« Le diplôme ne signe plus la fin de la relation avec nos étudiants » : avec IÉSEG Tomorrow, l’école veut devenir leader de la formation tout au long de la vie
À l’occasion de sa conférence de presse de rentrée tenue ce lundi 22 septembre, l’IÉSEG School of Management a dévoilé « IÉSEG Tomorrow », un plan de transformation en profondeur de son modèle, qui sera déployé dès juin 2027. L’ambition de l’école de management : passer du statut de leader du post-bac à celui de leader de la formation « tout au long de la vie ». Pour mener cette transformation, l’IÉSEG entend s’appuyer sur ses fondamentaux et sur la solidité de son modèle, tout en repensant la manière dont elle accompagne ses étudiants et diplômés au fil de leur parcours.
Retour sur ce changement de paradigme, présenté à trois voix par Caroline Roussel, directrice générale, Christophe Catoir, président du conseil d’administration, et Maria Castillo, directrice des projets stratégiques de développement.
Par Valentine Dunyach
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Avant de dessiner l’IÉSEG de demain, Caroline Roussel a dressé le portrait d’une école qui “se porte bien” : « Attractive, solide » dans ses deux programmes post-bac phares, le Programme Grande École et le Bachelor in International Business, l’IÉSEG affiche 125 millions d’euros de budget cette année, à l’équilibre et même légèrement excédentaire.
La directrice générale de l’IÉSEG, revendique la place de leader du post-bac en France de l’IÉSEG, avec un PGE classé numéro un des programmes en cinq ans dans les classements nationaux et 24e meilleur Master in Management 2026 selon le classement international du Financial Times (FT).
C’est précisément parce que ses fondations sont solides que la business school choisit d’innover maintenant. « Quand tout va bien, il faut changer », résume Christophe Catoir, président Monde d’Adecco et président du conseil d’administration de l’IÉSEG, face à la presse.
Caroline Roussel confirme : « Se transformer n’est pas une option, c’est la condition indispensable pour garder notre destin en main et décider de notre futur plutôt que de le subir. Pour cela, nous allons nous appuyer sur nos forces : notre indépendance, notre solidité financière, notre capacité à innover, la réputation de notre marque, la reconnaissance de nos programmes dans tous les classements français et internationaux, l’expertise de nos professeurs et la confiance de nos étudiants, de leurs parents, de nos diplômés et de nos entreprises partenaires. »?
Le PGE de l’IÉSEG, « une valeur sûre » dans un monde incertain
Dans un monde bouleversé et face aux incertitudes technologiques, géopolitiques et démographiques, la directrice générale de l’IÉSEG défend le temps long du Programme Grande École en cinq ans : « Un jeune, à dix-sept ans, a besoin de points de repère. Le PGE de l’IÉSEG lui permet de les avoir, de découvrir qui il est, de se construire, d’essayer, d’échouer, de retenter, d’expérimenter. » Avec plus de dix mois de stage et un minimum de douze mois à l’international sur cinq ans, le programme doit permettre à chacun de « trouver sa voie professionnelle ».
Le projet éducatif dépasse la seule acquisition des compétences ; il s’agit, pour l’IÉSEG, de « former un futur professionnel et un citoyen doté d’un solide esprit critique, de capacités d’analyse, de capacités à identifier les fake news », pour l’équiper « aussi pour sa vie de citoyen et sa vie personnelle ». « Plus que jamais, intégrer un Programme Grande École est une valeur sûre pour les étudiants et leurs familles », abonde Caroline Roussel.
L’IÉSEG capitalise sur ses forces historiques
Caroline Roussel a rappelé les quatre piliers sur lesquels l’école entend s’appuyer pour déployer son ambition. Le premier : la qualité académique : « une formation de qualité conduit à une insertion professionnelle de qualité ».
Le deuxième pilier : une pédagogie innovante et expérientielle, centrée sur le « faire » : projets réels d’entreprise, stages, alternance, travail sur les soft skills. L’IA y tient désormais une place centrale au sein de l’IÉSEG : 100 % des étudiants sont formés à ses usages, à l’image du cours de vente où ils s’entraînent via MuchBetter, une plateforme de simulations commerciales enrichie par l’IA.
Troisième axe fondamental : l’internationalisation. Cours en anglais, professeurs et étudiants internationaux, mais aussi 1 600 étudiants en séjour académique et 1 900 stages réalisés à l’étranger chaque année témoignent de cette ambition.
Enfin, l’insertion professionnelle, qui fait l’objet d’un dispositif « musclé et renforcé chaque année » : 6 000 heures de Programme Carrière crédité et obligatoire, 85 experts métiers spécialisés par secteur, plus de 18 mois d’expérience professionnelle en fin de cursus pour un étudiant du PGE. 94 % des diplômés du PGE de l’IÉSEG trouvent leur premier emploi en moins de cinq mois, à un salaire moyen de 52 037 euros, primes incluses.
« Nos statistiques d’insertion professionnelle sont bonnes, se maintiennent, voire progressent sur les salaires au premier emploi », souligne Caroline Roussel.
94 % des diplômés du PGE trouvent un premier emploi en moins de cinq mois, pour un salaire moyen de 52 037 euros, après plus de 18 mois d’expérience professionnelle.
Un recrutement stabilisé et des investissements assumés
Côté recrutement, la rentrée 2026 confirme la stratégie de l’école : 1 200 étudiants recrutés en première année du PGE, un chiffre stabilisé depuis quatre ans. Malgré une tension sur les candidatures post-bac, le taux de conversion des admis reste élevé. Le Bachelor poursuit sa croissance, avec 38 % de candidats intégrés en plus et 40 % d’étudiants internationaux. Cette dynamique permet à l’IÉSEG de poursuivre ses investissements, notamment à l’international avec son premier campus à Montréal, dont les effectifs passeront de 50 à 100 étudiants en septembre 2027.
L’école renforce également l’accompagnement des étudiants avec deux Career Centers à Lille et Paris, un bootcamp de fin d’études et un Programme Carrière représentant 1,3 million d’euros d’investissement annuel. Enfin, l’IÉSEG investit 600 000 euros dans l’EdTech Compleducation pour développer un tuteur IA personnalisé, disponible en 25 langues et sept jours sur sept, en complément de l’accompagnement pédagogique.
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Reste que le monde du travail change, et vite. Dans un contexte d’évolutions technologiques accélérées, la durée de vie moyenne d’une compétence technique ne dépasse plus deux ans. Selon le Future of Jobs Report 2025 du World Economic Forum, cité par l’IÉSEG, 44 % des compétences professionnelles seront dépassées dans les cinq prochaines années et 59 % des travailleurs auront besoin d’une reconversion ou d’une montée en compétences d’ici 2030, alors qu’un sur cinq n’y aura pas accès.
44 % des compétences seront dépassées dans les cinq prochaines années et 59 % des travailleurs auront besoin d’une reconversion d’ici 2030, alors qu’une compétence technique ne vit plus que 2 ans.
« Il fut un temps où l’on pouvait considérer qu’un bagage initial permettait de traverser une vie professionnelle. Ce temps-là est révolu dans de nombreux secteurs d’activité », observe Christophe Catoir. Le dirigeant d’Adecco y voit moins une menace qu’une opportunité, dans un contexte où il constate au quotidien « la déconnexion entre les compétences disponibles et celles attendues par les entreprises ».
Pour lui, l’essor de l’IA et des humanoïdes ne pose pas tant la question de la disparition des emplois que celle de la capacité des travailleurs à s’approprier ces évolutions : « Le plus grand risque sur le marché de l’emploi, c’est d’avoir des personnes qui ne se seront pas approprié ces tendances. »
Face à ces transformations, les entreprises sont contraintes de répondre à plusieurs enjeux : renforcer les compétences humaines, permettre aux salariés de s’approprier concrètement les nouvelles technologies et repenser les méthodes pédagogiques. Une nécessité que Christophe Catoir résume ainsi : « Notre société n’a jamais eu autant besoin de formation qu’aujourd’hui. »
Prolonger l’accompagnement des étudiants bien après le diplôme
C’est le cœur d’IÉSEG Tomorrow : un changement structurel de la proposition de valeur de l’école. « On veut être le premier établissement en France et, à ma connaissance, dans le monde, à prendre un engagement sur la formation initiale, mais aussi à inclure dans le contrat de départ de l’étudiant la possibilité de disposer de tous les contenus mis à jour […] pour s’approprier les compétences dont il aura besoin pour la suite », annonce Christophe Catoir.
« Les diplômes ne sont plus la fin de la relation avec nos étudiants. L’objectif est de créer un nouveau partenariat dans la durée », confirme Maria Castillo, directrice des projets stratégiques de développement. Pour elle, une Grande École doit désormais s’interroger sur ce qu’elle apporte à ses diplômés cinq, dix ou vingt ans après leur diplomation, ainsi qu’aux entreprises qui les emploient. À partir de juin 2027, tous les étudiants en dernière année, quel que soit leur programme, auront ainsi accès gratuitement pendant cinq ans à une marketplace de contenus de formation.
Concrètement, l’IÉSEG déploiera à partir de l’été 2027 une plateforme digitale propulsée par l’IA, présentée non comme « une bibliothèque de contenus » mais comme « un écosystème d’apprentissage modulaire, flexible et ultra personnalisé ».
L’offre sera structurée autour de cinq formats complémentaires : des capsules courtes (1h à 3h), du micro-learning (4h à 8h), des cours de format classique (9h à 14h), des micro-certifications (2 à 4 jours) et des certificats (5 à 12 jours), disponibles en présentiel, hybride ou digital. Les thématiques couvriront aussi bien les transformations stratégiques des entreprises (intelligence artificielle, cybersécurité, RSE) que des sujets transversaux comme le leadership, la négociation, la géopolitique ou l’entrepreneuriat.
| Format | Durée | Modalités |
|---|---|---|
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Capsule courte
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1h à 3h |
Présentiel, hybride ou digital
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Micro-learning
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4h à 8h |
Présentiel, hybride ou digital
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Cours de format classique
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9h à 14h |
Présentiel, hybride ou digital
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Micro-certification
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2 à 4 jours |
Présentiel, hybride ou digital
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Certificat
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5 à 12 jours |
Présentiel, hybride ou digital
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La logique est celle de la « stackabilité » s’apparente à la méthode des briques de Lego, pour Maria Castillo. Les compétences viennent s’empiler, pour construire un parcours vraiment individualisé », illustre Maria Castillo. « Chaque module validera une compétence spécifique qui, combinée avec d’autres, permettra de valider un parcours certifiant, voire diplômant. Cette approche permettra à chacun de se former au moment où il en a besoin, sur les sujets dont il a besoin, à son rythme, sans renoncer à une ambition de long terme. »
Ses trois mots-clés : « flexibilité, ultra-personnalisation, et l’humain au centre de tout cela ».
Le dispositif a déjà été éprouvé : lors de l’Université d’été 2026, véritable laboratoire pédagogique de l’école, 107 participants ont obtenu l’une des six micro-certifications proposées. Les micro-certificats « Mastering AI for Strategic Success Business », « Reprise d’entreprise » et « Coaching & Mentoring » seront lancés progressivement, et les certificats « Strategic Negotiation » et « Women Leadership » viendront enrichir le portefeuille existant.
5 millions d’euros investis à horizon 2030, un business model en construction
L’IÉSEG investira 5 millions d’euros à horizon 2030 dans IÉSEG Tomorrow, dont 1,5 million pour la marketplace, qui hébergera à terme plus de 500 contenus dans 20 domaines d’expertise. Plus de 150 professeurs, diplômés et experts métiers participeront à la création des modules, avec l’ambition de « créer une convergence entre l’expertise académique et pédagogique de l’IÉSEG et l’expertise professionnelle, l’expertise terrain », selon Maria Castillo. Le reste de l’investissement sera consacré à la production de contenus, aux recrutements et à la plateforme technique.
Après les cinq années offertes aux jeunes diplômés, la marketplace sera progressivement commercialisée auprès des entreprises et des particuliers, avec un modèle flexible : « pay as you go », packages ou crédits proposés par les entreprises à leurs salariés.
À l’horizon 2030, l’IÉSEG vise 5 000 apprenants formés et 10 % de son budget issus de la formation tout au long de la vie.
5 millions d’euros investis, plus de 500 contenus de formation et 5 000 apprenants formés visés à horizon 2030.
« C’est à nous, IÉSEG, de nous adapter aux besoins en éducation »
En conclusion, Caroline Roussel a replacé cette transformation dans un contexte plus large : « C’est à nous, IÉSEG, de nous adapter aux besoins en matière d’éducation. Ce besoin est énorme, en France et à l’international. » L’école entend ainsi se positionner comme acteur majeur du marché de la formation tout au long de la vie, sans rien céder sur son segment historique du post-bac. La directrice générale a également appelé à renforcer la lisibilité de l’offre d’orientation sur Parcoursup, qui compte 25 000 formations, notamment sur la qualité des cursus et l’insertion professionnelle.
« Notre objectif est que, d’ici trois ans, l’école soit également l’une des institutions les plus innovantes dans la façon d’accompagner les individus et les entreprises tout au long de leur vie professionnelle. C’est cette IÉSEG-là que nous sommes en train de construire, ensemble, et c’est ce qui constituera le socle de notre prochain plan stratégique. »
