« Je vois parfois certains candidats entrer dans l'amphithéâtre et je sais déjà qu'ils sont à leur place à TBS Education » : Miguel Urdanoz (TBS Education) sur l'oral BCE 2026

Le mardi 30 juin dernier, dès 8h30, le campus de TBS Education, situé dans le quartier Compans-Caffarelli, au cœur de Toulouse, accueillait une nouvelle session d’oraux BCE post-prépa. Nous nous y sommes rendus pour nous immerger dans ces épreuves et comprendre ce que TBS Education attend réellement de ses candidats, entre présentation de l’école et entretiens de motivation. Cette immersion a également été l’occasion d’échanger avec Miguel Urdanoz, Directeur du Programme Grande École de TBS Education.

Par Valentine Dunyach

Le brief de présentation avant les oraux pour les jurés : le ton est donné

Avant que les candidats ne passent un à un en salle d’entretien, TBS Education organise un temps de présentation collective destiné aux jurys. Arnaud Thersiquel, Directeur Communication, Marketing et développement de TBS Éducation, y expose les valeurs de l’école et ce qu’elle recherche chez ses futurs étudiants. Il s’adresse aux jurys et aux admisseurs et partage notamment un message : « Une note de 20/20 est un message envoyé à un excellent élève. Cela démontre que nous pensons qu’il se plaira et s’épanouira à TBS Education et que nous sommes convaincus de son niveau. »

Ce brief donne le ton et insuffle la philosophie d’évaluation centrée sur le potentiel et la motivation, davantage que sur la seule performance académique. 

Le jury évalue bien davantage que la maîtrise du sujet

Les cinq premières minutes de présentation de l’article donnent au jury un premier signal sur la capacité oratoire du candidat, son éloquence, et sa faculté à se détacher du support pour livrer une analyse personnelle. Mais c’est ensuite que l’entretien prend toute sa dimension.

Les critères d’évaluation officiels se répartissent en plusieurs axes. La faculté d’analyse et l’ouverture au monde : le jury peut demander quel événement a le plus marqué le candidat dans l’année, quelle personnalité publique l’inspire, comment il perçoit le monde des affaires aujourd’hui, ou encore s’il utilise l’IA et dans quel cadre. La personnalité et le potentiel font l’objet de questions plus intimes : quels sont ses qualités et défauts, quelle réalisation le rend le plus fier, quel type de manager il souhaite devenir. Enfin, les motivations et valeurs orientent la fin de l’entretien : pourquoi TBS Education, quel parcours l’intéresse particulièrement, dans quelle association il se projette, quelle contribution il pourrait apporter à la société. Le jury peut aussi lui demander d’imaginer qu’il finance un de ses projets ; lequel et pourquoi.

La communication verbale et non verbale est, elle, évaluée tout au long de l’échange, sans question dédiée.

À noter : toutes les questions touchant aux 25 critères protégés par la législation antidiscrimination sont strictement interdites. Origine, situation de famille, état de santé, handicap, opinions politiques, religion, orientation sexuelle. Aucun de ces sujets ne peut ainsi être abordé par le jury.

Le format de l'entretien oral : un article comme point de départ

L’entretien de motivation de TBS Education dure 20 minutes et se déroule devant un jury composé de deux à trois membres, dont au moins un représentant de l’école et un alumni. Lors de la session que nous avons observée, le jury réunissait Quentin Plantec, enseignant-chercheur à TBS Education, François Cassayre, Business Development Director chez Head North America et diplômé de l’école, ainsi que Thotis. Cette composition permet de croiser les regards académiques et professionnels afin d’évaluer les candidats dans toute leur diversité.

L’échange s’ouvre sur un exercice singulier. Pendant cinq minutes, le candidat choisit un article parmi une trentaine de propositions avant de le présenter et de le commenter librement. Ce premier choix est déjà révélateur : il renseigne sur ses centres d’intérêt, sa curiosité intellectuelle et sa capacité à construire une réflexion. Les membres du jury, qui connaissent également l’ensemble des articles proposés, s’appuient ensuite sur cette présentation pour faire évoluer la discussion et approfondir certains points au fil de l’entretien.

Les articles proposés : de la recherche de l'école aux grands sujets d'actualité

La liste des articles soumis aux candidats pour la session BCE 2026 est construite avec soin : Miguel Urdanoz en assure personnellement la sélection. Deux catégories coexistent : des articles issus de la recherche TBS Education, qui permettent aux candidats de s’approprier les thématiques de réflexion portées par les enseignants-chercheurs de l’école et des articles de presse grand public autour des grands sujets d’actualité.

Parmi les articles de recherche de l’école proposés cette année : « Contrairement à une idée reçue, le public ne se détourne pas des sciences sociales », « Survivre, et après ? Les effets cachés des crises sur les salariés », « Télétravail : quels sont les facteurs décisifs pour l’engagement des salariés ? », « Transition écologique : un chaînon manquant pour déployer efficacement les solutions prometteuses », ou encore « Le lien direct entre efficacité de la propagande et difficulté de mettre fin à un conflit ».

Du côté des articles de société, les sujets reflètent les grandes préoccupations contemporaines : l’addiction aux réseaux sociaux et la santé mentale (« Addiction aux réseaux sociaux : les géants du numérique vont-ils subir le même sort que l’industrie du tabac ? »), l’intelligence artificielle (« IA peur sur l’emploi »), la défense (« Réarmement : l’indispensable coopétition entre petites, moyennes et grandes entreprises de la défense »), ou encore le luxe (« Audemars Piguet et Swatch, une montre à l’heure pop »).

Miguel Urdanoz confirme cette logique de sélection : il choisit ainsi des articles faisant écho aux actualités et grandes tendances du moment. Cette année, il note un nouvel attrait des candidats pour les sujets liés à la défense : « Plusieurs candidats nous ont dit vouloir travailler dans l’industrie de la défense. Le contexte géopolitique y est pour beaucoup : on entend tellement parler des investissements européens dans ce domaine que les candidats peuvent s’y projeter ; d’autant que nous disposons d’un bon réseau grâce à nos partenaires Safran, Thalès et Dassault. »

Lors de la session observée ce 30 juin, parmi quatre candidats, deux avaient choisi des articles sur les réseaux sociaux, un sur l’intelligence artificielle, et un sur le luxe.

Ce que TBS Education attend vraiment des candidats : cohérence et authenticité

Miguel Urdanoz s’attarde sur un point : « Ce que recherche avant tout le jury, c’est la cohérence entre la personnalité du candidat, ce qu’il montre et ce qu’il dit vouloir faire. » Un profil très introverti qui affirme vouloir travailler dans les relations publiques, ce n’est pas une disqualification immédiate, mais c’est un signal d’incohérence. À l’inverse, un candidat ouvert et ambitieux qui envisage six projets différents et dont les six sont viables… Le rôle de l’école sera de l’aider à identifier le meilleur.

La connaissance de l’école est également évaluée, et son absence se remarque. « Il est important que le candidat se soit suffisamment renseigné en amont pour pouvoir citer les parcours qui l’intéressent, les associations dans lesquelles il se verrait évoluer, et pourquoi TBS Education », soulignent les équipes pédagogiques.

Sur la question du projet professionnel, le Directeur du PGE tempère les attentes : « Ce n’est pas la définition du projet qui compte, il va se construire avec le temps. La plupart de ceux qui arrivent avec un projet bien défini finissent d’ailleurs par changer d’orientation. » Il cite l’exemple d’une candidate venue avec la conviction absolue de travailler dans l’aéronautique depuis l’enfance, aujourd’hui épanouie dans le parcours Audit-DCG.

Un conseil pratique revient régulièrement dans son discours, même s’il constate avec regret que peu de candidats le suivent : « Créez un profil LinkedIn dès maintenant. Contactez des anciens élèves de votre prépa qui ont intégré TBS Education. Si, lors de votre entretien, vous pouvez citer ces échanges avec l’un d’eux et ce qu’il vous a dit, cela représente un signal très fort de motivation réelle. » 

La ville de Toulouse et le campus : un atout qui compte

La ville fait aussi partie de l’équation. Toulouse est depuis deux années consécutives la ville préférée des étudiants français. Miguel Urdanoz confirme qu’elle revient souvent comme facteur de choix. Il explique que certains profils de candidats “matchent” parfaitement avec l’école et son environnement : « Quand je fais les présentations aux candidats le matin des oraux, je vois parfois certains entrer dans l’amphithéâtre et je sais déjà qu’ils sont à leur place. »

Pour faciliter la logistique des candidats qui viennent de toute la France, des accords avec la ville permettent d’héberger les candidats. Les admisseurs, étudiants organisateurs, accueillent les arrivants avec des animations festives, portées par les associations de l’école.

La question de la sélectivité

TBS Education invite environ deux mille candidats aux oraux, alors que le seuil d’admissibilité s’arrête bien avant. Certains préparateurs y ont vu un manque de sélectivité ; c’est l’inverse, pour le directeur du Programme Grande École de TBS Education. « Environ un candidat sur trois que nous recevons n’est finalement pas admis, soit un taux de sélectivité bien supérieur à celui de nos concurrents directs », précise Miguel Urdanoz. Les épreuves orales ont les coefficients les plus élevés dans le classement final : un écart de dix points à l’oral équivaut à plus de trois points d’écart aux écrits. Ce système permet à des profils atypiques de se révéler, et à l’école de construire des promotions réellement motivées, explique-t-il.

« Je vois parfois certains candidats entrer dans l'amphithéâtre et je sais déjà qu'ils sont à leur place à TBS Education » : Miguel Urdanoz (TBS Education) sur l'oral BCE 2026

« Je vois parfois certains candidats entrer dans l’amphithéâtre et je sais déjà qu’ils sont à leur place à TBS Education » : Miguel Urdanoz (TBS Education) sur l’oral BCE 2026