Frais d’inscription en BTS et classes préparatoires : le gouvernement fait marche arrière face à la mobilisation lycéenne
Des frais d’inscription en BTS et en classes préparatoires pour les étudiants non boursiers ? La mesure, discutée jeudi 1er octobre au matin dans le projet de loi de finances, n’aura tenu qu’une journée. Le soir même, sur le plateau du journal télévisé de France 2, le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray a confirmé son abandon, alors que des lycéens et des étudiants se mobilisaient dans de nombreuses établissements français. Combien auraient coûté ces droits d’inscription, qui était concerné, pourquoi le gouvernement recule-t-il ? Voici ce qu’il faut retenir.
Par Valentine Dunyach
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Tout commence jeudi 1er octobre au matin, avec la présentation du projet de loi de finances (PLF) pour 2027. Parmi les mesures annoncées figure une nouveauté pour deux filières post-bac jusqu’ici gratuites : les sections de technicien supérieur (STS), qui préparent au BTS, et les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE). Le texte prévoit la mise en place, à compter de la rentrée 2027, d’une contribution annuelle de 178 euros pour les étudiants en BTS et de 270 euros pour ceux inscrits en prépa.
Seuls les étudiants non boursiers seraient concernés. Les boursiers, qui représentent 25 % des effectifs en CPGE et 53 % en STS selon les chiffres présentés jeudi, en seraient exonérés. Pour les élèves de prépa, cette contribution viendrait s’ajouter aux droits d’inscription qu’ils acquittent déjà auprès de l’université avec laquelle leur lycée a signé une convention. Pour les étudiants en BTS, il s’agirait en revanche d’une dépense entièrement nouvelle.
Un argument d’équité et de coût
Si elle avait été maintenue, la mesure aurait dû rapporter 33 millions d’euros, versés au budget général de l’État, sans être spécifiquement fléchés vers de nouveaux services destinés aux étudiants concernés. Elle était présentée par l’exécutif comme une mesure d’équité, mais aussi comme une réponse à un écart de coût : une année de formation revient en moyenne à 19 000 euros par étudiant en CPGE et à 17 000 euros en STS, contre 12 500 euros à l’université.
À l’université, les droits d’inscription tiennent par ailleurs compte des ressources des étudiants, tandis que la gratuité des prépas et des BTS s’applique jusqu’ici à tous, sans distinction. La création de ces contributions devait ainsi, selon le gouvernement, rapprocher les modalités de financement de ces différentes formations.
| Filière | Contribution annuelle prévue | Coût moyen d'une année par étudiant | Part de boursiers |
|---|---|---|---|
|
BTS (STS)
|
178 €
Non-boursiers uniquement, dépense entièrement nouvelle
|
17 000 € | 53 % |
|
Classe préparatoire (CPGE)
|
270 €
Non-boursiers uniquement, en plus des droits déjà versés à l'université conventionnée
|
19 000 € | 25 % |
|
Université
|
Pas de changement
Droits d'inscription existants, modulés selon les ressources
|
12 500 € |
Non précisé dans les chiffres présentés
|
Le calendrier se révèle particulièrement sensible, puisque l’annonce intervient en pleine mobilisation lycéenne. Depuis plusieurs jours, des élèves bloquent leurs établissements pour réclamer davantage de moyens. Jeudi, le mouvement, rejoint par des étudiants du supérieur, s’étend à de nombreuses villes en France, avec des blocages et des manifestations. La contestation se poursuit dans l’après-midi, tandis que le ministère anticipe déjà la fermeture de 400 établissements pour cette fin de semaine.
Dans ce contexte national tendu, la mesure budgétaire suscite rapidement de vives réactions. La CGT dénonce une « provocation ».
Une mesure qui ne faisait pas l’unanimité au sein de l’exécutif
Dans les coulisses de l’exécutif, la mesure ne ferait pas l’unanimité. Portée par Matignon, elle n’aurait recueilli le soutien ni du ministre de l’Éducation nationale ni de celui de l’Enseignement supérieur. Alors que plusieurs établissements sont déjà mobilisés, le retrait de la mesure s’impose progressivement comme une manière d’apaiser les tensions.
Invité du journal de 20 heures de France 2 le jeudi 1er octobre au soir, le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a mis fin au suspense en annonçant le retrait de la disposition et en précisant que cette décision est intervenue après des discussions menées dans la journée « avec les syndicats ainsi que le Premier ministre ».
« Le gouvernement prendra l’initiative de la retirer.«
Édouard Geffray – Ministre de l’Éducation nationale – Journal de 20 heures de France 2, 1er octobre 2026
Un retrait annoncé avant les débats parlementaires
Il replace également cette annonce dans le cadre du processus parlementaire. La mesure figurait dans le projet de loi de finances, qui doit encore être examiné par le Parlement. Le ministre rappelle ainsi que les députés peuvent « retirer, ajouter, modifier » les dispositions du texte. En annonçant son retrait en amont des débats, le gouvernement choisit donc de ne pas laisser cette disposition être tranchée au cours de la discussion parlementaire.
Concrètement, les étudiants non boursiers en BTS et en classes préparatoires ne devraient donc pas avoir à s’acquitter de nouveaux droits d’inscription à la rentrée 2027. Le projet de loi de finances poursuit son parcours parlementaire, tandis que le gouvernement prévoit de retirer lui-même la disposition, sans attendre que les parlementaires se prononcent sur celle-ci. La mobilisation lycéenne reste quant à elle au centre de l’attention, malgré ce premier recul du gouvernement.
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