L’EM Normandie opère un tournant majeur en devenant la première grande école de management française à intégrer un Bachelor diplômant, visé Bac+3 grade de Licence, au sein même de son Programme Grande École visé Bac+5 grade de Master. Un modèle inédit en France, pensé pour rendre les parcours plus lisibles, plus progressifs et mieux alignés sur les nouvelles attentes des étudiants et des familles.

Par Valentine Dunyach

Le 9 avril dernier, l’EM Normandie réunissait la presse sur son campus parisien pour annoncer une évolution structurelle majeure de son Programme Grande École. Anne-Sophie Courtier, directrice générale, a dévoilé un nouveau modèle effectif dès septembre 2026 pour tous les nouveaux entrants du PGE post-bac.

Fondée il y a 155 ans, l’EM Normandie fait partie des rares business schools françaises à pouvoir revendiquer une telle longévité ; une histoire qu’elle présente comme un gage de sérieux et de fidélité à ses racines normandes. L’école compte aujourd’hui 6 000 étudiants, 140 enseignants-chercheurs, un réseau de 5 000 entreprises partenaires et un chiffre d’affaires de 71 millions d’euros. Son réseau alumni est l’un des plus engagés du secteur : plus de 40 % des diplômés maintiennent un lien direct avec l’école.

Sa dimension internationale est constitutive de son identité. L’EM Normandie dispose de six campus, dont trois à l’étranger -Oxford, Dublin et Dubaï-, une configuration rare qui lui permet de proposer des parcours réellement immersifs dès les premières années d’études. Elle est titulaire de la triple accréditation internationale EQUIS, AACSB et AMBA.

Son projet stratégique s’articule autour de trois piliers : School for all, une ouverture à tous les profils du post-bac à l’ensemble de la vie professionnelle ; School for life, qui intègre les étudiants comme alumni dès le premier jour et accompagne les jeunes diplômés dans un parcours carrière à 360 degrés pendant trois ans ; et School for good, visant à former des managers responsables avec le bien-être comme boussole. Ces piliers reposent sur des valeurs retravaillées depuis la prise de poste d’Anne-Sophie Courtier : l’authenticité, l’engagement et l’audace -un fil rouge que l’école cultive depuis sa création, quand elle fut la première école de commerce à ouvrir ses portes aux femmes, puis à proposer un PGE en cinq ans avec prépas intégrées, avant de s’installer à Dubaï, pionnière parmi les grandes écoles françaises.

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Le PGE évolue : un continuum Bachelor - Master unique en France

C’est la grande annonce de cette conférence de presse. Dès septembre 2026, le Programme Grande École de l’EM Normandie adopte un format inédit, décrit dans le communiqué officiel comme un « continuum Bachelor – Master unique en France ». Le PGE se structure désormais en deux parties distinctes et complémentaires : un Bachelor Grande École, visé Bac+3, grade de Licence, suivi d’un Master Grande École, visé Bac+5, grade de Master.

L’originalité du modèle tient dans sa conception intégrée : un seul et même concours d’entrée -via Parcoursup et le concours post-bac SESAME- ouvre simultanément l’accès aux deux diplômes. À l’issue des trois premières années, l’étudiant obtient un Bachelor diplômant, puis poursuit automatiquement en cycle Master, sans passer de concours supplémentaire, sous réserve de validation de ses crédits. Ce parcours « signature » est d’ores et déjà déposé à l’INPI.

Pour que le Bachelor confère le grade de Licence et les 180 crédits ECTS correspondants, l’EM Normandie s’associe à une grande université française, dont la signature du partenariat est en cours. Ce modèle de coopération public-privé s’inscrit, selon l’école, dans l’esprit des orientations du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, en créant des passerelles durables entre les acteurs de l’enseignement supérieur et les besoins du marché de l’emploi.

Ce nouveau format répond à des tendances de fond observées dans l’orientation post-bac. Les lycéens hésitent de plus en plus à s’engager sur cinq ans, les familles sont sensibles à la lisibilité des parcours et à la maîtrise de l’investissement financier dans un contexte économique incertain. En proposant un premier palier diplômant à Bac+3 avec une poursuite d’études automatique et sans concours vers le Master, l’EM Normandie apporte une réponse concrète à ces préoccupations, tout en conservant la cohérence et l’exigence propres à un Programme Grande École.

« L’EM Normandie est la seule à proposer ce parcours signature 3+2 », a souligné Anne-Sophie Courtier lors de la conférence.

Le PGE, qui demeure le programme phare de l’école, ouvre 900 places candidats, avec un tarif annuel de 13 750 euros. Il conserve par ailleurs sa forte dimension internationale, dont une première année à Oxford, Dublin ou Dubaï dès l’entrée post-bac. Une rentrée décalée est également proposée pour les étudiants qui n’auraient pas trouvé leur voie en septembre : elle permet d’intégrer la première année du PGE jusqu’au 20 janvier.

Un portefeuille de programmes complet

Au-delà du PGE, l’EM Normandie propose plusieurs voies d’accès et de formation, avec des profils et des objectifs distincts.

Le BBA se déroule en quatre ans, avec une progression internationale structurée : première année à Paris, puis Dublin, Dubaï et Oxford en années 2, 3 et 4. Le BM (Bachelor in Management), gradé CEFDG, constitue l’une des grandes nouveautés de cette rentrée : il ouvre en septembre 2026 en double diplôme avec le CESI, autour de l’IA et de la Data. À vocation professionnalisante, il prévoit une troisième année en alternance, et ouvre la voie vers le Master du PGE via le concours Passerelle, pour lequel 600 places candidats sont ouvertes. L’école propose également 15 Masters spécialisés et un MSc two-year programme, visés Bac+5, ainsi qu’une offre d’Executive Education couvrant le leadership, le management et les secteurs maritimes et portuaires.

Quatre instituts pour ancrer la recherche dans les territoires et les entreprises

La conférence de presse a également été l’occasion pour Sylvaine Castellano, dont le poste de directrice des affaires académiques a été créé spécifiquement pour piloter la faculté, la recherche, les accréditations et l’administration des programmes, de présenter la structuration de l’école autour de quatre instituts. Leur ambition : décloisonner les expertises, relier formation initiale et formation continue, et produire une contribution intellectuelle directement utile aux entreprises, aux collectivités et à la société.

IPER, l’Institut portuaire d’enseignement et de recherche, travaille sur la gestion opérationnelle et les enjeux stratégiques liés aux activités portuaires et maritimes.

EM Roads, l’Institut du travail, des compétences et des carrières, accompagne les parcours, les réorientations et les poursuites d’études et trajectoires de carrières.

IMPACT EM, l’Institut des mutations économiques et de l’accompagnement des transitions, traite des grandes transformations en cours.

AGORA, l’Institute for Business & Public Affairs, s’intéresse à l’articulation entre le monde des affaires et le monde politique dans un environnement polarisé -intelligence économique, géopolitique, gestion de la complexité.

Ces quatre instituts ont vocation à intégrer leurs expertises activement en salle de cours, à produire de la recherche applicable et à proposer des prestations d’Executive Education au service des acteurs économiques et territoriaux.

Par ailleurs, une convention a été signée entre METISLAB, le laboratoire de recherche de l’EM Normandie, et l’école doctorale de l’université de Caen. Cet accord ouvre la possibilité d’accueillir des doctorants du monde entier et de co-encadrer des thèses, créant un continuum de formation du Bac+3 jusqu’au doctorat.

« On intègre des preuves de l’excellence académique », a conclu Anne-Sophie Courtier, citant HEC, l’ESSEC, ou encore l’ESCP comme références déjà positionnées sur ce terrain.

Une ambition maîtrisée pour les prochaines années

L’EM Normandie affiche l’objectif d’atteindre 7 000 étudiants d’ici la fin de son plan stratégique, contre 6 000 aujourd’hui, dans une logique délibérément maîtrisée. La formule d’Anne-Sophie Courtier résume bien la philosophie de l’école : « grandir plutôt que grossir « Ce positionnement de grande école à taille humaine, revendiqué comme un choix et non comme une contrainte, traverse l’ensemble des annonces de cette conférence de presse, de l’évolution du PGE à la structuration des instituts.

En intégrant un Bachelor diplômant dans son Programme Grande École, l’EM Normandie s’inscrit dans une dynamique plus large de lisibilité et de progressivité des parcours du supérieur. Une évolution qui pourrait, si le mouvement s’amplifie, redéfinir durablement les standards de l’entrée en grande école de management en France.