L’Économie, Sociologie et Histoire du monde contemporain (ESH) représente l’une des épreuves les plus redoutées des concours des classes préparatoires économiques et commerciales. Coefficients élevés, exigences méthodologiques particulières… Cette discipline cristallise les inquiétudes des candidats tout en représentant un véritable levier de différenciation. Comment maîtriser cette matière complexe ? Quelles sont les clés pour viser l’excellence et décrocher une note exceptionnelle ? Cet article s’appuie sur les recommandations officielles et les conseils d’un enseignant expérimenté, Christophe Viscogliosi, administrateur à l’APHEC et professeur en prépa ECG au Lycée Olympe de Gouges depuis 2016.
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Pourquoi l’ESH est-elle une matière aussi décisive aux concours des Prépas ECG ?
L’ESH est une épreuve à forts coefficients, commune à toutes les grandes écoles, qui permet une forte différenciation entre les candidats. Sa nature pluridisciplinaire et l’ampleur de son programme en font un levier majeur pour viser les meilleures écoles lorsqu’elle est bien maîtrisée.
Que recouvre précisément la matière ESH en Prépa ECG ?
L’ESH combine trois disciplines : l’économie, la sociologie et l’histoire du monde contemporain. Elle vise à analyser les grands enjeux économiques et sociaux contemporains à travers une approche croisée et problématisée.
Comment est structuré le programme d’ESH sur les deux années de Prépa ECG ?
Le programme repose sur quatre grands modules : les fondements de l’économie et de la sociologie, la croissance et le développement, la mondialisation économique et financière, puis les politiques économiques. L’ensemble représente environ une quarantaine de chapitres sur deux ans
Est-il possible de « rattraper » l’ESH au dernier moment ?
Le volume du programme est extrêmement dense, pouvant atteindre près de 2 000 pages de cours. Selon l’enseignant, il est irréaliste de commencer à travailler sérieusement l’ESH seulement quelques mois avant les concours.
Quelles sont les principales épreuves écrites d’ESH aux concours ?
Les candidats affrontent plusieurs types d’épreuves écrites selon les banques d’épreuves : l’épreuve HEC-ESSEC, l’épreuve ECRICOME et les épreuves de la BCE. Ces épreuves durent généralement 4 heures et exigent une forte maîtrise méthodologique.
En quoi consistent les épreuves orales d’ESH à HEC - ESCP ?
Cet oral d’ESH comprend un exposé de 10 minutes après 30 minutes de préparation, suivi de 10 minutes de questions. Les jurys évaluent avant tout la capacité à problématiser, à structurer une réflexion et à mobiliser des connaissances sur l’ensemble du programme
Quelle erreur les candidats commettent-ils souvent à l’oral d’ESH ?
Beaucoup de candidats reproduisent à l’oral le schéma d’une dissertation écrite, avec une longue introduction. Or, les jurys attendent surtout une identification rapide des enjeux et une problématisation claire, sans récitation de cours.
Quel rythme de travail est recommandé pour viser l’excellence en ESH ?
Un travail régulier dès la première année est indispensable. L’ESH ne se prépare pas par à-coups : la réussite repose sur une constance dans l’apprentissage et la révision progressive du programme.
Comment réaliser des fiches efficaces en ESH ?
L’enseignant conseille de produire des synthèses successives, de plus en plus condensées, jusqu’à obtenir des fiches très épurées. À l’approche des concours, l’objectif est de ramener l’ensemble du programme à environ 150–160 pages exploitables rapidement.
Quels sont les critères qui font la différence pour atteindre une très haute note en ESH ?
Les meilleures copies se distinguent par la profondeur de l’analyse, une originalité maîtrisée, une excellente problématisation, une mobilisation pertinente de l’actualité et une grande rigueur formelle (structure, langage, références précises). C’est cet ensemble cohérent qui permet de viser l’excellence
L’ESH est une matière spécifique aux classes préparatoires économiques et commerciales qui combine trois disciplines : l’économie, la sociologie et l’histoire du monde contemporain. Cette matière vise à former les étudiants à une approche pluridisciplinaire des enjeux économiques et sociaux contemporains.
Le programme s’articule autour de quatre modules principaux. Comme l’explique Christophe Viscogliosi : « Il y a quatre modules : un premier module d’abord, sur les fondements de l’économie et de la sociologie, où l’on pose vraiment les bases du programme en économie et en sociologie. Il y a également une dimension micro-économique. Ensuite, il y a un deuxième module qui s’appelle croissance et développement. Le module 3, en deuxième année, porte sur la mondialisation économique et financière. Enfin, nous abordons le module 4, plutôt tourné vers les politiques économiques. »
L’ampleur du programme constitue un défi majeur. Christophe Viscogliosi précise : « Il y a à peu près une quarantaine de chapitres sur les deux années. Mon cours fait quasiment 2 000 pages, donc on ne peut pas comme ça décider au mois de janvier de 2026 de rattraper le temps perdu pour préparer les concours début avril. »
L’enseignant souligne également la spécificité de cette épreuve : « Ce que l’on demande aux élèves est quand même très compliqué. On souhaite qu’ils soient capables de faire le pont entre l’analyse économique, l’analyse historique, l’actualité, mais aussi de prendre de la hauteur. Lors des concours, ils sont interrogés sur un programme particulièrement vaste. À 20 ans, cela représente une épreuve vraiment exigeante. »
Les épreuves écrites
Les épreuves écrites d’ESH se déclinent en plusieurs banques d’épreuves. La principale distinction concerne l’épreuve HEC-ESSEC qui cible les écoles du haut de tableau, l’épreuve ECRICOME, qui regroupe sa propre banque d’épreuves, et l’épreuve BCE.
La durée des épreuves est généralement de 4 heures, un temps relativement court par rapport à l’ampleur des attendus.
Les épreuves orales
Les épreuves orales d’ESH concernent HEC et l’ESCP. Christophe Viscogliosi explique le déroulé de cette épreuve orale : « Il y a deux temps. La première étape concerne l’exposé d’une durée de 10 minutes à partir d’un sujet d’ESH (un seul sujet à HEC, deux sujets au choix à l’ESCP). Le sujet peut porter sur l’intégralité du programme des deux années. Le candidat dispose de 30 minutes de préparation. La seconde étape dure également 10 minutes. À HEC, Il y a 5 mn de questions sur l’exposé et 5 minutes de questions non préparées. À l’ESCP, Les 10 dernières minutes sont consacrées à des questions sur d’autres parties du programme que celles de l’exposé. Au cours de cette seconde étape, il y a régulièrement des questions de représentations graphiques en économie ».
L’enseignant précise une recommandation essentielle tirée du rapport 2025, mentionnant les attendus de l’oral ESH : « Sur ce rapport, il est indiqué que globalement, les élèves ont tendance à reproduire à l’oral, pendant les 10 premières minutes, l’écrit d’une dissertation ; ce qu’il ne faut pas faire. Les évaluateurs jugent surtout la capacité à problématiser et à présenter les enjeux principaux. Inutile donc par exemple de se lancer dans une longue introduction. «
Le jury attend également une réflexion personnelle plutôt qu’une récitation : « Beaucoup de candidats ont tendance à réciter des fiches de connaissances et ne pas suffisamment réfléchir au sujet. », observe le professeur.
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Maîtriser le programme par un travail régulier
La première clé de la réussite réside dans une approche méthodique et constante. Christophe Viscogliosi insiste : « Je crois qu’il faut surtout travailler assez régulièrement. En Prépa, on ne peut plus faire comme au lycée et rattraper le temps perdu au dernier instant. Je recommande donc aux étudiants de mettre en place un travail régulier, et cela dès la première année. »
La création de fiches de synthèse constitue un outil indispensable, mais avec une méthode particulière : « Il ne faut pas hésiter à faire des synthèses de synthèses de synthèses, jusqu’à arriver à des formes finalement assez épurées et faciles à manier au moment des révisions. Lors de la dernière ligne droite, si on compte quatre pages par chapitre, on doit arriver à 150, 160 pages. »
S’entraîner intensivement
L’entraînement régulier s’avère crucial. « Et encore davantage en deuxième année ; il faut s’entraîner constamment. », martèle Christophe Viscogliosi. L’enseignant recommande de faire des exercices courts sur un temps réduit. “Inutile de passer une heure sur chaque sujet ; il faut qu’en 20 minutes ressortent un plan et une problématique. L’idée, c’est vraiment d’avoir une méthodologie personnelle stabilisée”.
Pour faciliter cet entraînement, il existe des outils spécifiques. Christophe Viscogliosi recommande d’aller consulter directement « les sujets des oraux, publiés chaque année par HEC ».
Le professeur partage également une recommandation personnelle : une intelligence artificielle personnalisée qu’il a lui-même créée, avec un collègue de prépa : « Nous proposons aux étudiants une IA fermée, à partir de laquelle nos étudiants à nous peuvent s’entraîner. Ils y retrouvent de nombreux éléments de correction. »
Privilégier la compréhension à l’apprentissage par cœur
Une différence fondamentale sépare le lycée de la prépa. « En prépa, ce que l’on demande vraiment, c’est avant tout de comprendre, plus que d’apprendre par cœur, » souligne l’enseignant. « C’est vraiment un point crucial. Il faut essayer d’avoir une sorte de hauteur sur les contenus. »
Cette compréhension implique un travail de connexion entre les idées et de problématisation constante ; des compétences qui se développent par l’entraînement régulier.
Suivre l’actualité avec discernement
L’actualité occupe une place centrale en ESH en Prépa, particulièrement en deuxième année. « Le programme de deuxième année est vraiment très orienté vers l’actualité, » souligne Christophe Viscogliosi. Cependant, la qualité des sources est primordiale, note-t-il : « Il faut s’appuyer sur la presse nationale, éventuellement régionale, des chaînes et journaux d’actualité à la ligne éditoriale relativement objective. En tout cas, des médias qui ont une certaine légitimité, et non des influenceurs de piètre qualité, qui fleurissent de plus en plus sur les réseaux sociaux. »
L’enseignant recommande plusieurs ressources : « Je fais personnellement étudier mes élèves à partir du Monde ou encore Alternatives Économiques, l’Économie politique avec des revues d’économie politique reconnues, ainsi que des journaux spécialisés (Les Echos) ou magazines spécialisés, mais aussi des podcasts, des émissions de radios, en économie. »
L’enseignant glisse une recommandation supplémentaire : « Cette année, j’ai par exemple donné à lire aux élèves un livre Le monde confisqué de Arnaud Orain. On y trouve un ensemble d’analyses particulièrement pertinent, permettant d’aborder des questions économiques et commerciales, qui peuvent être reprises dans pas mal de sujets. »
Concernant les intelligences artificielles génératives ouvertes, pour Christophe Viscogliosi, la prudence s’impose : « Beaucoup d’erreurs et hallucinations persistent encore sur les IA, et cela mène souvent à des erreurs de sources. »
Les thématiques d’actualité prioritaires pour 2026
Christophe Viscogliosi identifie plusieurs axes majeurs : « L’Europe connaît une période de turbulences économiques particulièrement forte et fait face à des enjeux géopolitiques de puissance aujourd’hui. »
Autres thèmes importants en ESH : la démographie, la productivité et l’intelligence artificielle et les questions environnementales.
L’originalité maîtrisée
Pour se démarquer, notamment sur l’épreuve HEC-ESSEC jugée la plus discriminante, plusieurs éléments peuvent marquer une différence, observe Christophe Viscogliosi. « D’abord une certaine originalité. Mais la difficulté de l’originalité, c’est de ne pas non plus basculer dans le hors-sujet. Quand on peut apporter une réflexion personnelle et qu’on prend suffisamment de hauteur ou de recul sur un sujet, cette originalité peut vraiment être saluée. »
La profondeur de l’analyse
« L’un des éléments à ne pas sous-estimer est tout simplement de bien restituer un élément conceptuel ou une théorie, » insiste Christophe Viscogliosi. « Ce que je dis aux étudiants, c’est que lorsque l’on aborde une théorie et un concept, l’idée est ensuite d’être capable de restituer la complexité d’un concept ou d’une analyse. »
La différence se fait nettement entre certaines copies : « De nombreuses copies se contentent d’aborder le sujet uniquement en surface et sont donc un peu superficielles ; deux lignes sur une théorie ou un concept sont insuffisantes. Il faut être très vigilant de tenir une démonstration de A jusqu’à Z. »
La maîtrise formelle
Au-delà du fond, la forme compte : « Pour les copies d’un certain niveau, les éléments de forme peuvent marquer une petite différence, » note l’enseignant. Cela comprend « faire une bonne introduction, avoir des très bonnes accroches, bien problématiser, être capable de de rédiger des chapô introductifs”, de subtiles transitions, faire peu de fautes d’orthographe, soigner la présentation, avoir une copie qui soit aérée. »
Le langage utilisé compte également : « Bien s’exprimer, donc avoir une syntaxe qui soit claire. Et concernant les références, l’enseignant recommande : « Si vous citez un auteur, il faudrait idéalement parvenir à mentionner le nom du livre et l’année de référence. »
L’actualité mobilisée à bon escient
« La capacité à mobiliser l’actualité à bon escient et faire le pont entre théories, histoire et actualité représente un élément de différenciation majeur”, souligne Christophe Viscogliosi.
En ESH, viser une note d’excellence aux concours des prépas ECG ne relève ni du hasard ni d’un travail de dernière minute. La réussite repose sur un engagement régulier dès la première année et une maîtrise progressive d’un programme dense. Comme le rappelle Christophe Viscogliosi, l’enjeu central est moins d’accumuler des connaissances que de comprendre, problématiser et structurer une réflexion solide, adaptée aux attendus des jurys. À l’écrit comme à l’oral, ce sont la profondeur de l’analyse, la rigueur méthodologique et la mobilisation pertinente des concepts et des faits contemporains qui permettent de se distinguer. En ESH, l’excellence se construit dans la durée, par un travail exigeant, réfléchi et méthodique.
Crédit : Christophe Viscogliosi
