MBS dévoile son plan stratégique : refonte du PGE, IA et campus ANIMA pour 2027

MBS dévoile son plan stratégique : refonte du PGE, IA et campus ANIMA pour 2027

À l’approche de ses 130 ans, MBS amorce une transformation en profondeur de son modèle. Le 24 septembre dernier, depuis le chantier de son futur campus ANIMA à Montpellier, son directeur général, Mohamed Afennich, a présenté à la presse locale et nationale les grandes lignes de cette nouvelle stratégie : un plan structuré autour de trois « Labs », une réforme du Programme Grande École et une nouvelle signature de marque, « Think. Test. Transform. ».

Par Valentine Dunyach

Mohamed Afennich, un profil à la croisée des mondes académique et économique

En poste depuis octobre 2025, Mohamed Afennich, le nouveau directeur général de MBS, dirige également la CCI de l’Hérault. Un profil issu du monde économique qu’il présente comme un atout pour l’école : « Cette double culture me permet d’observer simultanément les mutations du monde académique et celles du monde économique. Chaque semaine, je rencontre des chefs d’entreprise qui me parlent de leurs difficultés de recrutement, des dirigeants qui cherchent à intégrer l’intelligence artificielle dans leurs organisations, des secteurs entiers confrontés aux transitions environnementales, technologiques et sociales. », explique-t-il.

À son arrivée, une phase d’écoute menée auprès des étudiants, des enseignants, des alumni et des partenaires a fait émerger un double constat. Parmi les atouts de l’école de management : une marque reconnue dans le paysage de l’enseignement supérieur, la triple accréditation AACSB, EQUIS et AMBA (détenue par 1 % des business schools mondiales), une forte employabilité et « un ADN d’ouverture sociale unique dans le paysage des grandes écoles ». Côté défis, le PGE de MBS souffre d’un manque de visibilité, tandis que la pédagogie doit encore évoluer, le modèle économique être consolidé et la stratégie internationale renforcée. « Quelques mois plus tard, les conclusions du Hcéres sont venues confirmer largement certains de ces constats. Nous avions donc le devoir d’agir, et d’agir vite. », reconnaît le directeur.

Pour autant, l’école s’appuie sur de solides fondations : plus de 26 000 diplômés répartis dans plus de 100 pays, près de 3 700 étudiants entre Montpellier et Paris et plus de 100 professeurs permanents, dont 65 % d’internationaux.

Penser, tester, transformer

L’ambition affichée est la suivante : devenir l’« École-Laboratoire des Transformations ». La méthode repose sur un principe simple ; partir des mutations économiques, technologiques et sociales, les confronter au terrain avec les étudiants, les enseignants-chercheurs, les entreprises et les partenaires, puis en mesurer les effets. « Nous ne croyons plus à une école qui se contente d’observer les mutations du monde. Nous voulons une école qui les expérimente, qui les anticipe, qui les accompagne et qui contribue à les construire », affirme Mohamed Afennich.

Cette logique se retrouve dans la nouvelle signature de MBS : penser les transformations, les tester dans le réel, puis les traduire en solutions et en impact. Elle s’articule autour de trois piliers : l’Open Lab, le Knowledge Lab et l’Impact Lab.

Open Lab : rapprocher l’école du monde de l’entreprise

Premier axe de cette transformation, l’Open Lab entend associer pleinement entreprises, collectivités et entrepreneurs à la vie de l’école. Ces acteurs pourront soumettre leurs problématiques, participer aux projets et tester des réponses aux côtés des étudiants et des enseignants-chercheurs. « Pendant trop longtemps, certaines institutions académiques ont vécu relativement éloignées de la réalité économique. Ce n’est pas notre vision », tranche le directeur général.

Cette ouverture prendra notamment forme au cinquième étage d’ANIMA. Un magasin expérimental, une salle des marchés et différents espaces d’observation permettront d’étudier des comportements, de tester des usages ou encore de confronter un concept au réel. Un Business Club viendra prolonger cette dynamique en réunissant étudiants, diplômés, entrepreneurs, dirigeants et acteurs du territoire.

International : moins d’accords, davantage de valeur

La stratégie internationale s’oriente elle aussi différemment. Plutôt que de multiplier les accords, MBS entend désormais privilégier des coopérations « profondes, durables et stratégiques ». La part de ses partenaires doublement ou triplement accrédités atteint ainsi 44 %, contre 31 % auparavant, tandis que le nombre de partenaires classés par le Financial Times a progressé de 70 %.

Le virage est notamment illustré par l’Institut Franco-Chinois, créé à Chengdu avec la Southwestern University of Finance and Economics (SWUFE). Près de 250 étudiants y suivent des formations en finance, marketing, intelligence artificielle, supply chain et logistique internationale. L’institut sera inauguré le 20 octobre 2026 à Chengdu. Il ne s’agit toutefois pas d’un campus, précise Mohamed Afennich : l’université chinoise en assure la gestion, tandis que MBS dispense 30 % des programmes de bachelor et délivre une certification, les étudiants obtenant un diplôme chinois. Deux cohortes de master doivent par ailleurs ouvrir en 2027.

MBS compte aujourd’hui environ un tiers d’étudiants internationaux. L’école cible en priorité l’Inde et la Chine, ainsi que l’Amérique du Sud cette année, et entend s’appuyer sur l’Institut Franco-Chinois pour attirer davantage d’étudiants chinois, notamment au niveau master.

Knowledge Lab : apprendre en expérimentant

Le deuxième axe du plan stratégique est né d’un questionnement : « Comment forme-t-on un étudiant dont le métier n’existe peut-être pas encore ? »

Aujourd’hui, les connaissances ne suffisent plus et les entreprises attendent également de la curiosité, de l’esprit critique, de la créativité et de l’adaptabilité de la part des jeunes diplômés. La progression pédagogique est donc repensée en quatre temps : Learn (acquérir les fondamentaux), Explore (expérimenter), Apply (mobiliser ses acquis dans un cas concret) et Drive (agir en situation réelle). « Nous souhaitons passer d’une logique de transmission à une logique d’expérimentation. Autrement dit, faire fonctionner l’école elle-même comme un laboratoire. », détaille le directeur général.

L’IA, “une compétence fondamentale pour tous les étudiants”

Deux fils rouges traversent désormais l’ensemble des cursus : « Digital & IA » et « Positive Impact ». Au moins un enseignement consacré à ces thématiques est ainsi désormais proposé chaque semestre dans chaque programme.

« L’IA est en train de modifier la façon dont les entreprises produisent, décident, innovent, recrutent et collaborent », observe le dirigeant, qui la conçoit « non pas comme une spécialité réservée à quelques experts, mais comme une compétence fondamentale pour tous les étudiants ».

Dès la première année du Bachelor, les étudiants sont ainsi sensibilisés à l’IA générative, à la donnée responsable, à ses usages, à ses limites et à ses implications éthiques. En PGE, ces outils viennent éclairer des décisions de management, de marketing, de finance ou encore de transformation des organisations. En interne, l’école forme également ses collaborateurs depuis 2024 : acculturation en 2024, déploiement à grande échelle en 2025, puis appropriation depuis 2026. « On ne se limite plus à sensibiliser à l’IA. »

Un Programme Grande École en trois étapes : MAP, BUILD, SCALE

La réforme du Programme Grande École, engagée depuis la rentrée 2026, traduit directement cette pédagogie :

  • MAP (1re année) consolide la compréhension de l’entreprise et les fondamentaux du management ;
  • BUILD (2e année) propose le choix parmi cinq majeures ;
  • SCALE (3e année) associe une spécialisation approfondie à l’un des douze Labs sectoriels de MBS : santé, énergies et eau, industries culturelles, sport, vigne et vin, sécurité et souveraineté, entre autres.

Hybrider les disciplines

« Aujourd’hui, les entreprises recherchent davantage qu’un diplôme. Elles recherchent des compétences, des capacités d’adaptation et des profils différenciants. Notre ambition est de former des diplômés plus experts, plus différenciants et plus employables, grâce à une double spécialisation disciplinaire et sectorielle. » Le PGE continuera de recruter des élèves issus de classes préparatoires, avec le même nombre de places ouvertes. Le Bachelor suivra la même logique en termes de nombre de recrutés : sa réforme sera déployée en première année en septembre 2027, après une consultation du corps professoral et de recruteurs.

« Les grandes transitions ne seront pas pilotées uniquement par des managers. Elles nécessiteront des managers qui comprennent la technologie, qui savent dialoguer avec des ingénieurs, des experts, des spécialistes. », insiste le directeur général.

Cette vision se traduit notamment par une nouvelle approche des doubles diplômes et parcours hybrides, avec MOMA, l’IAE de Montpellier, l’EPF et l’ESMA, et des discussions en cours avec d’autres établissements du territoire pour croiser management, technologie et sciences. La recherche, elle, devra nourrir les enseignements et aider entreprises et collectivités à comprendre les transitions qu’elles traversent.

Impact Lab : de l'engagement à la preuve

Troisième axe, l’Impact Lab, qui vise à mesurer ce que les actions de l’école changent concrètement à MBS. Appuyée sur la méthodologie BSIS, cette politique suivra des indicateurs d’égalité des chances, de diversité et d’inclusion, de transitions sociales et environnementales, ainsi que l’influence de la recherche sur les organisations et les politiques publiques. « Nous voulons passer d’une logique d’engagement à une logique de preuve, en étant capables de démontrer non seulement ce que nous faisons, mais surtout ce que cela change réellement. »

Côté étudiants, le dispositif REFLECT permettra à chacun de relier les compétences acquises en cours, en projet, en entreprise ou dans l’engagement associatif à des réalisations concrètes. Le diplôme sera ainsi complété par un portefeuille de compétences attestant du leadership, de la gestion de projet ou du travail en équipe.

Un modèle économique moins dépendant de l'alternance

Précurseur de l’apprentissage, MBS souhaite réduire la part de l’alternance d’environ 55 % à 45 % de son activité, d’ici cinq à six ans. Première traduction de cette stratégie, l’alternance ne sera plus proposée en première année du PGE. « Ce n’est pas un retour en arrière, c’est juste qu’on évolue et qu’on s’adapte au marché », assure le directeur général.

Pour diversifier ses ressources tout en conservant son statut associatif à but non lucratif (EESPIG), l’école mise sur l’émission de titres participatifs associatifs auprès d’acteurs publics du territoire. Le Business Club, baptisé Business Connect, complète le dispositif.

ANIMA, le campus où convergent les trois Labs

L’ensemble de ces transformations convergeront au sein d’ANIMA, dans le quartier Cambacérès. Le projet représente 108 millions d’euros : trois bâtiments, sept étages, 28 000 m² de surface de plancher, dont 20 000 m² pour MBS, 4 000 m² pour Purple Campus et 2 000 m² chacune pour la CCI Hérault et la CCI Occitanie. Le campus doit accueillir plus de 5 000 étudiants, apprentis et stagiaires. Incubateur, locaux associatifs, deux amphithéâtres, learning center digitalisé et lieux de convivialité compléteront les espaces pédagogiques. Le projet vise la certification Bâtiment Durable Occitanie niveau argent.

Le campus ANIMA, “incarnation physique de l’École-Laboratoire des Transformations”

À 300 mètres de la gare TGV (Gare de Montpellier Sud de France), à proximité de la Halle de l’Innovation et de l’écosystème French Tech, le site s’insère dans le futur quartier d’affaires de Montpellier, où s’installent notamment le siège du Crédit Agricole et la Banque Populaire. Déménagement prévu à l’été 2027, pour une rentrée dès les premiers jours de septembre. « ANIMA n’est pas un simple campus. ANIMA est l’incarnation physique de l’École-Laboratoire des Transformations. Ce bâtiment ne sera pas la finalité de notre stratégie. Il en sera l’outil, le catalyseur et l’accélérateur. »

L’objectif de MBS est d’atteindre les 5 000 étudiants sur ce campus à horizon cinq ans. À Paris, l’école a par ailleurs ouvert le 1er septembre un nouveau campus rue Didot (14e), passé de 150 à 530 m², accueillant deux MSc en alternance ainsi qu’un executive master en contrôle de gestion attendu début 2027.

MBS change de dimension

Pour Mohamed Afennich, le développement international « ne pourra se faire qu’avec un fort ancrage territorial, régional, national ». Une conviction qu’il résume en une formule : « L’économique et l’académique main dans la main. »

Réforme du PGE et du Bachelor, IA, doubles diplômes, international, modèle économique, campus… L’ensemble de la stratégie de MBS converge vers une seule et même ambition, « construire une école capable d’anticiper les transformations plutôt que de les subir ». MBS, conclut-il, « ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre de son histoire ».