Le Financial Times a publié le lundi 7 septembre 2026 la 22e édition de son classement mondial des Masters in Management. Pour la première fois depuis la création du palmarès en 2005, aucune école française ne figure dans le top 3. HEC Paris rétrograde de la 2e à la 5e place, l’Insead recule d’un rang au pied du podium. La France demeure toutefois la nation la mieux représentée, avec 23 programmes classés, dont trois dans le top 10 et huit dans le top 20. Décryptage des principaux enseignements de cette édition.
Par Valentine Dunyach
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C’est une première ; depuis 2005, le classement des Masters in Management du Financial Times (FT) comptait systématiquement au moins une école française sur son podium. L’édition 2026 rompt avec cette tradition, puisque le trio de tête est désormais composé de l’université suisse de Saint-Gall, tout en haut du podium, de la Nova School of Business and Economics (Portugal), qui grimpe de la 4e à la 2e place, et de l’Antai Business School de la Shanghai Jiao Tong University (Chine), qui passe de la 6e à la 3e position.
Du côté des grandes écoles de management françaises, HEC Paris, qui occupait la 2e place l’an passé, recule à la 5e position. De son côté, l’INSEAD, 3e en 2025, se hisse au pied du podium, à la 4e place. Un recul limité pour l’École de Fontainebleau, dont le Dean Francisco Veloso préfère retenir la constance : « Ce résultat témoigne de l’excellence, de la solidité et de la constance de notre programme MiM, et confirme sa place parmi les programmes de référence pour les professionnels en début de carrière. Il illustre ce qui fait la singularité de l’INSEAD : une diversité internationale sans équivalent, tant parmi les étudiants que parmi le corps professoral, et une implantation véritablement mondiale. »
La domination française s’observe aussi dans le haut du tableau. Trois écoles figurent dans le top 10 mondial : l’INSEAD (4e), HEC Paris (5e) et ESCP, qui gagne un rang et se hisse à la 6e place. Dans le top 20, la France place huit établissements, un record parmi les nations représentées.
Pour Thomas Jeanjean, Directeur général de l’ESCP, cette progression valide un positionnement : « Ce résultat vient reconnaître la qualité de l’expérience que nous offrons à nos étudiants, ainsi que la singularité du modèle européen et international d’ESCP. Nos étudiants apprennent au contact de différents pays, cultures et disciplines. L’essentiel réside dans ce qu’ils font de cette expérience : développer leur capacité de jugement, leur faculté d’adaptation et leur ambition pour accompagner les transformations et contribuer positivement à la société. »
Entre la 10e et la 20e place, cinq écoles françaises se distinguent : emlyon business school, seul établissement français à conserver exactement son rang (12e), l’ESSEC et SKEMA, 13e ex-aequo, puis l’EDHEC et Paris School of Business (PSB), à égalité au 17e rang. Isabelle Huault, Présidente du Directoire et Directrice générale d’emlyon, y voit une confirmation : « La reconnaissance du Financial Times confirme, cette année encore, l’excellence du modèle d’emlyon. Elle illustre notre capacité à conjuguer qualité académique, impact social et réussite professionnelle. »
| Rang 2026 | École | Pays | Rang 2025 | Évolution |
| 1 | University of St Gallen | Suisse | 1 | = |
| 2 | Nova School of Business and Economics | Portugal | 4 | ▲ +2 |
| 3 | Shanghai Jiao Tong University: Antai | Chine | 6 | ▲ +3 |
| 4 | INSEAD | France | 3 | ▼ -1 |
| 5 | HEC Paris | France | 2 | ▼ -3 |
| 6 ex aequo | ESCP Business School | France | 7 | ▲ +1 |
| 6 ex aequo | Vlerick Business School | Belgique | 14 | ▲ +8 |
| 8 | Iese Business School | Espagne | 16 | ▲ +8 |
| 9 | Stockholm School of Economics | Suède | 9 | = |
| 10 | Rabat Business School | Maroc | 20 | ▲ +10 |
| 11 | Prague University of Economics and Business | Rép. tchèque | 17 | ▲ +6 |
| 12 | emlyon business school | France | 12 | = |
| 13 ex aequo | Essec Business School | France | 10 | ▼ -3 |
| 13 ex aequo | Skema Business School | France | 18 | ▲ +5 |
| 13 ex aequo | Rotterdam School of Management | Pays-Bas | non classée | ▲ entre dans le classement |
| 16 | London Business School | Royaume-Uni | 10 | ▼ -6 |
| 17 ex aequo | Edhec Business School | France | 14 | ▼ -3 |
| 17 ex aequo | Paris School of Business | France | 43 | ▲ +26 |
| 19 | WHU – Otto Beisheim School of Management | Allemagne | 22 | ▲ +3 |
| 20 | SDA Bocconi | Italie | 13 | ▼ -7 |
Seules cinq écoles françaises progressent dans le Classement du Financial Times (FT) 2026. Parmi elles, la remontée la plus spectaculaire revient à Paris School of Business, qui bondit de la 43e à la 17e place, soit un gain de 26 rangs, un an seulement après son entrée dans le palmarès. « Atteindre la 17e place mondiale un an seulement après notre entrée dans ce classement constitue une étape importante pour l’École. Ce résultat, conjugué à l’obtention de notre triple couronne EQUIS/AACSB/AMBA obtenue en 2025 et l’installation dans notre campus du Quartier Latin, conforte la stratégie du plan Destination 2030 de faire de Paris School of Business le hub international de référence pour l’éducation au management », se félicite Olivier Aptel, Dean et Directeur Général de l’école.
Autre performance notable : celle de SKEMA Business School, qui gagne cinq places et intègre le top 15 mondial, en 13e position, aux côtés de l’ESSEC. « Cette 13e place mondiale traduit la progression continue de notre Programme Grande École et surtout sa capacité à répondre aux attentes d’un marché du travail qui se transforme rapidement. La valorisation du diplôme trois ans après la diplomation, la force croissante de notre réseau et notre positionnement international montrent que notre modèle global crée une valeur très concrète pour nos étudiants », souligne Alice Guilhon, directrice générale de l’école.
Plus loin dans le tableau, l’Esdes Business School signe son meilleur résultat historique, atteignant la 77e mondiale, en progression de 16 places. L’école lyonnaise intègre le top 5 des écoles de commerce post-bac en France et compte parmi les rares établissements français en hausse. « Cette réussite récompense plusieurs années de travail collectif pour repenser en profondeur notre Programme Grande École, du contenu des enseignements jusqu’à l’accompagnement individuel de chaque étudiant. Cette reconnaissance par le Financial Times confirme la pertinence de notre stratégie et nous encourage à poursuivre dans cette voie », indique Camille Faure, directrice du Programme Grande École de l’Esdes.
L’IÉSEG School of Business complète le tableau des progressions avec un gain de deux places (24e). À noter également le retour de TBS Education, absente du palmarès en 2025, qui réintègre le classement à la 81e position du Classement du Financial Times (FT) 2026.
Seize écoles françaises perdent des places cette année. Au-delà de HEC Paris et de l’INSEAD, plusieurs reculs sont marqués. L’EM Strasbourg enregistre la plus forte chute dans le classement avec 30 places perdues (75e), suivie de près par Burgundy School of Business, qui recule de 29 rangs (78e). Grenoble École de Management (GEM Alpine) cède 19 places (39e), tandis que l’ESSCA et l’Institut Mines-Télécom Business School (IMT-BS) en perdent chacune 15, se classant respectivement 83e et 68e. Montpellier Business School recule de 10 (60e).
Trois établissements présents en 2025 disparaissent par ailleurs du palmarès : l’ICN Business School (67e l’an dernier), l’EM Normandie (85e), qui avait pourtant réintégré le classement lors de l’édition précédente, et Clermont School of Business (97e).
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Au-delà des frontières françaises, l’édition 2026 est marquée par l’entrée dans le top 10 de Rabat Business School, 10e mondiale après avoir gagné dix places en un an. Une première pour le continent africain, saluée par son Doyen et Directeur Général Nicolas Arnaud : « Voir Rabat Business School atteindre aujourd’hui la 10e place mondiale est naturellement une grande fierté pour notre institution, pour le Maroc et pour l’Afrique. Au-delà du résultat lui-même, cette distinction montre qu’une business school africaine peut être reconnue parmi les meilleures institutions internationales et participer, aux côtés d’écoles européennes, nord-américaines ou asiatiques, aux grandes dynamiques qui façonnent l’enseignement du management de demain. »
| Établissement | Rang 2026 | Rang 2025 | Évolution |
| INSEAD | 4 | 3 | ▼ -1 |
| HEC Paris | 5 | 2 | ▼ -3 |
| ESCP Business School | 6 | 7 | ▲ +1 |
| emlyon | 12 | 12 | = |
| Essec | 13 | 10 | ▼ -3 |
| SKEMA | 13 | 18 | ▲ +5 |
| EDHEC | 17 | 14 | ▼ -3 |
| Paris School of Business | 17 | 43 | ▲ +26 |
| IÉSEG | 24 | 26 | ▲ +2 |
| Audencia | 36 | 25 | |
| NEOMA | 37 | 30 | ▼ -7 |
| Grenoble École de Management (GEM Alpine) | 39 | 20 | ▼ -19 |
| Excelia | 45 | 39 | ▼ -6 |
| Montpellier Business School (MBS) | 60 | 50 | ▼ -10 |
| KEDGE | 60 | 56 | ▼ -4 |
| IMT Business School | 68 | 53 | ▼ -15 |
| IAE Aix-Marseille | 74 | 71 | ▼ -3 |
| EM Strasbourg | 75 | 45 | ▼ -30 |
| Esdes | 77 | 93 | ▲ +16 |
| Burgundy School of Business | 78 | 49 | ▼ -29 |
| TBS Education | 81 | non classée | ▲ entre dans le classement |
| Essca | 83 | 68 | ▼ -15 |
| Rennes School of Business | 94 | 92 | ▼ -2 |
Sorties du classement 2026 : ICN (67e en 2025), EM Normandie (85e en 2025), Clermont School of Business (97e en 2025).
Pour cette 22e édition, 132 programmes de Masters in Management ont participé au processus de classement. Les critères d’éligibilité du Classement du Financial Times (FT) sont stricts : les programmes doivent se dérouler à temps plein, fonctionner par cohortes et être portés par des écoles accréditées AACSB ou Equis. Les cursus doivent s’adresser à des étudiants ayant peu ou pas d’expérience professionnelle, et seuls les programmes de management généralistes sont retenus, à l’exclusion des masters spécialisés.
Le palmarès repose sur deux enquêtes distinctes : la première est remplie par les écoles elles-mêmes, la seconde par les anciens élèves diplômés de leur MiM en 2023. Le Financial Times exige en principe un taux de réponse d’au moins 20 % des alumni, avec un minimum de 20 questionnaires complétés. Pour cette édition, 9 489 diplômés ont répondu à l’enquête, soit un taux de réponse d’environ 30 %.
Au total, 19 critères composent la note finale. Les réponses des anciens élèves alimentent huit d’entre eux, qui pèsent 56 % du poids total du classement. Les onze critères restants, calculés à partir des données transmises par les écoles, représentent 44 % de la pondération. Les deux indicateurs les plus déterminants restent le salaire moyen actuel des diplômés (15 % de la note) et la progression de leur rémunération entre le premier emploi et le moment de l’enquête (9 %).
