Depuis 1934, année où Annette Breuil devient la première femme diplômée ingénieure de l’école, l’EIGSI travaille à ouvrir les métiers de l’ingénierie aux femmes. Presque un siècle plus tard, l’établissement rochelais franchit une nouvelle étape avec le lancement de sa chaire « Leadership au féminin », un accompagnement inédit conçu pour donner aux étudiantes davantage de repères, de réseaux et de liberté pour construire leur place dans les métiers scientifiques et techniques.

Cet article est un article communiqué en partenariat avec EIGSI École d’ingénieurs

Un engagement historique, un enjeu toujours actuel

Aujourd’hui encore, les femmes restent minoritaires dans les formations d’ingénieurs. À l’EIGSI, le taux de féminisation s’établit à 21 % . Un chiffre en progression, mais qui rappelle que le chemin vers la mixité reste long dans un secteur où les stéréotypes ont la vie dure.

C’est d’ailleurs tout l’enjeu de la chaire portée par l’école : transformer cet héritage historique, celui d’une pionnière comme Annette Breuil, en une dynamique collective et structurée pour les générations actuelles et futures d’apprenantes.

Des parcours qui inspirent : d'anciennes étudiantes racontent leur métier

Au-delà des dispositifs institutionnels, ce sont aussi les parcours des diplômées qui portent la dynamique de mixité. Trois témoignages recueillis récemment pour Thotis auprès d’anciennes étudiantes de l’EIGSI illustrent la diversité des trajectoires possibles après l’école.

 

Élise, de la conception mécanique aux ateliers de décors de l’Opéra de Paris

Diplômée de l’EIGSI en 2024, Élise a choisi une voie atypique : elle est aujourd’hui ingénieure au bureau d’études de l’Opéra national de Paris, où elle conçoit les décors des créations lyriques et des ballets, entre l’Opéra Bastille et le Palais Garnier. Un parcours qu’elle doit à une thèse consacrée aux arts du cirque réalisée pendant son double diplôme à Cranfield, en Angleterre, mais aussi en partie à sa sœur, artiste de cirque.

Son quotidien mêle technique et création : « Nous avons des discussions tant sur le plan technique qu’artistique », résume-t-elle en évoquant le travail avec les menuisiers, sculpteurs, peintres et tapissiers des ateliers de l’Opéra.

Sur la place des femmes dans l’ingénierie, elle insiste : les femmes ont, selon elle, « tout à fait leur place » dans ce milieu, ajoutant que dans un secteur créatif comme le sien, la diversité des points de vue est un atout pour trouver la meilleure solution.

Son conseil aux jeunes femmes qui hésitent à se lancer dans des études d’ingénieur : ne pas hésiter, car ce diplôme reste avant tout « un tremplin pour accéder à plein de choses » et à des domaines très variés, bien au-delà des seuls métiers auxquels on pense spontanément.

Elle garde également un souvenir marquant de la vie associative à l’EIGSI, en tant que présidente du Bureau Des Sports (BDS), où elle a notamment porté un projet d’envoi de délégations sportives au TOS, une compétition internationale étudiante : un projet qui, d’année en année, est passé de cinq participants à des bus entiers de délégation.

 

Horalia : une ingénieure qui place l’humain au cœur de la performance

Autre profil, autre trajectoire : Horalia occupe aujourd’hui le poste de coordinatrice excellence opérationnelle chez Sigvaris Group. Son rôle consiste à accompagner les équipes dans l’amélioration de leurs performances au quotidien, à travers l’analyse des processus et la conduite de projets d’amélioration continue.

Son goût pour le lean management est né sur le terrain, lors d’un stage de découverte puis d’une alternance  chez Cemoa pendant ses études à l’EIGSI. Ce qui l’a particulièrement attirée dans cette discipline, explique-t-elle, c’est sa capacité à concilier performance et humain, car il s’agit surtout de simplifier le travail et de réduire les irritants du quotidien pour permettre aux équipes de se concentrer sur les activités à forte valeur ajoutée.

Un souvenir de projet reste pour elle particulièrement marquant : son projet de fin d’études, consacré à l’optimisation d’un poste de fabrication de bagues, mené avec des équipes pluridisciplinaires. Elle en retient surtout l’importance d’impliquer les équipes dans la réussite d’une transformation, au-delà des seuls outils techniques utilisés.

Sur son parcours débuté au Bénin avant de poursuivre études et carrière en France, elle évoque une richesse personnelle et professionnelle : cette double culture lui a permis de développer une forte capacité d’adaptation et une aisance à travailler dans un contexte international.

Son message aux jeunes femmes qui hésitent à s’orienter vers l’ingénierie industrielle : ne pas s’autocensurer et ne pas se fixer de limites, car les compétences techniques s’acquièrent avec le temps, tandis que la curiosité, la persévérance et le travail en équipe comptent tout autant dès le départ. Elle ajoute un dernier conseil, tiré de son propre parcours : faire de sa personnalité et de ses différences des forces, les organisations ayant aujourd’hui besoin de diversité de regards pour innover.

 

Audrey, entre ingénierie mécanique, voile de haut niveau et Coupe de l’America

Diplômée de l’EIGSI en 2017, Audrey a construit un parcours singulier, à la croisée du sport de haut niveau et de l’ingénierie. Pendant ses études déjà, elle intègre le pôle excellence voile de l’école, un dispositif qui aménage le calendrier académique des étudiants sportifs de haut niveau pour leur permettre de concilier entraînements, compétitions et cursus ingénieur.

Aujourd’hui, elle partage son temps entre deux activités. D’un côté, elle est skippeuse professionnelle, intégrée à une équipe qui prépare la Coupe de l’America, une course qui mobilise autant des marins que des équipes d’ingénieurs chargées de développer les bateaux. Elle porte d’ailleurs aujourd’hui l’ambition de piloter le Défi français pour la Women’s America Cup 2027, actuellement en phase de sélection. De l’autre, elle occupe un poste de manager dans une société de conseil en ingénierie, où elle recrute des ingénieurs et développe des relations commerciales avec des clients de l’industrie high-tech.

Son parcours associatif au sein du pôle voile de l’EIGSI a, selon elle, largement contribué à forger son autonomie et sa capacité à organiser son emploi du temps autour d’exigences très différentes. Elle reconnaît aujourd’hui qu’elle aurait aimé, à l’époque, davantage valoriser cette expérience associative, souvent invisible pour le reste de l’école alors qu’elle repose, selon elle, sur beaucoup d’organisation et d’investissement.

Elle garde aussi un souvenir marquant de son projet de fin d’études : une aventure collective, menée à neuf, qui a débouché sur la création d’une entreprise, aujourd’hui active dans le monde de la régate.

Son conseil aux jeunes femmes qui hésitent à se lancer dans l’ingénierie, le management ou le sport de haut niveau : “ne pas laisser le manque de confiance en soi freiner l’envie de se lancer, car ce sont justement ces parcours exigeants qui permettent de la construire au fil du temps”.

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La chaire ``Leadership au féminin`` : un dispositif construit avec les entreprises

Lancée le 7 novembre 2025 à La Rochelle, la chaire Leadership au féminin est le fruit d’une collaboration entre l’EIGSI et des entreprises partenaires de plusieurs secteurs industriels : Alstom, Airbus, Marelli, ABMI, Alten, Capingelec, Dufour, Groupe Atlantic, MIGSO-PCUBED, Solvay et Vinci Energies et Services, avec le soutien de l’association EllesBougent.

Son objectif, tel que le formule Jean-Michel Nicolle, directeur général de l’EIGSI, cette chaire répond à un enjeu de fond pour la profession : « la mixité est une clé de progrès » dans un secteur où l’avenir s’écrit avec l’ingénierie, et l’ambition est de faire de l’égalité professionnelle une source d’inspiration pour toutes et tous.

Concrètement, la chaire s’articule autour de quatre engagements :

  • un accompagnement individualisé des étudiantes, avec des marraines en entreprise tout au long du cursus,
  • des formations courtes centrées sur la confiance en soi, la négociation salariale ou encore le décryptage des codes des organisations,
  • la promotion d’opportunités réservées, proposées directement par les entreprises partenaires,
  • un stage découverte pensé sur mesure pour les lycéennes de seconde.

Pauline Eriau-Richardson, enseignante à l’EIGSI et à l’initiative du premier speed meeting entre marraines et étudiantes, insiste elle sur la dimension collective du dispositif : ces actions doivent permettre, selon elle, « un enrichissement du parcours » des étudiantes en éclairant les préjugés et en valorisant les atouts d’une mixité au service d’une industrie performante.

Un stage d'immersion pour donner le goût de l'ingénierie dès la seconde

L’un des quatre piliers de la chaire s’adresse directement aux lycéennes, avant même leur entrée dans l’enseignement supérieur. Du 15 au 19 juin 2026, l’EIGSI a notamment organisé la première édition d’un stage d’immersion dans l’ingénierie destiné aux élèves de seconde, en partenariat avec plusieurs lycées de l’agglomération rochelaise.

Onze lycéennes et neuf lycéens ont ainsi découvert, pendant une semaine, les métiers de l’ingénierie : visite du Tribord Sailing Lab de Decathlon, ateliers pratiques en systèmes embarqués, CAO, informatique, mécanique et productique, ainsi que des temps d’échange sur l’orientation. À l’issue de la semaine, les lycéennes ont pu prolonger l’expérience par une immersion au sein des entreprises partenaires de l’école.

Résultat : 100 % des participants disent avoir découvert des métiers qu’ils ne connaissaient pas, et plusieurs d’entre eux ont déjà exprimé leur intérêt pour des études d’ingénieur.

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La mixité s'illustre aussi dans les associations étudiantes

La dynamique de mixité se retrouve également dans la vie associative de l’école, à l’image de l’EIGSI Formula Team, l’association de sport mécanique de l’établissement, qui met en avant l’engagement de ses étudiantes, comme Manon, qui y occupe un rôle d’administration et de direction. Une illustration supplémentaire de la présence croissante des femmes dans des domaines historiquement très masculins, du sport automobile à l’ingénierie de compétition.

L’EIGSI a par ailleurs consacré un podcast et un article à ces étudiantes engagées dans l’EIGSI Formula Team, donnant la parole directement aux principales concernées sur leur expérience au sein de l’association.

De la première diplômée de 1934 aux lycéennes accueillies en immersion pendant l’été 2026, en passant par les marraines de la chaire Leadership au féminin et les parcours de diplômées comme Élise Gauvin ou Horalia Chogolu, l’EIGSI construit progressivement un écosystème complet pour attirer, accompagner et faire réussir davantage de femmes dans les métiers de l’ingénierie.

L’objectif affiché par l’école est clair : mettre en lumière le parcours de ses alumni féminines, leurs expériences professionnelles ainsi que leur vision du métier d’ingénieure, afin d’inspirer les générations suivantes à franchir, elles aussi, le pas vers ces filières encore trop peu choisies par les jeunes femmes.

Cet article est un article communiqué en partenariat avec EIGSI École d’ingénieurs