horizon 2030, avait-il expliqué, est de faire de l’ESCP la première école de management européenne. « Nos étudiants veulent servir à la fois le monde des affaires et la société. Pas l’un sans l’autre », ajoutait Léon Laulusa, posant les bases d’une formation qui dépasse la seule performance économique pour embrasser les grandes transitions ; climatique, sociale, technologique, géopolitique. L’étude « Live, Learn & Love in Europe » s’inscrit dans cette logique : mieux connaître la génération que l’école forme pour mieux la préparer.
« En écoutant nos étudiants et jeunes diplômés, nous comprenons mieux la manière dont ils vivent l’Europe, ses opportunités, ses tensions et ses promesses. Ces enseignements vont nourrir notre vision stratégique, contribueront à faire évoluer l’expérience étudiante et soutiendront notre mission : former des leaders responsables, audacieux et créatifs dont l’Europe a besoin », souligne le Professeur Francesco Rattalino, Directeur Général Délégué en charge des Affaires Académiques à ESCP Business School.
La démarche se veut durable. Dans le cadre du plan Bold & United, ESCP s’engage à reconduire cette étude chaque année de 2026 à 2030, afin d’instaurer un dialogue continu avec les jeunes qui façonneront l’avenir du continent. L’objectif est de disposer, au fil du temps, d’une série de données permettant de mesurer l’évolution des attentes, des valeurs et des projets d’une génération en mouvement. Dans un contexte géopolitique incertain, marqué par des tensions sur les marchés, des questionnements sur la souveraineté européenne et une remise en cause des équilibres mondiaux, cette boussole annuelle prend une dimension particulière. L’Europe, telle que la décrivent ces 900 jeunes, est un espace à la fois désiré et exigeant ; un projet à construire autant qu’un cadre de vie à défendre.
L’intégralité de l’étude et les données interactives sont consultables sur le site d’ESCP Business School.
