Le Programme Grande École de SKEMA en 2027 : l'international, la sélectivité et l'ambition du continuum

Le Programme Grande École de SKEMA en 2027 : l’international, la sélectivité et l’ambition du continuum

Treizième au classement mondial du Financial Times et au 4e rang de ce classement parmi les écoles françaises, plus de 14 000 candidatures aux oraux 2026, un dispositif INGENIUM plébiscité dès sa première année : SKEMA Business School aborde la campagne de concours 2027 avec des indicateurs favorables. Sylvie Jean, directrice du Programme Grande École, revient sur les ressorts de cette progression et sur la manière dont l’école entend convaincre les préparationnaires encore attachés au Top 5.

Par Thibaud Arnoult

 

 

Tu es en prépa ECG ou ECT et tu vises SKEMA ? Estime tes chances d’admission avec Thotis IA SIGEM !

Un modèle multicampus qui pèse dans les classements internationaux

Publié le 7 septembre, le classement des Masters in Management du Financial Times place le Programme Grande École (PGE) de SKEMA au 13e rang mondial ex aequo, contre le 18e en 2025. L’école y figure même au quatrième rang des établissements français classés pour leur PGE et au neuvième rang mondial pour la qualité et la diversité des expériences internationales offertes à ses étudiants. Pour Sylvie Jean, ces résultats découlent directement de l’architecture du programme : « C’est un programme déployé sur plusieurs continents. Il est donc logique qu’un classement comme celui du Financial Times le montre en progression. »

Ce déploiement géographique constitue, selon elle, « le cœur du réacteur » du PGE. SKEMA dispose aujourd’hui de campus en France (Lille, Grand Paris, Sophia Antipolis), aux États-Unis, au Brésil, au Canada, en Chine, en Afrique du Sud et aux Émirats arabes unis, auxquels s’ajoute un centre d’innovation en intelligence artificielle au Canada. Une nouvelle implantation internationale se prépare, sur laquelle la directrice reste prudente : « Il est encore trop tôt pour l’officialiser, mais nous ne sommes plus très loin de cette échéance. »

Pays Implantation Précision
France
3 campus
Lille, Grand Paris, Sophia Antipolis
États-Unis
Campus
Campus international
Brésil
Campus
Campus international
Canada
Campus
Campus international et centre d'innovation en intelligence artificielle
Chine
Campus
Campus international
Afrique du Sud
Campus
Campus international
Émirats arabes unis
Campus
Campus international
Nouvelle implantation
À venir
Implantation internationale en préparation, pas encore officialisée

La nouvelle identité de marque, dévoilée le 22 septembre et conçue avec l’agence Carré Noir, prolonge ce récit. Son emblème, un « S » stylisé qui évoque aussi le chiffre 5, renvoie selon l’école aux cinq continents habités sur lesquels elle déploie son modèle. Sylvie Jean y lit également une ambition plus hexagonale : « Symboliquement, nous sommes en ordre de marche pour aller chercher la cinquième place au SIGEM. »

Une sélectivité en hausse sur le territoire français

Le second levier mis en avant par la directrice tient à la sélectivité. Pour les oraux 2026, le PGE a rassemblé plus de 14 000 candidatures, toutes voies de concours confondues, et ses barres d’admissibilité ont été relevées. « À l’international, notre progression se lit dans les classements ; en France, elle se lit également dans la sélectivité. Nous pourrions difficilement afficher de meilleurs indicateurs », résume Sylvie Jean.

Cette dynamique va se poursuivre avec le développement des continuums INGENIUM et le renouveau du CV projectif.

INGENIUM, un succès dès la première année

Annoncé en mai et lancé à la rentrée 2026, INGENIUM organise une partie du PGE autour de trois « continuums » sélectifs, accessibles dès le second semestre de la première année (L3) : Geopolitica, Ad Litteram et Scientia en partenariat avec Université Côte d’Azur. Chaque continuum associe un professeur de classe préparatoire, une spécialisation du PGE, des modules certifiants à distance, des productions collectives interdisciplinaires et un accès privilégié à des doubles diplômes en M1 ou M2. L’école y a ajouté un challenge oratoire directement inspiré des khôlles. Le continuum Geopolitica est dirigé par Frédéric Munier, professeur de géopolitique et directeur de SKEMA School of Geopolitics for Business, l’une des figures recrutées par l’école depuis 2017 dans le cadre de son continuum avec les classes préparatoires.

Dès sa première année, le dispositif a dépassé les attentes de l’école : près de 55 % de la promotion de L3 s’est portée candidate, en très grande majorité des étudiants issus de classes préparatoires. « Ce dispositif sait convaincre, et notamment le cœur des préparationnaires », relève Sylvie Jean, qui y lit une aspiration plus profonde : « Les étudiants veulent travailler davantage et s’équiper avec plus d’ambition pour faire face aux grandes évolutions portées par l’IA, sans perdre de vue les enjeux environnementaux. »

Parmi les trois parcours, la géopolitique attire le plus de candidats. La directrice y voit le reflet du poids de cette discipline dans l’école, portée par SKEMA School of Geopolitics for Business, par ses partenariats avec l’IHEDN ou avec l’Académie diplomatique et consulaire du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, signé le 4 septembre, et par des masterclasses très suivies. Le continuum ne séduit pas seulement les anciens élèves de l’option HGG : des étudiants passés par l’option ESH y ont candidaté, ainsi qu’une forte proportion de littéraires. « C’est un sujet au cœur de l’actualité et des incertitudes que nous vivons, il est normal que nos étudiants veuillent consolider leur expertise en la matière », observe-t-elle. Fort de ce démarrage, SKEMA étudie l’ouverture d’un quatrième continuum en 2027.

« Ce dispositif sait convaincre, et notamment le cœur des préparationnaires.« 

Sylvie Jean – Directrice du Programme Grande École – SKEMA Business School

Des partenariats adossés aux Master of Science

Alors que plusieurs écoles concurrentes multiplient les annonces de doubles diplômes avec des universités de renom, SKEMA revendique une approche différente. Ses implantations propres sur les 5 continents nourrissent un réseau de partenaires qui comprend déjà, selon Sylvie Jean, des universités de l’Ivy League. La spécificité de l’école consiste à rattacher ces partenariats à ses programmes Master of Science : « Cela place les étudiants dans une logique proche de la triple diplomation. Plutôt que de mettre en avant un simple double diplôme, aussi prestigieux soit-il, nous préférons le relier à nos expertises et à nos spécialisations », explique-t-elle.

La future implantation devrait enrichir ce portefeuille. La priorité, insiste toutefois la directrice, reste d’offrir aux étudiants la possibilité de partir le plus souvent possible, « à la façon SKEMA » : en suivant le même programme sur l’un des campus internationaux de l’école, puis en combinant plusieurs géographies, comme en M2 avec un Master of Science.

En marche vers le Top 5

Reste l’objectif symbolique que constitue, pour une partie des préparationnaires, le prestige des cinq premières écoles au SIGEM, au point que certains préfèrent cuber, c’est-à-dire refaire une seconde année de prépa, plutôt que d’intégrer la sixième. Sylvie Jean ne minimise pas la force de cette représentation : « Le Top 5 est mythique depuis toujours, sans être toutefois immuable. » Elle lui oppose un savoir-faire installé depuis le recrutement, à partir de 2017, de professeurs de classes préparatoires chargés d’accompagner la transition vers l’école, avec un objectif qu’elle juge plus subtil : « permettre à nos étudiants de se révéler ».

« On peut intégrer une école du Top 5 et ne jamais avoir de déclic », fait-elle valoir. « La grande majorité des préparationnaires ne savent pas ce qu’ils veulent faire. Se raccrocher au classement est une façon de gérer l’incertitude. » Pour la directrice, SKEMA réunit déjà les attributs associés au Top 5, qu’il s’agisse de la qualité académique, du nombre de partenariats ou des classements, et s’en distingue par une double exigence : se confronter à soi-même, notamment à travers le CV projectif ou les cours consacrés aux Grands Enjeux contemporains, et se confronter au monde, dès la L3, sur les campus internationaux de l’école. « Il faut se confronter à soi-même pour se confronter au monde, et réciproquement », résume-t-elle.

« Il faut se confronter à soi-même pour se confronter au monde, et réciproquement.« 

Sylvie Jean – Directrice du Programme Grande École – SKEMA Business School

Faut-il pour autant attendre un effet rapide de cette dynamique sur le SIGEM ? Sylvie Jean invite à « sortir de l’obsession » et rappelle que l’école a gagné ses places précédentes en se concentrant sur l’expérience de ses étudiants et un modèle de développement singulier. « La marche est peut-être plus haute aujourd’hui, mais chaque marche compte. Faire bouger les perceptions prend du temps, et c’est normal », estime-t-elle, en soulignant que SKEMA, née en 2009, a franchi en une quinzaine d’années des étapes que d’autres écoles ont mis plusieurs décennies à atteindre. Elle conclut par une précision que les observateurs oublient volontiers : le SIGEM, procédure d’affectation des admis aux écoles de management, « n’est pas un classement ».

À lire aussi, sur Thotis
25.05.2026

Géopolitique et stratégie d’entreprise : SKEMA tisse le fil entre prépa et monde professionnel

21.05.2026

INGENIUM : comment SKEMA Business School approfondit le continuum entre classes préparatoires et grande école

02.10.2025

SKEMA dévoile « UNVEIL », son plan stratégique, et annonce des ouvertures de campus en Inde et en Australie