C’est depuis son campus parisien que Delphine Manceau, directrice générale de NEOMA Business School, a présenté ce 27 mai les nouvelles ambitions de l’école dans le cadre de son plan stratégique Engage for the Future. Au programme : une offensive assumée sur les universités américaines, une série de nouveaux doubles diplômes croisant management, ingénierie, arts et humanités, et un partenariat formalisé avec Mistral AI. Le tout adossé à un renforcement des fondamentaux, en termes de corps professoral, de campus et de stratégie d’intelligence artificielle. « Cette ambition repose sur une conviction : c’est la solidité de nos racines qui nous permet aujourd’hui d’explorer des territoires qui n’étaient pas historiquement les nôtres, et ainsi préparer nos étudiants à un monde dont les repères se transforment en profondeur », résume Delphine Manceau.
Par Thibaud Arnoult
La principale annonce de la matinée tient à l’entrée de cinq nouvelles universités américaines dans le réseau de partenaires de NEOMA, portant l’ambition internationale de l’école bien au-delà de ses accords habituels. UCLA, Columbia, Cornell, Stanford, Caltech et l’University of San Diego rejoignent un dispositif qui couvre désormais la côte Est, la côte Ouest et la Silicon Valley.
À UCLA, seconde université publique des États-Unis et épicentre mondial des industries créatives, quatre nouveaux parcours s’ouvrent : trois MSc en Entertainment Studies, en management du divertissement et en communication, ainsi qu’un semestre d’échange. À Columbia, membre de l’Ivy League et classée parmi les dix meilleures universités mondiales, trois formules seront proposées : une summer school sur les enjeux critiques des relations internationales, un semestre d’échange incluant la finance durable, et un double diplôme en finance durable. Cornell, également de l’Ivy League, ouvre pour sa part un double diplôme au croisement de la finance, de la technologie et de l’intelligence artificielle, ainsi qu’un certificat spécialisé porté par la Johnson School of Management sur les mêmes thématiques. Stanford, troisième université mondiale au classement QS 2026, propose une summer school donnant accès à un catalogue de 130 cours centrés sur l’innovation et l’entrepreneuriat. Caltech ouvre enfin 15 places aux étudiants du Programme Grande École dans un programme sur mesure, au contact de chercheurs de rang mondial dans l’un des environnements scientifiques les plus exigeants au monde, l’institution comptant 39 prix Nobel associés. L’University of San Diego complète le dispositif avec un double diplôme Master of Science in Finance certifié STEM.
Sur la logique qui préside à ces choix, Alexandre Pourchet, directeur général adjoint Programmes & International, est explicite : « Nous n’avons pas cherché à multiplier les accords, mais à nous associer aux leaders de leur domaine. Les grands défis d’aujourd’hui ne se résolvent plus à l’intérieur d’une seule discipline : c’est en croisant le management avec les humanités, la finance avec la technologie, ou la gestion avec les sciences que nous préparons le mieux nos étudiants. Chacun de ces partenariats a été pensé pour ce qu’il apporte concrètement, une compétence rare, une immersion dans un écosystème de référence complémentaire du nôtre, un atout décisif pour leur employabilité. »
Cette présence américaine se prolonge par une expérience inédite : en 2027, dix étudiants du Programme Grande École partiront cinq jours au CES de Las Vegas pour produire ce que l’école appelle le « guide Michelin du CES », une analyse critique et de référence des grandes tendances technologiques présentées au salon, parmi 4 100 exposants, 1 300 intervenants et 400 conférences.
Parallèlement à cette expansion américaine, NEOMA annonce plusieurs nouveaux doubles diplômes et parcours qui prolongent une conviction pédagogique affirmée depuis plusieurs mois : dans un monde où la machine raisonne, ce sont les compétences proprement humaines qui font la différence.
Sur le front des humanités, l’école lance The Human Edge, un parcours d’excellence co-construit avec l’University of Edinburgh, classée dans le top 10 mondial dans ce domaine, et IE Business School à Madrid, top 10 mondial en business au classement Financial Times. Ce parcours accueillera dix étudiants pour deux semestres académiques mêlant sciences humaines et leadership. NEOMA s’associe par ailleurs à Gobelins Paris, première école d’animation au monde selon Animation Career Reviews, pour un mastère Manager et Designer de produits et services numériques. L’accord avec McGill à Montréal, déjà existant, est enrichi d’une dimension arts et humanités, domaine dans lequel l’université canadienne fait référence, avec six étudiants du PGE accueillis dès septembre 2026. « McGill incarne ce que nous recherchons chez nos partenaires : une excellence académique reconnue à l’échelle mondiale, un ancrage local fort, et la capacité d’offrir à nos étudiants une véritable expérience d’immersion », déclarait Delphine Manceau lors de l’annonce de ce partenariat. « C’est aussi l’une des rares universités au monde où nos étudiants pourront évoluer dans un environnement bilingue, qui leur permettra de progresser en anglais tout en restant en contact avec une vie culturelle francophone très riche. »
Alexandre Pourchet soulignait alors plus largement l’intérêt stratégique du Canada dans ce dispositif : « Le Canada, et tout particulièrement le Québec, occupe une place singulière dans notre réseau. C’est un territoire qui combine plusieurs atouts difficiles à trouver ailleurs : une excellence académique reconnue, une stabilité politique et sociale précieuse dans le contexte actuel, un environnement multiculturel et bilingue, et une proximité linguistique qui facilite l’intégration de nos étudiants tout en les confrontant à un univers anglophone exigeant. Montréal est de surcroît très en pointe sur des sujets comme l’intelligence artificielle et les industries créatives numériques. »
En interne, le cours « Leçons des grands textes littéraires, management, entreprise et leadership », lancé en septembre 2025 par Agathe Mezzadri-Guedj, sera étoffé à la rentrée 2026 par de nouveaux textes et prolongé par la création d’un Master Book Club, un club de lecture pour les étudiants qui auront envie de prolonger l’étude des oeuvres étudiées en cours.
NEOMA devient également partenaire du Grand Prix des jeunes écrivains de prépas littéraires organisé par l’APPLS, et co-construira avec la revue de culture générale L’Éléphant un numéro spécial consacré à cet événement.
Sur le volet ingénierie, deux nouveaux doubles diplômes manager-ingénieur voient le jour : l’un avec l’ESA Angers, première école privée agri-agro de France, autour d’un parcours Vintage, l’autre avec IMT Mines Alès, couvrant l’informatique, l’intelligence artificielle et l’industrie du futur. Ces parcours, accessibles sur dossier et sans frais supplémentaires, débouchent sur un titre d’ingénieur. Deux nouveaux doubles diplômes avec l’URCA et l’Université de Rouen viennent par ailleurs renforcer l’enseignement du droit, à l’aune de l’IA et de la donnée.
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NEOMA formalise son partenariat avec Mistral AI et annonce avoir déjà formé 12 000 personnes à l’intelligence artificielle. L’école déploie une stratégie en cinq axes : les programmes, la recherche, l’expérience étudiante, la performance organisationnelle et l’écosystème, soutenue par un investissement de 15 millions d’euros sur trois ans. Deux outils internes accompagnent ce déploiement : BRIO, un dispositif d’employabilité ultra-personnalisé pour aider les étudiants à préparer leurs entretiens, et NEMO, un chatbot multi-usages répondant à l’ensemble des questions de la communauté NEOMA. « À NEOMA, l’IA est un projet d’école à 360° et de transformation profonde », résume Alain Goudey, directeur général adjoint Digital. « Et c’est précisément là que se joue notre différence : plus la machine devient puissante, plus le rôle de l’enseignement supérieur devient décisif. Éclairer le débat public, transformer nos propres modèles académiques, et former celles et ceux qui sauront, à l’ère de l’IA, décider avec lucidité et hauteur de vue. C’est ce rôle que NEOMA entend assumer pleinement, avec l’ambition et les moyens qui s’imposent. »
Ces annonces s’appuient sur des indicateurs en progression. NEOMA à recruté 65 nouveaux professeurs en trois ans, portant la part des enseignants internationaux à 86 %. L’école revendique par ailleurs le titre de numéro un en France en nombre d’étoiles de publication, sa production scientifique ayant été multipliée par trois depuis 2020. Le nouveau campus de Reims, dont l’ouverture est prévue en janvier 2027, représente un investissement de 140 millions d’euros pour une surface de 35 000 m², une capacité d’accueil de 4 700 étudiants, 85 salles de classe, deux amphithéâtres de 120 places, un auditorium de 750 places et un espace événementiel.
Au total, 30 nouveaux accords de partenariat sont signés sur tous les continents, parmi lesquels Ivey au Canada, Copenhagen Business School et Hanken dans les pays nordiques, Heilbronn en Allemagne, Fundação Dom Cabral au Brésil, l’Université Mohammed VI au Maroc, Beijing Institute of Technology en Chine, Kyung Hee en Corée du Sud, SPJIMR Mumbai en Inde et l’ICP à Paris. NEOMA compte désormais parmi ses partenaires 100 % des établissements du top 5 et 75 % du top 50 du classement Financial Times Master in Management 2025, hors établissements français, 64 nouveaux doubles diplômes et 156 places supplémentaires à l’international, pour un réseau total de plus de 400 universités partenaires dans 61 pays. « Parce que nos fondamentaux sont solides, nous pouvons nous ouvrir plus largement et former des diplômés en alliant exigence, curiosité et passion », conclut Delphine Manceau. « Des profils ouverts sur le monde, capables de façonner, à leur tour, le futur. »
