Audencia annonce sept nouveaux partenariats universitaires, dont un accord avec Yale University, réservé aux étudiants issus de classes préparatoires. Audencia devient ainsi la seule business school française à avoir noué des accords avec trois membres de l’Ivy League, après Harvard Division of Continuing Education et Columbia University. Ces nouvelles signatures s’inscrivent dans le plan stratégique STOA 2030, présenté en octobre dernier, qui place l’ouverture internationale au cœur de ses ambitions.

Par Thibaud Arnoult 

Sept nouveaux partenariats, dont Yale en tête de liste

Audencia continue d’élargir son réseau international. L’école de management, dont les principaux campus français sont implantés à Nantes et à Paris, vient d’annoncer la signature de sept nouveaux partenariats avec des universités étrangères, parmi lesquels figure Yale University, l’une des institutions les plus prestigieuses au monde. L’annonce a été faite par Sébastien Tran, directeur général d’Audencia, lors d’un voyage de presse organisé à Boston, qui permettait également de rendre visite à trois partenaires américains déjà établis de l’école : Boston University, Bentley University et Harvard Division of Continuing Education.

« Deux des piliers de la stratégie internationale d’Audencia, c’est d’avoir des partenaires de prestige aux États-Unis, mais aussi ce que nous appelons des partenaires multidisciplinaires, des universités qui proposent une offre hors du champ du management et du business, comme la New York Film Academy », explique Sébastien Tran. « C’est l’occasion de faire une vraie expatriation académique avec un catalogue de cours très étendu, bien au-delà des champs classiques du marketing ou de la finance. »

Yale s’impose comme la pièce maîtresse de cette vague de signatures. Fondée en 1701, troisième université la plus ancienne des États-Unis, elle se classe dixième selon Times Higher Education et onzième d’après le classement de Shanghai. Son réseau d’anciens diplômés compte parmi les plus influents au monde, des sphères politiques et juridiques américaines aux milieux économiques et culturels, des Clinton à Fred Smith, fondateur de FedEx, ou à Meryl Streep. Avec ce partenariat, Audencia devient la seule business school française à avoir noué des accords avec trois membres de l’Ivy League, après Harvard Division of Continuing Education et Columbia University.

« Nous souhaitons partir de la complexité du parcours de chaque étudiant, qui est unique », explique Guillaume Blaess, directeur adjoint des affaires internationales . « Parmi les catégories de partenaires que nous construisons, il y a ce que nous appelons les partenaires de prestige, des marques qui brillent et qui ont une reconnaissance très forte sur le marché, comme Berkeley, Harvard DCE ou Stanford, où nos étudiants peuvent aller sans payer de frais de scolarité supplémentaires. Nous sommes très fiers d’ajouter Yale dans ce panel. »

Le dispositif est ciblé. Dix étudiants d’Audencia partiront chaque été pour New Haven, dans le Connecticut, afin de suivre deux mois de cours à Yale entre leur première et leur deuxième année de master, à compter de juillet 2026. À l’instar de Harvard Division of Continuing Education, ce partenariat sera réservé aux étudiants issus de classes préparatoires, qui devront en outre justifier d’un score d’au moins 100 sur 120 au TOEFL. Ils accéderont à un catalogue de cours dans des disciplines variées : théorie des jeux, économie internationale, droit international des droits de l’homme, sécurité internationale, politique énergétique et environnementale. Comme pour l’ensemble de ses partenaires américains, Audencia tient à ne pas facturer de frais de scolarité supplémentaires aux étudiants sélectionnés.

« Les classes préparatoires correspondent parfaitement aux prérequis de ces universités », justifie Sébastien Tran. « Ce n’est pas uniquement une question de niveau de langue : c’est le niveau académique global, et surtout un profil d’étudiant très ouvert aux pédagogies pratiquées dans les universités américaines. Pour nous, il était vraiment important de réserver cette voie Yale à ces étudiants. »

« Ce sont des cours que nous trouvons passionnants, et surtout différenciants, puisque nous ne les proposons pas à Audencia », souligne Guillaume Blaess. « Il y a chez Yale une approche un peu plus philosophique de la formation. Un vrai contenu académique derrière, des perspectives très différentes de ce qu’offre une business school classique. »

Les six autres partenariats signés simultanément étendent le réseau de l’école en Asie et en Europe. En Asie, la Hong Kong University of Science and Technology est sans doute la signature la plus notable. Fondée en 1991, elle s’est imposée en trente-cinq ans d’existence parmi les références mondiales du management, accréditée AACSB et EQUIS. S’y ajoutent la City University of Macau, accréditée AACSB, et le campus de Mumbai du S.P. Jain Institute of Management and Research, triplement accrédité. En Europe, trois nouvelles universités rejoignent le réseau : la Lucerne University of Applied Sciences and Arts en Suisse, accréditée AACSB, l’ICHEC Brussels Management School, au cœur du quartier des institutions européennes, et Hult International Business School, triple accréditée, qui ouvre à ses étudiants son campus de Londres. Audencia compte désormais plus de 280 partenaires dans le monde, dont 136 en Europe.

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Une offre américaine qui attire, en dépit du contexte

Le voyage de presse à Boston a également permis de mettre en lumière ce que représente concrètement le réseau américain d’Audencia pour ses étudiants. L’école compte aujourd’hui trente partenaires aux États-Unis, dont vingt-trois en business management, parmi lesquels Stanford University, l’Université de Californie à Berkeley et UCLA, et sept dans des disciplines hybrides, de la New York Film Academy au Savannah College of Art and Design. Ces établissements offrent ensemble plus de cent dix places par an, toutes sans frais de scolarité supplémentaires. Près de cinq cents étudiants d’Audencia ont effectué un séjour académique aux États-Unis au cours des trois dernières années.

Parmi eux, Marie Pommeau, étudiante en Programme Grande École, illustre ce que ce réseau représente dans le choix d’une école. Marie souhaitait partir aux États-Unis dès ses études supérieures, avec Boston University comme destination privilégiée. C’est précisément l’existence de ce partenariat, et la certitude de pouvoir y candidater, qui a orienté son choix en faveur d’Audencia. Elle a pu confirmer ce souhait dès les oraux d’admission. Elle loge aujourd’hui sur le campus de Boston University, une expérience d’immersion que l’école encourage explicitement, préférant les logements sur campus aux solutions extérieures lorsqu’elles sont disponibles.

« Ces étudiants avaient vocation à aller dans ce type de partenariat », observe Guillaume Blaess. « Ils ne sont pas allés là par hasard, mais pour une raison motivée. Ils ont trouvé véritablement chaussure à leur pied. Et en discutant avec eux, on s’aperçoit qu’ils ont continué d’évoluer : il ne s’agit pas juste de cocher leurs attentes, mais d’apprendre sur eux-mêmes, d’apprendre sur les autres et d’enrichir leur parcours. »

Boston University est partenaire d’Audencia depuis 2009. Plus de 380 étudiants y ont étudié depuis le début de l’accord. Les possibilités sont multiples : semestre d’échange classique, double diplôme d’un an en sciences du management ou en arts management, ou encore le parcours d’excellence Massachusetts, ouvert depuis 2024, qui permet d’enchaîner un semestre et une summer school à Harvard Division of Continuing Education puis un semestre à Boston University, sans surcoût. Bentley University, partenaire depuis 2010, offre quant à elle un logement garanti sur le campus et des infrastructures pédagogiques remarquables : salle de trading, dispositifs de réalité virtuelle, complexe sportif avec une patinoire accueillant l’équipe universitaire de hockey actuellement première de sa division. Les Bleus ont d’ailleurs choisi Bentley Université comme leur centre d’entraînement pour la Coupe du monde 2026. 

Ces parcours américains fonctionnent, y compris dans un contexte géopolitique qui pourrait freiner certains candidats. La tension entre les États-Unis et plusieurs pays européens, les débats sur les politiques migratoires et l’incertitude institutionnelle liée à la présidence Trump n’ont pas entamé l’attractivité du réseau américain d’Audencia auprès de ses étudiants. Les demandes restent soutenues, et les places disponibles, notamment vers Harvard DCE ou Columbia, continuent d’être âprement disputées en interne.

« Dans les démocraties, les politiques viennent et ils partent », tranche Guillaume Blaess. « On n’est pas là pour juger, on est là pour que les étudiants vivent des expériences. Notre rôle, aux relations internationales, c’est d’accompagner chaque étudiant vers un projet qui a du sens pour lui. Les étudiants, eux aussi, font la part des choses. »

« Les États-Unis restent une destination très attractive », confirme Sébastien Tran. « L’innovation vient encore de là-bas. Il y a des entreprises très emblématiques, un style de vie qui continue de séduire nos étudiants. Et surtout, c’est un lieu d’échange multiculturel exceptionnel : quand vous allez aux États-Unis, vous n’échangez pas uniquement avec des étudiants américains, vous croisez des étudiants venus de partout dans le monde. C’est ça, la vraie force. »

Harvard Division of Continuing Education, partenaire depuis quatre ans, en est l’illustration la plus claire. Audencia reste la seule business school française à disposer d’un accord avec cette institution, partenariat là aussi réservé aux étudiants issus de classes préparatoires justifiant d’un TOEFL d’au moins 100. Les étudiants sélectionnés suivent des cours dans des domaines comme le management de projet, les relations internationales ou l’innovation et l’entrepreneuriat. Vingt-cinq étudiants ont pu en bénéficier au cours des trois dernières années.

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STOA 2030 : l'international comme colonne vertébrale

Ces nouvelles signatures ne sont pas des opérations isolées. Elles s’inscrivent dans le plan stratégique STOA 2030, présenté par Sébastien Tran en octobre 2025, dont l’ambition internationale constitue l’un des piliers centraux. Le nom du plan est emprunté à la Grèce antique : la stoa désignait le portique ouvert de l’agora, lieu de rencontre et de débat. L’ambition affichée est de faire d’Audencia un groupe de grandes écoles d’excellence, ouvert sur le monde et ancré dans les grandes transitions contemporaines.

« On veut qu’Audencia devienne vraiment l’école leader et de référence sur les grandes transitions et sur la complexité du monde que nos étudiants doivent appréhender », affirme Sébastien Tran. « Pour rester parmi les meilleures écoles, pas uniquement en France mais aussi dans le monde, il faut cette présence internationale très forte et cette taille critique. C’est aussi faire d’Audencia une marque mondiale, avec une présence sur les cinq continents. »

L’axe consacré au rayonnement mondial, intitulé « Agir localement, rayonner globalement », prévoit une extension significative de la présence géographique de l’école. Audencia a ouvert un sixième campus collaboratif à Barcelone, en partenariat avec l’ESCI UPF. Dès cette année, les étudiants pourront y effectuer un semestre avec des cours orientés innovation, digital, finance internationale et management interculturel, certains conçus spécifiquement pour les étudiants d’Audencia. Un campus en Afrique est également prévu, pour compléter une présence sur les cinq continents, en s’appuyant notamment sur le déploiement du DBA et de l’Executive MBA dans des pays à fort potentiel de développement, où l’école est déjà active en Algérie, au Sénégal et au Maroc.

Cette dimension internationale se prolonge dans l’offre de formation initiale. Le plan prévoit le lancement d’un Global BBA à Paris dès 2026, cursus sélectif en quatre ans accessible via Parcoursup, intégralement en anglais, et offrant jusqu’à deux années d’expérience à l’étranger dès la fin de la première année, avec une première promotion de quarante étudiants et un objectif de six cents étudiants à horizon 2030. Une quatrième école viendra également compléter le groupe : Audencia School of Public and International Affairs, à la croisée du management, de la géopolitique et des affaires internationales, installée sur le campus parisien avec une première promotion attendue en septembre 2027 et un objectif de cinq cents étudiants d’ici 2030.

À horizon 2030, Audencia vise douze mille étudiants, un budget de cent cinquante millions d’euros et sept cents collaborateurs dont deux cent cinquante membres de la faculté permanente. Les partenariats internationaux comptent pour les candidats aux concours qui, dans les semaines à venir, auront à choisir leur école au SIGEM. « Ce partenariat avec Yale peut clairement convaincre les étudiants de classe préparatoire », estime Sébastien Tran. « C’est une voie qui leur est exclusivement réservée, vers une université parmi les meilleures mondiales. Beaucoup d’entre eux ont des aspirations en marketing ou en finance : c’est leur offrir la possibilité de suivre des cours chez des partenaires très prestigieux, avec une approche pédagogique innovante et des infrastructures qu’on ne voit nulle part ailleurs. »

DG sur écoute Audencia - Sébastien Tran

Crédit : Yale