« Faire en sorte que cette école brille » : l’entrepreneuriat et la force du réseau des alumnis comme piliers de la stratégie d’Antoine Véniard pour l’EDC
Accréditations internationales, retour à l’entrepreneuriat, baisse des frais du PGE : lors d’une conférence de presse organisée le 15 octobre 2026, EDC Paris Business School a dévoilé sa feuille de route. Combien coûte désormais son Programme Grande École post-bac ? L’obtention des labels AACSB et EQUIS ? Quelle place pour l’alternance et l’intelligence artificielle dans ses cursus ? Sa direction a détaillé ses choix.
Par Aymeric Cadoret
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Combien coûte le PGE de l'EDC Paris Business School ?
Les deux premières années du PGE sont facturées 7 995 euros par an, contre 11 200 euros auparavant. La différence est financée par un fonds alimenté par le groupe Planeta, propriétaire de l’école. De la troisième à la cinquième année, les frais s’élèvent à 12 500 euros par an. Pour un étudiant en alternance sur ces trois dernières années, l’école estime le coût total du cursus à environ 16 000 euros.
Comment intégrer le PGE de l'EDC après le bac ?
L’entrée en première année du PGE se fait par le concours SESAME, via Parcoursup. Des admissions parallèles existent aussi en deuxième, troisième et quatrième année, sur dossier et entretien. La direction reconnaît que la voie SESAME attire peu : une douzaine à une quinzaine d’étudiants ont été recrutés par ce biais cette année. Une grande partie des étudiants rejoint l’école en quatrième année par les admissions sur titre.
L'EDC Paris Business School est-elle accréditée AACSB et EQUIS ?
Pas encore. L’école dispose de quasiment toutes les accréditations, à l’exception d’AACSB et d’EQUIS. Selon le calendrier présenté par la direction, le passage de l’accréditation AACSB est prévu en novembre 2027, l’éligibilité à EQUIS en 2028 et l’obtention d’EQUIS fin 2029. Le PGE est par ailleurs accrédité par l’EFMD depuis 2016.
L'alternance est-elle obligatoire dans le PGE de l'EDC ?
Non, l’alternance reste facultative. Une dérogation ministérielle permet toutefois de rattacher la troisième année du PGE au bachelor de l’école, et donc d’y signer un contrat d’alternance d’un an. La part d’alternants doit passer de 42 % à 50 % des étudiants cette année, un plafond fixé par le groupe Planeta. L’alternance peut permettre une prise en charge des frais de scolarité par l’entreprise.
Que signifie EDC et où se trouve l'école ?
EDC signifie École des dirigeants et créateurs d’entreprises. Fondée en 1950, l’école appartient depuis 2017 au groupe espagnol Planeta. Son campus principal est situé à La Défense, à Puteaux. Elle propose un Bachelor, un Programme Grande École et des Masters of Science.
Combien d'étudiants compte l'EDC Paris Business School ?
L’école compte 2 700 étudiants, répartis à 50 % en PGE, 20 % en bachelors et 30 % en Masters of Science. Elle revendique 20 000 diplômés, présents dans 80 pays. Son corps professoral compte 61 enseignants-chercheurs, tous docteurs, et l’école en recrute cinq par an dans la perspective des accréditations internationales.
Qu'est-ce que l'incubateur de l'EDC ?
L’incubateur accompagne les étudiants et les diplômés porteurs de projets selon trois parcours : Explorer (idéation), Prototyper (incubation) et Créateur (levée de fonds, stratégies de pivot). Le parcours donne droit à des crédits ECTS optionnels et à une mention sur le diplôme. Chaque porteur de projet est suivi par un coach et par un mentor issu du réseau des diplômés. En septembre, 30 000 euros ont été distribués à une dizaine de projets.
En quoi consistent les missions de consulting du PGE ?
À partir de cette année, et sur les trois premières années du PGE, les étudiants réalisent des missions de consulting en entreprise par équipes de trois, pendant quatre à cinq semaines. Les étudiants ne choisissent ni leur mission ni leurs coéquipiers. Le dispositif s’inspire des missions d’HEC Entrepreneurs, que l’EDC avait pratiquées il y a une trentaine d’années avant de les abandonner.
Peut-on partir à l'étranger pendant le cursus à l'EDC ?
Oui. Grâce au groupe Planeta, les étudiants peuvent passer un semestre ou une année sur les campus du groupe à Barcelone, Rome et au Caire. L’école indique par ailleurs que 80 % de ses universités partenaires sont accréditées AACSB ou EQUIS.
Quelle place pour l'intelligence artificielle dans les cursus de l'EDC ?
Tous les étudiants suivent le module Tech for Business, dont au moins la moitié des contenus porte sur l’IA. Un AI Lab doit ouvrir prochainement pour les projets entrepreneuriaux, et une mission de consulting consacrée au déploiement de l’IA en entreprise est en préparation. Une charte encadre l’usage de ces outils par les étudiants, avec son équivalent pour les enseignants.
Qu'apporte le réseau des diplômés Force EDC aux étudiants ?
L’association des diplômés Force EDC est organisée en clubs (sport, luxe, business) et en un comité carrière. Dans ce comité, des diplômés travaillant dans les ressources humaines aident les étudiants à préparer leur CV et leurs entretiens. L’association assure aussi du mentoring et apporte un soutien financier aux étudiants qui en ont besoin.
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Le 15 octobre 2026, EDC Paris Business School a réuni la presse pour présenter ses priorités. Son directeur général Antoine Véniard, à la tête de l’école depuis un an et demi, fixe comme principal objectif de rendre à l’EDC le rayonnement qu’elle avait il y a une vingtaine d’années, lorsqu’elle était identifiée comme « l’école de l’entrepreneuriat ».
AACSB et EQUIS : un calendrier fixé jusqu’à fin 2029
Fondée en 1950, l’École des dirigeants et créateurs d’entreprises dispose déjà de presque toutes les accréditations, à l’exception d’AACSB et d’EQUIS. Le calendrier prévoit un passage devant l’AACSB en novembre 2027, éligibilité à EQUIS en 2028, puis obtention du label fin 2029. Pour tenir ces délais, l’école recrute cinq enseignants-chercheurs docteurs par an.
Des labels indispensables, mais insuffisants aux yeux du directeur, car risquent de mener à une « forme de standardisation » qui ne suffit pas à saisir l’identité d’un établissement.
« Ces médailles sont très importantes pour la reconnaissance d’une grande école, mais pour nous, elles ne suffisent pas.«
Antoine Véniard – Directeur général – EDC Paris Business School
Entrepreneuriat et réseau des diplômés : un retour aux fondamentaux
« One Focus : You ». C’est en échangeant avec ses collaborateurs et les diplômés que cette nouvelle baseline s’est naturellement imposée pour l’école. Auparavant, les étudiants rejoignaient l’EDC pour deux raisons : l’entrepreneuriat et la puissance de son réseau d’anciens, notamment dans le domaine du luxe. « Pourquoi aller vers une nouvelle rupture, alors que cette école possède un ADN très puissant, qui était en sommeil depuis quelques années ? », interroge Antoine Véniard.
L’EDC compte 2 700 étudiants, 20 000 diplômés et 61 enseignants-chercheurs, tous docteurs.
Sur ses 2 700 étudiants, la moitié suit le Programme Grande École (PGE), 20 % un bachelor et 30 % un Master of Science. Malgré ses 20 000 diplômés, le directeur ne se satisfait pas du chiffre : « Il ne sert à rien d’être vingt mille si seuls cinq cents sont actifs. » Pour remobiliser les anciens, l’école organise désormais chaque mois une rencontre « EDC Success Story » entre un diplômé et les étudiants, et prépare avec l’association des diplômés un fonds d’investisseurs alumni, qui se réunira deux fois par an pour financer les projets de création. Les associations étudiantes, dont la direction souligne la « puissance formatrice », recevront elles aussi davantage de moyens.
Des missions de consulting dès la première année du PGE
Autre chantier, présenté comme une manière de « remettre l’entreprise au cœur de la formation » : dès cette année, des équipes de trois étudiants partiront en mission de consulting en entreprise pendant quatre à cinq semaines, et ce sur chacune des trois premières années du PGE. Inspiré des missions d’HEC Entrepreneurs, le dispositif avait déjà existé à l’EDC il y a une trentaine d’années avant d’être abandonné. « J’ai rarement vu quelque chose d’aussi efficace », affirme le directeur.
SESAME : un recrutement post-bac en recul
Sur le recrutement post-bac, le directeur ne cache pas les difficultés de l’école au sein du concours SESAME : une quinzaine d’étudiants seulement l’ont intégrée cette année par cette voie, les candidats lui préférant les bachelors ou les BBA en quatre ans.
La direction refuse pourtant d’abandonner le format en cinq ans, qu’elle juge nécessaire pour « former un bon dirigeant », en s’appuyant sur l’international, l’engagement associatif, et l’expérience en entreprise.
7 995 euros par an les deux premières années
Pour attirer les familles ne pouvant pas financer un BBA facturé entre 14 000 et 15 000 euros par an, l’école ramène les frais des deux premières années du PGE de 11 200 à 7 995 euros. La différence est couverte par un fonds alimenté par le groupe Planeta, propriétaire de l’EDC depuis 2017, et également propriétaire de Sup de Luxe et de l’École de Guerre économique.
| Année du PGE | Frais annuels | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
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1re année
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7 995 € |
Contre 11 200 euros auparavant, différence financée par un fonds du groupe Planeta
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2e année
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7 995 € |
Même tarif réduit qu'en première année
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3e année
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12 500 € |
Contrat d'alternance d'un an possible grâce au rattachement au bachelor
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4e et 5e années
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12 500 € |
Spécialisation de niveau master, toutes proposées en alternance
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Les trois années suivantes restent facturées 12 500 euros, mais une dérogation ministérielle, dont l’école affirme être la seule bénéficiaire, lui permet de rattacher la troisième année du PGE à son bachelor et d’y proposer un contrat d’alternance d’un an. Un étudiant alternant de la troisième à la cinquième année paierait ainsi environ 16 000 euros pour l’ensemble du cursus. L’alternance reste toutefois facultative.
Alternance et situation financière : les arguments de la direction
Cette politique tarifaire, la direction assure en avoir les moyens : l’école annonce une croissance d’environ 5 à 6 % l’an dernier, en prévoit 13 % pour l’année à venir et précise que son modèle économique ne repose pas sur le post-bac. Côté alternance, la part d’étudiants concernés doit passer de 42 % à 50 % cette année, un plafond fixé par le groupe Planeta, qui ouvre aussi aux étudiants ses campus de Barcelone, Rome et du Caire pour un semestre ou une année.
Un incubateur qui vise 140 projets
Responsable de l’incubateur depuis septembre 2025, Chérine Zgaya-Bouzouita a repris une structure qui ne comptait que huit étudiants : quarante ont été accompagnés l’an dernier, et l’objectif est désormais de 140 projets.
Trois parcours, Explorer, Prototyper et Créateur, suivent les projets selon leur maturité. Ouverts aux diplômés, ils donnent droit à des crédits ECTS optionnels et à une mention sur le diplôme, en complément d’une spécialisation en entrepreneuriat proposée dès la quatrième année du PGE et en MSc.
Premier du genre, un jury a distribué en septembre 30 000 euros à une dizaine de porteurs de projets, soit environ 3 000 à 3 500 euros chacun, pour déposer un brevet ou financer un prototype. L’école s’engage ainsi à donner aux étudiants les compétences pour entreprendre. Quinze coachs permanents, dont quatre anciens de l’école, encadrent les projets. Un podcast doit être lancé fin octobre, et l’incubateur co-organise avec l’OCDE une conférence intitulée « AI and Entrepreneurship », à laquelle certains étudiants sont conviés
L’intelligence artificielle intégrée aux cursus
Consultant intervenant à l’école, Thomas Broussard a détaillé une stratégie d’IA déployée « à plusieurs étages ». Depuis un an, tous les étudiants suivent le module « Tech for Business », dont au moins la moitié des contenus porte sur l’IA. Un AI Lab ouvrira prochainement pour les projets entrepreneuriaux, et une mission de consulting consacrée au déploiement de l’IA en entreprise est en préparation.
Expert-comptable et président de l’association des diplômés Force EDC, Thomas Rodach a enfin présenté le rôle des anciens, présents dans 80 pays.
« Quand on entre à l’école comme étudiant et qu’on en sort diplômé, on ne la quitte pas vraiment : on change simplement de statut.«
Thomas Rodach – Président – Force EDC
Organisée en clubs (sport, luxe, business) et dotée d’un comité carrière, où des diplômés issus des ressources humaines aident les étudiants à préparer CV et entretiens, l’association apporte aussi un soutien financier aux étudiants qui en ont besoin. À terme, des diplômés entrepreneurs devront confier aux étudiants des missions d’une semaine (études de marché, analyses financières) intégrées au cursus.
Les prochaines échéances de l’école
Le fonds d’investisseurs alumni, l’ouverture de l’AI Lab et les 140 projets incubés sont les prochaines étapes fixées par l’école, avant les obtentions des accréditations AACSB en novembre 2027, et d’EQUIS, visée fin 2029.
