ESDES Business School : la stratégie Momentum 2030 entre dans sa phase concrète
Un an après son arrivée à la tête de l’Esdes Business School, William Hurst dresse un premier bilan de la feuille de route « Momentum 2030 ». Refonte du Programme Grande École, nouvelle gamme du Bachelor, ouverture sociale, lancement de deux MSc et une présence à Aix-en-Provence : l’école de management de l’Université Catholique de Lyon (UCLy) déploie la phase concrète de son plan stratégique.
Par Valentine Dunyach
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Le directeur général définit ce plan comme une stratégie « de continuation », capitalisant sur les travaux engagés précédemment pour accélérer la dynamique engagée. L’école, qui entend rester à taille humaine, vise 3 000 étudiants à l’horizon 2030-2031, dont 30 % d’internationaux, répartis sur ses différents campus. Fondée en 1987, l’école, qui fêtera ses 40 ans en 2027, compte aujourd’hui 2 200 étudiants, dont 470 internationaux, et 70 enseignants permanents, dont 80 % sont docteurs.
La dynamique se lit aussi dans les classements : en septembre 2026, l’ESDES a signé son meilleur résultat au Financial Times Masters in Management. Elle se classe cette année 77e mondiale, en progression de 16 places, et intègre le Top 5 des écoles de commerce post-bac françaises du classement. Labellisée EESPIG, membre de la Conférence des Grandes Écoles, l’école est accréditée AACSB, et son Programme Grande École est accrédité par l’EFMD.
L’ESDES vise par ailleurs un portefeuille de programmes entièrement visé et gradé d’ici septembre 2027.
En septembre 2026, l’ESDES se classe 77e mondiale au Financial Times Masters in Management, gagne 16 places et intègre le Top 5 des écoles de commerce post-bac françaises du classement.
Refonte du PGE : un cycle pré-master entièrement repensé
Premier chantier du plan stratégique : la refonte complète du cycle pré-master (1re, 2e et 3e années) du Programme Grande École en cinq ans. « Pour nous, la pluridisciplinarité, ce n’est pas l’apanage de certaines spécialisations, de certains étudiants ou de certaines schools. Tous nos étudiants, tous nos programmes doivent y être exposés de manière importante », explique William Hurst.
Au-delà de la gestion, l’enseignement s’organise autour de trois piliers : géopolitique et international, humanités et droit, sciences et intelligence artificielle. Selon le directeur général, ces blocs pluridisciplinaires représentent « à peu près cinquante à soixante pour cent » de l’enseignement. Les langues comptent pour environ 20 % des heures de cours en 1re et 2e années, avec un cursus bilingue anglais, une 3e année entièrement anglophone, une LV2 renforcée et la possibilité de suivre une LV3.
Chaque étudiant du PGE obtiendra un Diplôme d’Université, à choisir parmi trois : World Foreign Policy avec la Faculté de Droit, Créativité et Humanités avec les facultés de Sciences Humaines et d’Histoire, Sciences et Décision avec l’ESTBB, l’école d’ingénieurs de l’UCLy.
| Diplôme d'Université | Partenaire au sein de l'UCLy |
|---|---|
World Foreign Policy | Faculté de Droit |
Créativité et Humanités | Facultés de Sciences Humaines et d'Histoire |
Sciences et Décision | ESTBB, l'école d'ingénieurs de l'UCLy |
En 4e et 5e années, l’offre de doubles diplômes s’étoffe. L’école en compte une dizaine à l’international et prévoit d’en doubler le nombre. D’autres sont proposés au sein de l’UCLy, notamment avec la Faculté de philosophie, pour former des consultants en ressources humaines spécialisés dans la conduite du changement. Les étudiants pourront également suivre un double cursus PGE et Master of Science de l’ESDES.
L’intelligence artificielle intégrée sur cinq ans
Le cycle pré-master du PGE consacre 120 heures à l’intelligence artificielle, et le Bachelor plus de 100 heures sur trois ans. La progression débute par la Fresque de l’IA et le prompt engineering en 1re année, se poursuit avec l’IA agentique en 3e année, puis avec l’IA for Business appliquée aux spécialisations en 4e et 5e années. « L’idée, c’est de ne pas être prisonnier », indique William Hurst, qui recourt à une image : « On me donne le meilleur des marteaux. Je suis un très mauvais bricoleur. Le meilleur des marteaux, si vous ne savez pas l’utiliser, vous ferez dix pour cent. »
L’école a par ailleurs mis en place l’an dernier une formation gratuite à l’IA à destination des chefs d’établissement du secondaire. Trois sessions étaient prévues, cinq ont été organisées ; sept ou huit sont envisagées cette année.
Ouverture sociale : une scolarité gratuite pour dix boursiers par an
À partir de 2027, l’ESDES ouvrira jusqu’à dix places par an en première année du PGE à des boursiers CROUS, de l’échelon 0 bis à 7, avec une gratuité totale sur le cycle pré-master. L’école vise un taux de boursiers de l’ordre de 25 % dans le PGE. En vitesse de croisière, l’investissement dépasse 360 000 euros, en complément des bourses existantes. « Nous voulons mettre en avant le fait que l’accès à la formation n’est pas qu’une question de ressources », explique le directeur général.
Les frais de scolarité s’élèvent à 9 600 euros par an pour le Bachelor et à environ 12 400 euros pour le cycle pré-master du PGE.
Suivi intégralement en formation initiale, une grande partie des étudiants choisissent l’apprentissage en 4e et 5e années. L’école s’engage à maintenir des hausses inférieures ou égales à l’inflation et propose des prêts étudiants à 1,5 %. Selon une étude menée il y a deux ans, 28 % de ses apprentis en cycle master avaient été boursiers à un moment de leur parcours, contre 12 % en moyenne dans une grande école de management.
L’ESDES rappelle par ailleurs que le Concours ACCÈS supprime quant à lui son épreuve écrite au profit d’une évaluation sur dossier pour la session 2027. Face à la baisse des candidatures féminines, en particulier vers les spécialisations quantitatives, l’école met en avant une approche de « bienveillance exigeante ».
Lire aussi, sur Thotis : notre article consacré à la réforme du Concours ACCÈS 2027 : dossier Parcoursup, oraux, calendrier, conseils
Le PGE en cinq ans : un modèle spécifique de “continuum” défendu au sein de la CDEFM
« Nous croyons, plus que jamais, au PGE en cinq ans », affirme le directeur général de l’ESDES. Dans un contexte marqué par le développement des bachelors en trois ans, l’ESDES pilote, au sein de la CDEFM (Conférence des Directeurs des Écoles Françaises de Management), des travaux consacrés à l’attractivité des PGE en cinq ans.
À l’instar du « continuum » qui caractérise la transition entre la classe préparatoire et l’intégration d’une grande école de management, l’ESDES souhaite mettre en avant la notion de continuum post-bac, de l’obtention du baccalauréat jusqu’à l’intégration d’un PGE en cinq ans.
La feuille de route de la Conférence prévoit notamment une étude qualitative auprès des lycéens et de leurs parents, une plateforme de messages commune ainsi qu’une campagne nationale de notoriété. William Hurst rappelle que « les programmes en cinq ans ont le grade de master, contrairement à ceux en quatre ans. » Il souligne également qu’il existe environ quatre cents grandes écoles en France et que les classements classent uniquement celles qui font partie de la Conférence des grandes écoles ou de la CDEFM.
« Nous croyons, plus que jamais, au PGE en cinq ans.«
William Hurst – Directeur général – ESDES Business School
Une “gamme” de Bachelors élargie dès 2027
Le Bachelor in Business de l’ESDES conforte sa place de premier Bachelor en trois ans visé par le Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et conférant le grade de licence dans le quart Sud-Est.
Au sein de l’école, « le programme Bachelor représente à peu près le même poids que le Programme Grande École », rappelle William Hurst. Le programme évolue désormais vers une logique de gamme, avec trois objectifs : diversifier les parcours, renforcer l’hybridation des compétences et proposer des formats adaptés à des profils et des projets différents. Sur le campus de Lyon, l’école lance un Bachelor Business & Géopolitique en trois ans, qui aborde notamment la supply chain, le risque pays, l’intelligence économique et la gestion de crise.
Le cursus intègre un Diplôme Universitaire d’Histoire et de Géopolitique des enjeux du monde contemporain, délivré par l’Institut Richelieu de l’UCLy, représentant 160 heures d’enseignement, ainsi qu’une expérience internationale obligatoire en 2e année.
Pour William Hurst, la valeur ajoutée de la business school réside notamment dans « la capacité à développer des experts qui parlent la même langue et qui ont la même philosophie d’apprentissage ».
À Annecy, la spécialisation Data & Business Analytics, développée avec WeiD School Talents, s’adresse aux sportifs de haut niveau et aux artistes. Elle repose sur trois heures de cours à distance chaque matin et cinq regroupements en présentiel.
Autre évolution, l’International Track, parcours entièrement anglophone du Bachelor in Business, est désormais accessible sur Parcoursup. Jusqu’à cette année peu mis en avant et réservé aux étudiants internationaux, il s’adresse aussi aux étudiants français au profil résolument international. Il a recueilli 138 vœux confirmés pour sa première année sur la plateforme. À la rentrée, l’International Track représente 16 % des étudiants du Bachelor in Business sur le campus de Lyon, et 45 % des admis en phase principale sont titulaires d’une mention Bien ou Très Bien.
Pour sa première année sur Parcoursup, l’International Track a recueilli 138 vœux confirmés. Il représente 16 % des étudiants du Bachelor in Business à Lyon, et 45 % des admis en phase principale ont une mention Bien ou Très Bien.
Deux nouveaux MSc et une implantation à Aix-en-Provence
L’offre de Master of Science, labellisée par la Conférence des Grandes Écoles et enseignée à 100 % en anglais, s’enrichit de deux programmes : Sustainable Luxury & Brand Management, proposé à Lyon et Annecy, et Sport, Outdoor & Lifestyle Management, à Annecy, en lien avec l’écosystème de l’Outdoor Valley. Ces lancements s’appuient sur des mineures sectorielles déjà existantes au sein du Bachelor et sur des travaux de recherche menés par les enseignants de l’école.
Initialement prévue à l’horizon 2030, l’ouverture du Bachelor in Business aura lieu à la rentrée 2027 à Aix-en-Provence, au sein du Lycée du Sacré-Cœur. Les 2e et 3e années ouvriront en 2028. L’école sera ainsi présente à Lyon, Annecy et Aix-en-Provence. “Aucun campus n’est en revanche prévu à Paris.”, précise William Hurst.
Alumni, entreprises, lycées : des partenariats renforcés
L’ESDES mise aussi sur son réseau de diplômés. Un programme de mentorat associe ainsi des alumni aux étudiants de 5e année. 45 binômes ont ainsi déjà été constitués, dont cinq avec des mentors installés à l’étranger, dans le cadre d’une charte prévoyant au minimum deux rencontres par an.
L’école a également signé un partenariat stratégique avec Sysco, leader mondial de la distribution alimentaire, autour du recrutement, de la pédagogie et de la RSE. Les branches professionnelles ont par ailleurs revalorisé les niveaux de prise en charge (NPEC) de plusieurs formations, alors que l’école vise 40 % d’apprentis.
« C’est un véritable élément de fierté que les branches professionnelles aient estimé que nos programmes méritaient d’être revalorisés », souligne William Hurst.
Auprès des lycées, la 3e édition du Challenge Entrepreneuriat réunira près de 500 lycéens et étudiants de BTS d’Auvergne-Rhône-Alpes, avec une remise des prix prévue le 4 décembre. Le DU « Comprendre et entreprendre dans un monde incertain » passe de 3 à 7 établissements partenaires et de 25 à 34 étudiants de BTS. Les 25 étudiants de la première promotion ont tous poursuivi en seconde année.
Une recherche orientée vers la performance durable
La feuille de route Momentum 2030 fixe enfin un objectif de 55 % de la production scientifique consacrée à la RSE et à la durabilité fin 2027, puis de 65 % en 2030. Cette part s’établit aujourd’hui à 39 %. L’objectif, selon William Hurst, est de « démontrer que la durabilité, ce n’est pas qu’un concept marketing et ce n’est pas incompatible avec la performance économique ».
La part de la production scientifique de l’ESDES consacrée à la RSE et à la durabilité s’établit aujourd’hui à 39 %. Momentum 2030 vise 55 % fin 2027, puis 65 % en 2030.
