À l’occasion de son quinzième anniversaire, l’Université Internationale de Rabat a présenté un plan de développement territorial d’envergure, prévoyant notamment l’ouverture de plusieurs campus à travers le Maroc ainsi que la création d’un hôpital universitaire d’un montant de 170 millions d’euros.

Par Valentine Dunyach

Lors d’un voyage presse organisé par l’Université Internationale de Rabat (UIR), Thotis a découvert le campus et les infrastructures de pointe de cette jeune université marocaine, déjà solidement positionnée dans plusieurs classements internationaux. Le 10 février, l’UIR a présenté une ambitieuse stratégie de développement territorial lors d’une conférence réunissant des médias nationaux et internationaux ainsi que des partenaires académiques français. Au programme : l’ouverture de sept nouveaux campus à travers le Maroc, la construction d’un hôpital universitaire de 530 lits et un renforcement marqué de son attractivité internationale. En quinze ans, l’UIR s’impose ainsi comme un acteur majeur de l’enseignement supérieur au Maroc et en Afrique, avec l’ambition de devenir une université de référence à l’échelle internationale.

L’UIR, un modèle hybride unique : quand le privé rencontre le public

L’UIR occupe une position singulière dans le paysage universitaire marocain. Première université à statut privé du royaume, elle est née en octobre 2007 d’un partenariat public-privé inédit, fruit d’une collaboration franco-marocaine scellée par les chefs d’État des deux pays lors d’une visite du Président Nicolas Sarkozy sur le sol marocain.

Son fondateur, Nourredine Mouaddib, Président de l’université, explique la genèse du projet qui remonte à 2005 : « Nous avons pris conscience que nous créions une forme d’injustice entre les étudiants marocains en situation de précarité et ceux qui pouvaient partir étudier en France ou ailleurs pour obtenir des diplômes de qualité. L’idée était donc d’offrir, au Maroc et plus largement sur toute la rive sud, les mêmes conditions de formation et le même niveau de reconnaissance des diplômes à tous les étudiants. »

Cet universitaire de carrière, qui a longtemps exercé en France, a ainsi mené un travail de lobbying auprès des autorités marocaines et françaises, aux côtés de l’Université de Nantes. La visite du président Nicolas Sarkozy au Maroc a été déterminante dans l’accueil favorable du projet par le Roi Mohammed VI. Le modèle choisi, celui d’une société anonyme financée par des actionnaires publics (RCAR, assurances agricoles, assurances bancaires), permet à l’UIR de conjuguer autonomie de gestion et mission d’intérêt général.

Pour assurer une gouvernance efficace et éviter les tensions, l’UIR a opté pour une structure « agile » comme l’indique son président. Un conseil d’administration de très haut niveau réunit des profils académiques, dont un ancien ministre de l’Enseignement supérieur marocain, des industriels ou encore Antoine Petit, ancien président du CNRS. Ce conseil statue sur le budget, les orientations stratégiques, la politique RH et les investissements. En dessous, un conseil d’université classique, élu par les alumni et les professeurs-chercheurs, traite les questions métiers comme les nouvelles formations et les laboratoires.

« Oui, nous sommes contents d’être lucratifs pour tous ces actionnaires publics », assume Nourredine Mouaddib, soulignant que ce modèle économique permet de réinvestir massivement dans les infrastructures et la qualité de l’enseignement, au profit des étudiants. Aujourd’hui, l’université affiche un capital social de 229 millions d’euros, un chiffre d’affaires cumulé de 734 millions d’euros et des investissements totaux de 690 millions d’euros. Elle emploie directement 3 500 personnes et représente un impact socio-économique majeur pour le pays.

Noureddine Mouaddib, Université Internationale de Rabat - DG sur Écoute

Des infrastructures à l'échelle des ambitions de l’UIR

Situé à Technopolis, sur la rocade Rabat-Salé, le campus principal de l’UIR impressionne par son ampleur. L’université s’organise en quatre collèges d’enseignement et de recherche, regroupant treize établissements de formation : le Collège Ingénierie & Architecture, le Collège des Sciences Sociales (comprenant notamment l’IEP, l’École de Droit, l’École de Communication et Médias), le Collège des Sciences de la Santé (médecine, dentaire, biomédical, paramédical) et le Collège Management avec la Rabat Business School. Une École des Études Doctorales complète cet ensemble académique.

L’UIR a fait de l’interdisciplinarité un principe fondateur. « Nous devions accompagner cette stratégie nationale », explique Nourredine Mouaddib en évoquant le Plan Émergence du Maroc, contemporain de la création de l’université. Ainsi, la première école d’aéronautique, spatiale et ferroviaire du pays a vu le jour au sein de l’UIR. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est introduite dans tous les collèges, de même que les principes de gestion et la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). « Il s’agissait de définir un socle de modules commun pour tous les étudiants en matière d’IA et de RSE », résume le président, qui voit dans cette approche transversale un facteur d’employabilité.

Les chiffres témoignent de la croissance exponentielle de l’établissement. Pour l’année universitaire 2025-2026, l’UIR accueille 9 521 étudiants en formation initiale, dont 40 % de boursiers, 176 doctorants et 587 étudiants en executive master. Depuis 2013, plus de 12 000 lauréats, dont 30 % de boursiers, sont passés par ses bancs. L’université compte 312 partenariats internationaux actifs répartis sur cinq continents et affiche un taux d’employabilité de 93 % en moins d’un an.

Un campus à l’américaine au service de l’expérience étudiante

Au-delà des salles de cours et des laboratoires, l’UIR a investi massivement dans les infrastructures de vie étudiante. Le campus dispose de stades de football, d’une piscine semi-olympique, de terrains de padel et de tennis, de salles de gymnastique et d’une médiathèque moderne. Les 6 résidences universitaires, dont le prix de la chambre équipée s’élève à environ 200 euros par mois, permettent aux étudiants de vivre sur le campus dans des conditions optimales.

Cette volonté de créer un environnement propice à la réussite s’inscrit dans la mission sociale de l’université. Avec 40 % d’étudiants boursiers, l’UIR se positionne comme un véritable ascenseur social. L’université applique des tarifs modulés en fonction du revenu des parents, à l’image de ce que peut faire Sciences Po en France. En moyenne, l’année coûte 6 000 euros, mais les tarifs varient selon les filières : 12 000 euros en médecine et dentaire, 8 000 euros à la Business School, 7 000 euros en ingénierie et 6 000 euros en sciences humaines.

Les étudiants africains bénéficient d’avantages conséquents pour venir étudier à l’UIR, notamment une réduction de quasiment 50 %. Sur les 41 425 étudiants ayant fréquenté l’université depuis sa création, 88 % des étudiants internationaux sont originaires d’Afrique, 9 % d’Europe, 3 % d’Amérique et 1 % d’Asie. Cette orientation continentale assumée fait de l’UIR un hub de formation pour l’Afrique.

Quant aux doctorants, ils sont rémunérés 800 euros par mois sans payer de frais de scolarité, une politique qui témoigne de l’engagement de l’université envers la recherche et l’innovation.

Excellence académique et rayonnement international

« Les classements restent essentiels pour une jeune université comme l’UIR »

La stratégie de l’UIR repose sur un triptyque ambitieux : asseoir les formations, obtenir des accréditations internationales et figurer dans les classements mondiaux.

« Même s’ils sont parfois discutés, les classements restent essentiels pour une jeune université comme l’UIR, qui doit y figurer pour asseoir sa crédibilité et renforcer sa visibilité internationale », souligne Nourredine Mouaddib. Les résultats sont au rendez-vous : la Rabat Business School détient deux accréditations internationales et vise bientôt la troisième. Elle figure à la 20ème place du classement du Financial Times des 100 meilleures business schools au monde pour son Master in Management, gagnant douze places en un an. L’école est notamment classée première mondiale pour la responsabilité des alumni à trois ans, cinquième pour la progression du salaire et affiche d’excellents résultats en termes d’employabilité à l’international.

L’UIR est également la seule université de la région à compter dans son giron des accréditations CTI (Commission des Titres d’Ingénieur) et européennes pour ses écoles d’ingénierie. Elle a intégré en 2026 le prestigieux classement Times Higher Education World University Rankings, occupant la deuxième place au niveau national. Pour la troisième année consécutive, elle se classe première au Maroc dans le THE Impact Rankings, qui évalue l’engagement des établissements dans la réalisation des Objectifs de Développement Durable.

En matière de recherche et d’innovation, l’UIR s’est imposée comme la première université d’Afrique en termes de dépôts de brevets depuis 2019 selon l’OMPI de Genève, avec 694 brevets déposés depuis 2010.

Un hôpital universitaire de pointe prévu pour juillet 2026

Le projet phare de l’UIR pour 2026 est l’ouverture de l’Hôpital Universitaire International de Rabat (HUIR), un investissement total de 170 millions d’euros pour 65 000 m² de superficie hospitalière et 35 000 m² dédiés à l’enseignement. Cet établissement de 530 lits et places, propriété de l’université, proposera 19 spécialités médicales, 15 spécialités chirurgicales, 6 spécialités biologiques et 7 spécialités odontologiques.

L’hôpital disposera également d’une unité de stérilisation dernière génération, d’un service d’imagerie interventionnelle avec deux salles d’angiographie et une salle biplan, ainsi que d’un centre de médecine nucléaire complet.

La finalisation de la construction est prévue pour le mois de juillet 2026. Les équipes médicales seront constituées durant l’été, pour une ouverture effective en septembre 2026, suivie d’une montée en charge progressive. L’hôpital emploiera à terme 1 180 personnes, dont 240 médecins, 700 personnels paramédicaux et 240 administratifs.

« Tous ces efforts se concrétisent à travers la formation de ressources humaines employables », insiste Nourredine Mouaddib, pour qui la question de l’employabilité est cruciale.

L’hôpital s’inscrit dans une vision stratégique à horizon 2026-2030 articulée autour de quatre axes : ancrer l’innovation, la recherche et l’enseignement au cœur de l’hôpital,  améliorer collectivement la qualité de soin et l’expérience patient, rayonner à l’international et attirer, former et fidéliser des professionnels engagés. L’établissement vise l’accréditation Accreditation Canada International (ACI).

Un déploiement territorial d’ampleur : sept campus à travers le Maroc d’ici 2040

L’UIR ne compte pas s’arrêter à la ville de Rabat. Le président a annoncé un plan de développement majeur : 12 milliards de dirhams d’investissement (environ 1,1 milliard d’euros) pour ouvrir sept campus à travers le Maroc d’ici 2040, avec un objectif de 41 000 étudiants.

Le campus de Marrakech est le projet le plus avancé, avec 3,3 milliards de dirhams d’investissement sur six ans pour une superficie de 260 000 m². Il accueillera 8 000 étudiants en formation initiale sur 120 000 m², 1 000 personnes par an en executive education, un campus résidentiel de 3 000 chambres individuelles et 500 lits en internat, un hôpital universitaire de 440 lits, ainsi qu’une halle technique, un incubateur, un hôtel d’application, une clinique vétérinaire, une ferme d’application et divers espaces commerciaux.

Les filières proposées à Marrakech seront adaptées au tissu économique de la région : architecture et design, sciences politiques et juridiques, communication et médias, arts visuels et médiatiques, tourisme et hôtellerie, arts culinaires, management et business, ingénierie, sciences de la santé, sciences agronomiques et médecine vétérinaire. « Les filières d’enseignement sont conçues pour accompagner le développement du tissu économique de la région de Marrakech-Safi, répondant ainsi aux besoins des entreprises régionales, nationales et africaines », précise le dossier de présentation.

D’autres campus verront le jour à Casablanca (200 millions de dirhams pour deux sites dédiés aux finances, à l’économie, au droit des affaires, à la data science et à l’aéronautique), Agadir (1,4 milliard de dirhams, 5 000 étudiants), Tanger (1,2 milliard de dirhams, 6 000 étudiants), Oujda (1,2 milliard de dirhams, 4 000 étudiants) et Laâyoune (500 millions de dirhams, 2 000 étudiants). Le campus de Rabat sera lui-même étendu avec 2,6 milliards de dirhams d’investissement supplémentaires pour atteindre 11 000 étudiants.

Ce déploiement territorial devrait générer 2 000 emplois directs et 4 000 emplois indirects au niveau du seul campus de Marrakech, multipliant ainsi l’impact socio-économique de l’UIR sur l’ensemble du territoire marocain.

Un modèle qui inspire

Quinze ans après sa création, l’Université Internationale de Rabat s’impose comme un cas d’école de l’enseignement supérieur privé au service de l’intérêt général. Le pari audacieux de Nourredine Mouaddib, universitaire français d’origine marocaine qui a choisi de consacrer la seconde partie de sa carrière à la création d’un mastodonte académique dans son pays natal, semble relevé.

Avec ses 41 425 anciens étudiants, ses neuf chercheurs parmi les meilleurs au monde, sa business school dans le top 20 mondial et son statut de première université africaine en matière de brevets, l’UIR démontre qu’un modèle hybride public-privé peut conjuguer excellence académique, accessibilité sociale et rentabilité économique. Son expansion territoriale et l’ouverture prochaine d’un hôpital universitaire de pointe confirment les ambitions d’un établissement qui vise désormais à devenir un hub de référence pour l’enseignement supérieur et la recherche en Afrique.

« Proposer des formations nouvelles et innovantes », telle était la devise de Nourredine Mouaddib lors de la création. Quinze ans plus tard, alors que l’UIR s’apprête à franchir un nouveau cap dans son déploiement, cette ambition d’innovation permanente reste plus que jamais d’actualité.

Des questions sur ta poursuite d’études ? Viens discuter avec Thotis.IA, le conseiller d’orientation 2.0 généré par une intelligence artificielle

Fais notre Test de l’Orientation en Master et trouve le master fait pour toi !