Réorientation : comment utiliser son année intelligemment ?
Contenu réalisé en partenariat avec EF Education First
Chaque automne, une partie des étudiants de première année comprend, parfois dès les premières semaines de cours, que la licence obtenue sur Parcoursup ne lui correspond pas. Entre le moment où le doute s’installe et la rentrée suivante, il reste plusieurs mois que l’on peut traverser en attendant les nouvelles réponses de la plateforme, ou consacrer à revenir avec un atout de plus, comme une langue étrangère réellement maîtrisée après un séjour long à l’étranger.
Par Thibault Arnoult
Les familles le mesurent rarement, mais la première année de licence fonctionne d’abord comme une année de tri. D’après la note publiée en novembre 2025 par le service statistique du ministère de l’Enseignement supérieur (SIES), à peine un néo-bachelier sur deux inscrit en L1 (49,1 %) est passé directement en deuxième année à la session 2024, un quart a redoublé, tandis que 10,8 % des étudiants se sont tournés vers une autre formation que la licence et que 14,7 % ne se sont pas réinscrits du tout dans l’enseignement supérieur.
Ces moyennes recouvrent des parcours très divers, de l’étudiant qui découvre en octobre que le droit enseigné en amphithéâtre a peu à voir avec l’idée qu’il s’en faisait à celle qui a accepté une licence de langues faute d’avoir obtenu le BUT qu’elle visait, en passant par tous ceux qui se sont inscrits en sciences sans projet arrêté et peinent à trouver leurs repères au milieu de plusieurs centaines d’étudiants. Sabine Chaupain-Guillot, qui dirige le service d’orientation et d’insertion professionnelle de l’Université de Lorraine et préside la Courroie, le réseau national des responsables de l’orientation des étudiants, invite à ne pas vivre ce constat comme un échec.
« S’apercevoir que le choix que l’on a fait ne correspond finalement pas à nos attentes, c’est progresser. Plutôt que de rester dans une formation qui ne nous convient pas, il vaut mieux essayer de se réorienter »
Sabine Chaupain-Guillot – présidente de la Courroie – directrice du SUOIP de l’Université de Lorraine
Avant de tout remettre en cause, il reste à savoir si l’on traverse un simple passage à vide ou si l’on s’est réellement trompé de voie. C’est précisément le rôle du service d’orientation de l’université, le SCUIO-IP ou le SUOIP selon les établissements, où conseillers et psychologues de l’Éducation nationale reçoivent les étudiants en entretien individuel pour revenir avec eux sur les raisons de leur premier choix et, le cas échéant, les aider à en construire un autre.
Des solutions plus nombreuses qu’on ne le croit
Lorsque le doute se confirme, il n’est pas toujours nécessaire de repasser par Parcoursup. Dans les deux ou trois premières semaines, avant que les travaux dirigés ne commencent, un étudiant peut parfois rejoindre une autre licence de la même université, à condition qu’il y reste des places et que le responsable de la formation donne son accord. À la fin du premier semestre, la réorientation intra-universitaire, prévue dans toutes les licences, permet d’entamer le second semestre dans une autre filière en conservant une partie des crédits déjà validés, et nombre d’universités proposent en outre des « semestres rebonds » consacrés à la construction d’un nouveau projet, quand certains BTS, BUT ou écoles ouvrent des rentrées décalées en janvier ou en février.
Repartir en première année d’une autre formation impose en revanche de candidater à nouveau sur Parcoursup, selon un calendrier qui devrait rester proche de celui des sessions précédentes, avec des vœux à formuler entre la mi-janvier et la mi-mars, une confirmation début avril et les premières réponses début juin. Les étudiants en réorientation y sont examinés selon les mêmes critères que les lycéens, mais ils disposent d’un document qui leur est propre, la fiche de suivi d’un projet de réorientation, que renseigne un service habilité (service d’orientation de l’université, CIO, mission locale ou CIDJ) pour retracer les démarches accomplies depuis la rentrée, ce qui suppose d’avoir des démarches à faire valoir le moment venu.
Source : MESRE-SIES, Note Flash n° 29, novembre 2025 (néo-bacheliers 2023, session 2024).
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Pour l’étudiant qui quitte sa filière à la fin du premier semestre et vise une nouvelle formation à la rentrée 2027, la question se pose de façon très concrète, puisqu’il lui faut occuper les huit mois qui séparent janvier de septembre. Beaucoup restent inscrits sans conviction, cherchent un emploi ou attendent chez leurs parents les réponses de juin, alors que cette période peut aussi servir à travailler en profondeur une compétence que les études laissent rarement le temps d’acquérir et qui comptera dans toutes les candidatures à venir, la maîtrise d’une langue étrangère.
Une compétence que les recruteurs vérifient
L’argument dépasse la seule ouverture culturelle, puisqu’une analyse publiée par ETS Global, l’organisme qui gère le TOEIC, estimait qu’environ 13 % des offres d’emploi diffusées en France en 2024 exigeaient l’anglais, le plus souvent à un niveau B2 ou C1, autrement dit un anglais courant. L’enseignement supérieur a souvent inscrit cette exigence dans ses règlements, qu’il s’agisse de la Commission des titres d’ingénieur, qui subordonne la délivrance du diplôme à un niveau B2 attesté par une certification externe, ou des nombreuses écoles de commerce qui fixent un score minimal à un test reconnu pour diplômer leurs étudiants.
Les Français partent pourtant de loin, si l’on en croit l’EF English Proficiency Index, le baromètre que publie chaque année EF à partir des résultats de plus de deux millions de candidats à son test standardisé, et qui classe la France au 38e rang sur 123 pays et territoires dans son édition 2025, au 27e sur 37 en Europe, malgré un gain de onze places en un an. L’expression orale y reste la plus faible des quatre compétences mesurées, alors que c’est justement celle qu’une immersion prolongée fait le plus progresser et celle qu’un jury d’admission ou un recruteur jauge en quelques minutes d’entretien.
Les effets d’un séjour linguistique à l’étranger sur l’insertion professionnelle ont surtout été étudiés pour les mobilités universitaires, et l’étude d’impact publiée par la Commission européenne en 2019 indiquait que 72 % des anciens participants au programme Erasmus+ estimaient que cette expérience les avait aidés à décrocher leur premier emploi. Un séjour linguistique n’est pas un semestre d’échange, mais il mobilise des ressorts comparables, de la pratique quotidienne de la langue à l’autonomie qu’impose la vie dans un autre pays.
Ce que propose EF
Fondé en Suède en 1965 et présent aujourd’hui dans plus de cent pays, EF Education First propose deux formules adaptées à la situation d’un étudiant en réorientation. La plus souple, le cours de langue à l’étranger, dure de deux à cinquante-deux semaines et peut commencer n’importe quel lundi de l’année, ce qui permet de l’ajuster à un calendrier contraint, avec par exemple un départ fin janvier et un retour avant l’été. L’année d’études à l’étranger, plus structurée, s’organise en trimestres, deux trimestres représentant environ six mois, trois environ neuf mois et quatre environ onze mois, avec quatre rentrées par an, en septembre, en janvier, en avril et en juin.
Dans les deux cas, le volume horaire est celui d’une formation à plein temps, avec 26 ou 32 leçons de 40 minutes par semaine, soit quatre à cinq heures de cours par jour partagées entre langue générale, travail en projet et cours de spécialité choisis par l’étudiant. Plusieurs parcours regardent explicitement vers l’emploi, comme les « diplômes avancés », qui associent l’anglais aux affaires, aux médias et à la communication, aux affaires internationales ou à l’hôtellerie et au tourisme, ou l’« expérience de stage », qui combine au moins six semaines de cours intensifs et un stage non rémunéré à temps partiel dans une entreprise locale, notamment au Royaume-Uni, en Irlande, à Malte, en Australie ou en Nouvelle-Zélande. D’autres programmes préparent aux certifications qu’utilisent les établissements et les employeurs, de l’IELTS au TOEFL en passant par le TOEIC et les examens de Cambridge.
Première option : l’Australie
Pour une étudiante qui quitterait sa licence en janvier avec l’idée de candidater ensuite en école de commerce ou en BUT, l’Australie présente un avantage de calendrier, puisque janvier y correspond au cœur de l’été austral. À Sydney, le campus d’EF se trouve à Chippendale, dans le quartier étudiant de Central Park, à quelques minutes à pied de la gare centrale et de Darling Harbour ; les cours occupent la matinée ou l’après-midi, le reste de la semaine est rythmé par les activités organisées par l’école, et les week-ends se passent volontiers à Bondi, dans les Blue Mountains ou à Port Stephens. Sur la côte ouest, le campus de Perth est installé en centre-ville, entre la Swan River et les plages de l’océan Indien, d’où partent les excursions vers le désert des Pinnacles ou l’île de Rottnest et ses quokkas, tandis que Brisbane complète l’offre sur la côte est.
L’Australie a un autre atout pour ceux qui doivent compter, car le visa étudiant (subclass 500), obligatoire au-delà de quelques mois de cours, autorise à travailler jusqu’à 48 heures par quinzaine pendant les périodes d’études, et le Job Club d’EF, proposé à Sydney, Brisbane et Perth, accompagne la recherche d’un emploi rémunéré sur place, entretiens d’entraînement et plateforme d’offres compris. Le programme vacances-travail, accessible aux Français de 18 à 35 ans, ne permet en revanche de suivre des cours que pendant dix-sept semaines au maximum, et ces règles, qui évoluent régulièrement, se vérifient auprès des autorités australiennes avant toute réservation.
Deuxième option : les États-Unis
Les États-Unis restent la destination qui fait rêver le plus d’étudiants, et EF y dispose de sept campus, de New York à Honolulu en passant par Boston, Miami Beach, Los Angeles, Santa Barbara et San Diego. Celui de New York n’est pas situé à Manhattan mais à Tarrytown, dans la vallée de l’Hudson, sur un campus de style universitaire d’une dizaine d’hectares équipé d’une piscine couverte et d’une salle de sport, où les étudiants logent en chambre partagée avec petit-déjeuner et dîner. Le centre de la petite ville est à dix minutes à pied, le train permet de rejoindre facilement New York, et l’école organise des sorties à Broadway ou au pont de Brooklyn ainsi que des week-ends à Boston ou à Washington. Ceux qui préfèrent le soleil regarderont plutôt vers la Californie, où le campus de Santa Barbara occupe un bâtiment de style colonial espagnol du centre-ville, à cinq minutes à pied des boutiques et des restaurants de State Street, avec un hébergement en famille d’accueil.
Le séjour américain demande toutefois de s’y prendre plus tôt qu’ailleurs, car un programme intensif de plus de dix-huit heures de cours par semaine exige un visa étudiant F-1, délivré après réception du formulaire I-20 envoyé par l’école, paiement de frais de plusieurs centaines de dollars et entretien à l’ambassade des États-Unis à Paris, où l’examen des demandes, réseaux sociaux compris, s’est renforcé. Comme il faut compter environ trois mois de démarches, un étudiant qui se décide en décembre visera plus raisonnablement la rentrée d’avril que celle de janvier, à moins de se contenter d’un séjour de moins de trois mois et de moins de dix-huit heures de cours hebdomadaires, pour lequel l’autorisation de voyage ESTA peut suffire, ce que l’organisme doit confirmer au moment de la réservation.
Le visa F-1 n’autorise pas non plus les élèves d’une école de langues à travailler hors de leur campus, si bien que l’année se finance entièrement avant le départ, mais la destination ouvre en contrepartie des perspectives universitaires plus directes, puisqu’EF propose aux États-Unis des crédits transférables vers les établissements américains et un programme de préparation universitaire à New York et à Boston, qui intéressera ceux que l’idée d’un cursus outre-Atlantique travaille déjà.
Entre ces deux options, l’éventail reste large, avec Malte et Dublin pour un environnement anglophone à deux ou trois heures de vol de Paris, Vancouver et Toronto pour une autre version de l’Amérique du Nord ou Le Cap pour une destination moins attendue, tandis que ceux dont l’anglais est déjà solide peuvent se distinguer avec l’espagnol à Barcelone, à Malaga ou à Playa Tamarindo, au Costa Rica, l’allemand à Berlin ou à Munich, le japonais à Tokyo ou le coréen à Séoul.
Les conditions pour que l’année compte
Une année à l’étranger ne remplace pas un projet, et elle ne sert réellement la réorientation que si elle s’articule avec la candidature qui suit. Cela commence par une question de statut que l’on néglige souvent. L’assiduité conditionnant le versement de la bourse sur critères sociaux, un étudiant boursier qui cesse de suivre ses cours s’expose à devoir rembourser une partie des sommes perçues, d’où l’intérêt d’en parler au Crous et au service d’orientation avant toute décision, d’autant que certains établissements acceptent une période de césure d’un semestre qui maintient le statut étudiant, à condition d’en faire la demande à temps, souvent dès l’automne.
Il faut aussi garder à l’esprit que le calendrier de Parcoursup ne s’interrompt pas pendant le séjour, puisque les vœux se formulent avant la mi-mars, que le dossier se complète début avril, que les réponses arrivent à partir de juin et que certains entretiens se passent à distance, avec un décalage horaire qu’il faut anticiper depuis Sydney ou la Californie. La rubrique « Mes activités et centres d’intérêt » du dossier permet en revanche de valoriser l’expérience et, plus encore, les certifications obtenues ou en cours de préparation.
La question financière, enfin, mérite d’être posée plus tôt que les familles ne le font d’ordinaire, car un séjour long représente un budget important, très variable selon la destination, la durée, le programme et l’hébergement. Si les forfaits d’EF comprennent les cours, l’hébergement, une partie des repas et les activités, le transport, l’assurance, le visa et les dépenses courantes s’y ajoutent et doivent être comparés sur devis avant tout engagement, la possibilité de travailler sur place, là où elle existe, ne pouvant constituer à elle seule un plan de financement.
Bien préparée, l’année de réorientation peut ainsi déboucher sur un projet plus clair, sur une compétence attestée par une certification et sur une expérience qu’un jury ou un recruteur aura envie d’entendre raconter, ce que le premier semestre, par définition, n’avait pas permis.
