Blocus des lycées : Sébastien Lecornu fixe cinq chantiers face aux revendications des élèves

Blocus des lycées : Sébastien Lecornu fixe cinq chantiers face aux revendications des élèves

Onze jours après le début du blocus de nombreux lycées en France, le gouvernement annonce plusieurs mesures. Dans une lettre adressée dimanche 4 octobre à plusieurs de ses ministres et rendue publique sur les réseaux sociaux, Sébastien Lecornu fixe cinq chantiers, du remplacement des enseignants absents à la révision de Parcoursup, et s’engage sur de premières décisions chiffrées avant la fin du mois. Le Premier ministre demande dans le même temps que les cours reprennent dès ce lundi 5 octobre partout où la sécurité le permet. Lundi à la mi-journée, le ministère de l’Éducation nationale recensait 413 établissements touchés, en cours ou passés, par des actions de blocage ou des perturbations.

Par Valentine Dunyach

 

 

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Une feuille de route en cinq axes, des décisions avant fin octobre

Le document tient en une consigne et un calendrier. La consigne, d’abord : « Dès cette semaine, vous lancerez dans chaque Académie un traitement prioritaire du remplacement des absences longues et des postes non pourvus », écrit le chef du gouvernement à ses ministres. Le calendrier, ensuite : « Avant fin octobre 2026, les premières décisions seront présentées avec leur financement et leur calendrier. »

Entre les deux, cinq chantiers que Sébastien Lecornu présente comme issus « des sujets remontés des conseils académiques de la vie lycéenne, réunis ces derniers jours ». Leur pilotage est confié au ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray.

Le premier axe répond directement à la question des professeurs absents : il s’agit, selon les termes de la lettre, d’« assurer les cours » et de doter les équipes des moyens nécessaires à la réussite des élèves. Le deuxième touche aux locaux. Le Premier ministre réclame des conditions d’enseignement « dignes » et veut que les lycées soient préparés aux épisodes de fortes chaleurs. Une visioconférence réunira dès le 6 octobre plusieurs ministres et les présidents des conseils régionaux « pour fixer une méthode commune » sur ce sujet.

Le troisième chantier ouvre le dossier des emplois du temps : leur organisation sera passée en revue avec les personnels et les représentants élus des lycéens, afin d’identifier ce qui peut être amélioré. Le quatrième concerne l’orientation. Sébastien Lecornu veut la rendre « compréhensible et réellement accessible », et charge les ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur de proposer, avant fin octobre, « des améliorations réelles pour la campagne 2027 » de Parcoursup. Le cinquième, enfin, donne la parole aux conseils de la vie lycéenne, qui seront consultés sur trois sujets du quotidien des élèves : l’organisation du temps scolaire, le règlement intérieur et les conditions de vie dans l’établissement.

Les cinq chantiers de Sébastien Lecornu, pilotés par le ministre de l’Éducation nationale :

  • Assurer les cours : remplacement prioritaire des enseignants absents et pourvoi des postes vacants, à lancer dès cette semaine dans chaque académie.
  • Des conditions d’enseignement « dignes » : préparation des lycées aux fortes chaleurs, avec une visioconférence le 6 octobre entre plusieurs ministres et les présidents de région.
  • Revoir les emplois du temps : examen des améliorations possibles avec les personnels et les élus lycéens.
  • Une orientation « compréhensible et réellement accessible » : des améliorations de Parcoursup pour la campagne 2027, à proposer avant fin octobre.
  • Consulter les conseils de la vie lycéenne : sur le temps scolaire, le règlement intérieur et les conditions de vie dans les établissements.

Les premières décisions, avec leur financement et leur calendrier, doivent être présentées avant fin octobre 2026.

Reprise des cours dès ce lundi, « au cas par cas »

L’autre volet de la lettre concerne le retour en classe. « À partir de ce 5 octobre 2026, les cours devront reprendre partout où la sécurité et l’état des locaux le permettent, en tenant compte au cas par cas de la situation locale », écrit dans sa publication Sébastien Lecornu. La reprise « pourra être progressive, en priorité pour les terminales et les autres classes à examen ».

Les chefs d’établissement sont placés en première ligne. Il leur revient d’organiser, avec les équipes pédagogiques, « les modalités exactes de la reprise et des échanges avec les élèves, notamment dans les établissements qui ont été concernés par des actes de violence ou de destructions ». Recteurs et préfets, en lien avec les élus régionaux et les maires, doivent les épauler. Chaque lycée dont les cours en présentiel restent suspendus « devra disposer d’une perspective de reprise », et les familles en être informées. Le soutien psychologique, administratif et juridique mis en place pour les personnels éprouvés « doit être prolongé autant que nécessaire ».

Un mouvement né le 25 septembre contre le manque de moyens

La réponse gouvernementale intervient après une semaine et demie de mobilisation. Le mouvement de blocus des lycées a démarré le 25 septembre pour dénoncer le manque de moyens dans les établissements. Les cinq chantiers retenus par le Premier ministre en donnent, en creux, la liste des griefs : enseignants absents non remplacés, postes vacants, conditions matérielles, emplois du temps et orientation post-bac.

Onze jours après le début du blocus, 413 lycées ont été concernés à un moment ou à un autre par des actions ou des perturbations, et le Premier ministre ouvre 5 chantiers.

Le bilan dressé par le ministère lundi midi, 413 lycées concernés à un moment ou à un autre par des actions ou des perturbations, donne la mesure de la contestation. Celle-ci s’est aussi accompagnée de débordements. La lettre du Premier ministre évoque des établissements « concernés par des actes de violence ou de destructions », des élèves et des personnels agressés, ainsi que des policiers et des gendarmes blessés. Le ministre de l’Éducation nationale lui-même s’est gardé d’assimiler les lycéens mobilisés aux auteurs de ces violences, comme il le déclarait sur BFMTV le 2 octobre.

« Beaucoup de lycéens se font confisquer leur mouvement par des casseurs, donc je resterais plus prudent« 

Édouard Geffray – Ministre de l’Éducation nationale – sur BFMTV, le 2 octobre 2026

Fermeté face aux violences : le projet de loi « casseur-payeur » accéléré

À la main tendue sur les moyens répond un discours de fermeté sur l’ordre public. « Dans le même temps, nous ne céderons rien à la violence : soutien aux élèves et personnels agressés, aux policiers et gendarmes blessés. Nous accélérons en parallèle l’examen du projet de loi casseur-payeur pour faire supporter aux auteurs des dégradations le coût de leurs actes », a déclaré Sébastien Lecornu sur X.

Dans sa feuille de route, le Premier ministre indique conduire ce travail avec le ministre de l’Intérieur et le garde des Sceaux. L’objectif est de « mieux faire supporter aux auteurs de dégradation le coût des dommages causés », car « le contribuable n’a pas à supporter cela, d’autant plus dans le contexte difficile que connaissent nos finances publiques ». Le texte sera examiné en première lecture au Sénat le 27 octobre.

Le 2 octobre, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, annonçait sur X avoir « confirmé, par circulaire, la nécessité d’une réponse pénale ferme et rapide contre les violences commises en marge des blocages de lycées ». Le projet de circulaire s’articule autour de trois priorités. D’abord, la rapidité : les procureurs sont invités à demander, pour chaque mineur poursuivi, des mesures éducatives ou de sûreté proportionnées aux faits et à son profil, puis à s’assurer qu’elles sont réellement appliquées sans délai. Ensuite, la responsabilisation des familles : les parents seront convoqués et devront être présents à chaque étape de la procédure judiciaire visant leur enfant. Enfin, la place des victimes : elles seront systématiquement averties, de façon à pouvoir se porter partie civile et engager la responsabilité civile des familles concernées.

Ce qu’il faut suivre

Échéance Rendez-vous Ce qui est attendu
Lundi 5 octobre 2026
Reprise des cours
Les proviseurs organisent la reprise, classe par classe, en commençant par les terminales
Mardi 6 octobre 2026
Visioconférence
Ministres et présidents de région sur les locaux scolaires et les fortes chaleurs dans les lycées
Avant fin octobre 2026
Premières décisions
Financement, calendrier et ajustements promis pour Parcoursup 2027
Mardi 27 octobre 2026
Sénat
Examen en première lecture du projet de loi « casseur-payeur »

Le calendrier fixé par le Premier ministre s’étale sur trois semaines. Dès ce lundi, les proviseurs doivent organiser la reprise, classe par classe, en commençant par les terminales. Mardi 6 octobre, les ministres et les présidents de région se retrouveront en visioconférence sur le sujet des locaux scolaires et des fortes chaleurs dans les lycées. Avant la fin du mois, le gouvernement doit présenter ses premières décisions, leur financement et leur calendrier, dont les ajustements promis pour Parcoursup 2027. Le 27 octobre, le Sénat ouvrira l’examen du projet de loi « casseur-payeur ». Reste à savoir si ces engagements suffiront à convaincre les lycéens de lever les blocus, alors que plus de 400 établissements restaient perturbés lundi midi.

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