L’intelligence artificielle a-t-elle remis en cause le rapport des étudiants aux examens ? C’est l’une des questions que pose une étude IPSOS-BVA publiée en mai 2026 pour THEIA, spécialiste français de la digitalisation des examens. Menée auprès de 1 000 jeunes de 18 à 25 ans, elle révèle que 80 % d’entre eux utilisent l’IA chaque semaine, et que 2 sur 3 estiment que les examens ne reflètent pas fidèlement leur niveau. Ce n’est pas un rejet de l’apprentissage, mais une remise en question des modalités d’évaluation, à l’heure où la valeur du diplôme elle-même fait débat. Nous avons interviewé Flavien Reille CEO de THEIA, qui a pu répondre à nos questions dans cet article.
par Félix Guillaume
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L’étude dresse un état des lieux chiffré : 80 % des jeunes interrogés utilisent l’IA au moins une fois par semaine, un taux qui monte à 86 % parmi les étudiants. 41 % y recourent quotidiennement.
Pour autant, cet usage généralisé ne se traduit pas par un désintérêt pour la formation. 69 % des jeunes estiment qu’il faut apprendre encore plus qu’avant pour se démarquer de l’IA, et 57 % considèrent que l’apprentissage traditionnel reste utile. L’outil s’est imposé dans les usages sans pour autant effacer l’envie d’apprendre.
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Pourtant, le résultat est inquiétant : 66 % des sondés estiment que les examens actuels ne reflètent pas fidèlement leur niveau réel. Ce n’est pas l’apprentissage qui est remis en cause, mais la façon d’évaluer.
77 % des jeunes pensent qu’il faudrait apprendre différemment, en développant davantage le jugement et l’analyse plutôt qu’en mémorisant. Un constat qui rejoint les évolutions du marché du travail, où la capacité à raisonner et à s’adapter est de plus en plus valorisée par rapport à la restitution de connaissances.
L’étude identifie les critères jugés prioritaires pour garantir l’équité des évaluations :
- Les conditions de passage de l’examen : critère numéro un pour 88 % des sondés
- L’évaluation du raisonnement plutôt que la restitution de connaissances : citée par 86 % des répondants
- L’homogénéité de la correction : attendue par 85 % des jeunes
- Le contrôle continu : soutenu par 82 % des sondés
Ces attentes dessinent un modèle d’évaluation différent de celui qui prévaut aujourd’hui plus ancré dans les situations réelles de travail, moins centré sur la mémoire à court terme.
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Sur les examens sur ordinateur, les avis sont nuancés. Les jeunes en reconnaissent les avantages : possibilité de réorganiser sa réponse (44 %), confort de rédaction (39 %), meilleure équité dans la correction (36 %).
Mais des réserves persistent. 51 % craignent les problèmes techniques, et 50 % redoutent d’être soupçonnés d’avoir utilisé une IA, une peur du doute autant que de la sanction.
Sur la question de la triche, les chiffres sont élevés : 54 % des jeunes admettent avoir utilisé l’IA de façon non autorisée lors d’un examen, et 65 % reconnaissent avoir contourné des règles sans recourir à l’IA. La triche précède l’IA ; celle-ci l’a rendue plus difficile à détecter et à prouver.
Pour Flavien Reille, CEO de THEIA : « Cette étude vient confirmer une réalité : l’IA a été massivement adoptée par les étudiants, qui s’en saisissent au quotidien dans le cadre de leurs études. Pour autant, les jeunes sont toujours avides d’apprendre et de se former, mais ils veulent le faire autrement. L’étude met surtout en lumière un sujet prégnant : le manque perçu de représentativité des examens. »
Il ajoute que « La modernisation des examens ne passe pas par une opposition entre présentiel et distanciel, mais par une rigueur retrouvée dans la conception de chaque épreuve. »
Les résultats soulèvent une question de fond : si deux tiers des étudiants doutent que leurs examens reflètent leur niveau, que vaut le diplôme comme indicateur de compétences sur le marché du travail ?
58 % des jeunes estiment d’ailleurs que le diplôme n’est pas indispensable à la réussite professionnelle. Un chiffre cohérent avec la progression des certifications, des portfolios de compétences et des recrutements basés sur les aptitudes plutôt que les titres.
Pour les établissements d’enseignement supérieur, la question posée par cette étude est celle de la conception même des épreuves : mesurent-elles ce qu’elles sont censées mesurer à la fois le raisonnement, l’analyse, la mobilisation des connaissances en situation ou seulement la capacité à restituer un cours ?
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L’étude révèle que 2 jeunes sur 3 estiment que leurs examens ne reflètent pas leur niveau réel. Ce chiffre vous a-t-il surpris ou confirme-t-il des signaux que THEIA percevait déjà sur le terrain ?
Ni vraiment surpris ni totalement attendu. On savait qu’il y avait une défiance mais on imaginait qu’elle était surtout portée par les étudiants en difficulté. Or c’est exactement l’inverse. Plus les jeunes sont diplômés plus ils sont critiques. 67% chez les Bac+5. Ce sont les plus engagés dans leurs études qui demandent le plus fort que ça change. C’est un signal puissant et plutôt rassurant. Cette génération n’a pas baissé les bras. Elle a juste haussé son niveau d’exigence vis-à-vis du système.
54 % des jeunes interrogés admettent avoir triché en utilisant l’IA. Comment les établissements que vous accompagnez réagissent-ils face à ce constat ? Observe-t-on une accélération des demandes de modernisation des dispositifs d’évaluation ?
Oui très clairement. Les écoles et universités qu’on accompagne ne sont plus dans le déni. La question n’est plus « est-ce que ça arrive chez nous ». Elle est devenue « comment on s’organise ». On voit deux mouvements. Un retour assumé du présentiel pour les examens à enjeux. Et un travail de fond sur les sujets eux-mêmes pour qu’ils résistent à l’IA. Pas par interdiction mais par conception. Quand un sujet demande du raisonnement situé, l’IA n’apporte plus d’avantage décisif.
Les étudiants plébiscitent l’évaluation du raisonnement plutôt que la restitution de connaissances (86 %). Concrètement comment cela se traduit-il dans la conception des examens que THEIA opère ?
Concrètement ça veut dire moins de QCM pur et plus de mises en situation. Des études de cas. Des oraux structurés. Des soutenances. La plateforme Theia gère tous ces formats. Texte long. Code. Schémas. Dossiers documentaires. ECOS pour les filières médicales. La technique permet de revenir à ce qu’on faisait de mieux dans l’évaluation traditionnelle. Demander à l’étudiant de penser un problème. Pas de réciter une fiche.
La crainte d’être soupçonné d’avoir utilisé l’IA est citée par 50 % des répondants. Quelles solutions technologiques ou méthodologiques THEIA met-elle en place pour répondre à cette anxiété côté étudiants comme côté correcteurs ?
C’est le résultat qui m’a le plus marqué dans l’étude. Un jeune sur deux a peur d’être accusé à tort. 62% chez les Bac+5. Le travail honnête est devenu suspect par défaut. La réponse n’est pas dans la surveillance plus intrusive. Les jeunes la rejettent à 58%. Elle est dans la traçabilité du travail. Concrètement chez Theia on enregistre côté serveur le déroulé d’une composition. Cela permet aux étudiants comme aux correcteurs de prouver l’authenticité du travail rendu sans culpabiliser personne par défaut.
Au-delà des chiffres quelle est selon vous la transformation la plus urgente à opérer dans le système d’évaluation français et quel rôle THEIA entend-elle jouer pour l’accélérer ?
La transformation la plus urgente c’est de remettre la décision d’évaluation au centre. Et de cesser d’opposer le numérique et l’humain. Une note engage le diplôme et donc une trajectoire de vie. Elle ne se délègue pas à un algorithme. Mais elle peut être mieux préparée et mieux contrôlée grâce au numérique. Notre rôle chez Theia c’est d’apporter aux établissements les outils qui permettent ça. Un cadre stable. Une docimologie rigoureuse. Une équité de correction. On n’est pas là pour remplacer ce qui marche. On est là pour réparer ce qui s’est fragilisé avec l’arrivée de l’IA.
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