Partir à Bocconi, Berkeley ou McGill après sa prépa Retour sur les partenariats d'exception à NEOMA

NEOMA Business School a annoncé en avril 2026 un partenariat avec McGill University, à Montréal, qui permettra à six étudiants du Programme Grande École de rejoindre chaque semestre le campus montréalais à compter de la rentrée 2026, sans frais de scolarité supplémentaires. L’accord s’ajoute à ceux déjà conclus avec HEC Montréal et l’Université Concordia, portant à trois le nombre d’institutions québécoises dans le réseau de l’école. À l’occasion de cette annonce, deux étudiants ayant effectué leur semestre d’échange respectivement à Singapour et en Californie, ainsi que la direction de l’école, ont accepté de témoigner sur le fonctionnement concret de ces partenariats et sur ce qu’ils produisent, côté étudiant comme côté institution.

Par Thibaud Arnoult 

Un réseau construit sur la qualité des établissements

Le réseau de NEOMA compte aujourd’hui près de 400 universités partenaires réparties sur les cinq continents, ce qui en fait l’un des plus larges parmi les écoles de commerce françaises. Delphine Manceau, Directrice générale, insiste sur le fait que la taille du réseau n’est pas une fin en soi : « La qualité de nos partenariats est essentielle. NEOMA s’associe aux institutions les plus prestigieuses, reconnues sur le plan international comme local. C’est ce qui nous permet de garantir à chaque étudiant une expérience d’apprentissage de très haute qualité durant son échange, indépendamment de la destination qu’il choisit. » Parmi les institutions qui composent ce réseau figurent UC Berkeley, l’Università Bocconi de Milan, Yonsei University en Corée du Sud, Maastricht University aux Pays-Bas, ou encore Católica Lisbon au Portugal.

L’arrivée de McGill répond à une demande observée dans les choix de mobilité des étudiants, selon Alexandre Pourchet, Directeur Général Adjoint. « Quand une zone géographique monte en puissance dans leurs aspirations, nous y répondons en y nouant de nouveaux accords plutôt qu’en redirigeant artificiellement les flux. Le partenariat avec McGill est typiquement le résultat de ce travail : une demande étudiante forte, et une opportunité institutionnelle que nous avons saisie. » Le Canada figure en effet parmi les destinations les plus demandées par les étudiants du Programme Grande École, aux côtés des États-Unis et de l’Asie du Nord-Est. Pourchet souligne la spécificité du Québec dans ce dispositif : « C’est un territoire qui combine plusieurs atouts difficiles à trouver ailleurs, une stabilité politique et sociale précieuse dans le contexte actuel, un environnement multiculturel et bilingue, et une proximité linguistique qui facilite l’intégration de nos étudiants tout en les confrontant à un univers anglophone exigeant. »

Berkeley, Singapour : ce que les étudiants trouvent dans les meilleures universités du monde

Dorian Monaco a effectué son échange à l’University of California, Berkeley, dans le cadre du parcours Global Entrepreneurship. Il explique avoir choisi cette destination pour sa réputation mondiale, mais surtout pour sa proximité avec l’écosystème de la Silicon Valley, qui correspondait à son projet professionnel. « On était vraiment à côté de San Francisco, à côté des incubateurs comme Y Combinator ou le Skydeck. On avait des cours d’entrepreneuriat, on était encadrés dans ce domaine-là, on rencontrait des gens qui avaient déjà levé des centaines de milliers d’euros, voire des millions de dollars. » L’expérience a débouché sur un projet concret : avec un camarade de NEOMA rencontré sur place, Dorian a monté une start-up dans la distribution de vin en supermarché, dont le développement s’est poursuivi après le retour en France. « On avait une idée ensemble, on avait des cours là-dessus, on travaillait dessus non-stop. Et on a participé à des concours de pitch, j’ai fini deuxième avec mon équipe face à des étudiants américains. »

Ce qui l’a également marqué tient à la pédagogie elle-même. À Berkeley, la salle de cours fonctionne différemment de ce qu’il connaissait. « Les professeurs te tutoient, ils sont là pour échanger avec toi, venir dans le débat. T’as le droit de ne pas être d’accord et de prendre directement le micro. On devait parler devant tout le monde, debout. C’était une méthode d’apprentissage vraiment différente. » Une différence de forme, mais une continuité de niveau que Hugo-Alexandre Barbero reconnaît de son côté. Parti lui à la Singapore Management University, il décrit un encadrement d’une qualité comparable : « Des professeurs qui ont tous des PhD, une qualité d’enseignement hors norme, des formats très dynamiques avec des travaux de groupe. C’est la continuité de NEOMA, je trouve, avec des sujets très variés. J’ai pu découvrir des cours que j’aurais pas pensé pouvoir faire un jour. »

Hugo-Alexandre évoque notamment des accès inédits permis par la SMU, qui a formé une partie des dirigeants singapouriens et entretient avec eux des liens institutionnels étroits. « On a pu visiter plusieurs fois l’aéroport de Singapour, dans la partie militaire, ce qui est complètement interdit à la base. On a eu des conférences de grandes compagnies asiatiques, des ambassadeurs de l’université. On était très stimulés. » Dorian décrit un fonctionnement comparable à Berkeley, où les conférences hebdomadaires du mardi soir réunissaient des profils d’exception : cofondateur de Perplexity, CEO de Shazam, Vice-Président Opérations de Microsoft. « C’était chaque semaine, avec différentes personnes qui venaient. C’était vraiment hyper intéressant. »

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Partir seul à l'étranger : l'immersion comme condition de l'expérience

La dimension qui revient le plus dans les deux témoignages n’est pas académique au sens strict. Elle concerne le fait d’être seul, ou presque, dans un environnement entièrement étranger, sans groupe de compatriotes pour amortir le choc. Hugo-Alexandre situe ce choix au cœur de sa décision de rejoindre NEOMA. « La stratégie de l’école d’avoir la possibilité d’aller chez des partenaires et non pas sur des campus à l’étranger, ça a été un choix décisif pour moi. J’aurais pas trouvé l’immersion totale. Y aller avec des potes, c’est comme si on partait en vacances, alors que là, c’était vraiment quatre, cinq mois de pure immersion. » Dorian formule la même idée en termes d’effets à long terme : « On parlait anglais toute la journée pendant six mois. Ça m’a apporté des visions complètement internationales. Je pense que ça va beaucoup m’aider dans mes futures expériences professionnelles. »

Les deux étudiants mentionnent aussi les difficultés initiales, sans les dramatiser. Dorian décrit ses premières semaines à Berkeley comme un apprentissage à part entière : « C’était la première fois que je quittais l’Europe. Le campus est absolument gigantesque et les Américains ne sont pas forcément très accessibles de prime abord. Faut creuser et essayer de créer une relation, surtout en tant qu’étranger. Mais au bout de quelques cours, si tu vas discuter avec eux, ils peuvent être très sympas. » Hugo-Alexandre, lui, avait anticipé une certaine froideur à Singapour, amplifiée par une barrière linguistique inattendue. « La langue à Singapour, c’est l’anglais, mais en fait ils parlent singlish, avec des dialectes de Malaisie et de chinois intégrés. Ça rend la tournure de phrases plus dure à l’oreille. » C’est finalement par le sport qu’il a trouvé une voie d’intégration, en rejoignant les équipes universitaires de tennis et de football. « Dans le foot comme dans le tennis, ça a pu être de vrais amis. On discute encore, il y en a bientôt qui viendront chez moi. »

Alexandre Pourchet reconnaît dans ces témoignages le cœur du modèle défendu par l’école. « Un étudiant qui part seul ou à trois ou quatre dans une université étrangère ne vit pas le même séjour qu’un étudiant intégré à un groupe de quarante camarades français. Il est obligé de s’ouvrir, de tisser des liens, de se confronter à une langue et à des codes nouveaux. C’est cette confrontation qui forme. » Delphine Manceau insiste sur la liberté de cours laissée aux étudiants comme condition de l’immersion réelle : « Durant leur programme d’échange, nous souhaitons que nos étudiants accèdent à des cours complémentaires, dans des domaines qui ne sont pas nécessairement ceux d’une école de commerce. C’est aussi ce qui distingue une véritable immersion d’un simple séjour à l’étranger : la capacité d’aller chercher quelque chose qu’ils ne pourraient pas trouver chez nous. » Les deux étudiants en témoignent directement : Dorian avait cours du mardi au jeudi, Hugo-Alexandre du lundi au mercredi, ce qui leur laissait dans les deux cas quatre jours pour voyager, explorer, et construire un réseau que les cours seuls n’auraient pas suffi à constituer.

McGill, et après : une stratégie internationale pensée sur le long terme

Ce que l’annonce du partenariat avec McGill révèle en creux, c’est moins l’arrivée d’une institution supplémentaire dans un tableau de bord qu’une conception particulière de ce que doit être l’internationalisation d’une grande école. NEOMA ne cherche pas à ouvrir des campus à l’étranger, ni à constituer des cohortes françaises délocalisées. Elle envoie peu d’étudiants chez chaque partenaire, exige un niveau d’intégration réel dans la vie du campus d’accueil, et choisit ses partenaires sur des critères de qualité académique qui excluent les compromis. Ce modèle présente également une robustesse face aux aléas géopolitiques que Delphine Manceau a pris soin de souligner : « La force de notre modèle est de pouvoir s’adapter quasiment en temps réel aux changements géopolitiques. Nos étudiants peuvent ainsi continuer à bénéficier d’une expérience de grande qualité, quelle que soit la situation à travers le globe. »

DG sur écoute, NEOMA Business School, Delphine Manceau

NEOMA-dg sur écoute
Partir à Bocconi, Berkeley ou McGill après sa prépa Retour sur les partenariats d'exception à NEOMA

Campus de McGill University, Montréal

Article communiqué en partenariat avec NEOMA.