Parcoursup, places en BTS et BUT, financement : France Universités salue un « premier pas » du gouvernement, mais réclame davantage
Deux jours après les annonces du gouvernement en réponse à la mobilisation des lycéens et des étudiants partout en France, France Universités a partagé un communiqué ce mercredi 28 octobre. L’association des présidents d’universités y voit un premier pas et approuve la création de 14 000 places en BTS et en BUT, ainsi que l’enveloppe consacrée au bâti universitaire. Cependant, elle émet de nombreuses réserves : la question du sous-financement des universités, la répartition des postes créés pose question et aucun engagement ferme n’a été pris sur le financement de la réforme de l’accès aux études de santé.
Par Aymeric Cadoret
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La mobilisation des lycéens et étudiants qui court depuis le 25 septembre 2026 dénonce principalement le manque de moyens dans l’Éducation nationale et l’Enseignement supérieur, et les critiques se sont rapidement portées sur Parcoursup. Après une dizaine de jours, le Premier ministre Sébastien Lecornu a confié cinq chantiers au ministre de l’Éducation nationale, dont l’orientation. Le lundi 26 octobre, un mois après le début du mouvement, le Premier Ministre a présenté une série de mesures avec Édouard Geffray, ministre de l’Éducation nationale, et Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, avec notamment le remplacement de Parcoursup pour la session 2028.
Une position déjà exprimée avant les annonces
France Universités, qui rassemble les présidents d’universités et d’établissements publics d’enseignement supérieur et de recherche, s’était exprimée dès le dimanche 25 octobre. L’association soutenait alors les jeunes mobilisés tout en estimant que la seule suppression de Parcoursup ne réglerait pas les difficultés. Elle attribuait les tensions à l’entrée du supérieur à une politique globale de réduction des moyens, et mettait en garde contre une suppression sans solution de remplacement, qui pénaliserait les bacheliers de l’été suivant. Le lendemain, la Conférence des directeurs des écoles françaises de management (CDEFM) défendait une position proche : améliorer l’outil plutôt que le supprimer. Les deux prises de position sont détaillées dans notre article consacré à leurs propositions.
Des mesures jugées insuffisantes à ce stade
Le communiqué du 28 octobre prolonge cette ligne. France Universités reconnaît que les mesures du gouvernement tiennent en partie compte des attentes exprimées par les lycéens et les étudiants, mais juge la réponse encore en deçà des enjeux et demande la poursuite de la concertation. Sur les sujets qui concernent directement les universités, plusieurs mesures sont approuvées, tandis que d’autres soulèvent encore des questions ou restent sans financement précis.
14 000 places supplémentaires et un écart relevé dans les créations de postes
France Universités approuve l’ouverture de 10 000 places en BTS et de 4 000 places en BUT prévues sur les rentrées 2027 et 2028, et juge leur financement correct. Elle relève toutefois un déséquilibre dans la répartition des postes : l’amendement au budget 2027 prévoit 204 postes pour les BUT et la nouvelle licence accès santé, contre 1 264 postes d’enseignants pour les BTS, soit six fois plus. L’association attend encore davantage d’explications du gouvernement sur cet écart.
Le financement des places existantes toujours en suspens
Pour France Universités, ouvrir des places ne suffit pas. Comme le soulignent les présidents d’universités, « le sous-financement chronique des universités, mis en évidence par les Assises du financement des universités, reste sans réponse », et l’association demande que les places existantes soient elles aussi correctement financées, et pas seulement celles qui seront créées. La plupart des universités ne peuvent pas, ou trop peu, recruter d’enseignants-chercheurs pour des raisons d’équilibre budgétaire, ce qui limite l’encadrement des étudiants.
De plus, le gouvernement a confirmé que la licence accès santé remplacera le PASS et la LAS à la rentrée 2027, avec 1 000 places dédiées. Mais France Universités attend toujours des annonces précises sur le financement de cette réforme. Or, dans plusieurs établissements, elle modifie l’ensemble du premier cycle et nécessite des moyens supplémentaires pour former les futurs professionnels de santé.
| Mesure | Annonce du gouvernement | Position de France Universités |
|---|---|---|
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Places en BTS et BUT
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10 000 en BTS, 4 000 en BUT
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Approuvé
Financement jugé correct
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Créations de postes
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204 dans les universités, 1 264 pour les BTS
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Réserves
Écart à expliquer
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Accès aux études de santé
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Licence accès santé à la rentrée 2027
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En attente
Financement à préciser
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Immobilier universitaire
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Plus de 200 M€ dès 2027, 1 Md€ d'ici 2029
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Approuvé
Effort à prolonger
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Bourses sur critères sociaux
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Indexation dès la rentrée 2027
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Réserves
Vigilance sur les barèmes
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Infrastructures et bourses étudiantes : des mesures à inscrire dans la durée
Le gouvernement prévoit un milliard d’euros d’ici 2029 pour les sites universitaires, dont plus de 200 millions dès 2027. Ces annonces rejoignent les demandes formulées dans le Manifeste de France Universités, publié le 20 octobre. Selon l’association, cette première enveloppe permettra surtout de traiter les urgences, notamment les bâtiments qui doivent fermer pour des raisons de sécurité, et d’engager l’adaptation des locaux. Elle prévient que l’effort devra être maintenu sur plusieurs années.
Concernant les bourses, France Universités relève la décision de les revaloriser et de les indexer sur l’inflation. Elle demande toutefois d’éviter que les barèmes ne produisent des effets négatifs sur l’éligibilité des étudiants et sur le niveau des aides, et souhaite que la campagne présidentielle permette d’aller plus loin.
Sur Parcoursup, France Universités maintient sa position défendue depuis le début du mouvement. Pour l’association, la plateforme révèle les incohérences des politiques menées depuis plusieurs années plus qu’elle ne les provoque. Elle admet que l’outil doit évoluer, voire être transformé, mais refuse qu’il serve uniquement à masquer les causes du malaise exprimé par les lycéens. Elle souligne aussi que les mesures annoncées demanderont un effort supplémentaire aux équipes pédagogiques, dont la valorisation n’a pas été abordée.
Un calendrier de réforme encore incertain
Côté gouvernement, plusieurs points restent à préciser. Une concertation ouverte le 21 octobre et présidée par Gilles Roussel, président du comité éthique et scientifique de Parcoursup et de Mon Master, doit déboucher sur les recommandations d’un comité de réforme d’ici fin novembre, et les propositions sur le contrôle continu ne sont attendues qu’en janvier 2027. Neuf des onze mesures de transparence annoncées s’appliqueront dès la session 2027, avant la mise en place d’un nouveau système d’admission en 2028. Un projet de loi pourrait suivre, mais son adoption avant la fin du quinquennat n’est pas garantie. Sébastien Lecornu a lui-même fait part de sa crainte de « faire naître une nouvelle angoisse dans le pays », comme il l’a expliqué dans l’entretien accordé à Thotis. Pour les élèves de terminale, la session 2027 se déroulera donc encore sur Parcoursup.
Un appel à des États généraux de la jeunesse
France Universités estime enfin que la situation des jeunes ne se limite pas à l’éducation et à la formation. Le travail, la santé, le social, l’économie, l’industrie et la transition écologique sont également concernés. L’association renouvelle donc sa demande d’États généraux de la jeunesse, afin que le sujet occupe une place centrale dans la campagne présidentielle et que les candidats prennent position clairement et rapidement.
