AssociationsUnion des féministes d'Assas

Fondatrice de l’Union des Féministes d’Assas en 2017, Cassandre a accepté de nous présenter son association et ses motivations.

 

Pourquoi avoir crée l’Union des Féministes d’Assas en mars 2017 ? Quel était ton but ?

L’association a été créée avec pour objectif de sensibiliser les étudiants de l’Université aux inégalités de sexe et de genre. Nous voulions créer un espace de débat et de réflexion autour des différentes thématiques du féminisme, que ce soit le harcèlement de rue, les inégalités salariales ou les tabous autour de la santé des femmes.

 

Cette sensibilisation permet de pointer du doigt les problèmes persistants dans la société actuelle et d’indiquer aux étudiants le rôle qu’ils peuvent avoir dans la promotion de l’égalité des sexes dans leur vie personnelle, universitaire, et leur future vie professionnelle.

 

En plus de cette sensibilisation qui constitue la majorité de notre travail, nous voulions également accompagner les étudiantes dans leurs projets. Nous souhaitons leur donner des clés de réussite pour qu’elles gagnent en confiance et puissent entreprendre ce dont elles ont envie. Nous avons par exemple mis en place à cet effet des formations de prise de parole en public.

 

Comment cela a-t-il été perçu à Assas ?

Il y a eu deux types de réactions complètement opposés : d’un coté il y a eu beaucoup de moqueries, mais de l’autre nous avons ressenti un véritable engouement de la part des étudiants, beaucoup de personnes se sont présentées à nos entretiens, et encore plus de personnes ont soutenu nos initiatives. 

Il faut admettre que tous les secteurs du droit, et tous les secteurs du monde professionnel, sont en retard. Ils le sont concernant les congés maternité et paternité, les inégalités salariales et le harcèlement sur le lieu de travail, pour ne citer que quelques exemples.

Il y a des personnes à Assas qui sont persuadées que nous, et les féministes en général, ne sommes que des hystériques, puis il y a celles et ceux qui connaissent la qualité de notre travail, que ce soit celle de nos articles que nous publions hebdomadairement, ou celle de nos évènements.

 

Quels ont été vos événements importants ?

Le premier évènement est toujours très important pour une association. Nous avions mis en place au printemps 2017 une formation à la prise de parole en public à destination des étudiantes, menée par les brillantes anciennes Présidentes de Lysias Assas (l’une des associations de débat de l’Université). Il n’y avait pas énormément de monde, mais cela s’est avéré être une bonne chose puisqu’ainsi toutes les participantes ont pu pleinement prendre part à l’exercice, et nous avons reçu d’excellents retours sur cet évènement.

 

J’ai appris énormément, et recommande vivement à toutes les personnes qui le veulent de se lancer sans hésiter dans une aventure associative.


Nous avons également eu notre première grande conférence, ayant pour thème la carrière des femmes dans les métiers du droit. Nous avons eu l’honneur de recevoir la Présidente du Conseil National des Barreaux et Ancien Bâtonnier de Paris, la Cheffe de l’Inspection Générale de la Police Nationale, ainsi que l’une des Administratrices du Cercle Montesquieu, cercle de réflexion réunissant plusieurs directions juridiques d’entreprise. Leurs réflexions étaient passionnantes et le débat avec le public l’a été tout autant.


Enfin, un évènement marquant dans la vie de cette association a été notre rencontre avec le cabinet de l’Adjointe à la Mairie de Paris, chargée de toutes les questions relatives à l’enseignement supérieur, la vie étudiante et la recherche. Nous travaillons depuis à leurs cotés pour définir le rôle de la municipalité dans la promotion de l’égalité dans l’enseignement supérieur.

 

Sens-tu une prise de conscience globale pour l’égalité Femme-Homme des étudiants ?

Complètement. Les étudiantes et les étudiants osent beaucoup plus parler du féminisme et dénoncer les inégalités. D’ailleurs, on voit de plus en plus de personnes utiliser le mot ‘’féminisme’’, on ne se cache plus derrière le terme ‘’égalitariste’’ de peur que le mot féminisme soit mal vu.

 

Chacun commence à prendre conscience des problématiques des inégalités de sexe et de genre, et commence se détacher de leurs mauvais réflexes sexistes.


Il ne faut tout de même pas trop se réjouir, beaucoup de réticences existent encore, et elles peuvent être plus ou moins violentes, ça va de l’indifférence, aux moqueries jusqu’aux insultes. Il y a toujours énormément de travail à faire, mais nous pouvons au moins nous réjouir d’être sur une bonne voie.

 

Le secteur du droit est-il en retard sur ce point ?

Le secteur du droit est si vaste que cela variera énormément selon le domaine professionnel concerné. Les juristes d’entreprise rencontreront les mêmes problématiques que leurs collègues travaillant en tant que cadre ou salariée.

 

Les avocates rencontreront des problématiques propres aux professions libérales. Il faut admettre que tous les secteurs du droit, et tous les secteurs du monde professionnel, sont en retard. Ils le sont concernant les congés maternité et paternité, les inégalités salariales et le harcèlement sur le lieu de travail, pour ne citer que quelques exemples.

 

Qu’as-tu appris en une année de présidence de l’UFA ?

J’ai appris énormément, et recommande vivement à toutes les personnes qui le veulent de se lancer sans hésiter dans une aventure associative. J’ai appris à ne plus avoir peur des responsabilités, je suis sortie de cette expérience avec bien plus de confiance en moi et en mes capacités à m’investir pleinement dans un projet.

 

Aussi, j’ai appris non seulement à ‘’manager’’ une équipe mais également à travailler en équipe, ce qui n’avait jamais été mon fort jusque-là. Enfin, j’ai appris à mieux m’organiser, j’étais Présidente de l’UFA et en même temps Trésorière d’une autre association et de plus je voulais me donner à fond dans mes études de Droit. C’était beaucoup à gérer en même temps mais au bout du compte j’ai pu m’en tirer.

 

Quel était votre budget ? Avez-vous réussi à fédérer au sein d’ASSAS ?

Notre budget était si petit qu’il en était presque inexistant, mais cela ne nous a pas empêché de créer plusieurs évènements et que du monde s’y rende. On peut se débrouiller avec très peu, même si nous sommes heureux d’avoir plus de budget pour la rentrée prochaine, ce qui nous permettra d’aller encore plus loin.


Nous considérons avoir réussi à fédérer au sein d’Assas. Le nombre de personnes participant à nos évènements ne cesse d’augmenter, et nous multiplions les partenariats avec les autres associations étudiantes d’Assas (associations culturelles, de débats, antenne d’Unicef etc…). On sent un certain engouement de la communauté étudiante d’Assas pour nos projets

 

Souhaites-tu continuer cet engagement à l’avenir ? Sous quelle forme ?

Oui, complètement. Je ne sais pas encore sous quelle forme, si je trouverai un autre projet en lien avec le féminisme qui me passionne autant. Cependant, je suis certaine que je continuerai de m’engager en ce sens dans ma vie personnelle.

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