L’EM Strasbourg a dressé un premier bilan intermédiaire de son plan stratégique, en décembre dernier. L’école de commerce affiche une ambition claire : consolider ses forces plutôt que de poursuivre une croissance quantitative effrénée. Avec des effectifs ciblés autour de 3 300 étudiants d’ici 2028 et un positionnement assumé d’école publique ancrée dans son territoire, l’établissement strasbourgeois mise sur la qualité de l’accompagnement et l’innovation pédagogique pour se distinguer dans le paysage concurrentiel des business schools françaises.

Pour mieux décrypter ces transformations, Thotis a échangé avec Babak Mehmanpazir, Directeur général de l’EM Strasbourg et Charlotte Massa, Directrice des Programmes, qui ont répondu à nos questions sur les accomplissements récents et les projets de l’école.

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Les réussites 2024 - 2025 : le PGE en 5 ans, un pari réussi

Le lancement récent du Programme Grande École en cinq ans constitue l’une des principales réussites de cette période pour l’EM Strasbourg. Après deux années d’existence, le bilan dépasse les espérances initiales. L’école est passée de 70 à 100 intégrés lors de la deuxième année, atteignant 100 % de remplissage dès sa première participation au concours SESAME.

« Le message a été clair concernant le positionnement de l’école et les moyens mis en place par l’EM Strasbourg, notamment dans la région Grand Est. Cette évolution correspond à une demande des familles et des étudiants dans la région », explique Babak Mehmanpazir. Si la majorité des étudiants provient du bassin alsacien, l’école se réjouit d’accueillir au sein du programme 15 élèves venus d’autres régions, incluant Paris, le Luxembourg, ainsi que des lycées français à l’étranger.

Ce succès ne se limite toutefois pas à la première année. L’école a également ouvert un concours spécifique pour les réorientations en deuxième année, attirant une quinzaine d’étudiants ayant effectué une première année dans d’autres filières. En deux ans, plus de 200 étudiants ont ainsi intégré ce programme.

Plusieurs éléments structurants expliquent cette dynamique et l’attractivité de l’EM Strasbourg sur le “marché” des grandes écoles de management : un positionnement prix compétitif (de 3 500 à 10 500 euros selon les revenus des parents, faisant de l’EM Strasbourg la deuxième école la moins chère après l’IMT Business School), un modèle économique soutenu à 30 % par l’État et l’Université de Strasbourg, ainsi qu’une communication efficace ciblée sur le bassin naturel de l’école.

Le PGE : un nouvel oral plébiscité et une philosophie d'EMpowerment à l’honneur

L’année 2024-2025 a également été marquée par la refonte complète de l’oral d’admission du Programme Grande École. Ce nouvel exercice, ancré dans la philosophie de l’EMpowerment  qui caractérise l’ADN pédagogique de l’école, a rencontré un franc succès auprès des candidats et des jurys.

« Le fait de demander aux candidats de parler sincèrement d’une fierté personnelle les place immédiatement en situation de confiance ; et cela, en seulement trois minutes, ce qui est court », détaille Charlotte Massa. L’ancien format de dix minutes, basé sur la présentation d’un objet passion, a ainsi été remplacé par un exercice centré sur le partage d’une fierté personnelle, suivi d’une seconde partie basée sur une cartographie des différents parcours accessibles en PGE, permettant aux candidats de mieux connaître l’école et de s’immerger dans leur projet d’études à l’EM Strasbourg.

Pour Charlotte Massa, l’ambiance générale des oraux s’en est même trouvée transformée, avec un environnement “plus serein et une attitude plus positive des membres de jurys envers les étudiants”.

“La manière dont les jurys entraient en communication avec les candidats était plus naturelle qu’auparavant. Cela les mettait davantage en confiance et les rassurait », confie-t-elle.

Des focus “groupes” avec les étudiants sont prévus en janvier 2026 pour continuer d’améliorer le dispositif, bien que les grandes lignes de l’oral soient désormais établies.

À noter également, concernant le PGE de l’EM Strasbourg : l’ouverture à la rentrée 2026-2027 d’un parcours 100 % anglophone en troisième année du PGE, destiné aux étudiants internationaux admis via le concours International Admission et aux étudiants français souhaitant s’immerger dans un cursus entièrement anglophone.

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Le Bachelor Affaires Internationales : TeamLab et innovation pédagogique

Le Bachelor Affaires Internationales s’enrichira dès la rentrée 2026-2027 d’un dispositif pédagogique innovant : le TeamLab, inspiré d’un modèle finlandais reconnu pour son efficacité en apprentissage par projets. Réservé à un groupe d’étudiants volontaires de deuxième année, ce parcours propose une immersion dans le travail en équipe, la prise d’initiative et l’entrepreneuriat à travers des projets concrets.

Le dispositif repose sur trois piliers : des équipes responsables de la conception et de l’avancement de leurs projets, des sessions de dialogue pour l’analyse collective, et un portfolio retraçant les apprentissages et la progression de chaque étudiant.

Par ailleurs, l’école a lancé cette année un programme bachelor 100 % anglophone, le « Full Track English », qui a recruté 50 étudiants supplémentaires  en première année par rapport aux 170 du parcours classique. Cette offre répond à la volonté d’internationalisation de l’école tout en maintenant un ancrage local fort : les lycées strasbourgeois demeurent les principaux pourvoyeurs d’étudiants, avec 10 à 15 % provenant du sud de l’Alsace.

Le Bachelor Affaires Internationales propose également une pédagogie orientée vers l’action, avec des projets sur deux ans basés sur les Objectifs de Développement Durable. Les étudiants peuvent intégrer une association existante ou créer un nouveau projet, accompagnés par des coachs issus de l’écosystème associatif local.

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EM Strasbourg Business School

Une dimension internationale et entrepreneuriale renforcée

L’EM Strasbourg affiche aujourd’hui plus de 30 % d’étudiants internationaux dans ses effectifs, un taux nettement supérieur aux 20 % de l’Université de Strasbourg. Le recrutement international se poursuit sur des zones cibles stratégiques : l’Asie du Sud-Est (Inde, Vietnam, Indonésie) et l’Afrique (Maghreb et Afrique subsaharienne francophone  et anglophone, avec l’objectif d’accueillir à la fois des étudiants francophones et anglophones.

L’appartenance à l’Université de Strasbourg, forte de 58 000 étudiants et classée au Classement de Shanghai, constitue un atout majeur. « Là où certaines écoles, pour négocier des accords, doivent parfois acheter des places, nous sommes en capacité, grâce au poids de l’Université de Strasbourg, de négocier des accords en réciprocité pure avec des universités de haut niveau », souligne Babak Mehmanpazir.

Sur le plan entrepreneurial, l’école a lancé le DU (Diplôme Universitaire) Jeune Entrepreneur, un programme de six mois destiné aux 18-29 ans issus des Quartiers Prioritaires de la Ville ou éloignés de l’emploi. Co-financé par l’Union européenne, la Région Grand Est et l’Eurométropole de Strasbourg, ce dispositif gratuit accueillera 36 jeunes sur deux ans et vise 70 % d’insertion dans l’emploi, la formation ou la création d’entreprise.

L’école a également développé un partenariat inédit avec la SATT Conectus pour rapprocher laboratoires de recherche et étudiants autour de projets technologiques à fort potentiel, dans une logique de « proof-of-market ».

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L'apprentissage, levier de croissance et d'ancrage territorial

L’apprentissage connaît une progression notable à l’EM Strasbourg : de 620-630 apprentis l’année dernière, l’école est passée à 720-730 contrats cette année, soit une centaine de contrats supplémentaires. Cette augmentation s’explique notamment par l’ouverture de nouveaux programmes en apprentissage : la troisième année de bachelor, le nouveau master Comptabilité Contrôle Audit (filière expertise comptable) représentant à lui seul plus de 40 apprentis supplémentaires, et le passage d’étudiants du diplôme tri-national avec la Suisse et l’Allemagne vers l’apprentissage.

Au niveau des masters, plus de 80 – 85 % des étudiants sont en apprentissage, soit environ 430 étudiants dans la région : « Il s’agit d’un solide vecteur d’interaction avec les entreprises », précise le Directeur général.

Ce succès s’accompagne d’un important travail de recentrage territorial et de rapprochement avec le tissu économique local. « Nous avons effectué un travail important depuis deux ans pour vraiment rallier beaucoup d’entreprises autour de l’école », explique l’établissement. L’arrivée de Christian Buchel à la présidence du conseil d’école en janvier 2025, ancien dirigeant d’entreprises françaises et allemandes en Alsace  et outre-Rhin et actuel Président de l’Union Française de l’Électricité (UFE), renforce cette dynamique d’ancrage territorial.

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Une identité assumée : école publique, taille humaine et ancrage régional

Face à la tentation de massification observée dans certaines grandes écoles de management, l’EM Strasbourg revendique un modèle différent. « On n’a vraiment pas vocation à faire grossir de façon démesurée le bachelor, le PGE ou même les masters », affirme Babak Mehmanpazir. L’école vise une stabilisation autour de 3 300 étudiants d’ici 2028, sans augmentation prévue des frais de scolarité durant cette période.

 

Ce positionnement s’appuie sur plusieurs piliers identitaires :

Le statut d’école publique, qui octroie à l’école la possibilité de maintenir des frais de scolarité accessibles grâce au soutien de l’État (30 % du budget). « Ce que nous essayons de combattre tout le temps, c’est de dire que ce qui est peu cher n’est pas synonyme de mauvaise qualité », insiste le directeur général.

La taille humaine, avec un « human touch » et une proximité permettant à chaque étudiant de se sentir en interaction avec les autres et le staff de l’école. Une ambiance qui sécurise un certain nombre d’étudiants et constitue un argument de différenciation face aux grandes écoles massifiées.

L’ancrage dans le territoire du Grand Est, une région dynamique économiquement, avec une ville attractive et des coûts de vie raisonnables. La présence d’une communauté alumni forte dans le bassin régional représente également un atout pour l’accompagnement des étudiants et le développement de l’école.

L’appartenance à l’Université de Strasbourg, qui offre des opportunités uniques en termes de doubles diplômes (notamment avec Sciences Po Strasbourg) et de partenariats internationaux, tout en préservant le modèle économique de l’école.

 

Environ 20 % des étudiants du PGE bénéficient de la modularité des frais de scolarité offerte aux boursiers un pourcentage qui atteignait les 25 – 26 % avant le développement important de l’apprentissage. Pour maintenir ce niveau d’accessibilité sans augmenter les frais, l’école s’appuie sur la collecte de fonds auprès des alumni et des entreprises, notamment pour financer le « Concours Ouverture  et Talents » qui offre à 20 étudiants issus de milieux défavorisés l’opportunité de suivre gratuitement un parcours complet bachelor + master (3+2). L’école estime qu’il faudra encore collecter 200 à 300 000 euros par an pour soutenir ces dispositifs inclusifs.

La concurrence déloyale d’établissements privés non reconnus

L’EM Strasbourg se dit relativement préservée de la concurrence des grandes écoles voisines, mais confrontée, comme de nombreux établissements d’enseignement supérieur, à la prolifération d’établissements privés non régulés qui, depuis 2018 et le développement de l’apprentissage, « brouillent beaucoup l’image » du secteur.

Face à ce phénomène, l’école adopte un « rôle de pédagogue et d’éclaireur », multipliant les actions de sensibilisation auprès des familles pour les aider à identifier les garanties de qualité (accréditations, reconnaissance des diplômes, etc.). « Nous accueillons régulièrement des étudiants qui reconnaissent s’être trompés ou qu’ils n’ont pas choisi la bonne école », constate le directeur général de l’école. L’EM Strasbourg a ainsi démultiplié les journées portes ouvertes et développé sa présence dans les réseaux sociaux et les tribunes pour éclairer encore davantage les parents sur les critères de choix d’une école de qualité.

Qualité et pérennité au cœur de la stratégie

À mi-mandat de son plan stratégique, l’EM Strasbourg affiche une trajectoire ascendante confirmée par les classements (45ᵉ place mondiale au Financial Times pour les Masters in Management) et les réaccréditations EQUIS et AACSB obtenues en 2024 – 2025. L’école de management privilégie résolument la qualité à la quantité, avec un modèle économique qui lui permet de rester accessible tout en maintenant un haut niveau d’exigence académique.

« Notre lecture de notre positionnement, très ancré dans la région, nous pousse à avoir une croissance plutôt maîtrisée et raisonnable dans les années à venir », résume Babak Mehmanpazir. Et d’ajouter : “Cette approche donne ainsi les moyens d’avoir suffisamment de ressources pour pouvoir à la fois acquérir les accréditations, renforcer la recherche, avoir des services étudiants à la hauteur d’une business school d’excellence au sein d’une université d’excellence.”

L’école confirme ainsi sa singularité dans le paysage des business schools françaises : solidement ancrée dans son territoire, ouverte sur le monde, innovante et première business school publique post-bac du Grand Est.

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Crédit : EM Strasbourg