Dans cet entretien pour Thotis, Étienne Peyrat, Directeur de Sciences Po Lille, décrypte le modèle et les spécificités de son établissement au sein du réseau national des Instituts d’études politiques. Il met notamment en lumière les forces d’un diplôme qui ouvre largement les portes du marché du travail. Entre formation généraliste exigeante à dimension internationale et adaptation aux enjeux contemporains comme l’intelligence artificielle, l’établissement lillois prépare ses étudiants à des carrières diversifiées dans le public comme dans le privé.

Un modèle de formation généraliste et progressive

Les Instituts d’études politiques ou “Sciences Po” proposent un cursus structuré en cinq ans : trois années de premier cycle généraliste, suivies d’un cycle master permettant une spécialisation vers les métiers de l’encadrement. Contrairement aux idées reçues, la formation ne se limite pas aux carrières politiques.

Si l’établissement reste attaché à sa mission historique de formation aux métiers du service public, des affaires publiques et des relations internationales, Étienne Peyrat rappelle qu’il serait inexact de penser que les Sciences Po forment uniquement aux métiers politiques. «

Une majorité de diplômés s’oriente vers le secteur privé : entreprises, industrie, commerce, presse ou monde associatif, en France comme à l’international. », souligne-t-il.

Les spécificités de Sciences Po Lille

Fondé en 1991, Sciences Po Lille s’est rapidement développée en misant sur un positionnement généraliste et équilibré. L’école a tissé des partenariats diversifiés avec Centrale Lille, l’EDHEC ou encore l’École supérieure de journalisme de Lille (ESJ). « Sciences Po Lille est un établissement relativement jeune qui a connu un développement rapide. Sa force réside dans son positionnement généraliste et équilibré », explique Étienne Peyrat.

Au-delà du socle commun partagé avec les autres Sciences Po, les différences entre établissements se manifestent principalement à travers les doubles diplômes et partenariats. Sciences Po Lille propose notamment des doubles filières avec des universités en Allemagne, Italie et Espagne, ainsi qu’un double diplôme particulièrement attractif avec l’ESJ Lille.

Comment Sciences Po Lille assure l’insertion professionnelle de ses étudiants

Face aux inquiétudes sur les débouchés, le directeur se veut rassurant : « Dans un contexte d’incertitude sur le marché du travail, la formation constitue au contraire un atout. ». Le cursus post-bac permet de mûrir progressivement son projet professionnel, tandis que la combinaison d’une formation généraliste et d’une spécialisation progressive prépare efficacement à l’insertion.

Par ailleurs, l’établissement renforce ses dispositifs d’accompagnement en matière de stages, d’alternance et de préparation à l’insertion afin notamment de faciliter ses étudiants à trouver un emploi plus facilement que la moyenne. Par cette volonté, Sciences Po Lille confirme la solidité de son diplôme sur le marché du travail.

Malgré le fait que les dernières années aient été marquées par les effets du Covid-19 sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés, Étienne Peyrat se veut positif et constate que « les taux reviennent désormais à leur niveau antérieur », bien que le marché du travail reste exigeant, souligne-t-il.

L'IA intégrée à la formation

Conscient des transformations en cours, Sciences Po Lille a réformé son premier cycle pour intégrer les enjeux liés à l’intelligence artificielle. L’objectif : former les étudiants, y compris ceux issus des sciences humaines et sociales, à la compréhension des mécanismes techniques et des cadres réglementaires.

« L’IA doit être encadrée, mais aussi utilisée de manière responsable », souligne Étienne Peyrat. À ses yeux, les étudiants doivent être capables d’expliciter leurs usages et de comprendre les questions liées aux données et à la régulation européenne.

L'expérience internationale de Sciences Po Lille , un avantage décisif sur le marché du travail

À Sciences Po Lille, l’année à l’étranger constitue un élément incontournable du cursus. La troisième année s’effectue à l’international pour l’ensemble des étudiantes et des étudiants de la filière générale. Elle peut revêtir deux formes : mobilité universitaire (dans l’une des 235 universités partenaires) ou en mobilité mixte (un semestre en stage et un semestre en université, à l’international).

Cette immersion permet d’acquérir une compréhension approfondie d’autres cultures, langues et systèmes politiques ou économiques, et représente « un élément central de l’identité de l’établissement et un atout reconnu par les employeurs ».

Au-delà de cette mobilité obligatoire, Sciences Po Lille propose également des doubles diplômes internationaux qui permettent d’obtenir deux diplômes en cinq ans. Étienne Peyrat souligne que « la plupart des Sciences Po proposent des doubles filières avec des universités étrangères. À Sciences Po Lille, des partenariats existent notamment avec des établissements en Allemagne, en Italie et en Espagne. »Ces programmes de doubles diplômes renforcent significativement l’attractivité des profils sur le marché du travail et constituent un atout distinctif de l’établissement lillois au sein du réseau des Sciences Po.

Admissions : concours commun et master

Pour intégrer Sciences Po Lille en première année, les candidats passent par Parcoursup et s’inscrivent au concours commun du Réseau ScPo (réseau qui réunit 7 Sciences Po : Sciences Po Aix, Lille, Lyon, Rennes, Saint-Germain-en-Laye, Strasbourg et Toulouse). Trois épreuves sont au programme : histoire, questions contemporaines et langue vivante. Un classement unique permet ensuite l’admission dans l’un des établissements selon le rang obtenu.

L’admission en master est également possible, via une procédure directe sur le site de l’établissement. La sélection repose sur l’examen du dossier, et l’école veille à maintenir un équilibre entre ses propres étudiants et ceux provenant d’autres parcours : universités, écoles ou formations diverses.

Par ailleurs, en phase avec les grands enjeux et dans un contexte géopolitique agité, Sciences Po Lille affirme son ambition avec l’ouverture d’un master en anglais à la rentrée 2026 consacré au multilatéralisme et à la gouvernance transnationale, tirant parti de la position stratégique de Lille aux portes de l’Europe.

Un établissement attaché au débat et au pluralisme

Au-delà des questions pédagogiques et organisationnelles, Étienne Peyrat tient à rappeler l’essence même des Sciences Po : des lieux de débat, de pluralisme et de confrontation d’idées. Face aux polémiques médiatiques qui touchent parfois le réseau des Instituts d’études politiques, le directeur souligne que l’établissement lillois reste « un lieu de travail, d’engagement académique et associatif » où enseignants et étudiants poursuivent leurs activités de recherche et de réflexion.

Sur la question des blocages étudiants, qui ont agité plusieurs Sciences Po ces dernières années, Étienne Peyrat défend un équilibre entre engagement et fonctionnement institutionnel : « Le débat et l’engagement étudiant sont légitimes. Toutefois, le blocage du fonctionnement d’un établissement empêche précisément l’expression de la vie intellectuelle et académique. Pour que les débats puissent se tenir, l’institution doit fonctionner. »

Une position qui reflète l’attachement de Sciences Po Lille à sa mission historique : être un lieu où le débat contradictoire et la liberté académique s’exercent dans un cadre permettant précisément leur expression.

DG sur écoute : Sciences Po Lille

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