BUT Informatique

Comment se déroule le BUT Informatique ? Quelles sont les matières enseignées et quels sont les débouchés ? David Hébert, chef du département d’informatique de l’IUT de Villetanneuse, répond à nos questions.

 

Par Laura

 

Pouvez-vous présenter le BUT Informatique ? À qui s’adresse-t-il ?

Le BUT (Bachelor Universitaire de Technologie) en Informatique est une formation diplômante en 3 ans qui se déroule dans un IUT (Institut Universitaire de Technologie). Il prépare les étudiants aux différents métiers de l’informatique, en touchant à toutes les dimensions de l’informatique, comme le développement classique, les langages de programmation (Python, Java, etc.), mais aussi à la dimension web (Javascript, PHP, Django), le développement mobile, le réseau… En bref, c’est une formation assez généraliste. Environ la moitié de l’enseignement est purement dédié à l’informatique en théorie et en pratique, mais pour former un bon informaticien, il faut aussi enrichir ses connaissances techniques avec d’autres compétences : il y aura donc aussi des cours d’anglais, de mathématiques (orientés informatique), de communication, de gestion, ou encore de droit du numérique.
La formation est accessible en 1ère année via Parcoursup. Nous recrutons en général environ 50% d’étudiants issus de bacs généraux et 50% de bacs technologiques.

 

Quelles spécialités choisir au lycée pour maximiser les chances d’intégrer le BUT Informatique ?

Pour le bac général, depuis la réforme, nous avons dû nous réformer aussi. Comme le BUT Informatique est une formation scientifique, nous préférerons les profils scientifiques, avec au moins une spécialisation scientifique en Terminale. Il est bien sûr préférable d’avoir une spécialité en lien avec l’informatique, comme la spécialité NSI (Numérique et Sciences Informatiques), même si ce n’est pas forcément nécessaire. Une spécialité de mathématiques est également appréciée, car plusieurs matières de la formation s’appuieront sur des maths.
Intégrer un BUT Informatique sans maths n’est pas impossible, mais la reprise de cette matière dans la formation peut être difficile. Concernant l’informatique, n’avoir jamais fait d’informatique avant la formation n’est pas très grave, puisque les étudiants sont là pour apprendre.
Pour les bacs technologiques, nous avons beaucoup de candidats issus de filières STI2D (Sciences et Technologies de l’Industrie et du Développement Durable) et l’aspect énergie et environnement peut nous intéresser.
Globalement, il est préférable d’avoir au moins un domaine scientifique sur les deux spécialités, mais ce qui compte surtout, c’est que l’étudiant soit motivé par la formation.

 

Y a-t-il des remises à niveau dans les IUT, en mathématiques par exemple ?

Ça dépend des IUT. Dans le cadre de la réforme de la formation en BUT, chaque IUT peut décider comment organiser ses cours selon le territoire, le public, etc. À Villetanneuse par exemple, nous n’offrons pas de cours de remise à niveau dans le cadre de la formation, on préfère dédier les heures d’enseignement pour approfondir les connaissances. La meilleure manière de savoir si la formation offre des remises à niveau reste de contacter les IUT qui intéressent l’étudiant pour leur poser la question.

 

En lien avec le BUT Informatique : Découvre aussi notre page BUT !

BUT – Bachelor Universitaire de Technologie

 

Comment se démarquer dans la candidature Parcoursup pour un BUT Informatique ?

Parcoursup est un peu traître, souvent les étudiants ne savent pas réellement ce qui se passe de l’autre côté. Parcoursup effectue un premier tri arithmétique en se fondant uniquement sur les notes, donc la réussite scolaire des candidats. En général, les candidats tout en haut de cette liste, ceux qui ont d’excellents résultats, sont immédiatement acceptés. Le premier conseil pour se démarquer serait donc simplement de bien travailler pour avoir des bonnes notes, tout simplement. Cet aspect concerne le « savoir-faire » de l’élève, qui par définition travaille pour avoir des bonnes notes.
Un autre critère concerne le « savoir-être », qui est visible dans les appréciations de l’élève, depuis la classe de Première. Nous allons privilégier les candidats sérieux et matures (donc pas d’appréciations négatives, bavardages, etc.) Sur ce même aspect, la lettre de motivation va avoir un rôle très important : elle nous permet de dimensionner le candidat sur sa projection dans la formation. Une lettre de motivation bien écrite et personnelle est une belle marque de maturité. Ce conseil vaut pour n’importe quelle formation. Pour le BUT Informatique spécifiquement, comme il s’agit d’une formation professionnalisante, la projection sur l’avenir professionnel de l’étudiant est un critère particulièrement important.
Un troisième conseil pour se démarquer serait de montrer de l’intérêt pour la formation : aller aux journées portes ouvertes, aux salons, et souvent les IUT proposent des demi-journées d’immersion. Souvent on note le nom des élèves qui viennent nous voir, et nous avons une liste sous les yeux pendant qu’on regarde les candidatures sur Parcoursup.

 

Comment s’organise le BUT Informatique ?

Comme évoqué plus haut, le BUT Informatique est une formation assez généraliste, sans compétences informatiques requises en amont. C’est toujours mieux si l’étudiant a un goût pour ce domaine, mais il faut bien comprendre en quoi consiste exactement la formation : nous avons chaque année des étudiants qui sont motivés par la programmation de jeux vidéos, par exemple. Même s’il est vrai qu’au bout du BUT, les étudiants auront les compétences pour programmer des jeux vidéo, il existe des formations spécifiquement orientées vers ce domaine, comme le BUT MMI (Métiers du Multimédia et de l’Internet). Il faut donc avant tout bien avoir conscience que le BUT Informatique s’intéresse en premier lieu au développement pur.
En 1ère année, les étudiants auront surtout des cours d’introduction aux grands domaines de l’informatique : introduction à la base de données, au web, aux technologies du réseau… L’objectif est de mettre un premier pied dans l’univers de l’informatique. Les semaines sont assez chargées, avec 30-35 heures par semaine, selon les périodes de l’année.
En 2e et 3e années, l’enseignement devient de plus en plus technique, selon le parcours. Il faut savoir qu’il existe 4 parcours différents pour cette formation.

 

Quels sont ces parcours ? Comment ça marche ?

Les 4 parcours sont les suivants :

  • Parcours A : Développement, langages, frameworks
  • Parcours B : Sécurité réseaux, systèmes
  • Parcours C : Données, structuration et analyse
  • Parcours D : Gestion de projets informatiques.

Les IUT peuvent proposer un ou plusieurs de ces 4 parcours. À Villetanneuse par exemple, nous proposons exclusivement le parcours A : le développement et la conception d’applications, l’apprentissage des langages de programmation, les techniques et outils de programmation, etc.
Si un étudiant a déjà une idée du parcours qui l’intéresse, il peut se renseigner sur les parcours proposés par les universités qui l’intéressent. Il faut savoir que la 1ère année est commune aux 4 parcours : c’est une introduction générale qui peut permettre à un étudiant de découvrir quel parcours pourrait lui plaire. Donc, il n’y a pas besoin de savoir dès le début quel parcours on voudra choisir, et il est possible de changer d’IUT pour sa 2e année si l’IUT de sa 1ère année ne propose pas le parcours voulu.

 

 

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Comment fonctionne la partie professionnalisante de la formation : alternance, stages ?

Pendant les 3 ans de formation, l’expérience professionnelle sera le fer de lance d’un IUT. L’apprentissage académique est important, car c’est ce qui permet de délivrer un diplôme, mais le programme national prévoit un certain nombre d’heures à dédier à des immersions en entreprise pour tous les étudiants, souvent sous la forme de stages professionnels rémunérés. Pendant les périodes de stage, il n’y a donc pas de cours.
Il n’y a pas de stage prévu en 1ère année de formation, mais à partir de la 2e année, l’étudiant devra trouver des entreprises pour ses stages. En 2e année, la période de stage doit durer entre 8 et 10 semaines, et à la fin de la 3e année, elle doit durer une quinzaine de semaines. Les stages complètent la formation académique des étudiants en leur faisant découvrir d’autres technologies, d’autres méthodologies, et en leur permettant une application concrète de leurs connaissances.
La formation peut aussi se faire en alternance à partir de la 2e année, avec par exemple un format de 2 semaines en cours, 2 semaines en entreprise. Les modules académiques sont alors adaptés à cet emploi du temps, par exemple un apprenti ne fera que 80% du programme.
Il y a aussi les SAÉ (Situation d’Apprentissage et d’Évaluation), qui sont des projets pratiques sur plusieurs semaines, qui permettent aux étudiants de développer en même temps des compétences informatiques et des compétences transverses. Des évaluations intermédiaires sous forme de petits contrôles écrits ou pratiques permettent de constituer une note finale d’une SAÉ, et les notes des SAÉ permettent de remonter les moyennes des matières concernées par le projet. Les SAÉ deviennent de plus en plus autonomes au cours de la formation.
Pour donner un exemple, des étudiants ont eu à travailler sur une base de données de films, depuis la plateforme IMDb. Ils ont donc eu l’occasion de travailler leurs compétences informatiques (structurer, traiter les données, développer des algorithmes…) mais aussi transverses (gestion de projet, mathématiques en lien avec les algorithmes, communication à l’occasion d’une soutenance…).
Enfin, l’autonomie est d’autant plus encouragée que le travail sur les SAÉ se fait pendant des heures bloquées dans l’emploi du temps, pendant lesquelles chacun travaille comme il le souhaite. En 2e année, 120 heures au total sont bloquées pour le travail en autonomie. Les étudiants sont entièrement libres dans leur manière d’organiser ces heures.

 

Quelles difficultés rencontrent les étudiants du BUT Informatique ? Quels conseils avez-vous à leur apporter ?

Je peux penser à 2 difficultés principales que j’ai pu voir chez les étudiants :
1/ Le passage du statut d’élève au statut d’étudiant. Il y a un temps d’adaptation : contrairement au lycée, un professeur ne va pas systématiquement vérifier si les élèves ont fait le travail ou les pousser à participer en cours. Dans les études après le lycée, on attend des étudiants qu’ils travaillent d’eux-mêmes, c’est pour ça qu’ils sont là. À Villetanneuse, on continue de quand même faire l’appel, par exemple, pour avoir un certain suivi de nos élèves, mais c’est à l’étudiant de se prendre en charge, sinon rien ne sera produit. Ce conseil est en lien avec le savoir-être de l’étudiant.
2/ Concernant le savoir-faire, je suis prof de maths, et je sais qu’il y a souvent des difficultés en maths. Il peut y avoir des différences de connaissances entre les élèves : par exemple, en bac général et en bac technologique, les programmes ne sont pas identiques. Comme c’est une formation sélective, nous essayons quand même de choisir des étudiants qui promettent une certaine appétence pour les matières qui sont enseignées.
Donc mon conseil principal serait d’encourager les élèves à se renseigner, pour bien savoir dans quoi ils mettent les pieds. Comme la formation est généraliste, surtout en première année, ils trouveront des domaines qui peuvent leur plaire plus et d’autres moins : certains étudiants vont adorer le réseau mais détester le web, et inversement. L’essentiel est d’avoir conscience de ce qu’offre la formation pour bien choisir.

 

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Quels sont les débouchés possibles après un BUT Informatique ?

Avant, cette formation se faisait en 2 ans : ce n’est que depuis peu que la formation se fait en 3 ans, et nous n’avons pas encore de promo de 3e année à ce jour. On peut quand même se fonder sur la formation d’avant pour imaginer ce qui va se passer à la fin de la formation : avant, la majorité des étudiants ont préféré poursuivre leurs études dans des écoles spécialisées dans le domaine qui leur a le plus plu. Le BUT Informatique donne les clés pour être ingénieur mais ne forme pas à ça : il est possible d’intégrer une formation en école d’ingénieurs après le BUT, mais il faudra parfois passer par une prépa avant.
Il est aussi possible de s’arrêter au bout des 3 ans : offrir cette possibilité est l’objectif des BUT. Parfois, un stage en entreprise se passe bien, l’étudiant se voit offrir un CDI à la sortie de sa formation, il peut décider de continuer dans cette direction.
Concernant les débouchés de secteurs et métiers, on peut travailler en sortant d’un BUT Informatique dans tous les secteurs de l’informatique : le développement d’applications, la gestion de données, la conception de pages web…
On peut aussi se tourner vers des spécialités plus hybrides comme la gestion de data ou le marketing digital par exemple, mais il faudra compléter le BUT avec une autre formation.

 

Un dernier mot pour nos lecteurs ?

J’insisterais vraiment sur l’importance de bien se renseigner sur son orientation. Il ne faut pas hésiter à aller aux salons, portes ouvertes, à la rencontre des enseignants et des étudiants. À Villetanneuse, nous aurons une journée portes ouvertes le 11 février 2023. Il ne faut pas oublier non plus que la réorientation est toujours possible après 1 année.

 

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